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  (Novembre  2009)

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La grippe amazighophobique  de Tamezegha nécessite la chirurgie historique 

Par: M.M.Bahaddou  

 

Quand la télévision est  menacée par la Nausée culturelle, matraquée  par  l’influenza identitaire et    appauvrie     par  la grippe amazighophobique,  la santé de Tamezegha nécessite la chirurgie historique.

Quand on cherche le plaisir des oreilles et la drogue de l’âme on regarde la télévision, déclare  un télé spectateur. Vous connaissez laquelle bien sûr?  

Cette boite à merveilles parle de tout sauf de la vérité et de l’essentiel; la marocanité et l’amazighité y sont condamnées à la chaise électrique.

Avant d’analyser cet état des choses, il serait judicieux d’aller à la source.

Auscultons un peu le programme quotidien.

L’aube est inaugurée par la bestialité et la vacherie des feuilletons mexicains ou brésiliens. Ces derniers ressassent les mêmes scénarios fondés sur un mélodrame qui commence par un coup de foudre et qui finit  par une espèce de bâtardise. Ce psychodrame nourrit le scandale et pousse la doxa vers le summum. Ainsi la dignité et la noblesse des marocains sont reléguées au second plan, voire au dernier stade.

Quelques heures après, les patates, les fraises et les steaks  prennent le micro  pour s’adresser  à l’élite  gourmande. Ces soi-disant Chhiwats…. réduisent le public  marocain à une meute de bouffons qui ne maitrisent que la bouffe   et  le triage des poubelles. Il s’agit d’une cuisinière gourmande qui ôte l’appétit et une chanteuse cacophonique qui  a perdu sa langue.

Ensuite le menu sera enrichi   par la banalité et la stupidité émises par certaines émissions qui aveuglent le spectateur, qui déraillent les passagers et qui matraquent les esprits.

Vers midi; une série égyptienne habite la petite lucarne; elle fait un saut vertigineux puisque le dialogue est trop vulgaire à tel point que les villageois ne cessent pas de mâcher le dialecte pharaonique.  

Après; le bulletin d’information en arabe surgit à grande vitesse pour annoncer les catastrophes, les chamboulements, les pestes et les pandémies de tout le monde.

Ce baratin ne fait aucune allusion aux malheurs et aux séismes de la pauvreté et de l’ignorance et  aux tremblements de la précarité qui secouent et qui battent de  plein fouet la populace   assoiffée de la démocratisation et du  changement institutionnel.

Dans ce sens monotone et soporifique, une autre bêtise cinématographique joue le héros sans avoir froid au dos; il s’agit  de Samira fi daiaa  ou à la recherche du mari de sa femme. Ces mascarades sont  jugées de manque de créativité, d’absence de technicité et de dominance de la banalité. Faisant ainsi preuve d’un ras-le-bol  artistique et cinématographique et d’un marasme identitaire.

On ne peut pas certes oublier ce fameux orphelin bulletin d’information de 14 heures appelé avec grand dédain le journal télévisé de l’amazigh. Ce dernier est présenté pendant la sieste durant  laquelle le taux d’audience  bat ses records puisque les chats domestiques et une poignée de femmes sont les    plus grands favoris.  

Dernièrement; une vague fait éruption; celle des séries turques.  Avec leurs  personnages épiques et leurs traductions burlesques et cocasses; le public  assiste à  un spectacle de torture psychologique et d’autodafé moral. Ce genre de travail est loin d’être une action médiatique qui se veut constructive et instructive.

Egalement le samedi soir est illuminé par les cochonneries  fades et fastidieuses des films indiens qui vomissent et qui crachent les mêmes nœuds et les mêmes dénouements.

Traitons un peu l’aspect relatif aux reportages et aux documentaires qui traitent de la question Amazighe!  

Hollywood a produit  des milliers de documents dans la perspective de traiter les autochtones comme une peuplade de sauvages et d’apaches   pour légiférer  les boucheries et les génocides  commis par les blancs qui sont venus de l’hexagone.

Les chaînes australiennes françaises et espagnoles véhiculent au monde entier les images des gitans   voleurs vandales et extrémistes et des aborigènes alcooliques drogués et ignorants. 

Or la deuxième dans une classe de cancres ne cesse pas de poignarder la civilisation Amazighe par tous les dispositifs offerts par les politicards de ce pays condamné à l’influenza identitaire et à la grippe  amazighophobique. Cette boite qui embrasse une bombe à retardement excelle et brille avec une grande hypocrisie en faisant de l’amazigh noble éclairé   un troglodyte primitif arriéré et analphabète. Elle le considère comme un nomade, un transhumant et un arehal   perdu dans le désert et déraciné de ses siens et de son appartenance.

Citons les calamités de la ville d’Al-Hoceima qui s’est effondrée totalement! Evoquons la détresse vécue par la région d’Anfgou!   ou la précarité subie par les Ait AAbdi dispersés entre Beni     melal Azilal et Errachidia ! Les Ait Atta sont aussi laissés pour compte !

Les images de ces aberrations malheureusement ne sont pas diffusées dans le but de remédier aux problèmes ou de mettre en cause tout un système   qui a engendré  ce viol des droits de l’homme.

