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(Septembre  2006)

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Congrès Mondial Amazigh:

Intervention orale de Belkacem Lounes, Président du CMA à 24e session du Groupe de travail des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones

Palais des Nations, Genève, 31 juillet-4 août 2006

Thème de la session:

«L’utilisation des terres des Peuples Autochtones par des autorités, des groupes ou des personnes non autochtones à des fins militaires»

Monsieur Le Président,

Mmes, Mrs les délégués,

Le Congrès Mondial Amazigh (CMA), ONG internationale de défense des droits du peuple amazigh, se félicite du choix du thème de la présente session du GTPA car il donne aux peuples autochtones l’occasion de dévoiler une autre façon de les spolier de leurs terres et territoires, cette fois-ci par les forces armées des Etats et par les groupes armés clandestins.

Le peuple amazigh est le peuple autochtone d’Afrique du Nord dont les composantes sont éparpillées sur tous les pays de cette région, y compris l’archipel canarien et le Sahara qui constitue le pays des Touaregs.

Comme l’ont précisé ou le préciseront mes collègues de chaque pays ou région, les terres et territoires des Amazighs connaissent différentes formes d’utilisation à des fins militaires ou de contrôle militaire. Dans tous les cas, l’installation des forces militaires ou des groupes armés non autochtones sur les terres et territoires amazighs, se fait de manière tout à fait arbitraire et brutale, sans aucune consultation de la population. Face à la terreur suscitée par l’armée régulière ou par des groupes armés clandestins, les populations sont totalement démunies, incapables de contester quoi que ce soit.

C’est le cas dans l’archipel canarien qui sert de base militaire non seulement à l’Espagne mais aussi aux Etats Unis d’Amérique et à l’OTAN. Les forces armées se sont appropriées des terres et les eaux territoriales de chacune des sept iles de l’archipel où elles s’adonnent à des expérimentations militaires dont on ignore l’objet et les conséquences.

En pays Touareg (Sahara algérien, malien, nigérien, libyen et mauritanien), sous le prétexte désormais classique et imparable, de lutte contre le terrorisme islamiste, les armées des Etats, notamment algérien, malien et nigérien, avec l’aide intéressée des puissances comme la France et les USA, militarisent progressivement la région. Le but réel mais inavoué de ces manœuvres militaires est à la fois stratégique et économique: contrôler cette région tampon entre l’Afrique du Nord et l’Afrique sub-saharienne et son peuple Touareg et prendre possession de ses richesses actuelles et potentielles.

En Algérie, depuis l’indépendance du pays il y a 44 ans, c’est le règne quasiment sans partage des militaires qui usent et abusent de leur pouvoir illimité, en toute impunité. Les ressources pétrolières et gazières qui se trouvent sur le territoire traditionnel des Touaregs sont contrôlées par la puissance militaire qui les détourne à son profit et à celui des cercles du pouvoir. Les populations et régions qui osent réclamer à voix haute leurs droits fondamentaux, sont implacablement soumises à un contrôle renforcé, donc à la militarisation. C’est le cas de la région de Kabylie où le rapport militaires/habitant est le plus élevé du pays. Des casernes de gendarmes, de policiers anti-émeute et de militaires sont installées de manière abusive et disproportionnée, dans le but évident non pas de protéger la population, mais de la surveiller et d’intervenir contre elle en cas de besoin, comme cela a été le cas en 2001 où 127 personnes ont été tuées par les gendarmes, lors de manifestations pacifiques.

La Kabylie, région montagneuse proche d’Alger, est également utilisée comme base de repli par les groupes islamiques armés (GIA), ce qui constitue à la fois un facteur d’insécurité et un prétexte pour l’Etat algérien de maintenir une présence excessive de ses forces de sécurité dans cette région.

Comme en Algérie, le Maroc s’appuie sur les lois coloniales françaises pour s’approprier les terres et territoires des Amazighs et pour installer manu-militari ses casernes et ses équipements militaires. Les ressources naturelles comme l’eau et les forêts font souvent l’objet de détournements au profit des forces armées, privant les populations d’une ressource de vie, les obligeant à se déplacer sur d’autres territoires, avec les conséquences que cela entraine. Notre organisation est entrain de procéder au recensement de tous les cas d’expropriation afin de solliciter le droit national et international sur ce problème grave qui menace la survie des populations.

La situation est similaire dans les autres pays (Tunisie, Libye, Siwa) où l’occultation des droits des populations autochtones, fait que les autorités utilisent et usent à leur guise, sans aucune consultation ni contrepartie, des terres, territoires des Amazighs.

En définitive, il nous paraît que seule la restauration de la souveraineté des Amazighs sur leurs terres, territoires et ressources naturelles, conformément au droit international, est susceptible de mettre définitivement fin au déni du droit et à tous les abus qu’ils subissent depuis des siècles.

Permettez-moi M. le Président de m’adresser à présent à Mme Maria Del Rosario Blanco, ambassadrice de Bolivie aux Nations Unies, pour lui demander de bien vouloir transmettre au président Evo Morales nos sincères félicitations à l’occasion de son élection à la présidence de la République de Bolivie et tous nos vœux de réussite dans sa noble tâche. En tant que premier président autochtone, nous lui faisons la proposition d’organiser en Bolivie au cours de l’année 2007, le première conférence mondiale des peuples autochtones.

Je vous remercie de votre attention.

Palais des Nations, Genève, 1 août 2006

B. Lounes

 Congrès Mondial Amazigh

BP 124 – 108 rue Damremont

75018 Paris, France

www.congres-mondial-amazigh.org


 

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