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le voyage stéréo-poétique d’auguste Mouliéras à travers le rif (4ème partie)

Par: Hassan Banhakeia (Université de Nador)

 

2.- FEMMES DU PAYS ET DEPRAVATION

Comment analyser la vision relativement négative de Mouliéras envers les coutumes rifaines, précisément envers ces you-you infinis? Le portrait de la rifaine est complexe vu la multiplicité des tribus décrites. Il développe des fables à propos des origines, des usages et des lois relatifs à la femme. Il se positionne en Illuminé qui vient expliquer cet univers obscur. En effet, tout ce qui relève de la pratique sociale est jugé négativement par l’auteur. Ainsi même sa charité «idéologique» ne se déclenche-t-elle que faussement: en solidarité humaniste, en fraternité méditerranéenne et en bienveillance «révolutionnaire». Plus précisément, en ce qui concerne la femme, Mouliéras en dresse un portrait catégorique: «la Marocaine croupit toute sa vie dans une ignorance sans égale.» (MI, 2, p.138) Et c’est la Religion qui en est la cause: «instruire les femmes, c’est détruire la Religion.» (ibid.), et son discours envers l’Islam sera, tout au long du récit, non seulement ambigu mais ambivalent.

En effet, la femme incarne la partie invisible de la société, et alors comment décrire le mode de vie des gens? Elle est généralement couverte par une toile blanche. Ni Ben Tayyeb ni le narrateur ubiquitaire ne peuvent déficeler une telle énigme de la société rifaine. Il y a description de la femme travaillant longuement dans les champs (cf. MI, 2, p.5), d’une autre qui «s’exténue dans les travaux des champs, labourant, semant, allant au bois, à l’eau, se rendant à Tétouan vendre de l’herbe fraîche, du bois, de la paille, marchant à pied, chassant devant elle les bêtes de somme, tandis que l’époux, monté sur un mulet ou sur un âne, l’accompagne en fumant des pipes, chante, rit, se gondole sur sa monture, qu’il excite de ses deux jambes ballantes» (MI, 2, p.199). De ce diptyque, il y a lieu à voir la terrible condition féminine…

L’auteur, par le biais du narrateur, imagine diverses rencontres et dialogues avec le beau sexe. L’on arrive ainsi à dresser une série de comparaisons entre les occidentales et les rifaines d’une part, et de l’autre entre différentes femmes appartenant à différentes tribus. (5) Par contre, des anecdotes relatives au scandale sont citées où la femme tient la place centrale: les scènes d’infidélité, de déshonneur, de vengeance et de violence sont à rattacher à la femme. Par exemple, l’auteur se complaît à narrer l’adultère qui est puni de manière farouche. (6) Le temps de l’insécurité régnant fait en sorte que divers enlèvements de femmes sont vécus par les tribus. (cf. MI, 2, p.22) Et entre tribus, il y a des guerres qui durent plus de dix ans: des femmes furent outragées. (MI, 2, p.266)

Les Rifaines sont décrites comme des mères fécondes «traînant des légions de marmots» (MI, 2, p.426, cf. MI, 1, p.68) Qu’est-il de leur place socio-économique? Les femmes sont laborieuses, elles collaborent à l’économie des villages. Elles sont présentes au marché ; elles vendent «des poules, des œufs, de la laine filée, du coton» (MI, 2, p.29). Leur besogne est le travail des champs, le jardinage et d’autres besognes dures partagées avec les hommes. (MI, 2, p.366) L’auteur précise encore: «Travaillant sans cesse, les femmes tissent les vêtements de laine, de lourdes djellaba, très grossières, mais bien chaudes, bien bonnes pour ces régions brumeuses.» (MI, 2, p.374) En plus du tissage, «les femmes fabriquent des tuiles et des ustensiles de ménage avec de la bonne terre à poterie.» (MI, 2, p.400)…