Mais c’est une stratégie de faire la manche et de déclarer en plein jour la politique de la mendicité auprès des   O.N.G  et des pays étrangers. Rien n’est gratuit alors! La mauvaise foi s’impose et la misère des démunis est instrumentalisée en vue de remplir les poches trouées des malhonnêtes de ce pays.   

Dans ce même fil conducteur; la plus grande bassesse qui anéantit toutes les valeurs humaines n’est autre que celle de  Studio 2M. Sur le plateau le plus grand en Afrique toutes les scènes de la boucherie culturelle  sont transmises en direct pour que l’histoire en soit témoin.  

Aussi la schizophrénie linguistique démolit tous les principes de la diversité civilisationnelle surtout quand on constate que les langues universelles sont chantées. Par contre la langue de Tamzegha  est complètement ostracisée  et effacée du répertoire artistique.

La même discrimination est enfantée par les émissions  ajial   korsa et shrane maak lilla.

Quelle vulgarité ! Quelle machine infernale !  Et  quelle amertume !

Il parait que les programmeurs de cette antenne parabolique mordent  leurs langues et perdent leur chaleur humaine. Par conséquent ils ont  désactivé toutes les options responsables de la  langue amazighe et ils ont condamnés à l’oubli tous les logiciels et tous les fichiers de l’amazighité.

Force est de constater que ce canal de communication qui est financé par le sang des marocains parle toutes les langues même le chinois et devient sourd muet quand il s’agit de langue amazighe. Tout simplement ils veulent hip-hopiser les jeunes marocains, ils ont l’intention de rapiser le téléspectateur et  ils désirent affoler   les hommes et les femmes de demain. Ils sont entrain de divulguer la culture de la HIHA,  le lexique de ROBLA, le vocabulaire de NAYDDA et le jargon de RWINA.

Autrement dit déformer la jeunesse marocaine, la rendre aveugle,  l’éloigner   de la scène politique et la  plonger dans un monde cauchemardesque et fantastique loin de la réalité amère.

Pareillement ils travaillent avec acharnement afin qu’ils  forment  un marocain déboussolé   et ébranlé qui a perdu  le sens de la critique, de la liberté d’expression   et le regard pertinent à l’ égard d’une société mourante. Un marocain qui voit que la responsabilité est un fardeau; un marocain  qui perçoit le devoir comme un châtiment; un marocain  qui considère les valeurs comme un obstacle  et un marocain qui juge les normes et les lois comme une sorte  d’entraves  qui étouffent les vocations personnelles.

Soyons objectifs et honnêtes; les commentaires de monsieur Salaki dans plusieurs reportages et divers documentaires comme Namadij les mille  et une grottes et autres méritent d’être applaudis pour leur beauté textuelle, leur portée symbolique et leur valeur critique. Cependant ces  cas exceptionnels ne peuvent pas changer la politique médiatique  de cette boite

Afin que cette institution soit une vraie  chaine  nationale;  elle est invitée à être le miroir de la société  marocaine, le reflet de la population amazighe et le porte parole du peuple auprès du gouvernement. Dorénavant elle  doit encourager la production nationale; revoir les critères de la sélection des films des feuilletons et des sit –com .

Annuler la bassesse étrangère des produits indiens, brésiliens, mexicains, turcs et autres serait un atout capable de modifier la ligne éditoriale de cette télé. En outre les concepteurs sont obligés de dépasser la crise  scénaristique qui corrompt   tous les produits médiatiques.

De surcroît; il faut que la télévision assume sa vraie mission constructive, instructive, divertissante et formatrice  en participant à la mise en question des tares et  des vices sociaux. Par conséquent c’est un départ vers la mobilisation et la sensibilisation contre les fléaux périlleux qui menacent  notre régime.

Somme toute; la stratégie médiatique de notre  pays est sensée prendre en considération toutes les composantes culturelles linguistiques civilisationnelles et historiques de Tamzgha. Pour ce faire la promotion et la réhabilitation du patrimoine local  et de la production nationale seraient  indispensables et vitales.

Que suis – je  alors?

Finalement n’oubliez pas la fable amazighe  orale dont on cite l’extrait suivant: une fourmi en plein désert pleure; sa sœur l’interroge:

«Pourquoi pleures-tu» ?

Elle répond: «est ce que tu n’as pas vu ces dromadaires et ces chameaux alourdis par le miel, les bijoux, les perles et les repas riches et délicieux qui , malheureusement, mangent les épines venimeuses et les plantes vénéneuses»

Tout simplement tamezgha est riche grâce à ses dons naturels et humains. Or ils ne cessent pas de véhiculer autour du pays des hommes et des femmes libres l’image d’une zone qui souffre de la précarité.

 En guise de conclusion, pour ne pas tomber dans les préjugés  pour ne pas être piégé par les clichés et pour ne pas être victime des stéréotypes,  nous  ne jugerons  pas les programmes ramadanesques.

Mais Star akadibi; Mrhbabik fedareke; Nssibe si Azouz Bnte bladi  et Jar wa majrour ne sont  que les signes d’ une mauvaise  augure artistique !ou les indices d’un apocalypse culturel !

Le ballon sera dans le camp des critiques !

A vous d’évaluer ! À vous de critiquer ! À vous  de juger !  À vous de décider !

(Ecrit par: M.M.Bahaddou  Le 10/8/2009)

 

 

 

 

 

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