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Quelle loi faut-il respecter ?

Par: Hsaine Oulghazi

 

Les droits du peuple amazigh sont devenus inopportunément tributaires de la volonté politique d’un pouvoir arabe usurpateur de l’identité. Le lobby des collaborationnistes des autorités du protectorat occidental a créé l’Etat arabe en collaboration honteuse avec les autorités militaires coloniales dans les pays de Tamazgha! Au nom d’un nationalisme sournois, il a confisqué le pouvoir du peuple et il a instauré un pouvoir arabiste fort et décisionnaire pour éradiquer la loi amazighe fondée sur les bases de la démocratie: Azef «le patrimoine juridique amazigh» et appliquer le système d’une loi qui repose exclusivement sur les rapports de la force entre les individus!

Pour se faire une idée claire des éléments du droit naturel, il est important de connaître la nature de l’homme et ce que nous entendons par la loi. Si la loi naturelle est une règle générale dictée par la raison, dans l’encyclopédie on trouve que la loi est un ensemble de règles édictées par l’Etat et que chacun, sans exception, est tenu de se conformer pour faire régner un régime politique fondé sur la souveraineté du citoyen et obéissant à une administration aux principes du régime représentatif. Et, si les règles juridiques sont destinées à organiser les rapports humains dans un contexte donné qui s’ouvre aux idées humanitaires; chez nous, le pouvoir arbitraire, qui s’est inspiré des règles de la législation coloniale, se trouve en position de force, il fait respecter la loi de la jungle et le droit du plus fort. Malgré les directives royales qui encouragent un régime démocratique fort: «il n’y a point de liberté sans la sécurité et la stabilité, ni de développement sans paix sociale, ni de démocratie locale sans contact quotidien avec le citoyen et sans sa participation». Extrait du discours royal du 12.10.1999. Nonobstant, la vision perspective du gouvernement et son entente réciproque avec les partis politiques et la décision du ministère de la justice de mettre en œuvre des mesures d’orientation afin que le citoyen constate de visu la réforme de la justice, la corruption administrative continue de contaminer les institutions de l’Etat, le sort des victimes de la condamnation arbitraire et des disparus forcés demeure inconnu et sans aucune avancée, à cet effet, notre pays perd son identité et sa spécificité! Malgré les vives critiques adressées par les investisseurs nationaux et étrangers à l’encontre de l’administration marocaine qui traverse une période de la détérioration de l’économie nationale, à l’exception de certaines promesses jamais tenues, aucun changement tangible n’a été enregistré. Des milliers de diplômés souffrent du chômage, plusieurs familles marocaines vivent au delà du seuil de la pauvreté, le citoyen en a marre de la lourdeur bureautique etc. Le ministère de la santé publique n’arrive pas à répondre aux exigences du peuple. La charte de l’enseignement public est conçue au service de l’élite privilégiée de la classe bourgeoise et, en utilisant sa procédure, la classe mal aisée ne pourra jamais atteindre son objectif! Malgré le règlement interne du parlement qui stipule la présence obligatoire pour tous les représentants à toutes les séances publiques, les législations qui se suivent sont marquées par l’absentéisme des représentants de la nation qui sont élus pour assumer des tâches importantes en particulier le contrôle du travail du gouvernement. Les élus qui briguent un siège de député parlementaire ne représentent qu’eux-mêmes; dans le cadre des campagnes électorales, ils expriment perfidement leurs préoccupations face aux difficultés du peuple mais leurs activités demeurent pratiquement inertes, ils ne protègent que leurs propres intérêts! En effet, par les responsables politiques et administratifs, l’autorité génère chez le peuple un sentiment de méfiance dû au mauvais usage et surtout à l’incapacité de réagir. Ces conditions de vie évoquent chez le citoyen frustré la situation de ceux qui sont habités par la peur dans les centres secrets de détention pendant les années de plomb; c’est dans les pages du livre: «KABAZAL Les Emmurés de Tazmamart Mémoires de Salah et Aïda Hachad» que j’ai pu lire: «A notre arrivé à Tazmamart nous étions dans la force de l’âge et en pleine possession de nos capacités intellectuelles et physiques… enfermés comme des rats, traités comme des bêtes, sous-alimentés et ignorés de tous… A la fin de la première année, les discussions se faisaient de plus en plus rares car le régime de Tazmamart commençait à avoir raison de notre moral et de notre santé… Affaiblis, malades, désespérés par le silence des responsables, convaincus que nous étions là pour la vie, la chose devenait dérisoire par rapport à la nécessité de rester en vie». Des militants de l’Association Nationale des Diplômés Chômeurs du Maroc mènent la grève de faim et revendiquent l’arrêt de la discrimination proclamée à l’encontre des adhérents de l’ANDCM et ils estiment que les autorités n’ont pas respecté leur engagement. La loi des finances décrétée par le maréchal Lyautey en période du protectorat est appliquée jusqu’à nos jours sur le peuple campagnard au Maroc. Quelle loi faut-il donc respecter?

