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L’épopée de Dhar ubarran, Episode de la guerre du Rif (1921)

Transcription, traduction et analyse de fragments (4ème partie)

Par: Mohammed Serhoual (Bu-iseghwane)

8ème unité:

Rqareb n ssekkwar iziyyen s ufiru 30

Le pain de sucre orné de fil

Un pain de sucre orné de fil

FaÑma tawaryiÄtš šenna mara Ãuru 31

Fadma la Waryaghli doit être fière de sa progéniture

Fière et heureuse est Fadhma La Waryaghli d’avoir mis au monde une telle progéniture

Shenna mara Ãbyes ràzam n arbÇa duru 32

Qu’elle est élégante avec sa ceinture de quatre réaux

Shenna mara Ãegg – as i mmi – s hellararu 33

Les bercements prodigués à son fils sont bien méritoires

L’évocation inattendue du pain de sucre orné de fil dans ce contexte de guerre crée un effet de surprise, conjointement au nom de FaÑma tawaryiÄtš. Apparemment, il s’agit d’éléments contradictoires, sans lien logique, sans fil conducteur entre un objet inanimé ssekkwar «le sucre» et FaÑma tawaryiÄtš, prénom féminin, mais en fait ils sont reliés par une isotopie qui connote un ton de félicité qui domine dans ce passage.

Le sucre désigne métonymiquement l’union d’êtres chers rassemblés autour d’un plateau garni de verres et sirotent du thé à la menthe. C’est autour d’un verre de thé que les gens se rassemblent pour causer, se divertir; et dans la tradition rifaine, quand on est aisé, les verres de thé précèdent et suivent les repas en signe de bien – être matériel et moral. Langage allusif et dense qui se caractérise par l’absence des liens logiques. Le fil qui orne le pain de sucre nous rappelle le vers 10 où les filles se ceignent de fils, un signe de délicatesse féminine.

Le fragment se clôt sur l’évocation du pain de sucre, signe des retrouvailles d’êtres chers assis autour d’une théière. C’est le repos du guerrier, il savoure sa victoire en dégustant les verres de thé. Le sucre, doux et de goût agréable,  fut considéré comme un produit de luxe en ce début du 20ème siècle. Une infusion de thé à la menthe, que certains le préfèrent trop sucré , est inimaginable sans sucre chez les Marocains en général. Le troc de la terre contre un pain de sucre était pratiqué jadis, c’est pour montrer la mise en valeur du sucre dans ce contexte poétique. Le combattant tout en savourant la victoire remportée sur les Espagnols, déguste le thé à la menthe pour fêter cette victoire.

Le lien entre les fragments, semble être imperceptible au niveau de la surface du texte dont l’architecture est semblable à un archipel, apparaît au niveau profond.

Ce qui nous permet de passer aux vers apologétiques consacrés à la femme.

FaÑma tawaryiÄtš šenna mara Ãuru 31

Fadma la Waryaghli doit être fière de sa progéniture

Fière et heureuse est Fadhma La Waryaghli d’avoir mis au monde une telle progéniture

Shenna mara Ãbyes ràzam n arbÇa duru 32

Qu’elle est ravissante avec sa ceinture de quatre réaux

henna mara Ãegg – as i mmi – s hellararu 33

Les bercements prodigués à son fils sont bien méritoires

Ce panégyrique est particulièrement destiné à FaÑma, prénom féminin générique avec celui de Fettuš de la femme rifaine en général; il est spécifié par l’adjectif dénotant l’appartenance tribale tawaryiÄtš, c – à – d. de la tribu des Ayt WaryaÄel. Ce prénom de FaÑma est un prototype de l’onomastique de la femme rifaine. A travers elle le poète célèbre aussi les qualités des autres femmes rifaines; elle est félicitée pour avoir mis au monde une telle progéniture. Rappelons aussi que lorsque le chant voyage, lorsqu’il est chanté dans telle ou telle tribu, il garde les traits distinctifs de la couleur locale. Le sceau de chaque localité apparaît dans la région où le texte est chanté; cette micro – variation est due à une émulation inter – tribale. Dans certaines versions, on vante les qualités de la femme rifaine en général, sans spécification tribale.

