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  2005

(Décembre  2005)

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Le mouvement culturel amazigh face aux États arabistes du Maghreb
Par : Moha u Oissa

«Pour les doctrines, qu’elles soient religieuses, philosophiques, politiques, il est rare que l’homme emporté par le cours de la vie trépidante qui est celle de notre époque, soit en mesure de porter sur elles un jugement personnel valable. Le plus souvent il se contente de faire sienne les idées du milieu dans lequel il évolue et le plus souvent ces idées sont loin de correspondre à la réalité».
Cette constatation, émise par le grand rabbin Jacob Kaplan à propos du judaïsme et des juifs, est particulièrement vraie en ce qui concerne tamazight et les imazighen. Ayant à donner notre point de vue sur la politique des états à l’encontre des imazighen, nous serons amenés sans doute à contredire bien des opinions préconçues ou intéressées. Peu importe en fait de satisfaire certains, de plaire, ou de déplaire à d’autres lorsqu’il s’agit d’exprimer son opinion sur la situation cruciale que vit en ce moment l’identité amazighe.
Différentes analyses de la situation au Maroc s’accordent d’ailleurs sur le fait que le mouvement culturel amazigh (MCA) occupe une place de plus en plus importante dans la vie politique de l’Afrique du nord. Apporter des éléments d’analyse à la situation dans le but de renforcer la présence de la revendication et son aboutissement à une expression publique majeure devient nécessaire. Les voix prétendument optimistes vis-à-vis des réponses détournées que trouvent les états face à la revendication amazighe finiront certainement par perdre leurs lourdes illusions.
Que ce soit au Maroc ou en Algérie, il est un fait établi que les imazighen conscients de la nécessité de défendre par tous les moyens possibles leur amazighité, ont pour but commun la réalisation de deux revendications majeures: La première est de faire reconnaître officiellement leur identité culturelle comme constituante de base de l’identité de la nation. La deuxième est d’inscrire tamazight comme langue officielle première dans les constitutions des deux pays du Maroc et d’Algérie.
Soutenues par une diaspora active, notamment en Europe occidentale, ces deux revendications majeures représentent incontestablement le minimum commun pour lequel tous les imazighen doivent naturellement se battre. Toutes les composantes du MCA, de partout, ne peuvent être qu’unanimes sur ce point. Ceci est d’autant plus tangible que même les plus réactionnaires parmi les berbères eux mêmes, adhèrent à ces revendications fondamentales.
En effet, depuis avril 1980, date du déclenchement du printemps berbère en Kabylie, Le développement qu’a connu la prise de conscience identitaire et l’évolution des revendications du mouvement culturel amazigh qu’elle implique, ne cessent de mobiliser des masses de jeunes. Les bases populaires du MCA s’élargissent et s’enracinent en place de l’arabisme décadent sur la terre de tamazgha (Afrique du nord).
Le travail réalisé depuis plus d’une décennie par le MCA au Maroc, a réussi à faire du combat amazigh une cause noble et commune à tous. En différentes situations, et à maintes reprises, les manifestations de soutien mutuel entre les imazighen, de diverses régions de tamazgha, ont pu concrétiser la communauté de la cause en dépit de la volonté des états à maintenir la lutte des imazighen pour leurs droits, fractionnée et affaiblie.
Un mouvement aussi enraciné dans la société et doté d’une merveilleuse capacité de mobilisation populaire, prend inévitablement une dimension fondamentalement politique. Cette dimension, et les enjeux également d’ordre politique qu’elle implique, auront certainement des conséquences déterminantes sur l’avenir du peuple amazigh. L’importance de ce tournant dans l’histoire du Maroc et de l’Algérie ne peut bien évidemment échapper qu’aux yeux des esprits naïfs ou indifférents. En revanche, croire - ou faire croire - que les détenteurs du pouvoir politique dans les deux pays regardent cet éveil amazigh d’un œil bienveillant, ou même tolérant, relève d’une aberrante naïveté; ou tout simplement de l’irresponsabilité.
De tous temps, la monarchie marocaine aussi bien que le pouvoir militaire issu du FLN en Algérie ont eu besoins de la contribution d’une élite berbère apte à même de collaborer avec les services des états. Le but ultime est de mener à l’échec toute action revendicative identitaire amazighe en dehors du contrôle du pouvoir en place.
Au Maroc, la politique menée envers imazighen s’est toujours appuyée sur une approche sécuritaire plutôt «préventive» eu égard à ce qui se passe en Kabylie. Mais depuis le printemps noir et le soulèvement révolutionnaire des kabyles en Algérie, le pouvoir arabo-islamique du Maroc face à la montée de la revendication amazighe ne peut ignorer deux facteurs déterminants et d’actualité:
D’un coté, L’engagement de la jeunesse amazighe de Kabylie en descendant dans la rue pour dénoncer ouvertement la hogra (la marginalisation) qui frappe tout ce qui est amazigh dans la société, et l’effet prévisible qu’un tel soulèvement aura sur le Maroc et sur l’Afrique du nord en général.
