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(Septembre  2006)

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L’autre Lyautey:

 Et si le fondateur du «royaume arabe» au Maroc était homosexuel.. (3ème et dernière partie)

Par: Hassan BANHAKEIA (Université de Nador)

B.- Libérer, édifier Fès

Ce que Lyautey ne peut pas faire en France, il le réalise au Maroc: une autre déviation, cette fois de nature idéologique. La ville impériale fait de lui quelqu’un de grand, de majestueux. Il va libérer Fès des attaques sauvages qui durent depuis 1911 jusqu’à la moitié de l’année 1914. Il est de préciser que lors de ce siège, «Al-Hajjami besieged Fez while Sidi Rahu took on Sefrou and El-Hajeb. This was quite different from the agglomeration of factions that attacked Fez in 1911. (…)

He supported with a mixture of force and politics. In Fez itself he bought support by giving salaries to important ‘ulama, and by freeing Fasis who had taken part in the riots; outside the walls he attacked. On 1 june Gouraud tore al-Hajjami’s mahalla to pieces with shrapnel shell, and mopped up the rest of his supporters on 6 july.» (40) Il paie les «oulama», il libère les fassis qui ont pris part aux violentes manifestations, et par conséquent il obtient le respect de la population fassie.

Le Maréchal est, en 1914, à l’origine des lois générales de classement et de protection de la cité médiévale de Fès. Il va sauvegarder la ville impériale, en laissant intacte l’architecture des maisons, des fontaines, des medersas, des foundouks… «Maréchal Louis Hubert Lyautey emphasised the preservation of medinas while building modern European cities at some remove from older city centres. These practices preserved the ‘traditional’ cities» (41) Cette tache est réservée aux architectes français, notamment à son ami «intime» Tranchant de Lunel. (42) Edith Wharton réaffirme la même conception architecturale du Maroc dans l’esprit du Maréchal: «Morocco is too curious, too beautiful, too rich in landscape and architecture. (…) no eye will ever again see Moulay Idriss and Fez and Marrakech as I saw them. (…) In spite of the incessant efforts of the present French administration to preserve the old monuments of Morocco from injury, and her native arts ad industries from the corruption of European bad taste»(43) La voyageuse américaine déplore la déterioration du patrimoine marocain bien que la résidence générale fasse des efforts pour y remédier. Elle ne dit rien de la colonisation, de la destruction des village, du genocide des tribus…

Pourquoi un tel intérêt pour la cité antique? La France assure par la construction «des briques», l’édification institutionnelle, à son image… Comme le reflet d’un miroir. De par la protection de Fès il y a la transformation de l’Etat. Certes, le Maroc moderne en a beaucoup hérité... Citons C.R. Pennell: «The first paragraph of the Treaty of Fez pronounced: «The government of the French Republic and His Majesty the Sultan agree to institute in Morocco a new regime that will allow those administrative, judicial, educational, economic, financial and military reforms that the French government will judge useful to be introduced into Moroccan territory.” I went on “This regime will safeguard the religious conditions, the respect and traditional prestige of the Sultan, the practice of the Muslim religion and the religious institution, particularly the religious endowments.”» (44) Quelles sont ces réformes utiles pour l’instauration d’un nouveau système? A l’exception de sauvegarder le culte musulman dans toutes ses manifestations… La ville «spirituelle» sera ainsi sauvée, et les autres parties du corps «profane» vont être rapiécés et brisés dans tous les sens par la présence espagnole et française.

Contrairement à toute logique de conquérant, Lyautey fait sa propre lecture de l’histoire du Maroc qui tend à offrir la légitimité au sultan de l’époque. «As colonial rulers did so often, Lyautey invented or revivid Moroccan traditions that associated the Sultan with his country’s past. The annual ‘Id al-Kabir was celebrated in a style not seen since the time of Moulay Hassan: Moulay Youssef sacrificed the sheep in the name of the umma’s as a whole, symbolising his leadership of the country. Bands played the Moroccan, not the French anthem and the Moroccan flag flew over public buildings. Lyautey always treated the amir al-muminin with the greatest respect and courtesy, paying him elaborate public compliments; he was equally polite in private: letters to friends described Moulay Youssef in effusive terms.» (45) N’est-il pas cet amour de la monarchie marocaine l’explication de sa pérennité positive dans l’histoire du Maroc?

