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  (Décembre  2007)

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IRCAM, cette prison d’or de l’âme amazighe
Lettre d’un fugitif aux membres de l’Ircam
Par: H. Banhakeia

«L’homme le plus inquiet d’une prison est le directeur.» (G.-B. Shaw)
Il fut un temps où je me suis «juré» de ne pas parler à propos de l’Ircam, tant notre amazighité est boitillante au moment de se chercher un chemin, tant notre cause souffrirait de la division… Mais, après avoir vu l’émission «mubasharat maakum» sur 2M, la rage m’a étouffé  le cœur: le dit sur les ondes fait mal à tout le monde. A notre mémoire. Tout marche mal, et les années passées ne font qu’empirer l’hémorragie de notre culture première, et l’on ose chanter l’imparfait, le non fait, ce qui ne sera jamais fait et le fait «banal».
Maintenant je peux comprendre votre douleur, messieurs les membres, qui se manifeste dans l’enthousiasme faux à camoufler les tares qui vous glissent dans l’absurde et le risible. Cela porte un nom: le sentiment de culpabilité! A quand votre rachat réel?
Je sais bien ce que vous pensez, mais que vous ne pouvez dire. Surtout aux médias. La force de l’interdiction est invincible; et le refoulement est largement enclenché là où il le faut. Mais, les médias, ce ne sont pas que les yeux «scrutateurs» d’un gardien omnipotent, il y a derrière aussi des esprits tus et qui peuvent parler un jour, ceux à qui l’on a blessé l’âme depuis tant de siècles. Votre ‘amazighité’, hélas, s’adapte à l’Ircam, à un discours aveuglant! Cela est déraisonnable. Ici et alors, je vous vois des hommes inquiets, mais qui savent traiter les problèmes non seulement avec indifférence, mais avec cynisme. C’est là le commencement de la déchéance de notre tradition millénaire.
Nous savons tous, et les sept fugitifs des travaux manipulés et vous encore ces amphitryons gais, que l’Ircam est la prison dorée de tamazight. Ce lieu de détention est la réduction moderne de ces vastes terres de «siba» marocain. L’amazighité y a perdu ses droits. Oui, elle en a perdu: nous ne pouvons point pleurer, ni pleurnicher, ni protester… l’on nous dit: vous avez l’Ircam. Et il s’en occupe évidemment. Donnez à vos confrères du temps. Six ans, c’est rien… De manière programmée, la mémoire amazighe est jetée aux oubliettes. Nul doute. Cette programmation, ou la préparation de tels programmes d’annulation, sont là, s’achevant dans une stratégie globalisante.
Par ailleurs, le mot stratégie a sonné fort lors du débat vide et vidé de tout sens positif. Que puis-je dire comme définition aux éminents intervenants? De quelle stratégie parle-t-on bien que l’on répète ce concept sacré à tort et à travers? La stratégie de l’Ircam est de scinder le mouvement, de ridiculiser la cause, d’inverser les tâches et d’embrouiller les projets, les vrais pas… L’Ircam ne peut pas ne pas paraître le lieu de tous les soucis amazighs, et sans une vision visible tout se perd. Votre vision administrative, messieurs les membres, si elle peut porter un nom et un qualificatif, y est étroite, une chambre obscure et une salle fonctionnelle d’anesthésie munie du seul oxygène naturel. Les cinq cellules de l’Ircam, en plein accord avec les ministères, ne peuvent rien faire pour une science amazighe mal diffusée, mal gérée, mal conçue, mal circulée, mal produite, mal communiquée…. Se vanter de cinq manuels maigrichons, munis de caractères gros et espacés sur une page orpheline, et que les laissés pour comptes (élèves et enseignants) consultent pauvrement en classe. Où sont les élèves de ces manuels? où sont les profs de ces pages vendues, inertes et indéchiffrables?
Tout ce qui demeure vrai, c’est bien que l’Ircam est l’abri doré de chercheurs, de grands chercheurs et de vrais chercheurs. Il n’y a rien dans les fameuses cellules que le gel soljenitsynien et le bruit shakespearien. L’amazighité est réduite dans un espace clos de la capitale. O membres honorables, laissez-la traverser les murs de la privation et de la prévention: elle n’est pas coupable. Elle ne l’a jamais été. Victime, oui. Une âme doit mouvoir parmi les siens, non par l’élan de l’argent, mais par le souffle naturel de la vie totale. Prés de vous sonne un glas terrible. Où commence la vie pour tamazight et où se termine le danger de sa mort? L’enfer et le paradis? La misère et la dignité? Pourquoi ne parlez-vous de nos étudiants emprisonnés dans de vraies prisons où l’injustice est le seul espace régnant? Ils font partie des douleurs et des peines de l’amazighité. Vous le savez. Pour moi, votre tamazight, bien sûr la vôtre, vous en voulez faire la même chose… refouler l’amazighité sur les vagues de Charon. Et votre visibilité est nette: Tamazight, charriant un péché éternel, doit payer en vie tout ce qu’elle n’a pas fait. Car de nature elle est coupable.
Messieurs, aussi longtemps qu’il y aura des fauteuils à occuper dans votre institution dorée, nombreuses sont les petites gens qui s’entretuent symboliquement pour y accéder. Et à l’amazighité de pâtir… Qui rame dans cette institution? Presque tout le monde pense détenir les supports! Les Imazighen aiment les galères phéniciennes, grecques, romaines, arabes, et une autre légion ne fera point mal. Ainsi, le projet de mettre au rancart une telle cause sacrée est completely established. La feuille de route est esquissée dans tous les détails: il nous revient de ponctuer l’heure, la minute et la seconde du trépas amazigh.
En conclusion, vous avez déterré le corps de vos aïeux qui allait se reposer dans le bonheur total pour en faire un opprobre parmi les vivants. Ne soyez pas des Frankenstein modernes! Tamazight doit vivre malgré les trente deniers, les galères, les murs et les chaînes…
(H. Banhakeia)

 

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