D’un autre coté, l’évolution des événements à l’échelle planétaire depuis les attentats du 11 septembre perpétrés par les intégristes arabo-islamiste contre les USA , les suites de ses événements sur le monde, notamment l’éveil identitaire des nations opprimées à travers le monde devenu une caractéristique de ces dernières années.
Ces deux données irréfutables et d’actualité sont jugées potentiellement favorables à un renforcement du combat amazigh aux yeux des autorités. l’espoir grandissant de faire avancer les revendications du MCA, largement ressenti dans toutes les couches de notre société ne peut laisser indifférent les teneurs d’un état fondé sur la négation de l’amazighité.
Aux yeux du pouvoir Maroc, convaincu de ses thèses arabistes et islamistes, les centaines de milliers de jeunes révoltés mais fiers de leur identité envahissant l’espace publique, en offrant leur poitrines nues aux balles assassines des forces armées du pouvoir d’Alger, ne peut être que perçu comme une perspective à combattre.
Les imazighen de Kabylie, par la forme d’organisations sociale et culturelle du mouvement citoyen porté largement par une jeunesse à la base, a mis le régime arabo-islamiste face à son propre totalitarisme. Voir défiler au Maroc les imazighen et entendre jusqu’à leurs portes le tonnerre de revendications amazighes, laisser s’exprimer la colère de tout un peuple injustement minorisé, c’est évidemment le moins que l’on puisse, dire, intolérable pour Les tenants du régime au Maroc.
Soutenus par leurs partis politiques, ils y voient une menace qui pèse sur les fondements arabo-islamique au dessus desquels ils ont édifié leur vision de l’état.
La foule grandiose de jeunes imazighen manifestant sur la voie publique en Kabylie à Alger, en Europe, au Canada, et partout où se trouve une communauté conséquente des imazighen, ces foules montrées à la télévision, risquent d’inspirer «nos» jeunes. Il faudra à tout prix éviter à «nos jeunes» de sortir dans la rue. Les acquis à la politique anti- amazighe du pouvoir ne cessent de le faire savoir.
Le pouvoir prend les choses au sérieux, les moyens ne manquant pas, on fera appel comme sous le protectorat français à des qouyyad (préfets) et à des notables: une élite de berbères capables d’aider effectivement le makhzen dans la lutte séculaire qu’il ne cesse de mener contre toute manifestation publique de l’amazighité. Souvent d’ailleurs, les «élites» se succèdent, le burnous laissant place au tarbouch dans les cérémonies du palais. Le plus souvent même, on se sert des descendants des premiers. Ayant troqués le burnous de leurs parents contre le costume et le tarbouch officiel, leurs discours remodelés et adaptés aux situations qu’impose l’actualité, ne changeront rien aux faits: Ne tolérer aucune expression publique de l’amazighité que sous le contrôle effectif de ses services, a toujours été une constante dans la politique générale du pouvoir arabiste et islamiste du Maroc.
Des berbères de service apporteront leur soutien pour parer à un éventuel soulèvement des imazighen contre l’injustice et la marginalisation que subit l’amazighité dans leu propre pays. La collaboration n’est pourtant pas un fait propre seulement au temps de guerre ni liée à un peuple. C’est loin d’être une fatalité du peuple amazigh comme tentait de le faire croire une certaine littérature coloniale ethnocentrique qui n’a plus cours de nos jours. La conscience acquise au sein du MCA par les milliers de jeunes est désormais suffisamment éclairée pour être en mesure de surmonter les entraves en échappant à toute emprise idéologique anti-amazigh importée.
Cependant, depuis mai 2001, tout semble se passer au Maroc, comme si un accord tacite a été signé entre nombre de berbères et le pouvoir politique en place. Comme si cet accord portait sur une impérative nécessité de faire le silence autour des événements qui ne cessent de secouer la Kabylie. Il est quand même frappant de constater ce grand revirement réalisé, en bascule allemande, par ceux qu’on nomme les berbères de service. Les attitudes et les déclarations des uns et des autres sur ce point, avant et après 2001, est à lui seul capable d’amener à se rendre compte d’une des grandes manipulations politique dont les berbères ont été l’objet pendant ces derniers temps.