Ainsi, sa vision de “pacification” symbolique (réconciliation forcée de Fès avec ses tribus) va lui inspirer des changements politiques, notamment au niveau de l’organisation ministérielle: «between October 1912 and August 1915, Lyautey abolished the ministries of foreign affairs, finance, and war. Yet some ministries were strengthened. A ministry of habus was created to manage religious endowments» (46) C’est durant l’époque de Lyautey que le ministère des habous fut créé pour préserver les affaires religieuses du pays.

D’autre part, selon la vision du Maréchal, la politique d’éducation est également conçue pour offrir au Makhzen de la stabilité et de la force “de continuité”: «Education was really provided for political reasons, to educate the sons of the Muslim, Arab-speaking elite. The first two “Schools for the Sons of Notables” (Ecoles des Fils de Notable) were set up in 1916 and fed into the even more restricted secondary schools, the Collèges Musulmans at Fez (1914), and Rabat (1916). Their purpose was to bind the fathers more closely to the French system, and to produce in the sons a loyal class of young men to help run the bureaucracy.» (47) Les petits vont pérenniser le système occidental en Afrique du nord, devenir de nouveaux notables au service de la France. L’oligarchie marocaine y est alors fondée: les pachas et les chefs-contrôleurs de tribus sont bien installés.

C.- Quitter Fès et mourir

En pleine guerre rifaine, Lyautey va être relevé de ses fonctions, et mis en retraite anticipée dans un manoir lorrain changé en riad fassi. Une grande honte pour un grand militaire. «Lyautey left Morocco following a disagreement with Marshall Pétain over the conduct of the pacification campaign, and returned to live in his native region, Lorraine.” (48) L’on ose parler de pacification au moment où il y a génocide «chimique» contre les tribus rifaines.

Lyautey est le fils «détesté» des Français, et le triomphateur au Maroc ! Cela paraît dérisoire. Les historiens nous rappellent: «Oui, à l’heure où il quitte le Maroc le 10 octobre 1925, il peut écrire au ministre des Affaires étrangères: «Je crois avoir le droit de dire que ma tâche, telle qu’elle m’avait été confiée en 1912, a été remplie.» Il peut le dire au Sultan, dans l’audience où il lui adressait ses adieux: «Mon cœur et ma pensée resteront toujours fidèlement attachés à cet empire chérifien dont ce sera l’honneur de ma vie d’avoir vu la renaissance dans l’ordre et dans la paix et dont ce sera ma plus haute satisfaction de suivre l’épanouissement croissant.» » (49) Son obéissance aux sultans de l’époque est immaculée.

Sa mort survient après une longue maladie. Il va mourir le 27 juillet 1934. N’est-il pas d’une maladie liée à sa déviation sexuelle? Les funérailles ont lieu à Nancy, sa terre natale. Précisons encore que lors de son enterrement final: «A colonial colour was added to the funeral by an official Moroccan delegation and a squadron of Moroccan spahis who participated in the procession» (50) Son ultime vœu est transgression. Son corps va être transféré au Maroc en octobre 1935. S’ensuivent Jean Genet et d’autres… par amour à la liberté du sol nord africain. Seulement, sa tombe à Rabat va être provisoire; en mai 1961, sur la demande de Hassan II, le général De Gaule va ramener le corps en France, pour être enfin enterré aux Invalides où son tombeau porte des inscriptions en arabe et en français. Sur ce choix de la terre d’enterrement, nous lisons: «Choosing Moroccan ground for a grave was for Lyautey an expression of his love and admiration for the country and its people, among whom he had spent so many years. But it was also a declaration of confidence in the future of the territory since a tomb signified for him, as a Catholic, a permanent dwelling until the Resurrection. His choice also probably implied an implicit rejection of the metropolis, which had given him a cold reception after his final and humiliating departure from Morocco.» (51) A-t-il fait un tel choix comme réaction aux humiliations ressenties en tant que soldat de la IIIe République “impériale”?

