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le voyage stéréo-poétique d’auguste Mouliéras à travers le rif (2ème partie)

Par: Hassan Banhakeia (Université de Nador)

 

IV.- LA GRANDEUR FRANCAISE SELON MOULIERAS

Avec les écrivains français, depuis le XVIe siècle jusqu’au XXIe, l’Afrique est infiniment recréée dans sa matière première et sa manière d’être, selon une vision étroitement subjective et hautaine. Précisément, avec la Révolution de 1789, les Français, politiques et penseurs, voient d’un air seigneurial ce misérable continent. Au nom de l’humanisme universel et de l’esprit «moderne», la France expose ses visées impérialistes couvertes d’un teint «positiviste». Munis de compétences adéquates visant la centralisation, les Français ont le droit à la seule parole qui peut mener l’Afrique au changement, mettant en péril par conséquent les changements «révolutionnaires» locaux. (1) Cette attitude mentale sera derrière une vision uniforme: s’il y a un mouvement dans ces pays, c’est de la coïncidence du bruit ou du désordre…, ce qu’il y a vraiment, c’est de la stagnation globale et millénaire. Il revient légitimement à la Métropole d’instaurer un ordre régulateur afin d’offrir la Science et le Progrès.

Cette vision précède et détermine simultanément la composition de MI. La liberté, la fraternité, la solidarité avec les peuples sont alors avancées pour commencer la colonisation totale: léguer le progrès à toute l’humanité, notamment aux autochtones «réprimés», en s’accaparant la destinée de ces peuples. Cette mise en œuvre, selon Mouliéras, libère les passions, les rêves, les sensations des propres colonisateurs; et effectivement dès le début du XXe siècle, de ce legs (et de tant d’autres voyageurs métropolitains) se dégagent une taxinomie concevant les Africains comme des gens «à transformer» vers le positif, tout au moins au service de l’Unique République. (2)

Cette vision très française, mais également européocentriste, est assumée tant au niveau politique qu’au niveau scientifique. Pascal Duprat, en bon lecteur d’Hérodote, définira «scientifiquement» l’identité africaine: «L’Afrique a beau se replier sur elle-même et s’enfuir en quelque sorte vers le Midi; la voilà rattachée et comme liée à l’Europe, qui peut enfin la voir et la contempler. (…) Ce pays appelle et enchaîne l’imagination, à qui les mondes nouveaux plaisent toujours. De là ces récits, ces travaux et ces livres qui se succèdent avec rapidité et qui semblent sortir les uns des autres. Il y a sans doute beaucoup de précipitation dans toute cette littérature, qui est née le lendemain d’une victoire.» (3) Cet intérêt intellectuel croissant va dans le sens de créer un paternalisme «raisonné» de la Métropole envers ces «nations» satellites. Et l’œuvre de Mouliéras de ne se situer «idéologiquement» que dans une telle perspective, et le personnage de Ben Tayyeb de représenter un parfait serviteur de la France bien que l’auteur ait explicité, dans un ton mi-ironique mi-naturaliste, quelques dysfonctionnements dans ce paternalisme «rigide». (4)

En bons gouvernants, l’écrivain gaulois déconstruit la géographie, les mœurs, les manières de vivre et l’histoire des pays sans en connaître la langue et la culture, se fiant seulement aux enseignements des génies lumineux français. (5) Mouliéras, confondu dans ses jeux de traduction, réduit les rites rifains à de simples manifestations, les vidant de toute profondeur culturelle, et ne la rattachant qu’au religieux (fanatique). Par exemple, le système complexe de «taouiza» n’est qu’une simple aide mutuelle entre agriculteurs. (6) En général, il offre la grandeur «métropolitaine» non pas comme un palliatif, mais comme un Idéal à suivre (vu sa perfection) afin de réussir le projet «humaniste».