Les trois vers qui font l’éloge de FaÑma tawaryiÄtš débutent par l’adverbe laudatif et euphorique šenna suivi de mara, outil grammatical jouant ayant le rôle de conjonction utilisé trois fois pour une mise en relief d’un tel discours élogieux. Le poète met l’accent sur un ton d’euphorie qui règne; il traduit un climat de bonheur mêlé de fierté méritoires.

Le terme utilisé pour faire l’éloge de la femme rifaine apparaît trois fois, quant au prédicat (ou sujet) FaÑma tawaryiÄtš il est utilisé une seule fois; il est sous – entendu dans les deux autres occurrences, l’auditeur (ou le lecteur) peut le deviner sans problème.

Pour ce qui des syntagmes verbaux, le poète puise dan un paradigme Ãuru «elle a mis au monde», Ãbyes «elle s’est ceinte», Ãegg – as i mmi – s hellararu «elle a bercé son fils»:

FaÑma tawaryiÄtš šenna mara Ãuru

šenna mara Ãbyes ràzam n arbÇa duru 32

šenna mara Ãegg – as i mmi – s hellararu 33

Primo, cette femme peut s’enorgueillir d’avoir mis au monde une telle progéniture qui fait honneur, d’être la mère d’enfants de cette trempe. Fécondité fort appréciable. Le verbe aru est employé absolument sans complément d’objet direct qui apparaîtra en tant que tel, mais en tant que complément d’objet indirect ou datif i mmi – s «à / pour son fils».

Secundo, la ceinture dont elle se pare, lui sied, elle est le symbole d’une toilette plus soignée que d’habitude, puisqu’elle coûte arbÇa duru 32 , c’est un objet de valeur, précieux bien sûr qu’elle mérite bien. Objet de valeur par rapport à cette époque, qui remonte à la seconde décennie du 20ème siècle, le numéraire se faisait rare, valeur plus qu’insignifiante actuellement à cause de l’inflation. La femme rifaine vertueuse et inaccessible doit garder sa ceinture, ce n’est pas une ceinture de chasteté, mais un gage de fidélité conjugale qui sied à la femme irréprochable. Elle ne la dénoue que lorsqu’elle s’apprête à se coucher. Une femme habillée qui s’expose sans ceinture autour de la taille peut être taxée de licencieuse.

Tercio, FaÑma tawaryiÄtš n’a pas perdu le temps consacré au bercement de ses enfants. L’image du bercement connote une valeur affective maternelle universellement admise.

Le texte analysé est polyvalent, il se caractérisé par la variété des stratégies discursives: récit, description, dialogue, monologue, etc.; la variété des genres et des registres comme l’apologie (des tribus et de la femme) et la satire (des délateurs autochtones). L’intrication du tragique et du lyrique: disparition du père et consternation de la jeune fille. En plus de sa valeur poétique et esthétique (images du terroir spontanées et saisissantes), Dhar ubarran a une valeur informationnelle et documentaire: l’aède est témoin de son époque. Il évoque des lieux et des personnes, des Etats et des stratégies opérationnelles de guerre.

Un témoignage qui relate une époque révolue; c’est un texte incendiaire qui incite la population au soulèvement contre l’occupant.

Dhar ubarran met l’accent sur le revers subi par l’armée espagnole dont l’ effectif, et des moyens logistiques sont bien supérieurs par rapport à une poignée de maquisards démunis.

Le héros de cette guerre est Abdelkrim, le pionnier de la guérilla. Che Guevara, Ho Chi Ming se sont inspirés de lui. Ses techniques sont enseignées en Palestine occupée et ont été utilisée lors de la Révolution algérienne. Abdelkrim est devenu un personnage à reflets miroitant, oscillant entre la réalité et le mythe.

La victoire de Dhar ubarran n’est qu’un prélude; les Espagnols connurent d’autres débâcles. Enragés et en furie, ils recoururent aux armes chimiques et aux gaz toxiques, pour en finir avec la rébellion des Rifains une fois pour toutes: des morts décapités, des têtes de cadavres rifains juchés sur les canons des fusils espagnols; parties du corps estropiées: oreilles, testicules coupées (Cf. Madariaga 2006: 66).

