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  (Juillet  2007)

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Les affrontements à l’université: Un tournant dans le combat amzigh

Par: Anarouz SAADANI

Des événements sanglants se sont déroulés dans la majorité des universités marocaines opposant les étudiants du Mouvement Culturels amazigh à des groupuscules se réclamant du panarabisme. La violence a sévi dans les universités depuis le 20 avril 2007 qui constitue une date symbolique pour tous les Imazighns du monde. Il s’ensuit des violences, des victimes, des perquisitions, des arrestations, des poursuites judiciaires et des tortures infligées aux détenus du MCA surtout dans les locaux de la police à Meknes.

Il suffit d’apprendre que les étudiants du MCA ont signé des procès- verbaux accablants sous la torture et que même les repas qu’on leur apportaient disparaissaient dans les locaux de la police et ne parvenaient pas à destination pour se rendre compte que quelqu’un veut aller jusqu’au bout de l’acharnement et qu’il s’agit d’une machination orchestrée pour réduire les militants du MCA au silence en donnant «l’exemple». Cette interprétation des faits est appuyée par l’orientation pénale qu’on donne à la procédure judiciaire engagée contre une dizaine de militants amazighs pour les transformer en criminels, les jeter en pâture à l’opinion publique et s’en débarrasser dans les geôles du Makhzen.

La riposte des militants du MCA au racisme, au mépris et à la haine institutionnalisés et légitimés par l’Etat marocain à l’égard de l’Amazighité et matérialisés par les agissements irresponsables des étudiants dévoués à l’hégémonisme arabiste, est une réponse naturelle qui s’inscrit dans le cadre de la légitime défense. En l’absence d’une intervention impartiale des forces de l’ordre dont le laxisme est constaté, les étudiants du MCA ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour pallier la violence et les agressions qui leur ont été imposées.

Les affrontements et les procès qui en découlent ne sont que la partie émergente de l’iceberg qui a des ramifications aussi complexes qu’ambiguës. Quoique les fils de ce drame soient enchevêtrés, on peut avancer qu’on est en présence d’un échec spectaculaire de la politique berbère du Makhzen qui continue obstinément à croire que la question berbère ne pourrait être qu’un produit folklorique qui ne tarde pas à disparaître et de l’échec aussi de sa «réconciliation» extorquée en faveur de laquelle il ne cesse de plaider solennellement.

L’Etat marocain qui ne veut plus se mettre à l’écoute de la réalité anthropologique, historique et culturelle du peuple dont il détient le sort, maintient toujours l’amazighité dans le camp des tabous politiques et sème par là les graine de l’intolérance et attise la haine à l’égard des Imazighns. Il suffit d’entendre les discours officiels pour comprendre que ce qui se dit officiellement se traduit en actes par les groupes et les milices qui gravitent dans l’orbite du Makhzen.

C’est la continuation d’un jeu ancien qui répète toujours quelque chose du passé. L’Etat marocain est réputé pour son art pernicieux de dresser les uns contre les autres pour contrecarrer la progression de la mouvance indésirable, en l’occurrence la mouvance amazighiste. Il semble, cette fois, que le Makhzen manque d’inspiration en brandissant les cadavres face aux berbères qui le dérangent et qu’ils considèrent comme des éléments «subversifs». Nous avons toujours présente à l’esprit l’affaire de Reqqia Bouâli accusée d’un meurtre perpétré en 2004 parce qu’elle a osé dévoiler les saletés du système judiciaire marocain. Le même scénario se répète avec les militants du MCA qui se trouvent dans «le cercle des représailles» pour des crimes qu’ils n’ont pas commis.

Le Makhzen n’a pas encore l’intention de se débarrasser de ses vieilles recettes. On a affaire ici, il faut le dire, à un procès kafkaien monté de toutes pièces pour transformer des étudiants en situation de légitime défense en criminels et en bandits de grands chemins. Sinon, pourquoi la police n’a-t-elle pas réagi lorsque l’un des étudiants du MCA a déposé une plainte à Meknes le 10 mai 2007? Comment a-t-on pu peindre le drapeau amazigh à côté du drapeau israélien à la faculté des droits à Meknes sans la complicité de l’administration de cet établissement? Qu’est-ce qui justifie le laxisme de la police qui n’intervient que tardivement? N’y a-t-il pas là une volonté diabolique d’instiguer des affrontements sanglants pour justifier les arrestations et la condamnation des étudiants du MCA et fustiger la cause qu’ils défendent pacifiquement?

La manipulation de l’échiquier universitaire qui est amené à jouer un rôle dans la politique berbère du Makhzen est constatable. Le drame qui a fait couler beaucoup de sang et de larmes annonce un tournant décisif dans la lutte identitaire au sein des universités et par extrapolation dans Tamazgha occidentale. Les arrestations en masse des étudiants du MCA, les tortures et les humiliations qu’ils ont subies sont un message d’intimidation qui vise à freiner si ce n’est à bloquer le mouvement de protestations et de revendications des Imazighns et à brouiller les cartes encore une fois après l’échec spectaculaire de l’IRCAM à assumer cette sale mission.

Le Mouvement Culturel Amazigh est confronté à de nouvelles épreuves qu’il doit surmonter. Les événements des universités l’ont placé devant un obstacle auquel il doit se mesurer. Ces événements ont créé une occasion pour réfléchir sur la situation du Mouvement Amazigh, sur ses conceptions et les mécanismes de son fonctionnement pour penser l’avenir et projeter des actions futures pour ne pas rater le rendez-vous avec l’histoire et pour que Imazighns puissent retrouver la dignité, la liberté et la souveraineté sur leur propre terre.

(Anarouz SAADANI – Khénifra, 14 – 06 – 2007)


 

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