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Rachid Nini ou le dénigrement en soi

Par: Anaruz SAADANI (Khénifra)

Enfin, Rachid Nini, cette star des média arabophones marocains a pu s’introduire en catimini dans le champ amazigh pour y faire le feu de tout bois. Dans cette aventure, notre journaliste a fait preuve d’une ingéniosité certaine et d’une intelligence maligne et a mobilisé ses capacités combatives pour s’attaquer, le devoir oblige, au «discours raciste» et au « danger» que présente pour la nation l’amazighité non sans un malaise indéfinissable devant lequel son humour habituel s’émousse et s’efface.

Dans le numéro 421 du journal «Al Massae» Rachid Nini a appelé, dans sa colonne qu’il tient régulièrement, la cause amazighe à son tribunal d’inquisition pour la condamner en donnant pour prétextes les déclarations de Ahmed Dgherni qui s’est fait une mauvaise réputation dans les milieux arabistes et autres actions entreprises par Imazighns. Par les acrobaties et les manœuvres journalistiques qui lui sont connues, il s’est efforcé de jeter le discrédit sur la cause amazighe et alarmer l’opinion publique sur l’imminence du danger qu’elle présente dans sa patrie qu’on lui refuse. Il s’agit pour Nini d’exhorter les émissaires d’Allah de continuer la guerre sainte que leurs ancêtres ont entamé contre les mécréants.

La mission dont Rachid Nini a été chargé est cette fois-ci hasardeuse car aujourd’hui personne n’ose contester la légitimité de la cause de ce peuple mutilé et condamné à dénigrer son identité et contraint à céder à la désertification du monde que propose l’impérialisme arabo-musulman.

L’amazigh-modèle pour Rachid Nini n’est pas celui qui défend sa culture contre la rapacité des envahisseurs arabes, ni celui qui dénonce le pouvoir despotique de l’Etat arabe instauré au Maroc par le protectorat français, ni celui qui critique la religion complice, manipulée pour légitimer les abus et les injustices de toutes sortes, l’amazigh-modèle pour lui, c’est ce valet de l’impérialisme arabe; cet intellectuel qui excelle dans les lettres arabes et qui enracine davantage l’aliénation et le dénigrement de soi. A vous, les seigneurs tous les honneurs! Aux Imazighns la poussière et les mouches! On a du mal à comprendre cette intransigeance de la part de quelqu’un qui prétend défendre les faibles contre les plus forts.

Il n’en est pas question car notre journaliste est occupé ces derniers temps à restaurer les archaïsmes qui permettent de maintenir le statu quo. Il brandit sa plume qui n’a ni queue ni tête contre la cause amazighe parce que celle-ci dérange le Makhzen. Est-il un hasard que cet acharnement sur la cause amazighe coïncide avec le procès engagé par l’Etat arabiste contre le Parti Démocratique Amazigh dont Ahmed Dgherni est secrétaire général? Nini, n’est-il pas entrain de chercher les prétextes légitimant la persécution non seulement de ce parti mais de tous les Imazighns qui sont, on les voit, emprisonnés, maltraités et torturés?

Rachid Nini ne pourrait être que l’unes des voix destinées à créer le doute dans les esprits ou à ameuter la foule contre les tendances qui ne s’alignent pas derrière l’idéologie dominante. Il faut le noter, Nini ne sait ou ne veut pas donner une orientation claire à son journal, il n’a pas de références bien définies, pas de principes clairement formulés. Il opte pour un camouflage incessant qui le rend insaisissable. Il donne raison à ces Imazighns dociles vecteurs de l’arabisation et jette en pâture à l’opinion publique Dgherni et ses «acolytes» qui sont entrain de redonner vie aux «paganismes berbères» et aux autres survivances qui remontent à l’histoire ancienne des Imazighns. Le raisonnement de Rachid Nini fortement imprégné de sentiment religieux relève du sens commun et ne peut saisir l’importance, d’un point de vue anthropologique, de ces vestiges qu’il stigmatise sans prétexte plausible. Jamais l’amazighité n’aura honte de son paganisme ni de l’un des aspects de son héritage. Elle restera fière de son passé, de ses hommes et de ses femmes qui ont fait une traversée périlleuse pour ne pas perdre leur âme, leur spécificité et leurs valeurs. Quand à Rachid Nini, qu’il continue à restaurer les dogmes de cette idéologie égoïste et désuète qui pond ses œufs dans le nid des autres non seulement pour les faire éclore mais aussi pour s’approprier le nid des autres.

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