Les récits de voyage, relativement imprégnés d’idées romantiques, construisent des espaces utopiques. Les voyageurs, avant l’avènement des militaires, s’imaginent un espace inexistant, des faits irréels, une histoire fabuleuse… rien que pour prouver la supériorité des idées de la Révolution. République et Révolution non seulement se confondent mais font également un même corps: les Idéaux ne peuvent exister qu’au service de la Nation. Ceci est «l’une des sources de l’imaginaire colonial français: ce qui se dit aujourd’hui à propos de l’Afrique dans le discours social français resterait pour une large part inintelligible si l’on ne remontait pas vers la source d’où s’est répandue, jusque dans les vaisseaux les plus ténus de l’imaginaire, la pensée raciste.» (7) L’Afrique, espace de distinction marquée, demeure indubitablement inférieure. Elle est inhumaine, elle est altérité. Elle ne peut progresser, vivre et s’épanouir qu’en s’inspirant (imitant) et en acceptant la pénétration française. Autrement dit, l’Occidental est réconforté dans sa différence «enrichissante». La France est dite «Grande Nation», par opposition au Maroc reconnu tantôt «Mystérieux Empire», tantôt «Vieil Empire». Et le Rif peut-il «exister» vraiment dans le texte de Mouliéras? De telles correspondances qui étoilent le texte de Mouliéras, la part de la «vérité» historique devient comme une peau de chagrin... Si Mohammed ben Tayyeb est cher à l’auteur, et en conséquence au lecteur, c’est parce qu’il incarne non seulement le «bon service» mais aussi le spécimen de «Civilisé», et pour le lecteur un moyen de mystification. Il est, d’ailleurs, acclamé: «toi, qui travailles pour la France, en t’en doutant un peu, bravo! trois fois bravo!» (MI, 1, p.14) Il est alors lui-même fils de la Révolution. La fin du récit montre explicitement l’importance de cet apport «d’informations» humaniste. Ce rapport du maître / serf s’étend aux relations étatiques: il y est question tout simplement d’une République qui asservit un Empire!

Dans le cas du Maroc sous le gouvernement de Moulay Hassan (1873-1894), époque de l’histoire de MI, il apparaît comme si le Maroc, et ici le Rif, n’avaient jamais existé en tant qu’espace organisé, géré et cultivé (muni d’une culture). Les récits d’ambassade, mélange d’aventures personnelles et de réflexions ethno-politiques, sont diserts sur ce statu quo particulier.(8) Cette vision statique (anéantissante) peut se transformer en une structuration mobile (positivante) lorsque le fait colonial va se déclencher. Recréant cet espace (culturel, social et géographique…), l’idéologie de Mouliéras n’apparaît pas implicite; elle est dévoilée dans toute sa crudité. Elle se définit amplement impérialiste, étant un dialogue d’idées; et l’auteur est convaincu, épousant curieusement des convictions humanistes, que le bien à venir des indigènes est à établir par la Métropole.

Certes, l’auteur français, dans l’introduction, explique «le pourquoi le comment» de l’exploration du Rif, de cet espace inconquis que l’on prépare à la conquête définitive. Il propose sans ambages non seulement ses prétentions et intentions, mais affirme solennellement qu’il revient aux Français d’écrire la mémoire des autres. Le Maroc, en général, n’existait pas à ses yeux, et il revient justement aux Gaulois de le fabriquer, pièce par pièce, idée après idée, institution après institution… Cela est avancé dans un esprit de colonisation «positive», s’imposant comme héritiers des Arabes et des Romains.

Justement d’après les éclairages endogènes du pauvre Ben Tayyeb, le pays du Rif est constamment jeté entre deux espaces différents: de l’inconnu vers l’inconnu. Il n’y a point de spatialisation «objective». Entendons, d’ailleurs, par cette spatialisation une marque d’appartenance quelconque –allant outre l’historique et le culturel. MI annonce ainsi la grandeur de la France, énergie apte à civiliser le pays le plus sauvage de l’Orient, en l’occurrence le nord du Maroc. L’appartenance à la culture occidentale émerge dans le récit comme une marque de supériorité (à ne pas remettre en question), et à l’orientale comme une condamnation. L’objet décrit devient, ipso facto, une image problématique. Les représentations de la ‘rifanité’ suivent une narration «programmée», allant d’un constat complexe «indéfini» vers des éclairages poético-politiques – stéréopoétiques. L’auteur apparaît, par le truchement du Kabyle, déambuler de village en village, de tribu en tribu, formulant des statistiques, des réflexions historiques et des spéculations «anthropologiques». Le récit est, généralement, construit dans l’hypothèse d’une conquête française: le désordre deviendrait conséquemment ordre, le sous-développement développement, la violence paix, annonçant une logique d’inversion systématique...