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***

Appendice

L’épopée de Dhar ubarran

Fragments traduits

1

Fragments traduits

A yadhar ubarran, a y ssus n ykhsan 1

O Dhar ubarran, ô carie des os

Ô Dhar ubarran (litt. Ô Mont du perdrix mâle, toponyme), c’est la carie des os !14

Wi zzay- k igharren, a zzay – s igharr zzman 2

Celui induit – toi en erreur, est lui – même victime de désillusion

Celui qui t’a induit en erreur il a lui – même des déboires

Amen igharr ugharrabu ynyan sennej i waman 3

Comme est trompé un navire monté au – dessus de l’eau

Tel un gros navire qui navigue au – dessus de l’eau.

Wellah hhama iwqe3 i baba – ak am wi ya3dan 415:

vers injurieux et satiriques

Par Dieu ! tu verras bien il arrivera à ton père ce qui est arrivé à ceux qui ont passé

(Je jure) par Dieu que ton sort sera semblable à celui de ceux qui sont passés

2

A yadhar ubarran, aya ssus n ykhsan 5

O Dhar ubarran, ô carie des os

Ô Dhar ubarran (litt. Ô Mont du perdrix male, toponyme), c’est la carie des os !

Wi zzay- k igharren Rami thiwy d rburqi, tharny d thikhuzan 6

Qui t’a leurré a tel point, que tu as apporté des obus et (planté) des tentes

A tel point de pourvoir (la bataille) en canons et de planter des tentes

Ma ygharr – ish useppanyu16 umi yudef Temsaman7

Ma ygharr – ish d uqarqash d âmar bu – ywzan 8

Etait – ce piégé par le Bariolé ( sobriquet) et Amar (prénom) mangeur de bouillies

Es – tu tenté par ( les prénommés) Aqarqach et Amar mangeur de bouillies

Nigh gharren – sh d thibrighin I ybiysen s ifiran 9

Ou était – tu fasciné par les nubiles ceintes de fils

Ou es – tu séduit par des nubiles portant des ceintures ornées de fils aux couleurs

3

Ma ygharr – ish useppanyu17 umi yudef Temsaman 10

As – tu été dupé par l’Espagnol qui a envahi Temsaman ?

As – tu été dupé par l’Espagnol qui a envahi Temsaman ?

Themsaman ma thhewn – ak, ma tghir – ak d benneâman ?11

Temsaman, crois – tu que c’est facile pour toi, crois – tu que c’est des coquelicots ?

Crois – tu que Temsaman est d’accès facile; elle n’est si fragile, n’est si délicate!

4

Ma ygharr – ish d uqarqash d âmar bu – ywzan 12

As – tu été dupé par le Bariolé (sobriquet) et Amar (prénom) mangeur de bouillies

As – tu été dupé par (les prénommés) Aqarqach et Amar mangeur de bouillies

Nigh gharren – sh d thibrighin I ybiysen s ifiran 13

Ou était – tu fasciné par les nubiles ceintes de fils

Ou es – tu séduit par par des nubiles portant des ceintures ornées de fils aux couleurs vives

5

Aya dhar ubarran, aya ssus n ykhsan 14

O Dhar ubarran, ô carie des os

Ô Dhar ubarran (litt. Ô Mont du perdrix male, toponyme), c’est la carie des os !

Dinni ihemehem rburqi, dinni i dehshen iythsan 15

Là – bas a grondé l’obus, là – bas ont été abasourdi les chevaux

C’est la que les obus ont grondé, c’est la que les chevaux ont été ahuris.

Dinni immuth rqebtan18, dinni immuth utarjman 16

Là – bas est mort le Capitaine, là – bas est mort l’interprète

C’est la que le Capitaine est mort, c’est la que l’interprète est mort.

6

Rqebtan n baya I harrek d Themsaman 17

Le Capitaine de Baya19 a pris d’assaut Temsaman ( la tribu)

Le Capitaine de Baya a déclenché l’offensive sur la tribu de Temsaman.

Haarreqen d Ayth Waryighel amezyan ameqran; 18

Se sont mobilisés les Ayt Waryaghel petits et grands

La tribu des Ayt Waryaghel s’est mobilisée grands et petits

Ggin – as i bu – ijarwan am netta am iserman. 19

Ont fait pour mangeur – de – grenouilles comme des poissons

Les mangeurs de grenouilles20 sont pris dans le piège comme des poisons dans le filet

