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  2006

(Avril  2006)

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Le PDJ ou l'amazighophobie en acte
Par Anaruz SAADANI – Khénifra

Pendant ces temps haïssables, les pdjistes ont trouvé le côté duquel il faut livrer la principale bataille, celle qui consiste à mettre en déroute jusqu’au dernier rival et «leur ôter à tous la vie» selon l’expression de don Quichotte. Car cette époque est celle du jihad, de la guerre sainte contre les «infidèles» et les «fausses valeurs». L’enjeu est d’envergure d’autant plus que l’Islam est menacé par les caricatures danoises et que les élections législatives s’approchent.
Les pdjistes ne trouvent mieux que de s’acharner sur les imazighens qui sont une proie facile, car exténués par une histoire écrasante et un sort accablant. Par l’arrogance et l’opiniâtreté qui leur sont connues, Les pdjistes s’attaquent de façon répétitive aux imazighens en les jetant en pâture à l’opinion publique pour étouffer leur ambition de retrouver la liberté, la dignité et l’indépendance qui leu sont si chères.
A l’image de tant d’autres, le PDJ est un parti politique «préfabriqué», car sa naissance n’a pas été motivée par une préoccupation collective ni par une réalité vécue par les marocains et encore moins par une effervescence sociale. C’est parce qu’il n’a pas trouvé un encrage populaire nécessaire à sa légitimation qu’il livre sa fameuse bataille à tout moulin à vent qui se dresse devant lui. La preuve est qu’il ne pose que des questions de nature morale dont la finalité est de produire une société grégaire où la différence, la liberté et la souveraineté individuelle n’ont pas droit de cité. L’essentiel de sa conception est d’unidimensionnaliser la morphologie culturelle du Maroc via un discours religieux sclérosé par tant de tabous et d’interdits. Sa priorité est de sauver la communauté musulmane des naufrages existentiels qui, depuis que les musulmans avaient perdu le paradis andalous, qui n’est en réalité qu’une terre conquise par la force, ne cessent d’annoncer l’apocalypse.
Le PDJ est un parti fier d’assumer un travail de consécration propre aux instances religieuses archaïques. Il est contraint, car il agit en parfaite observance des «principes divins», des «valeurs absolues» et en bonne intelligence avec les «ordres humains», de ne formuler qu’une conception transcendante de la morale. L’essentiel de son projet est de produire des litanies obscurantistes visant à maintenir le peuple marocain dans un état de soumission, de servilité intellectuelle et d’esclavage moral. Dans cette optique, le PDJ ne saurait être qu’un appareil d’Etat au sens que Pierre Bourdieu donne à ce terme, car, à la longue, il s’avère un rempart idéologique contre les «escarmouches» marginales qui dérangent l’épanouissement et l’enracinement forcé de la culture institutionnelle; une culture arabo-musulmane imposée aux marocains.
L’islamisme de ce parti nourrit la nostalgie de l’ «éternel retour» à une source sacrée ou à la seule valeur octroyée à la tradition islamique. Ce réductionnisme étouffe la voix d’un Maroc profond, celui oublié de tous sauf des siens, le Maroc amazigh, millénaire, tolérant et accueillant. Par l’implantation du greffon islamiste, ce pays a subi des accidents morphologique importants qui l’ont transformé en monstre effrayant et haïssable.
Pour s’attaquer aux imazighens, Le PDJ puise ses arguments dans l’histoire mensongère de ce pays. En les accusant d’ «apostasie», de retour au «paganisme» et même de «séparatisme» (au moins c’est ce que laissent entendre certains de leurs écrits), il met en œuvre son pouvoir coercitif pour les contraindre à s’atteler à l’hégémonie arabo-musulmane et à renoncer à leur âme, à leur histoire, celle de Massinissa, de Jougourtha, de Jouba… La subordination des imazighens à l’idéologie islamiste institutionnalisée par l’Etat marocain revêt une importance cardinale chez pdjistes.
A l’instar des institutions archaïques, le PDJ prétend disposer d’une autorité incontestable et de ce fait, son monde se présente ou doit se présenter comme un ensemble cohérent de convictions culturelles communes (les siennes) et d’ordres «légitimes» imposé à tous parce que sacrés. Dans ce monde, les idéaux, les formes et les valeurs ne sont pas à inventer mais à attendre.
Le PDJ a crié au scandale et a failli scander le «latif» dans les mosquées pour protester contre les déclarations de M. Dgherni portant sur l’éventuel recul de l’islam de l’Afrique du Nord. En ayant l’audace de s’exprimer sur une question tabou M. Dgherni s’est attiré les foudres et a même risqué sa vie. Le PDJ a dévoilé sa véritable nature: il est sûrement un foyer où s’attisent le fanatisme et la haine meurtrière. La férocité de l’attaque pourrait s’expliquer par la peur de désenchanter son monde et de désintégrer les visions traditionnelles qu’il ne cesse d’entretenir pour assurer sa survie. Ce qui échappe à ces gardiens du temple, c’est que la logique de l’histoire demeure sans «garantie métaphysique», elle ne relève que des comportements des hommes. En s’attaquant farouchement à M. Dgherni et en refusant énergiquement le traitement objectif et rationnel de l’histoire et de son évolution, en condamnant l’idée du pluralisme des valeurs, le PDJ exprime manifestement son ambition despotique: monopoliser l’espace public et étouffer tout débat «rétif» à l’ordre établi qui défavorise la majorité. De ce fait, il est capable d’agir au nom de l’ «autel» pour mobiliser la haine destructrice contre les voix de tamazight. Ce qui est sûr, c’est que ce parti contribue largement à avorter la naissance de l’espace démocratique dans la société marocaine
(Anaruz SAADANI – Khénifra, amnayayis@yahoo.fr)

 

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