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Colonialisme et repentir

Par: Anarouz SAADANI – Khénifra

L’Italie, ancien pays fasciste et colonisateur, vient de faire cette semaine (Le 30 août 2008) une remise en cause spectaculaire de son histoire coloniale. Berlusconi, le chef du gouvernement italien, a présenté, au nom de l’Italie, ses excuses et ses regrets à un certain Qaddafi au regard préhistorique et au sourire narquois, exprimant l’exaltation narcissique d’un événement si rare. Le repentir italien des massacres perpétrés en Libye pendant la période coloniale s’étalant de 1911 à 1942 ne s’est pas limité aux bons usages diplomatiques, une enveloppe de 5 milliards de dollars a été accordée à la fabuleuse Jamahirya et une multitude de projets d’infrastructure seront entrepris dans ce pays rongé par la dictature d’un Qaddafi mythique qui a voulu un jour dresser son tigre de papier contre la puissance occidentale avant de faire sa mea culpa et de se retrancher dans sa tente.

Par cet acte historique, l’Italie a fait comprendre que pour construire l’avenir, un impératif s’impose, c’est celui du devoir de mémoire. Un peuple qui se respecte a l’obligation morale et historique de ne pas fermer ses yeux sur les génocides perpétrés à l’encontre de ses ancêtres.

Il est certain que pour en arriver là, les pressions et la fierté rébarbative de la Libye y sont pour quelque chose. Manifester le regret et la volonté de réparer les atrocités du passé est un acte de courage quoiqu’il soit motivé par des intérêts mesquins: on le sait, la Jamahirya fait saliver les pays occidentaux par ses gisements pétroliers.

On est toujours en droit d’interpeller les pays coloniaux sur les crimes de guerre qu’ils ont commis et dont les séquelles sont toujours là et continuent à agir sur notre devenir. Ces pays ont brutalisé notre histoire et ont mis nos pays sur la voie de l’incertitude et de la dépendance éternelle grâce aux fantoches à qui ils ont laissé en héritage et le pouvoir et les richesses et le sort des gens. S’il y a un peuple qui est frappé de plein fouet par le colonialisme c’est le peuple amazigh qui a enduré la barbarie coloniale la plus cruelle et qui continue encore à survivre sous le joug de l’oppression et du despotisme.

Imazighns ont payé cher le tribut de leur esprit de liberté et de révolte. Ils ont perdu l’histoire, la terre et l’avenir; cette histoire effectivement qui était et est toujours objet d’instrumentalisation politique par les zélateurs du nationalisme arabe qui n’étaient que des commerçants de miracles et qui continuent à vivre de leurs supercheries. Imazighns qui avaient préféré, à la manière d’Albert Camus, le désordre à l’injustice n’avaient pas baissé les bras devant la fatalité du désastre. Mais rien ne pouvait arrêter le déchaînement diabolique des forces coloniales qui ont mené leur œuvre génocidaire à son accomplissement.

Après plus d’un demi siècle du retrait des armés coloniales, l’Etat marocain n’a toujours pas le courage ni l’intention d’exiger des excuses et des indemnités de ces pays colonisateurs. Peut-être pour lui ce n’était même pas une colonisation, c’était une présence plutôt favorable et bienfaisante. La relation passionnelle qui existe entre le Maroc et la France en est une preuve. La classe dominante n’a aucun motif valable pour protester contre ses protecteurs. Lorsque les montagnes meurtrières des imazighns étaient des champs de carnage où triomphent la mort, les fortunés des grandes cités qui vont devenir détenteurs du pouvoir politique, financier et économique, se disputaient les privilèges apportés par le colonialisme, indifférents au malheurs des imazighns qui, après chaque carnage, faisaient ‘l’Aguejdour’ pour pleurer leurs morts sans savoir que leur sort est déjà scellé une fois pour toute car, du joug «des hommes aux yeux bleus», ils passeront sous le joug «des hommes aux intestins verts» .

(Anarouz SAADANI – Khénifra, 13 – 09 – 2008)

 

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