Certains de ceux acquis aux thèses du pouvoir, n’hésitent plus à se contredire en diffusant dans la société un sentiment de «kabylo phobie». Ils tentent en fait de démontrer leur obéissance dans la réalisation de la politique arbo-islamiste d’un pouvoir fondamentalement hostile à toute reconnaissance réelle de l’amazighité. Mais il faut dire qu’en choisissant cette voix, le pouvoir engage ses collaborateurs dans le but, - toujours le même- de contribuer par tout les moyens à mettre en échec toute revendication publique amazighe.
Mais, en mobilisant les masses de jeunes dans un combat juste et pacifique, le MCA pourrait bénéficier d’un quelconque soutien international ou attirer des sympathies de mouvements démocratiques étrangers: Voilà contre quoi le pouvoir ne cesse de mobiliser ses différents services dont l’IRCAM.
En participant aux assises du Congres Mondial Amazigh par exemple, les berbères de service ne feront en fait, qu’assurer le maintien de cette instance loin de l’action revendicative du terrain au mépris de tant de victimes amazighes vouées à d’avantage de marginalisation et de déni d’identité. Comment si non, expliquer l’absence totale sur la scène publique nationale des membres marocains de ce Congrès? Ils ne tarderont sans doute point à mettre la main sur le CMA pour en faire un instrument –un de plus- au service des états.
Alors que l’analphabétisme qui frappe le peuple amazigh s’élève au-delà des 70% de la population, dans quelle mesure peut-on juger utile de se limiter dans ses activités à de modestes et lacunaires communiqué de presse que les membres du bureau exécutifs du CMA au Maroc ne commentent même pas (s’ils leur arrive déjà au moins, de les lire attentivement)? Alors que le temps est à la mise en place d’une organisation non gouvernementale pan-amazighe, cohérente et forte de ses convictions? Les échecs des dialoguistes de tous bords n’ont ils pas instruit ceux parmi les berbères qui mènent une propagande honteuse en faveur des initiatives trompeuses du pouvoir? Alors que leurs efforts, toute l’activité qu’ils développent devait s’inscrire au sein d’un mouvement amazigh authentique et indépendant? En faisant le jeu du pouvoir, ces berbères n’ont-ils pas conscience du rôle ingrat de fossoyeurs de leurs propre combat qu’ils endossent?
Avons-nous du monde actuel qui nous entoure, une assez large vision de la place réelle qui y est réservée aux imazighens?
Autant de questions dans ce sens, peuvent encore être soulevées en toute légitimité pour arriver à saisir les éléments caractéristiques de la politique que mènent les régimes arabo islamistes contre les imazighen en Afrique du nord.
Cependant il y a des questions pour lesquelles tout militant amzigh se doit d’abord et avant tout d’apporter des réponses valables face aux nouvelles conditions engendrées par cette situation?
Les réponses à toutes ces questions, ne devaient elles pas converger sur la nécessité de maintenir la pression exercée sur le pouvoir, en vue, non pas de mieux le servir dans sa politique, mais plutôt de le faire plier sous une revendication populaire amazighe pacifique et démocratique?
Le mouvement citoyen en Kabylie, a suscité un énorme espoir de liberté au sein de la jeunesse amazighe du Maroc. Les valeurs de liberté, de démocratie, de laïcité et celles du droit à la différence dont il est investi mettent le MCA dans les circonstances actuelles, en position d’accéder à une large audience nationale, régionale et internationale. Mais le makhzen, en réalisant le danger qu’un soulèvement de la jeunesse amazighe à travers les universités, ne tardera pas à gagner la rue. Cependant, force est de constater, que la conscience identitaire s’accentue de jour en jour chez des masses de jeunes amazighs au Maroc en débordant inévitablement le champ politique général.
Depuis 2001, la leçon kurde en Iraq, est nettement perçue par les autorités. Les collaborateurs sont mis à contribution dans la mise en œuvre d’un plan d’urgence qui consiste à évincer les imazighen de la scène publique en les confinant dans des structures sous tutelle pour mieux les couper de leur bases populaires.
Il est sans doute acquis jusqu’ à un certain degré dans les sphères du pouvoir, qu’une manche vient d’être ainsi sauvée dans la lutte impitoyable menée depuis des siècles contre le peuple amazigh..
Il faut pourtant se rendre à l’évidence, la lutte entre l’état et les imazighen continuera. C’est ainsi depuis trop longtemps déjà. L’enjeu en est la reconnaissance officielle de l’amazighité dans toutes ses dimensions. Ainsi sera-t-il, jusqu’au triomphe de la liberté du peuple amazigh à disposer de lui-même sur la terre de tamazgha. La résistance amazighe continuera de défier les siècles sans jamais s’éteindre. Les circonstances mondiales sont irrémédiablement en faveur des causes justes et démocratiques.
Timmouzgha est d’abord synonyme de liberté elle n’admet donc pas la servitude, aucune forme de servitude.
 

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