En conclusion…

L’impérialisme français nidifie bien en Afrique du nord, en allant de la IIIe République nationale à l’universelle France, en suivant un rituel politique particulier outre-mer. La pacification s’est réalisée simultanément en faveur de la France et du Sultanat – ce dernier est en fait utilisé comme un moyen. Rappelons que cette pénétration politique appuyée par la force, ne peut point s’appeler «protectorat», ni «pacification». Le rôle de la colonisation, selon la conception de Lyautey, doit demeurer neutre (voulant dire négatif), sans aucun point positif. Ce nationalisme universel «qui est là» sans l’être, renaît en d’autres formes en structures et institutions laissées en place lors de la vague des indépendances.

Dans l’esprit du Maréchal il y eut un transfert de l’histoire française sur l’histoire marocaine. Tout esprit de Révolution est à mater, tout air de changement est à revoir ou à exploiter pour l’intérêt de la République. Peut-être eût-il peur que les années rouges ne se reproduisent… La lutte contre le Makhzen et contre les Chrétiens prennent ainsi presque la même place dans l’imaginaire tribal. Ou bien est-il fidèle aux thèses de Napoléon III qui en 1865 à Alger inaugure la politique arabe de la France en Afrique du nord en disant: «Je suis l’Empereur des Arabes aussi bien que des Français» (52) De par son rêve de la grandeur de la France, il se montre un fin snobiste ‘exotique’: il crée le royaume arabe «irréel» en Afrique du nord – à l’instar du pragmatique Sir Lawrence d’Arabie. En outre, en libertin, il va feindre louer les bienfaits de l’ «Islam africain» (p.204)

De fait, notre Maréchal se hisse comme la faute politique, indélébile des Français en Afrique du nord. Il incarne parfaitement la «transgression française» dans son expérience colonialiste. Il transgresse la culture de l’époque, et va en conséquence transgresser la vision du monde colonial. Il a réellement rétabli l’ordre en massacrant les tribus, a bel et bien restauré la souveraineté en confisquant toutes les richesses du pays, a inoculé l’aristocratie de Fès dans le corps du pays comme relais à ses affaires, a revu le système, l’administration de l’Etat en construisant un organisme étranger, a aménagé des villes en leur donnant des formes «bâtardes», a réformé l’enseignement en créant le désordre en devenir, a refait la justice pour permettre toutes les injustices du colonialisme.

Lyautey a sa propre «béatification» dans l’histoire nord-africaine. Dans les villes qu’il aménage Rabat et Casablanca, il a ses «rues», «places»… Il y tient sa propre statue, fixé sur un cheval «arabe». Son nom est porté par un grand Lycée… Il est le faiseur de «miracles» qui puissent rayonner l’Etat moderne. Le Maréchal se plaît à se retrouver dans ce musée “vivant” nord-africain, ses pairs qui appartiennent à la même caste supérieure. L’identification avec l’Arabe se réalise alors quand il met un burnous sur son uniforme militaire. Il avorte tant de changements sociaux, politiques et économiques qui commencent à poindre. ««Il semble qu’une prédestination ait fait de l’Afrique la terre où la France répare ses forces épuisées.»» (53) Le propre, fait altérité, apparaît alors inorganisé, et il revient aux colons de réfléchir à le «réorganiser». C’est cela le point commun entre la pensée de Lyautey et de tant de décisions qui fixent l’amazighité dans la Marge durable: à investir de pacification et de protection... (Hassan BANHAKEIA, Université de Nador)

******

NOTES

(1) LYAUTEY, Vers le Maroc, Lettre du Sud-Oranais 1903-1906, Armand Colin, Paris: 1937.

Les pages indiquées entre parenthèses sont de cette édition.

(2) François BONJEAN, Au Maroc en roulotte, Hachette, «Choses vues. Aventures vécues», Paris: 1950, pp.15-16.