Dévoilant et expliquant tout détail autour du Rif secret sans prétendre y avoir mis le pied, le récit de Mouliéras s’investit alors d’un point de vue démiurgique. Comment peut-il l’auteur posséder de tels pouvoirs «alchimistes»? Précisément, la culture française ‘se rencontre’, dans le texte, avec la rifaine, voire s’y affronte dans leur structuration, manifestation et présentation de valeurs. En «portant des lunettes françaises», l’auteur développe un regard occidental, ayant des commentaires subjectifs sur les modes de vie. Par ailleurs, le lexique autochtone est traduit littéralement. Mouliéras cite ses références livresques: «l’écrivain qui m’a été le plus utile, après Ibn-Khaldoun, c’est sans contredit Ah’med ben Khaled En-Naciri Es-slaoui, l’auteur du Kitab el Istik’ça» (MI, 2, p.24) MI se revendique ainsi de cette filiation de textes qui fait l’histoire des Imazighen.

Bien que distant, l’auteur de ce récit vient pour déficeler une énigme: qui a l’approbation autochtone pour s’approprier le Maroc? Les Marocains détestent, selon les dires de l’auteur, les Anglais froids, les Espagnols fanatiques, les Italiens extravagants, les Allemands lourds, mais ils optent allègrement pour: «Somme toute, malgré l’étourderie des Français, malgré le penchant un peu trop accusé qu’ils ont pour les juifs, c’est encore la France que nous choisirons pour nous gouverner, si les circonstances nous y obligent.» (p.30) Ces affirmations ont une grande part de mystification: ce récit défend l’itinéraire complexe d’une idée simple où l’arrogance a une grande part. Il est temps d’occuper le Maroc car les Marocains le souhaitent, et l’occuper dans sa totalité, notamment en commençant par le Rif vu sa proximité de l’Algérie française.

V.- HAY MOROS EN LA COSTA DE RIF!(9)

C’est Tanger, la ville rifaine, qui est souvent le lieu du débarquement. Maints sont les motifs de cette arrivée «occidentale» sur le sol africain: des médecins, des aventuriers, des diplomates et d’éternels rêveurs y quêtent une autre façon d’être. Ce contact physique avec la terre est une action pour déterminer les actions à venir.

Ces étrangers, sensibles à cette marque de différence, voient dans ce pays une contrée sans nom authentique. Le voyageur occidental ne quête nullement l’Eldorado en Afrique du Nord, il se soucie peu des trésors. Mais, c’est la curiosité qui meut davantage son âme: «Quoique mes espérances aient été trompées par rapport aux avantages pécuniaires sur lesquels je devais naturellement compter, cependant je ne saurais regretter d’avoir fait un voyage qui m’a procuré plus de connaissance des mœurs et des coutumes de ces contrées barbares, qu’aucun Européen n’en avait acquise avant moi. Le harem royal, cette enceinte impénétrable, m’a été ouvert, et rien de cet asile n’a échappé à ma curiosité; il est vrai que je ne me suis tiré que par une espèce de miracle des dangers que j’ai courus: mais le bonheur d’avoir sur les lieux des notes qui pourront amuser mes lecteurs, me console de toutes les peines que j’ai essuyées» (10) Les trésors ne sont point au Rif bien que divers textes s’amusent à parler de montagnes d’or, d’argent et de diamant.

D’habitude, le voyageur occidental parcourt le Maroc déguisé. L’accoutrement le dissimule des périls possibles. Charles de Foucauld est bien passé par là: «je partirais déguisé; une fois en route, si je sentais mon travestissement nécessaire, je le conserverais; sinon, je n’aurais qu’à le jeter aux orties.» (11) Le curé français ne fait qu’imiter d’autres voyageurs qui l’ont précédé. Ensuite, il ne traverse que les zones inexplorées car celles-ci «paraissaient devoir présenter le plus d’intérêt.» (12) Voyager serait découvrir, mettre à nu ce qui n’a jamais été foulé par l’étranger. Ce doit expliquer la fierté «itérative» de Mouliéras à parler de la virginité du Rif à tout moment…

Arrivant de l’extérieur dans ces lieux vierges, l’auteur tend à formuler des conjectures de toute nature. Débarquer dans un lieu impénétrable, le traverser et le décrire dans ses moindres détails est une aventure impossible sur le plan intellectuel. Ces voyages sont longs: il y a énormément de faits à dévoiler, et d’éléments à expliquer… Cette première fusion spatiale est intéressante à voir de près: le regard occidental altère fort probablement la réalité, en s’appuyant sur des préjugés et des préconçus spécifiques, mais combien uniformes.