La question de l’amazighité n’échappe pas à cette incertitude, les nationalistes arabes falsifient l’histoire de la résistance armée amazighe contre les occupants étrangers et ils secrètent indûment des menaces et une crainte politique: la reconnaissance officielle de la langue et l’identité des amazighes, numériquement majoritaire, risque de basculer en défaveur les arabes sur le plan politique!! Ce faux raisonnement est immérité, il tire ses origines profondes de la convoitise du nationalisme arabe, des périodes révolues de l’hégémonie impérialiste et des années de plomb. Le pouvoir politique des nationalistes ségrégationnistes déprécie la résistance armée amazighe pour l’indépendance et la liberté du pays, il s’oppose catégoriquement à l’édification d’un Etat de droit démocratiquement développé et il continue de lutter contre la reconnaissance constitutionnelle de l’amazighité. Il cherche profondément à pérenniser sa propre existence, dans cette perspective, il imprime la langue arabe d’une sacralité «coranique»! Dans le cadre de la conception d’un Etat de droit musulman et démocratique, il devient donc nécessaire d’éradiquer ces manifestations xénophobes qui n’ont pas le sens d’un tempérament civilisationnel. Dans le cadre de la responsabilité nationale, la revendication légitime amazighe se récapitule dans l’officialisation et la reconnaissance constitutionnelle de la culture et de la langue amazighe et dans l’introduction obligatoire de la langue amazighe dans le cursus scolaire du pays à tous les niveaux de l’enseignement public. Si les autorités politiques ont voulu réduire le dossier de l’amazighité à la simple question d’indétermination, Imazighen, exigent en général le respect des valeurs humaines amazighes, ils revendiquent la prise en considération de l’histoire, de la culture et de la civilisation amazighes, ils condamnent la prévarication des autorités politiques qui entravent la réalisation de cette mission civilisatrice, ils blâment la violation des droits humains et ils dénoncent le scandale des racistes qui cherche à tromper l’opinion nationale, internationale et les instances internationales sur la réalité de la volonté politique pour régler ce dossier d’une manière équitable et définitive.

Malgré que la politique du Maroc s’oriente progressivement vers la consolidation d’une démocratie forte, l’expérience montre d’une manière incontestable qu’il n’est pas évident d’opérer une transition vers une société démocratique sans édifier un Etat de droit démocratique qui exige, dans le cadre d’une constitution démocratique, un pouvoir judiciaire libre, des élections libres et transparentes. Un Etat de droit capable de garantir la volonté du peuple et son droit à s’autodéterminer. Pour pouvoir renforcer le mouvement démocratique marocain, les associations culturelles amazighes et les composantes politiques etc. continuent de combattre contre la ségrégation raciale, l’exploitation, l’absolutisme et la répression, il exige la clarification du programme démocratique dans notre pays. Les militants amazighs persécutés sont arbitrairement condamnés à de lourdes peines et malheureusement ils sont injustement emprisonnés dans un mutisme total! La déclaration de l’Amnistie Internationale considère que l’arrestation des défenseurs des droits humains et leur accusation pour avoir franchi les lignes rouges ou avoir traité des sujets tabous constitue formellement une atteinte sérieuse à la liberté d’expression. «L’injustice existe, c’est la force des incompétents, celle des minablement forts» dit-on.

