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L’Amazighité entre le marteau historique et politique et l’enclume pédagogique, cinématographique et médiatique.

Mohamed BAHADDOU (professeur au lycée SIDI DAOUD à Ouarzazate)


La faculté pluridisciplinaire de Ouarzazate, en collaboration avec l’université BORDEAUX III, a lancé un colloque international autour du thème: «l’interculturel dans la formation à l’image».

En effet, cette intervention ne constitue pas un compte rendu ou un bilan évaluatif mais plutôt un point de vue objectif, histoire de mettre la lumière sur quelques points laissés pour compte.

Certes, ces constats sont nécessaires pour développer notre réflexion et enrichir le fil conducteur de notre analyse.

Quelques interrogations se posent et s’imposent.

Comment voulez-vous qu’on parle de l’interculturel alors que le peuple Amazigh n’est pas encore reconnu dans son pays d’origine?

On annonce avec un ton satirique et sarcastique: «on parle des résidents marocains à l’étranger mais on évoque aussi les résidents amazighs au Maroc».

Doit-on parler du brassage culturel et la civilisation amazighe a été réduite à néant par la mascarade de la caravane: 12siécle: Histoire d’un royaume?

Cette caravane financée par «le sang des marocains» malgré eux, et qui a été armée de l’ingratitude et de la perfidie, se veut une stratégie de dévalorisation et d’anéantissement à l’égard d’une culture ancrée dans l’espace et dans le temps depuis des millénaires.

La vile vérité qui a réduit notre royaume à quelques siècles a intimidé notre plume et notre encrier et a associé la fondation d’un grand pays à Idriss I en 809.

Massinissa n’a-t-il pas fondé le pays de Tamazgha sur les valeurs de la royauté, de la solidarité et de la sécurité?

Yugurten n’a-t-il pas résisté contre la barbarie et l’avidité romaine en voulant protéger son royaume et instaurer les principes de l’égalité, de la citoyenneté et la fidélité en faveur de sa propre patrie?

Yuba II, n’était-il pas un artiste écrivain, dramaturge médecin et roi qui a fasciné et qui a étonné les grecs et les romains par sa façon de gérer et de conduire son peuple en faisant recours à la concertation, la consultation et à la communication avec les autres?

Emprisonné jeune, il a accepté de se marier avec Cléopâtre 7.

Son caractère sociable et aimable a fait de lui un personnage polyvalent et polylingue qui maîtrise la langue latine et grecque, et qui jouit d’une culture mixte, pharaonique et romaine. Pourtant, il n’a jamais oublié son Amazighité et son africanité en considérant que les citoyens sont tous égaux devant la loi.

Cette même perspective nous amène à interroger la superposition implicite combien commune des dimensions didactiques, historiques, politiques, médiatique et cinématographique de l’interculturel.

Sur le plan historique, Tamazgha fête son «IDN NOUSGASSE» ou la nouvelle année selon le calendrier amazigh 12/13/2959. Cet événement est associé par certains médias marocains aux semailles et aux récoltes accompagnées de chant, de danse, et de Couscous. Un sociologue voit que cette raison médiatique donne à ce fait une dimension clownesque, carnavalesque et folklorique.

Par contre, cette célébration historique se justifie aussi par l’intronisation du roi Amazigh Chéchang qui est le grand empereur de Tamazgha et d’Égypte après sa victoire contre le pharaon Ramsès II en 950 avant Jésus Christ.

D’ailleurs, la région de Louxor en constitue un témoignage archéologique et historique.

Sur le plan cinématographique et médiatique, certains films documentaires ont filmé le parcours d’Hannibal et le périple d’Hannon en montrant leurs exploits et leurs découvertes. Ces travaux médiatiques n’ont jamais eu le courage d’évoquer le soutien des Imazighens pour que le roi Carthaginois puisse atteindre Rome.

Également, les équipages, l’aide financière et les conseils stratégiques de l’élite Amazighe ont été les plus grands absents.

Aussi, le feuilleton égyptien qui retrace la biographie de la reine «TIHIA», a présenté cette femme comme un personnage légendaire qui s’inspire de la sorcellerie et de la superstition pour gérer ses affaires internes et externes. Par contre l’objectivité historique et anthropologique sont deux témoins qui n’ont pas nié l’instinct politique de cette belle femme qui a pu se défendre contre la sauvagerie arabe, juive et chrétienne.

Cela constitue un argument très fort qui montre la place prépondérante et cruciale de la femme au sein de la civilisation amazighe.

Alors qu’elle était inhumée vive, considérée comme un pêché et nommée une diablesse par les romains, les arabes et les juifs.

