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  (Juillet  2009)

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L’histoire ou la dictature du mensonge

Par: Anarouz SAADANI – Khénifra

 

L’histoire a ses acteurs, ses témoins, ses conteurs et puis elle a les historiens pour la réinventer. Dans le contexte marocain, elle est, comme partout ailleurs, une activité vitale contrôlée, dirigée et mythifiée pour servir de support à une idéologie de légitimation. Dans un pays comme le notre, où l’histoire et son enseignement scolaire ont été et sont toujours les instruments d’une certaine formation civique et d’une certaine conscience nationale, l’histoire continue de fournir aux politiques, un répertoire inépuisable de références dont l’invocation a une utilité stratégique, une vertu idéologique et une efficacité symbolique.

Le passé de notre pays gardé opaque à maints endroits fait objet d’un usage politique sélectif et les politiques s’emploient à décider de la vérité de ce passé, à mettre en valeur certains aspects, à glorifier certains personnages et à déprécier d’autres en vue d’opérer un déplacement du centre de gravité de l’histoire pour provoquer une intensification de ce que Jürgen Habermas a appelé «l’usage public de l’histoire» capable de modifier les repères et conquérir l’imaginaire.

Imazighns n’ont pas de traces, pas d’histoire. C’est en tout cas ce qu’on essaie de leur inculquer par tous les moyens. Leur mode de présence n’est écrit nulle part, c’est ce qu’on fait croire. Toutes les vérités historiques qui leur permettent d’exister et de vivre ont été détruites de fond en comble pour céder la place à de nouveaux mythes d’origine, de nouveaux récits de fondations, de nouveaux modèles de vie et de nouvelles généalogies célébratrices. L’existence historique des imazighns, leurs structures politiques et sociales, leur rôle et leur présence sur l’échiquier de l’histoire n’avaient pas intéressé les scribes des dynasties régnantes. Qu’importe que Jugurtha, Massinissa, Dihya… soient oubliés et que l’héritage ancestral amazigh soit décrié puisqu’on a choisi pour Imazighns de nouveaux héros et de nouveaux dieux!

Ainsi, un rescapé de la barbarie omeyyade et trouvant refuge et hospitalité chez imazighns est présenté comme le fondateur de l’Etat marocain au mépris de l’intelligence ancestrale amazighe qui avait rivalisé avec les grandes puissances du bassin méditerranéen. Les auteurs des crimes d’hier sont présentés comme des sauveurs dotés d’un pouvoir surnaturel. Leur arrivée en Afrique du Nord est magnifiée a outrance pour construire un dogme qui se réfugie derrière les remparts de la religion musulmane et revendiquer une gloire éternelle instaurant la légitimité du couple maître esclave qui éternise la domination et la soumission.

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