Cela étant, ce regard investit la mystérieuse contrée marocaine de nouvelles formes et significations. Rappelons que la première phrase d’une communication donnée le 2 septembre 1897 autour du Rif avance: «Le Rif est resté impénétrable à la civilisation moderne; replié sur lui-même, ne demandant rien aux pays qui l’entourent, ce canton du vieil empire du Magreb est demeuré ce qu’il était il y a déjà plusieurs siècles.» (13) Et l’auteur de citer Roland Fréjus, deux siècles avant, comme étant «le seul européen libre» à traverser ce pays.

A l’instar de tous les lieux sauvages, le débarquement sur la côte rifaine est un acte d’une extrême violence. (14) Il est plus tributaire de l’imaginaire que de la réalité: le voyageur ressemble fort bien à un naufragé qui s’apprête à mener une vie différente sur une côte pleine de dangers. Il est proche de Christophe Colomb: une nouvelle terre à investir d’une science «totale» qui va mener les autochtones vers la civilisation. Le héros renaît plus fort, intelligent et capable de comprendre des gens «qui parlent une autre langue». Il prétend venir en Messie de la Révolution affranchir l’homme de son état «sauvage».

Ce débarquement est, en fait, un thème présent dans la littérature occidentale (Roland Fréjus, Pierre Loti, Paul Bowles, ). (15) Le voyageur présente le «commencement» comme le début d’un rêve romantique, d’un cauchemar politique, d’une rupture avec soi… En définitive, il s’agit d’un «retravail» fictif (imaginaire) de l’expérience vécue, notamment d’une gestion de son propre mode d’être dans un espace différent.

VII.- LE RIFAIN: DE CARICATURE A PORTRAIT POETIQUE

NOTES:

(1) M. A. C. de Lacharière, Du système de colonisation suivi par la France, Imprimerie Auguste Auffray, Paris: 1832.

«Si nous examinons maintenant la manière dont la France a procédé et procède encore à l’égard de ses colonies, nous verrons qu’elle ne les a point dotées d’institutions locales et spéciales, qu’elle n’en a point appelé les habitants à participer à la discussion de leurs intérêts, à la confection de leurs lois; mais au contraire qu’elle a suivi, à leur égard, le principe de la centralisation dans sa plus grande rigueur; de sorte qu’elles n’ont pas possédé en elles-mêmes aucun principe de mouvement, elles ont vécu d’une vie empruntée.» (p.18)

(2) René Millet, La Conquête du Maroc, Librairie Académique Perrin et Cie, Paris: 1913.

«Lorsqu’en 1881, la France, enfin réveillée de sa longue indifférence coloniale, étendit son protectorat sur la Tunisie, le Maroc remua; des personnages importants, tels le chérif d’Ouezzan, sollicitèrent notre protection, et le ministre de France à Tanger crut que le moment était venu d’agir. Mais le gouvernement de la République estima, non sans raison, qu’il fallait digérer l’opération tunisienne avant de soulever de nouvelles difficultés diplomatiques.» (p.2)

(3) Pascal Duprat, Essai historique sur les races anciennes et modernes de l’Afrique septentrionale, Jules Labitte Editeur, Paris: 1845, p.II

(4) Ben Tayyeb est énervé: on lui a pris son passeport au retour en Algérie. Il supplie Mouliéras d’aller «demander des explications à la Préfecture sur son arrestation, sur l’inexplicable saisie de son passeport.

J’étais navré de cette histoire de police, de ces petites tracasseries inintelligentes qui finissent par faire germer dans les cœurs des musulmans, même les moins fanatiques, la haine latente du chrétien. Et si lui, progressiste, intelligent, très tolérant en matière de race et de religion, se laissait gagner par la colère, qu’était-ce don pour l’immense majorité des Bédouins, têtes dures, d’une ignorance inimaginable, hostiles à tout ce qui est européen? J’avais mis un an à endoctriner, à le gagner à notre cause. (…) Pourquoi ne lui avoir pas rendu son passeport, sa chère, son unique propriété? C’est tout ce qu’il demandait, dans la touchante pensée de me montrer, non sans un légitime orgueil, les énormes empreintes des timbres consulaires de Mogador, de Tétouan, de Fas; satisfaction enfantine qu’il fallait donner à l’explorateur qui venait d’exposer plusieurs sa vie pour la Science, et aussi, ne l’oublions pas, pour sa Patrie d’adoption.» (MI, 2, pp.2-3)

(5) Jules Harmand (ambassadeur honoraire), Domination et colonisation, Flammarion, Paris: 1910.