Le rapport à la religion est analysé pour déterminer la valeur de la femme. L’auteur le réduit au port du voile. Pour quelques tribus, «l’usage du voile est inconnu. Les femmes se montrent à visage découvert.» (MI, 1, p.67) Pour d’autres, Elles sont couvertes de haïk de laine. «Voilées, elles circulent à grands pas, se mettant à trottiner dès qu’elles aperçoivent un étranger.» (MI, 2, p.407) Cette peur de l’étranger est omniprésente: «Les femmes, bien que voilées, détournaient la tête quand des étrangers les croisaient. Des gitons précédaient, en se dandinant, des bandes de célibataires armés, dont toute la gloire consiste à exhiber en public les tristes objets de leurs passions inavouables.» (MI, 2, p.34) Elles peuvent fréquenter des places qui leur sont réservées, tout comme elle sont interdites de séjour dans d’autres. (7) Cette compartimentation spatiale selon le genre est analysée à plusieurs reprises par l’auteur. (cf. MI, 2, p.432)

En plus de cette délimitation de l’espace, l’auteur parle de la cérémonie du tatouage: «Les femmes surtout aiment à se faire tatouer ; elles supportent patiemment les longues et douloureuses séances pendant lesquelles le rasoir et les aiguilles de l’opératrice fouillent sans relâche l’épiderme. Des dessins sont tracés également sur le front, les tempes et les joues.» (MI, 2, p.398) Mouliéras ne s’intéresse alors à cette marque identitaire qu’à la figure de la croix (tatouée) pour dire que les Imazighen ont été un jour des chrétiens. (8)

3.- HOMMES RUDES ET PERVERS

Les auteurs de récits de voyage au Maroc, la plupart des Romantiques rêveurs, vont arriver dans la cité de Tanger et les montagnes pour retrouver un espace idéal. Ils seront ceux qui vont bien lire d’autres récits de voyage: ils pensent conquérir un espace d’oppositions (ou d’éléments opposés à leur propre héritage). Les lieux, tout comme les hommes, sont simultanément beaux et dangereux, accueillants et mystérieux…

Le Rifain apparaît protéiforme à travers MI: il est tantôt loué, tantôt discrédité par l’auteur Cette production «littéraire» de stéréotypes autour de l’image du Rifain est une vulgarisation outrée de la réalité objective. Une double taxinomie est présentée dans cette fiction française. Alors que Mohammed Ben Tayyeb s’apprêtait à prendre le bateau pour Tanger, il est malmené par les Juifs d’Oran: on le dépouilla de sa misérable fortune. Ses sauveurs sont les Rifains. Les Rifains font les moissons et d’autres besognes dures, à un bas prix notamment en Oranie. Bien que misérables, ils s’apitoient du sort du derviche… Ils vont l’accueillir, l’accompagner et lui ouvrir les portes du pays inconnu. A cette face généreuse l’auteur va lui rajouter une autre inhospitalière, rendant ainsi compte d’une psychologie «collective» prise dans toutes ses contradictions.

Pour comprendre l’image du Rifain dans MI comme «cruel», «aguerri» et «armé jusqu’aux dents»? Comment peut-il Mouliéras faire confiance aux rapports et aux détails fournis par le derviche Mohammed et les saisonniers rifains? Quelle est la part réelle (véridique) des clichés dans la construction imaginaire du Rifain? Comme si c’était un atlas, le récit décrit minutieusement 27 tribus rifaines, les foyers, les armes, les ressources, les contes, etc.. L’image du Rifain commence à prendre sens non seulement dans l’esprit français –qui va finalement renoncer à cette partie «dangereuse», mais également dans celui des Marocains à la fin du Protectorat. La dureté est l’un des traits les plus marquants de la psychologie rifaine. L’auteur s’étonne de la violence, de l’anarchie, de l’esprit vengeur, et tant d’autres traits. Ces attitudes sont rapprochées de la surpopulation, l’histoire du pays, la misère… (9)

