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L’amazighité entre la loi divine et la loi humaine

Par : Hsaine Oulghazi

 

Si tous les citoyens sont tenus d’obéir et respecter les règles et les lois édictées par l’Etat, c’est pour rétablir l’ordre au sein de la société et protéger la quiétude dans le pays. Si tout individu doit se conformer dans ses pratiques quotidiennes aux prescriptions religieuses préconisées par le bon Dieu, c’est pour établir une parfaite harmonie avec ses congénères et préparer un bon séjour pour son âme après la mort. Parallèlement, tous les citoyens ont raisonnablement le droit de se soulever contre la loi de la jungle, ils doivent lutter pour se libérer de la tyrannie et résister pour prévaloir le principe de l’équité.

A l’instar des pays de Tamazgha, au Maroc, la population d’origine amazighe, a été islamisée à partir du VII eme siècle qui coïncide avec l’arrivée des conquérants arabes. Avec l’essor des villes et la domination de l’idéologie arabiste, certains autochtones ont abandonné leur mode de vie traditionnel et ont adopté la langue et les coutumes des nouveaux arrivants. Aujourd’hui, la vérité qui dérange le pouvoir politique unitaire et les islamistes intolérants c’est que la population amazighe longuement marginalisée revendique légalement sa spécificité culturelle amazighe, elle réclame ses droits linguistique et identitaire, elle brigue tous les droits naturels politique, socio-économique etc. et elle refuse que le pouvoir politique continue d'assujettir et d’apprivoiser les militants de la cause amazighe. C’est malheureusement très lâche, la majorité agissante des partis politiques au Maroc est fondée sur des bases de «l’arabisme» et ou de «l’islamisme politique» elle se compromet dans une politique basée sur les intrigues et les calculs d’intérêt!! Le pouvoir despotique et religieux pratique la politique du pire, sous une menace de la liquidation, il force les populations indigènes à la cohésion avec la société arabe et renoncer à leur identité, il prend une attitude pleine d’ambiguïté dans le respect des droits humains et dans la lutte contre la corruption, sur une hostilité profonde non raisonnée, il manifeste ouvertement son amazighophobie, il s’oppose au projet noble de l’enseignement de la langue tamazight, il ajourne à une date indéterminée le lancement de la chaîne de la télévision en langue: tamazight, il trouve aisément des moyens pour mystifier le peuple amazigh, il se focalise sur les valeurs arabo-islamiques et il fait dissoudre injustement toute formation politique du mouvement culturel adverse sous prétexte que la constitution marocaine interdise tout parti politique fondé sur la religion, l’ethnicité et la langue !! Il défie ainsi les préceptes de la religion musulmane et le principe des valeurs humaines qui interdisent catégoriquement cette méprisable xénophobie.

L’émergence des mouvements islamistes radicaux protestataires, qui recourent souvent à plusieurs formes de violence morale et physique dans le monde arabe et en Afrique du nord, inquiète les observateurs et les analystes dans le monde entier. L’administration de la défense des USA annonce une rapide augmentation du contingent américain pour combattre une insurrection islamiste en plein essor et écraser les insurgés Talibans s’ils tentent d’affronter l’Afghanistan. Au Maroc, les mouvements islamistes interdits ou autorisés essayent de s’imposer sur la scène politique, ils prétendent aux mêmes revendications postulés par le courant islamiste international avec une nouvelle théorie, ils adoptent un discours politique sur les différentes questions et ils ne négligent pas de tracer le chemin adéquat pour accéder à la tête du gouvernement d’un Etat religieux et appliquer à leur système la charia. Malheureusement, sans évoquer l’hécatombe des années de plomb au Maroc, l’ethnocide commis par les groupes islamistes armées en Algérie et la purification raciale commise par le pouvoir libyen, la logique de l’intolérance arabe ne diffère pas d’un pays à l’autre le régime iraqien déchu de Saddam avait bombardé aux armes chimiques le peuple kurde, le mouvement islamiste au Liban terrorise les populations chrétiennes et oblige plusieurs centaines de milliers de libanais à quitter leur pays, le génocide perpétré par le pouvoir absolu Soudanais au Darfour a été condamné par la communauté internationale et encouragé par les maquisards du nationalisme arabe!!