Chemin faisant, l’horreur s’impose quand on voit le fameux feuilleton «IDRISS ALAKBAR» produit par la pauvre chaîne marocaine pendant la fin des années 80. Ces ignares ont oublié que ce jeune Idriss a été recherché pas ses frères arabes pour se venger de lui et le tuer. Heureusement, la générosité, la grandeur de l’âme et la beauté du cœur du peuple d’AWRABA l’ont reçu chaleureusement, l’ont protégé et l’ont intronisé en lui offrant ainsi les clés de Tamzgha.

Ce produit de la télévision trop subjectif a noirci le portrait des autochtones réduits à une bande de primitifs et de troglodytes barbares et sauvages qui ont besoin d’une poignée d’arabes pour qu’ils soient policés et humanisés.

Même les Syriens ont eu l’audace de dévaloriser une histoire digne de réhabilitation. Cette série révèle encore une guerre éthique déclarée publiquement contre les Hommes libres. Ne serait- ce pas une nouvelle Amazighophobie? Ou un pur racisme?

Yousef IBN TACHAFINE, le pionnier des Almoravides et l’empereur de Tamzgha, de l’Afrique et de l’Andalousie n’était pas épargné. Le scénariste de ce feuilleton l’a jugé de despote, de dictateur et de barbare, puisqu’ il a torturé et il a emprisonné Almoatamid BNO ABAD. Quelle fausse version!

Mais l’histoire a acquitté notre roi qui est entré en Andalousie suite à un appel lancé par les arabes menacés et encerclés par le pouvoir chrétien. A son retours le roi Yousef a été attaqué par une meute de bohémiens arabes. c’était une bonne manière pour lui rendre hommage? Quelle trahison? quelle faiblesse?

Politiquement parlant, la langue amazighe ne réjouit pas encore d’un statut juridique qui la protège et qui assure le processus de la constitutionnalisation.

La politique de l’état dans ce stade reste encore confuse car certains politicards refusent le statut officiel de Tamazight et les panarabistes la considèrent un dialecte régional.

Or le souverain marocain affirme à maintes reprises, la nécessité de revaloriser la langue Amazighe, en déclarant: «la nécessité de donner une nouvelle impulsion à notre culture amazighe qui constitue une richesse nationale afin de lui donner les moyens de se préserver, se protéger et de s’épanouir».

Alors le discours royal d’ADJDIR lève toutes ambiguïtés en confirmant: «la promotion de l’Amazigh est une responsabilité nationale car aucune culture nationale ne peut renier ses racines historiques».

Sur le plan didactique l’ascenseur pédagogique de l’enseignement de cette langue est en panne. Ainsi la généralisation de Tamazight reste un rêve qui s’évapore dans l’espace et le train de sa nationalisation roule et bat la chamade avec la vitesse d’une vieille tortue.

Les manuels scolaires sont de plus en plus inaccessibles aux élèves de la 6ème année primaire. La formation continue fait un grand défaut, et les stratégies de l’apprentissage sont condamnés à l’improvisation et à l’anarchie. Même la charte d’éducation et de la formation qui devrait constituer un cadre référentiel lourd de signification, lui offre le statut de facilitateur à l’apprentissage des autres langues: Comme le précise l’article 115:

«Faciliter l’apprentissage de la langue officielle au préscolaire et au premier cycle de l’école primaire».

Cette tendance a été condamnée par M.Jilali SAIB en citant qu’il s’agit d’une approche minimaliste. On peut ajouter que le COSEF avec un sang froid déclare:

«Il faut renforcer l’arabe et améliorer les langues étrangères et s’ouvrir sur la langue Amazighe»

Là aussi, je présente mes condoléances à tous car il s’agit de la politique de l’humiliation, du mépris en fait c’est la «Hogra»! S’ouvrir sur le Tamazight, veut dire que c’est un élément étranger qui vient de quelque part. Par contre, il a fallu dire développer, enrichir et promouvoir la langue Amazighe et s’ouvrir sur d’autres langues.

Somme toute, il ne s’agit pas d’un règlement de compte mais c’est un petit rappel. Avez-vous oublié que les bons comptes font de bons amis?

Autrement dit, tout simplement, il faut rendre à YOUBA ce qui lui appartient et rendre à IDER ce qui lui appartient.

Enfin, Les Hommes libres et les Femmes libres doivent retrousser leurs manches, ils ont des meutes de chats à fouetter.

(Mohamed BAHADDOU professeur au lycée SIDI DAOUD à Ouarzazate- Email: amazighyouba@gmail.com)

 

 

 

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