Le récit retrace l’éthique du pays, notant trop de dépravation parmi le peuple, car chez les «castes» supérieures: «Les vrais savants, les chérif, les marabouts, tous ceux qui se respectent, -oh ! une bien petite minorité,- ont une conduite à peu près convenable. Ils ne songent pas, il est vrai, à s’élever contre le vice universel, sachant bien qu’ils seraient impuissants à le faire disparaître.» (MI, 2, p.65) Le vice habite le corps rifain, il est indélébile. Ici, ce qui nous intéresse davantage: La pratique de la «junte» religieuse qui est discréditée tout au long des deux volumes, est maintenant revalorisée. Le sens religieux des Rifains est exagéré par l’auteur. Il en parle abondamment, oubliant ces traditions millénaires qui ne s’inspirent pas de la tradition islamique.

Si les Marocains sont accueillants, ils le sont davantage envers l’étranger. Ben Tayyeb «parcourait la contrée sans se presser, allant d’un village à l’autre, toujours bien reçu par les joyeux condisciples qu’il trouvait dans les mosquées. Ces maisons du Seigneur sont de véritables hôtelleries, bourrées de provisions de toute sorte.» (MI, 1, p.17) Les récits de voyage discernent des foyers misérables mais où la générosité déborde devant l’avènement de l’étranger. Le stratagème de Ben Tayyeb est simple: se mettre dans la peau d’un «taleb», et par voie de conséquence avoir accès à cette hospitalité rifaine. Le taleb y est démesurément positivé ; il est source du savoir et de tout ce qui dénote morale. A l’opposé du «k’oubban» (l’ignorant) qui «reste confiné toute sa vie dans son hameau» (MI, 2, p.9), le taleb voyage continûment.

Loin du Rif, les Rifains «hurlant pleins poumons les chansons du pays» (p.9). La première mésaventure de Ben Tayyeb est celle où il assista comment le capitaine du bateau arnaqua intelligemment les robustes montagnards. Il prétendit une avarie des machines, mettant les Rifains sur le sol marocain où ils furent dépouillés par des indigènes armés…S’agissant d’une première visite au Rif, l’auteur fit découvrir un peuple qui déteste l’Européen (le Chrétien). Il découvre alors l’Autre sauvage, laid et menaçant, inhumain et cruel, désorganisé et misérable, mais habitant des lieux riches et exotiques. Précisément, les Rifains sont de «robustes montagnards» (p.9), dotée d’une langue dite: «rude dialecte» (p.9)… Cela fait partie de l’imaginaire colonisateur: l’espace découvert (ou à conquérir) est occupé par des gens qui «ne parlent même pas». Ce système de préjugés est, à travers les temps, uniforme. Il y a bien d’une part cette répulsion de l’Autre à coloniser, et de l’autre cet inévitable attrait de réaliser cette même colonisation – rêve pour se reconnaître.

D’après Mouliéras, le Rifain occidental a un comportement quotidien particulier, de débauche et de violence. Les motifs de querelle sont souvent futiles. La jeunesse rifaine est violente, guerrière et habituée aux querelles meurtrières: «Il n’est pas rare de rencontrer des jeunes hommes de vingt ans, déjà sillonnés de cicatrices de balles ou de coups de couteau.» (MI, 1, p.66, cf. MI, 1, p.96) Cette violence est même organisée dans les villages. L’auteur écrit: «Chaque hameau des Djebala a son beït eç-çoh’fa (le Club de la Gamelle) ; composé de deux salles: dans l’une se trouvent toutes les armes et toutes les munitions de guerre de la communauté. C’est l’arsenal. L’autre pièce sert de caserne à un certain nombre d’individus de la dernière classe de la société» (MI, 2, p.22) La débauche est généralisée, même régularisée.