En France, après une bataille de procédure de plusieurs mois, Napoléon Bonaparte, très soucieux d’aboutir à la publication du Code civil français, qui devrait être un instrument de travail utile aux étudiants et aux universitaires de toutes les disciplines et aussi aux simples lecteurs qu’ils aient ou non des connaissances juridiques. Napoléon Bonaparte disait: «Ma vraie gloire, ce n’est pas d’avoir gagné quarante batailles; Waterloo effacera le souvenir de tant de victoires. Ce que rien n’effacera, ce qui vivra éternellement, c’est mon code civil.» Il attachait une importance majeur à cet ouvrage, dont les théories encouragent la doctrine d’une jurisprudence pour rechercher des solutions convenables et il participa personnellement à de nombreuses séances de discussions au conseil de l’Etat, au cours desquels il intervint activement, prenant position personnellement à de nombreuses reprises et tranchant en cas de difficulté. Ainsi le Code civil français, qui a mis en place un système de successoral de l’égalité et la suppression des anciens privilèges, a pour objet de réunir les textes promulgués en 1804, la totalité des modifications et des adjonctions pour lesquelles le lecteur pourra prendre connaissance de l’évolution postérieure et suivre les différentes versions des articles du Code. Ainsi, les diverses lois et coutumes locales regroupées dans le code Napoléon reflètent bon nombre de principes apportés par la révolution, le résultat le plus tangible de la révolution française sont incarnés dans son mot d’ordre: «Liberté, Egalité, Fraternité», un idéal devenu la plate forme des réformes libérales en France.

Dans notre pays le pouvoir absolu disconvient l’existence de la loi équitable, Montesquieu disait: «C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser». Pratiquement c’est croyable mais, si le Maroc se dit un pays musulman, cette formule est-elle conforme aux préceptes de l’Islam? Si les autorités colonialistes tentent coûte que coûte pour nous diviser, comme ils l’ont toujours fait, ils utilisent toutes les provocations pour nous dresser les uns contre les autres pendant la période du protectorat et durant les affres des années de plomb. Pour que ne se reproduisent plus les heures d’épouvante, le Maroc d’aujourd’hui refuse l’oubli, il repousse l’arbitraire et il rejette l’impunité des répréhensibles. Max Friche avait dit: «Celui qui lutte peut perdre, celui qui renonce à la lutte a déjà perdu». Pour sortir indemne du tournant dangereux que prend notre histoire ces dernières décennies et maintenir nos traditions culturelles enracinées dans notre histoire amazighe multiséculaire, il faut que toutes les forces démocratiques et politiques de la société civile se mobilisent pour faire face à toute tentative complice visant l’atteinte aux droits fondamentaux amazighs soutenus par des références politiques et des droits humains certifiés à l’échelon national et international, il faut lutter jusqu’au bout. Contrairement aux engagements de l’Etat marocain tant sur le plan national qu’international, et en dépit des acquis déjà réalisés dans la politique linguistique lancé depuis 2001 sous la devise de: «La promotion de la langue et de la culture amazighes est une responsabilité nationale et un levier pour l’édification d’une société moderne et démocratique». Le rapport annuel de l’UNESCO classe le Maroc parmi les derniers pays en matière de développement de l’enseignement et le conseil supérieur de l’enseignement (CSE) qui engage une étude de la situation des langues dans le système éducatif marocain, trame un ensemble d’intrigues pour faire échouer l’enseignement de la langue amazighe!! Il s’agit d’un complot dangereux contre la langue amazighe, il s’agit d’un acte raciste fondé sur la discrimination linguistique et culturelle, il est susceptible de faire perdre à l’Etat toute sa crédibilité et il risque de générer l’instabilité politique et sociale dans notre pays! Il serait donc utile que les responsables reconsidèrent la position de notre pays dans le domaine des droits humains.

Imazighen requièrent les autorités (politiques, administratives et judiciaires) à respecter les droits légitimes amazighs, ils revendiquent l’arrêt immédiat de la discrimination raciale, ils considèrent que l’adoption d’une constitution démocratique demeure insuffisante pour édifier un Etat de droit fort et rivé sur sa spécificité amazighe, mais, il est certain que l’adoption de cette constitution démocratique de par son élaboration et son contenu, en conformité avec les normes universelles des droits humains, est l’une des conditions obligatoires pour constituer efficacement un Etat de droit et une société de dignité et de citoyenneté. Imazighen considèrent surtout que toute constitution qui conteste les droits légitimes de l’amazighité du pays est une constitution iniquement fondée sur les bases de la ségrégation raciales, elle est antidémocratique.

 

 

 

 

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