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Khénifra: histoire et mémoire laissées à l’abandon

Par: Anarouz SAADANI – Khénifra

 

Khénifra, ville légendaire par où se faisait la traversée des transhumances au rythme des saisons et par où les français avaient fait leur pénible marche guettant, prenant l’assaut ou battant en retrait avant de prendre la capitale des Zaianes. Des vestiges résistent encore comme pour dire leur mot à l’histoire et témoigner de ce qui s’est déroulé sur cette terre des cèdres géants et des hommes irréductibles. Une église se dresse toujours sur une colline, comme pour défier le temps et l’indifférence, surplombe majestueusement toute la ville de Khénifra et juste au pied de la même colline un cimetière français (isendal irommiyen) où les dépouilles n’ont jamais connu de repos car aucun respect n’est accordé à leurs tombes.

Ce site remontant à la période coloniale est laissé à l’abandon, sans clôture, sans restauration et sans aucun intérêt. Les ivrognes viennent chaque soir prendre leur pot sur les tombes des soldats inconnus et parfois des amoureux ne trouvent un havre de paix que dans cet espace. Pire encore, une grande partie de l’église est détruite pour céder le terrain à un édifice de l’Etat. Le cimetière lui aussi ne cesse de reculer devant l’avancée du béton.

Cela donne une idée claire sur ce que les dirigeants locaux et ceux d’en haut bien évidemment veulent faire de cette ville amazighe: un fantôme sans racines, sans histoire, sans mémoire et sans identité, une ville qui ne ressemble à rien. Débarrasser la mémoire locale de ses souvenirs traumatisants, vider le paysage de l’histoire de tous ses vestiges est un enjeu majeur pour les décideurs qui œuvrent pour modeler les mentalités dans la douceur. Un jour personne ne se souviendra de rien et là, un vide sentimental, affectif et émotionnel est à combler avec des histoires, des mensonges et peut-être même des vérités mais qui ne sont pas les nôtres.

Pour un enseignant, y a-t-il un moyen plus adéquat pour faire comprendre à ses élèves ce qui s’est passé dans la réalité pendant la période coloniale que d’aller sur ce terrain plein d’indices et de significations? Pour le tourisme, ce site n’est-t-il pas un argument fort pour attirer une bonne catégorie des français qui cherchent les traces de leur œuvre coloniale? Et pour nous, Imazighns, qui avons vécu cette histoire dans le sang et la douleur, nous n’avons pas le droit de renseigner les générations futures sur notre drame qui ne cesse de se reproduire?

C’est une perte énorme que de laisser ces vestiges disparaître et ne pas se soucier de leur sort, c’est une chose calamiteuse. Notre histoire est à assumer pleinement comme c’est le cas dans tous les pays du monde qui ne manquent jamais d’inspiration lorsqu’il s’agit de l’histoire.

 

 

 

 

 

 

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