Eh bien, si la religion est la croyance pratiquée par une communauté de fidèles. Cette croyance est intime et personnelle, c’est un sentiment intérieur que l’on appelle: la foi. On distingue les religions polythéistes (lorsque une communauté croit en l’existence de plusieurs dieux) et les religions monothéistes (lorsque la communauté croit en un seul dieu). A titre informatif, toutes les religions monothéistes ont été révélées pour prôner la loi divine et sauver l’humanité. La charte déontologique de toutes les religions préconise l’égalité et la liberté pour chaque individu, elle interdit tous les péchés: le mensonge, la corruption et la subtilisation etc. et elle ordonne les vertus: la serviabilité, la bienfaisance et la tolérance etc. On cite les notions essentielles des religions monothéistes:

-Le judaïsme est la religion monothéiste la plus ancienne, il a été fondé en l’an 2000 av J.-C. Les juifs vénèrent le dieu unique qui a crée le monde, appelé : Yahvé, il est révélé par Abraham. Le livre sacré est la bible juive, le prophète majeur est Moïse c’est lui à qui le bon dieu a confié la table des lois divines : la Torah connus par les dix commandements. Chez les Juifs, le Rabbin préside la prière dans la synagogue et il enseigne la religion aux fidèles.

-Le christianisme est une religion monothéiste le livre sacré est la bible chrétienne. Le créateur de l’univers est un dieu unique, appelé chez les chrétiens: Dieu. Les chrétiens voient tout en Jésus-Christ le messie, mais ils se divisent au cours de l’histoire en trois principaux groupes: les Catholiques, les Orthodoxes et les protestants. Pour les chrétiens, un sacrement communique la grâce de dieu au croyant qui le reçoit. Les orthodoxes et les Catholiques ont sept sacrements et les protestants ont deux. Les catholiques pratiquent la religion dans les églises et célèbrent le culte sous la présidence des prêtres qui assurent le lien entre le dieu et la communauté fidèle.

-L’islam est né dans la péninsule arabique et les arabes sont les premiers à avoir adopté la religion musulmane, ils aspirent à diriger la communauté islamique et l’imam vulgarise le nationalisme arabe dans la mosquée! Cependant, tous les arabes ne sont pas musulmans. De même, comme l’extension de l’islam a dépassé la péninsule arabique, tous les musulmans ne sont pas arabes. L’islam est fondé par le prophète Mohamed en l’an 622. C’est une religion monothéiste, les musulmans croient en un seul dieu unique: Allah. Le livre sacré est le coran, c’est la compilation de toutes les paroles divines qui ont été révélées par le prophète Mohamed. Le coran est écrit en langue arabe, la langue que Mohamed parlait, et les arabes adjurent tous les musulmans à le lire et l’apprendre dans cette langue malgré que sa traduction fidèle à l’original ne soit pas illicite. Dans l’islam, il existe cinq grandes obligations religieuses : dites cinq piliers de l’islam. Le lieu de culte est la mosquée où l’imam dirige la prière. Les musulmans se divisent aussi en plusieurs courants majoritaires : le Malékisme, le Hanbalisme, le Chafiisme, le Hanafisme. Ils se répartissent en plusieurs autres courants, notamment : le Sunnisme, le Chiisme, le Wahhabisme etc. aujourd’hui, en plus de plusieurs sectes religieuses, les règles de base du mouvement islamiste des «frères musulmans» égyptiens envahissent le monde musulman.

Pour éviter la confusion, les arabes sont un peuple alors que les musulmans sont les croyants de l’islam et les arabes sont les habitants de la péninsule arabique alors que le «monde arabe» n’est pas peuplé que des arabes. Jusqu’à récemment, on appelait indifféremment un fidèle de l’islam : islamiste ou musulman. Depuis les années 1970, le terme islamiste a pris un sens très différent. On appelle «islamiste» un partisan d’un état religieux qui fait appliquer la loi de l’islam «charia» à la vie politique et publique. L’islamisme se dit extrémiste lorsque ses partisans passent par des actions violentes pour obtenir cet Etat religieux.

