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  2006

(Septembre  2006)

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Interview de Lounès belkacem, président du Congrès Mondial Amazigh.

Interview réalisée par ihya elouazgani

Question: Azul monsieur lounes belkacem, au début nous voulons bien connaître les principales réalisations du Congrès Mondial Amazigh après son dernier congrès qui s’est tenu à Nador l’année dernière.

Réponse: la première réalisation c’est déjà d’avoir réussi un congrès pour la première fois de l’histoire sur la terre amazighe continentale. Les imazighen sans frontières se sont réunis librement chez eux à Nador, ce qui constitue une indéniable victoire pour le CMA et pour l’ensemble du mouvement amazigh. Ensuite depuis le congrès de Nador nous avons continué notre travail habituel. Concernant le Maroc par exemple, et grâce à nos actions mais aussi à celles d’autres associations amazighes, et en relation avec les associations locales du Maroc et des militants amazighs qui œuvrent sur le terrain, nous avons obtenu que les Nations Unies exigent de l’Etat du Maroc la reconnaissance de tamazight comme langue officielle, l’enseignement de tamazight à tous les niveaux, l’alphabétisation des Amazighs dans leur propre langue, la fin des interdits concernant les prénoms amazighs, etc.

Les Nations Unies ont également demandé au Maroc une prise en charge rapide et complète des besoins des victimes du séisme d’Alhoucima. Tous ces points étaient demandés par le CMA dans son rapport alternatif remis aux Nations Unies, ce qui constitue indéniablement un acquis pour les Amazighs du Maroc. Au mois de mai de cette année, nous avons signé une convention de partenariat avec l’Unesco-Catalogne et en juin, nous avons organisé une grande et importante conférence internationale à M’rirt (Moyen-Atlas) sur la question de la terre et des ressources naturelles des imazighen. Pour la première fois nous avons fait venir de hautes personnalités des Nations Unies chez les imazighen pour leur parler de leurs droits mais aussi pour constater de près les conditions de vie des imazighen et leur marginalisation. C’est un sujet de fierté pour le CMA qui travaille aussi dans d’autres pays, toujours en collaboration avec les associations amazighes et d’autres partenaires pour faire aboutir les droits des Amazighs, partout où ils vivent. C’est un travail de longue haleine mais qui commence à porter ses fruits comme en Catalogne où tamazight est enseignée dans les écoles, et à Melilla où tamazight vient de bénéficier d’une reconnaissance officielle qui lui donnera les moyens de sa promotion.

Q: comment voyez-vous la situation des droits culturels et linguistiques des Amazighs au Maroc?

R: Le CMA ne s’intéresse pas uniquement aux droits linguistiques et culturels, mais sa mission couvre tous les droits des Amazighs y compris les droits économiques, politiques et sociaux, parce que si vous appauvrissez une personne, si vous la privez de ses moyens de subsistance comme la terre par exemple, cela revient à porter atteinte à sa vie! C’est une autre manière de la tuer. Et dans ces conditions, le droit à la langue devient même un souci secondaire parce que il faut d’abord survivre pour pouvoir parler… C’est pour cela que la question de la terre est une question très importante, vitale même.

Mais pour revenir à votre question précisément sur les droits culturels et linguistiques, pour moi il n’y a toujours pas de vraies avancées. Par exemple au Maroc, l’Etat marocain a prévu que tamazight soit généralisée à tous les niveaux de l’enseignement en 2008, mais on va entamer en septembre prochain la rentrée 2006-2007 et on est très très loin de cet objectif parce qu’il existe une politique de blocage de tamazight. Un pas en avant et au moins autant en arrière! Et à ce rythme, tamazight a le temps de mourir avant d’avoir vu quoi que ce soit. Et cela, bien entendu, nous nous y opposerons de toutes nos forces et par tous les moyens.

Q: vous venez d’adresser une lettre au roi du Maroc dans laquelle vous lui demandez de prendre en considération la langue et la culture amazighes dans la prochaine réforme de la Constitution. Qu’est ce que vous attendez du roi du Maroc ?

R: J’attends précisément que le roi du Maroc utilise ses larges prérogatives constitutionnelles en vue de remettre ce pays sur ses fondements amazighs. Sans Tamazight (dans ses dimensions historique, civilisationnelle, culturelle et linguistique), le Maroc est dans une position bancale, en déséquilibre permanent…Il faut réhabiliter officiellement l’amazighité parce que c’est un droit fondamental, parce que cela correspond à la réalité quotidienne de ce pays et parce que cela lui assurera une stabilité et une cohésion à long terme. Dans la prochaine Constitution, tamazight doit donc trouver sa place non pas en tant que langue nationale car elle l’est déjà, mais en tant que langue officielle. C’est ce statut et seulement celui-là qui donnera à notre langue les moyens juridiques d’assurer sa promotion et c’est pourquoi notre attente est plus forte que jamais et nous avons de bonnes raisons de croire que le roi nous entendra.

Q: concernant la visite du CMA en Libye, pour vous cette visite a-t-elle apporté une valeur ajoutée à la cause amazighe dans ce pays et dans Tamazgha en général?

R: Pour les Amazighs de Libye comme pour tous les Amazighs de Tamazgha et d’ailleurs, le fait que le chef de l’Etat libyen reçoit le Congrès Mondial Amazigh, c’est une forme de reconnaissance de l’amazighité. Ce n’est pas une reconnaissance entière comme nous la souhaitons, mais on peut dire que c’est un premier pas. Les tabous concernant la question amazighe en Libye tombent les uns après les autres, la crainte chez les Amazighs diminue de jour en jour et les gens s’expriment avec un peu plus de liberté. Cela n’est pas seulement le fruit de notre visite, mais nous y avons contribué…Et nous allons poursuivre dans ce sens afin de faire cesser tous les interdits et avancer vers la pleine reconnaissance des droits des Amazighs de Libye. Il faut à la fois poursuivre le combat contre ceux qui refusent obstinément de reconnaître nos droits légitimes et inaliénables et convaincre ceux qui nous écoutent que l’amazighité est une chance pour tous les peuples de Tamazgha.

(Juillet 2006 à bouizakarne, Interviewé par ihya elouazgani, elouazgani@yahoo.fr)


 

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