Les Rifains ont de bizarres mœurs. Agé alors de 17 ans, Ben Tayyeb visite les Djebala connus pour «le monopole de la science, de la bonne chère» et il s’inquiète pour la rencontre «des bandits à la haute stature, des musulmans, lettrés il est vrai, mais de mœurs détestables, des gitons ignobles, des sirènes provocantes.» (MI, 2, p.7) L’adolescent s’arme d’une amulette préservatrice. L’homosexualité est fort répandue, et de manière rituelle au sein de familles conservatrices: «les Djebala, le Sous et le Rif préfèrent les gitons ; c’est à ce goût particulier qu’ils doivent leur surnom de K’aoum Lout’ (peuple de Loth).» (MI, 2, p.15) Mohammed Ben Tayyeb paraît curieusement lui-même dépravé. (cf. MI, 1, p.63)…

Les Rifains sont hantés par des sentiments pervers. Au Rif, tant de garçons sont volés pour être exploités aux plaisirs des brigands. «Danser, boire, manger, dormir, être la chose de leurs maîtres, des hôtes de passage à qui les amphitryons veulent faire plaisir, être de vrais cadavres entre les mains de ces brutes, voilà l’existence des gitons et des gitonnes» (MI, 2, p.52) Une telle chose écœure l’auteur, et le lecteur (occidental) imagine un peuple de sang et de vices. En analyste, l’auteur explique les débauches: «Les débauches honteuses des célibataires avec les mignons et les courtisanes s’expliquent par l’impossibilité presque absolue d’avoir les faveurs des femmes mariées, tant est grande la terreur de la juste répression d’un crime dont nous avons le tort de rire en Europe, crime d’autant plus odieux, qu’il détruit la famille en lui enlevant le seul bien immatériel de ce monde: l’honneur.» (MI, 2, p.51) La femme adultère, décrite à travers plusieurs anecdotes dans plusieurs tribus, est plus torturée que le mâle fautif.

Cette condamnation morale peut-elle expliquer l’avènement positif du colonialisme français? Victime d’une colonisation imaginaire continue, le Rif vient, après la publication d’une telle relation, d’être figé dans un ensemble de stéréotypes que les autres Marocains vont faire perdurer… Ces préjugés préservent amplement les intérêts de l’Occident qui domine toujours dans le même espace – où il perd ses réelles significations (colonisation, occupation…).

EN CONCLUSION…

Ce récit du Maroc a une part de prophétie: «Maintenant, ma Conclusion, la voici, consolante, pleine de promesse et de rêves étoilés qui se réaliseront plus ou moins lentement, plus ou moins rapidement, selon que notre propre évolution morale et politique sera plus ou moins lente, plus ou moins rapide» (MI, 2, p.786) Elle est conditionnée par la nature du mouvement… Mouliéras veut occuper la place de pionnier de la conquête du Rif marocain. Il entend même la rendre objectivement «nécessaire». (10)

Préparant la conquête imminente, ce récit «rifain» est un voyage à travers le préconçu occidental d’une terre qui se trouve à une dizaine de kilomètres ; et l’auteur ose la décrire scientifiquement (objectivement). L’Occident cherchera toujours dans le pays de «Tamazgha» des tribus sauvages à dompter, des rites à refaire… Ce qu’il faut garder du MI, est bien cette conclusion: non seulement nous avons le désir à domestiquer le «sauvage» rifain, mais surtout la manière de le faire (réaliser). Ainsi le récit assoit-il intellectuellement la conquête, spéculant sur la méthode la plus propice pour  comprendre et vaincre les Rifains. Ce stéréotypes fonctionnent sous forme de rappel qui autant s’inscrit dans le projet colonialiste, autant évoque l’existence d’un Maroc plus attrayant afin de mobiliser l’appareil impérialiste à découvrir d’inconnues d’un pays riche, sur le point d’être colonisé.

Enfin, ce sera le Rif, cette partie du Maroc, qui va échapper aux Français, les Espagnols seraient les bons (ou les mauvais) lecteurs de l’œuvre de Mouliéras !