La déclaration universelle des droits humains, adoptée en 1948 par l’ONU vise à renforcer la justice sociale au sein des citoyens en tant qu’être humain, les droits naturels sont consacrés comme des droits absolus que l’on ne peut d’aucune manière retirer à un individu, ils sont donc inaliénables. Au premier rang, la liberté qui consiste à penser et s’exprimer librement etc. ensuite l’égalité consiste à l’accès de tous à la liberté et à l’égalité des droits. Sur le plan politique, la déclaration universelle des droits humains énonce le principe de la souveraineté du peuple, il existe une limite au delà de laquelle un individu a le droit de décider. Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée et la séparation des pouvoirs n’est pas déterminée n’a point de constitution. La résistance à l’oppression et à l’assujettissement du peuple par le pouvoir absolu est le droit de tous les citoyens. C’est la nation qui choisit ceux qui vont gouverner par le suffrage universel et non pas par une force armée et non plus par la falsification du résultat de vote.

Le code des libertés publiques au droit marocain stipule que toutes les personnes soient égales devant la loi et qu’elles aient le droit sans discrimination à une égale protection de la loi. Le Maroc édicte et ratifie l’article suivant : «Dans un Etat ou il existe des minorités ethniques, religieuses ou linguistiques, les personnes appartenant à ces minorités ne peuvent être privées de droit d’avoir en commun avec les autres membres de leur groupe, leur propre vie culturelle, de professer, de pratiquer leur religion et d’employer leur langue». Mais cette loi révèle le paradoxe de la politique raciste de l’arabisation au Maroc, le pouvoir politique défie les normes du droit des peuples libres et il cherche à éradiquer la culture, la langue et l’identité amazighe au Maroc et aux pays de Tamazgha malgré que la promotion de l’amazighe est une responsabilité nationale, la dimension amazighe est humaine dans le sens philosophique de l’humanité et l’amazighe, qui plonge ses racines dans l’histoire lointaine et contemporaine, constitue l’élément principal de la culture nationale.