«Le gouvernement des peuples arriérés ou primitifs est un art difficile et compliqué. Pour en tracer vraiment les principes, il faudrait joindre au génie d’un Montesquieu les connaissances les plus approfondies, les plus universelles et les plus détaillées en même temps, sur l’infinie variété des pays et des races qui composent notre Empire.» (p.1)

(6) Mouliéras confond le plus usuel dans la langue amazighe (à titre d’exemple «D’ tchek?» et «D’ketch?» pour dire «Est-ce toi?»), cf. MI, 2, p.1.

(7) Jean-Marie Seillan, Aux sources du roman colonial, L’Afrique à la fin du XIXe siècle, Karthala Editions, 2006, p.8

(8) Citons quelques écrivains-voyageurs qui ont accompagné les ambassades dépêchées par différents pays occidentaux à différentes époques vers les sultans du Maroc: Roland Fréjus: Relation d’un voyage fait en 1666 aux royaumes de Maroc et de Fès, (1666); Lancelot Addison: West-Barbary, or narration of the revolution of Fez and Marocco, (1671); Baron de Saint-Amand: Voyage du baron de Saint-Amand, (1672); Adrian Matham: Voyage d’Adrian Matham au Maroc (1640-1641) (1866); G. Beauclerk: Journey to Marocco in 1826, (1828); Jules Erckmann: Le Maroc moderne (1885); Ludovic de Campou: Un Empire qui croule. Le Maroc contemporain (1886); Henri Duveyrier: Les chemins des ambassades (1886); Gabriel Charmes: Une ambassade au Maroc (1887); etc…

(9) cf. Larousse Español-Français (1993): «Hay moros en la costa: C’est un terrain dangereux, ayons l’œil»

(10) G. Lemprière, Voyage dans l’Empire de Maroc et le Royaume de Fez, fait pendant les années 1790 et 1791, traduit de l’anglais par M. de Sainte-Suzanne, édité par Tavernier et Cordier & Legras, Paris: 1801, p.3.

(11) Reconnaissance au Maroc 1883-1884, p.X

(12) Reconnaissance au Maroc 1883-1884, p.IX

(13) Le Capitaine M. Winkler, Etude sur le Rif, Imprimerie Lamaignère, Bayonne/Biarritz: 1898.

(14) Docteur A. Marcet, Le Maroc, Librairie Plon, Paris: 1885.

«Quantité de petites barques montées par des Arabes, au costume bariolé, flottent dans le port, attendant l’arrivée du bateau. Dès que le steamer est prêt à jeter l’ancre, toutes ces embarcations se précipitent sur lui, et courent s’accrocher à ses flancs. L’escalier de débarquement n’est pas encore posé, que les bateliers sont déjà sur le pont, grimpant de tous côtés avec une agilité de singe, pour venir se disputer les passagers et leurs bagages. Au milieu de cris perçants, de mouvements brusques et désordonnés, avec une ardeur de forcenés, c’est alors, entre eux, une lutte dont le malheureux voyageur est le prix et la victime. Ils vous arrachent les valises, s’emparent de vos personnes, et sans qu’on puisse s’en défendre, vous jettent en tas dans les barques, pêle-mêle avec les sacs, les caisses, les barils et les colis de toute sorte. On croirait assister aux scènes de pillage d’un navire pris d’assaut par des pirates barbaresques.» (pp.6-7)

(15) Léon Godard, Le Maroc: notes d’un voyageur: 1858-1859, Alger: 1859, p.86.

«La nacelle qui nous conduit vers la rive en est encore éloignée de trente pas; une bande de gens en guenilles s’avance, fendant la vague; et les voilà qui se cramponnent à la barque, se repoussent l’un l’autre, et nous étourdissent de vociférations diaboliques; nos rameurs frappent à coups de poings et à coups de rames sur les assaillants; mais la barque est prise, envahie; les vainqueurs s’emparent des bagages et se jettent à l’eau; des bras vigoureux me saisissent, me tiraillent, me déchirent mes vêtements; perdu un instant dans la bagarre, je me trouve enfin à cheval sur le cou d’un énorme Rifain, qui me dépose dans le sable après une lutte périlleuse contre les flots agités. Je paie Rifain et batelier. Le drame n’est pas fini. On s’est arraché mes bagages, on se dispute ma personne; je suis entouré d’un cercle de figures barbares, insolentes, abruties.» (p.86)

 

 

 

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