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tamyur  2005

(Août  2005)

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De la politique de la langue à la constitutionnalisation

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Entretien avec le webmaster de tifawin.com

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Entretien avec le webmaster de tifawin.com
Lahsen Oulhadj (Montréal)

Féru de culture amazighe depuis son plus jeune âge, Azdine L., ingénieur de formation, n’a pas hésité à mettre ses connaissances au profit du tifinagh. Il a créé à cet effet www.tifawin.com, un site avant-gardiste destiné à l’apprentissage simple et ludique de cet alphabet ancestral dont la symbolique, comme vous le savez, n’est plus un secret pour personne. Il a bien voulu se soumettre à notre jeu de questions-réponses.
Question: pourquoi le site tifawin?
Réponse: Tout simplement pour remplir un vide. L’idée était «comment donner accès à l’apprentissage de l’alphabet tifinagh à un maximum de gens, d’une manière interactive et par Internet?»
Q: Décrivez-nous un peu votre site Internet ?
R: Il y a l’outil proprement dit qui est divisé en plusieurs sections: présentation, mémorisation et application. La présentation donne un aperçu des tifinaghs classés par voyelles puis par groupe de lettres ayant une ressemblance graphique ou sonore. Chaque lettre est accompagnée du son correspondant. La mémorisation consiste en des exercices de reconnaissance de lettres générées aléatoirement. Un score permet de s’auto-évaluer. L’application consiste en un clavier tifinagh virtuel et des exemples basés sur des proverbes, en plus d’un moteur de recherche de vocabulaire amazigh en tifinagh. Les autres sections du site comportent les chansons de la chorale de l’IRCAM accompagnée des paroles et bientôt une présentation illustrée des animaux.
Q: C’est vrai que c’est un outil on ne peut plus complet, mais en termes de fréquentation, qu’en est-il?
R: Et bien, le bilan n’est pas mauvais, le site est en ligne depuis un mois et a déjà reçu plus de 2000 visiteurs. La majorité provient de France et du Maroc.
Q: Combien de temps avez vous pris pour réaliser votre site? Est-ce que vous avez été aidé?
R: C’est un peu difficile à estimer, je m’y suis consacré quand mes obligations professionnelles me le permettaient. Mais, estimé en journées complètes de travail, je dirais quand même plusieurs mois. Il y a eu la préparation conceptuelle, graphique, la programmation informatique, la compilation de plusieurs années de glanage de vocabulaire et leur encodage…. et j’ai travaillé seul. Le site est libre d’accès et nécessite sûrement des améliorations, toutes les idées et remarques sont les bienvenues!
Q: Au-delà du côté symbolique très fort du tifinagh, pensez-vous vraiment que cet alphabet est l’idéal pour la langue amazighe, eu égard à son retard et à la situation même des Amazighs?
R: Il est clair que la solution de facilité aurait été d’adopter l’alphabet latin comme d’autres peuples (vietnamiens, albanais, …). Les expériences d’autres pays montrent bien que ce n’est pas l’alphabet qui est important, mais le fait qu’il soit soutenu par une politique d’État et c’est là justement le talon d’Achille du tifinagh. Reste que je le considère comme un «catalyseur identitaire», c’est-à-dire qu’il induit une réaction d’identification culturelle que l’alphabet latin n’aurait pas pu engendrer. L’autre avantage du tifinagh est qu’il pourrait marquer de façon très claire la présence du tamazight dans l’espace public. Nombre d’enseignes d’hôtels et autres établissements commerciaux portent déjà des noms amazighs, mais ne sont pas ressentis comme tels. Car ils sont écrits en lettres latines ou arabes. La lettre tifinaghe devient militante et porte-parole du tamazight par sa seule présence. Le problème est que cette langue doit faire face à un État on ne peut plus hostile et que les symboles ne seront peut-être pas suffisants. Il faut donc assurer les arrières. Rien n’empêche d’utiliser le tifinagh et l’alphabet latin en même temps. C’est d’ailleurs ce qui se passe. Pour résumer, je dirais que le tifinagh sert à fertiliser un champ qu’il faudra peut-être semer avec le latin.
Q: Vous avez touché au point sensible, à savoir l ‘État, qui malgré ses beaux discours et malgré l’Ircam, continue toujours à exclure et même dans certains cas à combattre la langue amazighe. D’après vous, que doivent faire les Amazighs pour remédier à une telle situation?
R: D’abord, ils ne doivent pas perdre courage, leur lutte est légitime et juste. Un jour, ils récolteront les fruits de leur combat. Les militants doivent continuer à sensibiliser la société civile qui reste bien souvent ignorante du problème. Une bonne communication est plus efficace que dix manifestations. Ensuite, il ne faut pas jouer le jeu du Makhzen qui divise pour régner, il y a beaucoup d’énergie qui se perd dans une critique continuelle de l’IRCAM. Cet institut a un rôle de production et de recherche, même si hors de ses murs, son action reste très limitée. Il n’est pas exempt de critiques, mais il faut prendre du recul et se demander de quelle façon l’on pourrait créer des synergies pour avancer. Il y a toujours possibilité de trouver un élément positif et l’exploiter. Le site tifawin a été créé dans cette optique et le nombre de possibilités d’actions n’est pas négligeable.
Q: L’IRCAM, comme vous le savez, a un site Internet. Mais il est surprenant de remarquer que le tifinagh n’y est absolument pas présent. Par quoi expliquez-vous une telle situation? D’après vous, c’est technique?
R: Et bien, je viens de lire une interview d’un membre du département informatique de l’Ircam qui a annoncé une version tifinagh et une autre arabe pour le mois de juin. On est en plein mois de juin, mais rien n’est encore fait.
Q: Qu’est-ce que vous pensez du CD d’apprentissage de langue amazighe produit par la société eclisse.com? Est-il bien fait ou non?
R: Il a le mérite d’exister, mais il faut être franc, c’est un travail un peu bâclé. Le tifinagh y est parfois écrit n’importe comment et la qualité technique n’est pas à la hauteur du prix auquel il est vendu. Des versions ultérieures ont été annoncées, espérons que le tir sera rectifié. Encourageons quand même ses concepteurs, car cela reste une belle initiative!
Q: Les Amazighs sont on ne peut plus présents sur Internet. Mais, malheureusement, on ne peut que constater leur absence insupportable dans d’autres médias. D’après vous, comment les Amazighs peuvent-ils marquer leur présence à la radio et à la télévision que ce soit au Maroc ou à l’étranger?
R: Comme toujours, le nerf de la guerre est l’argent. Je pense que la prochaine libéralisation du secteur audiovisuel pourrait peut-être débloquer la situation. Les chaînes arabistes dites nationales sont à oublier, ainsi que l’État qui a créé 4 chaînes arabophones, mais qui prétend ne pas avoir assez de ressources pour les Amazighs.
Il faudra alors convaincre les investisseurs que le tamazight peut leur faire gagner de l’argent. En fait, ce qui les convaincra enfin de compte, ce sera la possibilité d’attirer des annonceurs intéressés par le public amazigh. On voit que c’est un système global, tant que le tamazight n’aura pas intégré une partie du circuit économique, on risquera de tourner en rond.
Q: Est-ce que vous avez d’autres projets en perspective en plus de tifawin.com?
R: J’ai beaucoup de projets, mais ils sont tous présentables dans le cadre du site tifawin. Il y a énormément de choses à faire, du moins aussi longtemps que la production de l’IRCAM sera réservée à ses seuls membres...
Q: merci beaucoup!
R: je vous en prie.
 

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