Les questions religieuses ne sont pas irraisonnables, pour que la foi reste un choix personnel et libre, il est simplement indispensable de se faire intervenir la raison pour se convaincre, la raison doit procéder d’une conviction qui ne s’impose pas d’une façon automatique, une conviction qui est le fruit de la réflexion pour éviter de créer une confusion dans le discours qu’il soit religieux ou politique. Or le bon dieu a voulu que l’homme soit libre de ses choix. Le fait que la foi est fondée sur la raison, elle prône la serviabilité au commun des mortels et elle élimine les obligations et les contraintes nuisibles. C’est là sa nature spécifique : «Pas de contrainte en religion». Dans la civilisation arabe, les débats contradictoires des théologiens ont fait progresser relativement la pensée musulmane, mais, les fanatiques qui, de façon générale, refusent le dialogue se servent communément de l’islam à leurs fins (la réalité de l’islamisme politique) et, ils finissent par des affrontements violents. Il faut que les musulmans soient une communauté de gens ayant découvert un certain nombre d’éléments qui puissent les unir et il faut s’approprier d’une adhésion volontaire, consciente et autocritique en même temps pour permettre de vivre ensemble sans porter atteinte à la personnalité de chacun. L’histoire de la civilisation arabe nie l’existence de la diversité et on n’entend parler que d’un ensemble de concepts non précis : la nation arabe, l’Oumma arabe, l’arabo-musulman, le monde arabe, la ligue arabe etc. Récemment, les dirigeants des Etats arabisés, qui ne respectent guère l’autre et refusent tout dialogue fructueux, ont arabisé arbitrairement les pays de Tamazgha. Ils ont crée un «Maghreb arabe» : une union chimérique fondée sur des bases de la ségrégation raciale en Afrique du nord! Les partis politiques arabistes prennent le pouvoir et se coalisent en une Koutla capable de désillusionner le peuple par le principe de l’alternance politique. Ce qui fait passer les musulmans fidèles en une communauté de conditionnement imposé par un pouvoir politique unitaire et aussitôt la naissance des sectes religieuses tue les esprits et robotise les hommes. Alors que dans les civilisations occidentales, on parle généralement de: la nation, le peuple, les populations, la démocratie, le diversité culturelle etc. Ce sont en effet des concepts stables et précis, ils ne laissent aucune place ni au doute ni à l’empiètement des uns sur les autres. Les européens, en accord unanime, ont pu unifier l’Europe malgré ses cultures variées, ses langues multiples et ses différentes ethnies. Malheureusement, on remarque que le comportement étroit et intolérant des arabo-islamistes se cantonne dans un seul pôle : «l’intransigeance arabo-islamique». Dans les bibliothèques occidentales on trouve à profusion tous les manuscrits à l’inverse des bibliothèques des pays arabes qui ne prodiguent que les manuscrits qui traitent l’idéologie arabo-musulmane. C’est évident, tant qu’il y’a l’absence d’intérêt pour l’autre, il n’y aura pas de pensée libre. Contrairement aux préceptes de l’islam, selon le jargon des guides spirituels des mouvements radicaux islamistes il est licite de mentir face aux régimes supposés impies et certains ulémas musulmans arabes prononcent des Fatwa pour légitimer un assassinat pour délit d’opinion ! En légitimer un seul c’est les légitimer tous, dit-on. Le pouvoir charismatique des arabes défie la loi divine et la loi humaine et il cherche coûte que coûte à éradiquer l’identité amazighe aux pays de l’Afrique du nord : Tamazgha !! Les théologiens arabes, fermés sur eux-mêmes, fabriquent par ce fait des armes que l’autorité politique utilise. Pour faire un grand pas en avant, toute personne doit accepter le pluralisme et la cohabitation pacifique avec autrui sur les bases du droit à la différence. Cela peut être réalisé quand les musulmans arabes feront, selon la conviction de la tolérance, choisir le jour du scrutin le président ou le député qui est le mieux à offrir des garanties égales à tous les membres de la société quelle que soit leur langue, leur culture, leur identité et aussi leur religion.

Les arabes incarnent l’islam, mais, on ne peut pas être penseur musulman sans connaître les autres religions, exemple du judaïsme et du christianisme qui se trouve à la racine de l’islam. Moïse et Jésus Christ ont été cités plusieurs fois dans le coran. Il faut également élargir les études à l’animisme et aux religions non prophétiques de l’Asie qui abrite plus de la moitié de l’humanité. Il faut que les responsables soient habilités à faire respecter les convenances sociales sans recourir aux centres d’éducations surveillés. Si les philosophes, les visionnaires, les humanistes arabes etc. n’ont pas réussi à susciter un mouvement pour reconstruire une pensée sage chez les arabes, faut-il susciter des réflexions sur l’éthique pour reconstruire une pensée islamique et essayer de retrouver un mouvement avec les outils d’aujourd’hui en relation avec la pensée contemporaine dans ce qu’elle a de plus vivant et de plus excitant pour l’esprit ?

Les néophytes de la coalition du lobby de l’idéologie arabiste unitaire et les instigateurs prosélytes du mouvement extrémiste musulman, qui jouent la carte d’assimilation pour éradiquer les cultures aborigènes, auront des comptes à rendre le jour de l’apocalypse. Il faut donc trouver des solutions et des méthodes intelligentes et pacifiques pour une application adéquate de la démocratie dans le pays en dehors du radicalisme et de toute pensée intransigeante par la suppression radicale de toute forme de racisme et l’instauration d’un Etat moderne susceptible de s’ouvrir à tous sans distinction de race ni de classe et capable de respecter toutes les règles de base des droits humains. En conséquence, la satisfaction inconditionnelle de toutes les revendications légitimes amazighes est une obligation légale et conforme aux normes régissant la loi divine et la charte des Nations Unies.

 

 

 

 

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