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Au fond de l’Atlas, Imazighens et le cèdre disparaissent

Par: Anaruz Saâdani - Khénifra

Depuis qu’il a été abandonné par ses lions et ses braves hommes qui le défendaient, l’Atlas mystérieux se retrouve de jour en jour dépouillé de ses richesses et de ses trésors et pris d’assauts par des mafias, des escrocs et de bandes de criminels qui ne se soucient que de se remplir les poches.

Khénifra, cette ville coupée de ses racines, cette "capitale mathématique" du Maroc et l’Om Erbiâ, ce fleuve éternel dépourvu de sa limpidité, voient passer sous leurs nez des camions transportant, à des destinations inconnues, le cèdre massacré sauvagement dans les montagne de l’Atlas.

Le cèdre qu’on appelle en tamazight «ityel» ne constitue pas pour imazighens une ressource naturelle, il ne se réduit pas chez eux à un bien dont il faut tirer un profit matériel, c’est un viatique spirituel, un symbole qui inspire la grandeur, l’élévation de l’âme et la vénération de la terre-mère.

Ces arbres qui s’érigent majestueusement sur les hauteurs de l’Atlas sont pour imazighens des divinités à part entière. Ce sont des témoins éternels du passé de leurs ancêtres d’autant plus qu’ils peuvent atteindre une longévité de plusieurs siècles. Ce symbole qui devient de surcroît un repère de l’existence est aujourd’hui menacé.

En abandonnant la mer, la plaine et l’horizon, imazighens ont choisi le chemin le plus difficile à gravir, celui de la montagne pour protéger leur âme et lier leur destin à celui de ces arbres majestueux qui reflètent leurs ambitions et leur volonté d’être libres et d’être soi-même. Ce qui comptait pour eux c’est d’être souverains et d’en haut, dominer et la plaine et la mer et l’horizon. Que reste t-il aujourd’hui de ces ambitions si ce ne sont des bribes, des vestiges et des hommes en captivité et pris au piège par des lois et des institutions léguées par les colons français et espagnols.

Il faut se rendre à l’évidence. Si on massacre le cèdre dans les montagnes des berbères qui n’ont même pas le droit de se procurer le bois de chauffe, c’est parce que les lois coloniales continue à faire des ravages. La loi de 1917 qui interdit aux tribus de contrôler les ressources de la forêt coupe du même coup le lien ombilical qui rattache imazighens à cet espace ancestral. Cette politique coloniale injuste poursuivi par l’Etat marocain favorise les mafias qui, connectés aux réseaux administratifs et protégés par les institutions, engagent grossièrement leur guerre de l’arrivisme au détriment de l’homme, de l’environnement et de la vie en général.

Le point culminant de cette réalité tragique marquée par la cupidité, la soif maladive de pouvoir et les abus de tous ordres, c’est la disparition de l’homme amazigh dans le silence de la montagne qui a refusé cette année de porter son habit blanc. On meurt à Anfgou, à Anmzi , à Tighdouine et partout dans la région de Tounfite.

«Ur ac uq amalu wala taght i winu» disait le grand poète Moha Oulhaj s’adressant à son fils. Aucun d’eux ne peut défendre ni protéger l’autre. Il l’est aussi pour l’homme amazigh qui se trouve dans l’incapacité de protéger sa montagne qui, à son tour, est incapable de le protéger. L’homme et la montagne subissent le même destin: on abat les cèdres par les tronçonneuses et on déracine ce peuple des montagnes par la privation, l’injustice et l’oubli.

De nos jours, on ne peut pas occulter la vérité de ce Maroc qui a juré sur la tombe de Léautey de poursuivre sa politique pour éteindre les roses des imazighens, réprimer leur sourire en douceur et empêcher le printemps de fleurir sur leur champs.


 

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