Ajoutons: «Au reste, Lyautey, qui a scrupuleusement respecté et fortifié l’autorité du sultan, ne s’est pas mépris sur le sens de sa mission. Avant de contrôler, il fallait dans tous les domaines, créer ou réformer. Créer surtout. Il suffit de lire les témoignages impartiaux des voyageurs européens qui ont visité le Maroc au début du XX siècle pour mesurer le chemin parcouru en moins de quarante ans. Ces créations et ces réformes furent l’œuvre des différents services du Protectorat, animés par Lyautey. Ce dernier leur fournit très vite les textes officiels qui devaient leur servir de statuts et les hommes dont ils avaient besoin pour travailler.»

 (3) ibid., p.15

(4) cf. Daniel NORDMAN, Profils du Maghreb, frontières, figures et territoires (XVIIIe-XX siècles), Publications de la faculté des lettres, Rabat, 1996, p.57.

(5) Robert B. ASPREY, War in the Shadows – The Guerilla in History,, éditeur: iUniverse, 2002, p. 150.

(6) Peter PARET, Gordon A. CRAIG, Felix GILBERT, Makers of modern strategy from Machivelli to the Nuclear Age, Oxford University Press, p.388.

(7) ibid., p.389

Nous citons: “Lyautey’s nostalgia for the departed monarchy.”

(8) Robert ALDRICH, Colonialism and Homosexuality, Londres, Routledge, 2002, p.65.

«this was not a companionate union rather than an affair of love or lust. Many assumed Lyautey to be homosexual, and jokes circulated about his proclivities. No less a person than Georges Clemenceau, the prime minister, was supposed to have said: “He is an admirable, courageous man, who has always had balls between his legs –even when they weren’t his own.” Madame Lyautey was rumoured to remark to a group of Lyautey’s subalterns one morning, ‘Ah, Messieurs, last night I cuckolded you.’ Homosexual contemporaries, such as Jean Cocteau, Julien Green, Roger Martin du Gard and René Crevel, considered him one of their own. Alain Daniélou, a scholar of India and also homosexual, said that his grandfather, General Clamorgan, had been one of Lyautey’s favourites.”

(9) Michel FOUCAULT, “Choix sexuel, acte sexuel”, in Dits et écrits II, 1976-1988, Gallimard, Quarto, Paris, 2001, p.1139,

(10) cité par Robert Aldrich, Colonialism and Homosexuality, Londres, Routledge, 2002, p.66.

(11) Jeffrey MERRICK, Michael SIBALIS, Homosexuality in French History and Culture, Haworth Press, 2002, p.208

(12) ibid, p.210.

(13) Pierre LOTI, Au Maroc, Christian Pirot, 1990 (1900), p.58.

(14) ibid, p.59.

(15) Le 14 novembre 1903, Lyautey va écrire au général Gallieni: «C’est ensuite par l’Officiel, en arrivant à Paris, que j’apprends ma désignation. Deux jours après, veto du général commandant la division d’Oran, qui ne voulait pas de moi pour des motifs qu’il est superflu d’écrire» (p.12) Ce quelque chose de «superflu d’écrire», n’est-il pas sa réputation de libertin mondain et d’homosexuel? N’est-il pas ce veto explicitement le comportement «raciste» contre les homosexuels au sein de l’armée française?

(16) Jean GOTTMANN, «Bugeaud, Gallieni, Lyautey: développement de la guerre coloniale française» in Les maîtres de la stratégie, sous la direction de Edward Mead Earle, Flammarion, trad. Annick Pélissier, 1980 (1943), p.273.

(17) Jean Germain Antoine VIAL, Le Maroc héroïque, Hachette, 1938, p.8.

(18) C.R. PENNELL, Morocco since 1830 – A History,, Londres, C. Hurst & co Publishers, 2001, p.130.

(19) Jean GOTTMANN, «Bugeaud, Gallieni, Lyautey: développement de la guerre coloniale française» in Les maîtres de la stratégie, sous la direction de Edward Mead Earle, Flammarion, trad. Annick Pélissier, 1980 (1943), p.280.

(20) PENNELL, op cit, p.168.

(21) Steven UNGAR and Tom CONLEY (edit.), Identity Papers-Contested Nationhood in Twentieth-Century France, University of Minnesota Press, 1996, p.118.

(22) Jean GOTTMANN, op cit, p.268.