H. Banhakeia (Université UMP-Nador)

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NOTES:

(1)- William Dean, «Des Américains dans la guerre du Rif», traduction de Valérie Caniart, in Revue historique des armées, 246, 2007.

(2)- «L’ethnographie, la géographie, la régularité orthographique ont eu à souffrir, encore une fois, de l’ignorance des auteurs qui ont écrit de longues pages sur un peuple dont ils ne connaissaient ni la langue ni les mœurs.» (MI, 1, p.92)

(3)- «Berbères s’arabisant de plus en plus, très attachés à leur religion et à leur vie simple et facile, les montagnards djebaliens opposeront certainement aux envahisseurs européens une résistance opiniâtre, analogue à la résistance héroïque de leurs frères algériens contre la domination française.» (MI, 2, p.776)

(4)- Selon Mouliéras, «âzoua» veut dire: «un petit clan constitué, dans chaque village, par deux ou trois maisons confédérées. Chaque âzoua a sa chapelle particulière.» (p.66)

(5)- «Tandis que la femme Ktamienne se livre aux travaux les plus pénibles, va au bois, à l’eau, garde les chèvres, fait du jardinage, est aussi peu coquette que possible, court toujours en costume de travail, le visage découvert, vêtue d’étoffe grossière, la Lékhmasienne, au contraire, vit dans son intérieur en matrone romaine, prend part aux études de ses frères, soigne sa toilette, ne sort jamais sans être voilée, fait un peu de cuisine, et c’est tout. Sauf dans plusieurs coins des Djebala, où il y a quelques femmes sachant lire et écrie, à part peut-être certaines familles de Fas, de Merrakèch et du Tafilalt, chez lesquelles on donne un peu d’instruction aux demoiselles, on peut dire que la Marocaine croupit toute sa vie dans une ignorance sans égale.» (MI, 2, p.138)

(6)- «Le bât d’âne sur le dos et la promenade à travers le village figurent dans la première partie de la peine, identique jusque-là au châtiment infligé aux hommes (…) On la (femme) conduit sur le marché le plus fréquenté de la tribu, où elle est en butte aux fureurs d’une populace ivre de sang. Dès le milieu du jour, elle expire généralement sous les coups de bâton, sous les coups de couteau que chacun lui donne, et si, par hasard, au crépuscule, elle respire encore, une balle dans la tête met un terme à ses souffrances. Le supplice de la faucille, rougie au feu et plongée dans les yeux de l’homme adultère, vous paraît-il plus atroce que cette effroyable agonie?» (MI, 2, p.51)

(7)- «Selon la coutume universelle des Marocains, aucune femme n’avait assisté aux funérailles. Elles étaient restées au logis, occupées à préparer le repas funèbre, du pain d’orge et du ragoût très épicé, qui furent servis à la mosquée aux porteurs et aux clercs affamés par cette course rapide à travers champs.» (MI, 2, p.101)

(8)- A propos du christianisme en Afrique, l’auteur écrit: «La religion du Christ s’était frayée sa voie avec lenteur ; c’était, avant tout, un Etre moral à qui il avait été recommandé de ne pas tirer l’épée.» (MI, 1, p.22)

(9)- «Les haines de tribu à tribu, de village à village, expliquent cette réserve. Elle est admise dans tout le Maroc où jamais un indigène ne dira ni son vrai nom, ni celui de sa tribu.» (MI, 1, p.82)

(10)- «De nos discussions politiques, théologiques, philosophiques, métaphysiques, jaillit à la fin cette vérité, devant laquelle s’inclinera toujours un vrai Croyant:

- L’expansion de la domination française dans les pays musulmans a été décrétée par Dieu lui-même, dans le but évident de revivifier l’Islamisme, de le protéger contre ses propres excès, de le ramener à sa pureté primitive.

(…) La mesquine question des races et des religions disparaissait devant le projet grandiose de tout un peuple à éclairer.» (MI, 2, p.116)

 

 

 

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