(23) ibid., p.280.

(24) ibid, p.283.

(25) Robert GARRIC, Le message de Lyautey, Editions Spes, pp.180-181.

(26) Peter PARET, Gordon A. CRAIG, Felix GILBERT, Makers of modern strategy from Machivelli to the Nuclear Age, Oxford University Press, p.389

(27) ibid, p.391.

(28) ibid, p.391.

(29) André MAUROIS, Lyautey, p.256.

(30) Daniel NORDMAN, Profils du Maghreb, frontières, figures et territoires (XVIIIe-XX siècles), Publications de la faculté des lettres, Rabat, 1996, p.60.

(31) ibid, p.61.

(32) ibid, p.56.

(33) ibid, p.58.

(34) PENNELL, op.cit, p.162.

(35) Daniel NORDMAN, op cit, p.62.

(36) PENNELL,op.cit., p.173.

(37) Edith WHARTON, In Morocco, Kessinger Publishing, 2004 (1920), p.6

Ce livre de voyage est de la romancière américaine Edith Wharton. Il est dédié à Lyautey et à son épouse, en ces termes: «Thanks to whose kindness the journey I had so long dreamed of surpassed what I had dreamed» Elle visite le Maroc depuis la Méditerranée jusqu’au Haut Atlas, et de l’Atlantique vers Fès.

(38) PENNELL, op cit, p.158.

(39) Robert GARRIC, Le message de Lyautey, Editions Spes, pp. 241-242.

(40) PENNELL, op cit, p.156.

(41) Susan SLYOMOVICS, edit., “Orientalism as Irony in Gérard de Nerval’s Voyage en Orient”, in The walled arab city in literature, architecture and history, p.11, edit. Susan Slyomovics, 2001.

(42) Le collaborateur de Lyautey, Tranchant de Lunel, homosexuel, orientaliste et opiomane, est fort connu pour ses réceptions «homosexuelles». Par exemple, c’est chez lui que Jean Cocteau rencontre son amant Marcel Khill, été 1932.

Ne fait-il pas partie de cette vague d’intellectuels qui nourrissent des fantasmes autour du vice dans un pays musulman?

Maurice Tranchant de Lunel, surintendant des beaux-arts (Services des Arts Indigènes): il a remis en état la Kasbah des Oudayas en 1916. Auteur de «Au pays du paradoxe: Maroc», préface de Claude Farrère, Paris, Bibliothèque-Charpentier, E. Fasquelle, 1924.

Les plans de la mosquée de Paris s’inspirent de celle de Fès. La mosquée est construite entre 1924 et 1926. Les architectes sont Robert Fournez, Maurice Mantout et Charles Heubès, mais ils suivent les plans de Tranchant de Lunel. Cette construction s’inscrit dans la commémoration des cent mille musulmans morts pour la France en 1914-1918. Les matériaux décoratifs (tuiles vertes, faïences, mosaïques, fer forgé) proviennent des pays du Maghreb et sont mis en œuvre à Paris par des artistes et artisans maghrébins.

Il fait partie du groupe d’architectes français qui créent le style franco-marocain ! Citons Prost, Marrast, Laforgue, Laprade, Pauty, Marchisio. Un style «double» qui marie des aspects européens modernes et son adaptation au climat et aux mœurs du Maroc.

(43) Edith WHARTON, In Morocco, Kessinger Publishing, 2004 (1920), p.3.

(44) PENNELL, op cit, p.154.

(45) ibid, pp.160-161.

(46) ibid, p.162.

(47) ibid, p.177.

(48) Avner BEN-AMOS, Funeral, Politics, and Memory in Modern France 1789-1996,, Oxford University Press, 2000, p.232.

(49) Paroles d’action (Colin éditeur), p.421 et p.427, cité dans Robert GARRIC, Le message de Lyautey, Editions Spes, pp.13-14.

(50) Avner BEN-AMOS, op cit, pp.232-233.

(51) ibid, p.233.

(52) cf. Arnaud TEYSSIER, Lyautey, Perrin, Paris: 2004.

(53) Robert GARRIC, Le message de Lyautey, Editions Spes, p.91.


 

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