Haarreqen d Ayth Waryighel di thenâashar ammya 20

Sont montés à l’assaut les Ayt Waryaghel au nombre de douze cents

Les combattants des Ayt Waryaghel sont mobilisés au nombre de douze cents

Umi d gha âaqben, a âabend di khemsa 21

Lorsque sont retournés, ils sont revenus à cinq

A leur retour, ils n’étaient que cinq

7

A hhemmu n rhaj âisa, a bu – yis aziyza ! 22

Ô Hemmou, propriétaire d’un cheval bleu

Ô Hemmou fils d’El Haj chevauchant un cheval bleu

A ya shshikh âmar kh sserk I ywdha! 23

Ô cheikh Amar du fil barbelé tombé

Ô Cheikh Amar, tombé du fil barbelé

8

Rabbi mammesh ghar ggegh I Fettoush khmi ghar therqa 24

Ô mon Dieu cmment je vais faire, Fettouch lorsqu’elle rencontre

Ô mon Dieu comment faire avec Fattouch21, en face d’elle ?

Khminni ghar thini âzizi ma ykka baba? 25

Lorsqu’elle dira Oncle où est parti mon père ?

Ô mon Dieu que faire lorsqu’elle me dira où est mon père ?22

–- Baba – m d amjahed thengh – ith hharraqa. 26

Ton père est un Combattant l’a tuée la mitrailleuse

Ton père est un Moujahid23, il a été tué par la mitrailleuse

Rabbi mammesh ghar ggegh I waber abarrshan 27

Ô mon Dieu comment je vais faire pour la paupière noire

Ô mon Dieu comment m’y prendre avec les beaux noirs

Ibbehbar d s umetttta 28

Eclatée de larmes

Eclatés en sanglots

Wa ralla ymma d fud – inu iwdha 29

Ô Chère mère, mon genou est tombé

Ô chère mère! Mes genoux s’affaissent !

9

Kenniw Ayth Themsaman d imjahden zi rebda 30

Vous les Ayt Temsaman vous êtes des Combattants depuis longtemps

Vous les Ayt Temsaman, vous êtes des Combattants légendaires

Thjahdem s ufus nnwem, jahdent ura d thiniyba 31

Vous avez combattu des à la main, ont combattu même les filles

Vous avez pris les armes, mêmes les filles y ont pris part

Zzad kh wârur – nnsent, taryent ak isudar 32

Les subsistances sur leurs dos avec les rochers

Portant les vivres dans le dos et gravissant escarpements et talus.

10

Rqareb n ssekkwar iziyyen s ufiru 33

Le pain de sucre orné de fil

Un pain de sucre orné de fil

Fadhma tawaryightsh24 shenna ma thuru 34

Fadma la Waryaghli doit être fière de sa progéniture

Fière et heureuse est Fadhma La Waryaghli d’avoir mis au monde une telle progéniture

Shenna ma thbyes rhhzam n arbâa duru 35

Qu’elle est élégante avec sa ceinture de quatre réaux

Shenna mara thegg – as i mmi – s hellararu 36

Les bercements prodigués à son fils sont bien méritoires

Notes:

1 Que l’on songe aux guerres religieuses, dans la Chanson de Rolland, chanson de geste de l’époque médiévale, il est question des détractions réciproques : les Sarrasins sont taxés de fanatiques par les Chrétiens, ceux – ci sont considérés comme des mécréants par les Musulmans.

2 Ou trouvères, bardes, aèdes, rhapsodes, tous ces termes ont un sémantisme proche en dépit des nuances.

3 De 1 500 hommes et de l’artillerie (Cf. Z. Daoud 1 999 : 99) ; les Rifains sont au nombre de 400.

4 L’intrusion espagnole a commencé par cette tribu, proche de Melilla déjà prise depuis 1492. 

5 Ils abattaient même les bombardiers avec leurs fusils.

6 Presque tous disparus.

7 Elle est à l’origine d’un grand flux migratoire, ce qui a donné naissance à trois verbes en tarifit, empruntés soit à l’arabe comme : šarreq « émigrer à l’Est, en Algérie française pour y travailler,

Äarreb « émigrer à l’Ouest, au Maroc, sous protectorat français »,

pules « s’engager, s’enrôler dans l’armée (étrangère ou nationale) »

zwa « traverser la mer pour aller en Europe, émigrer» (Cf. Serhoual, Dictionnaire tarifit – français) ou encore

nÇareq « immigrer sans papiers ».

8 Le Maroc fut toujours à la merci des aléas du climat, toujours soumis à une agricultureloterie, selon la formule du sociologue Paul Pascon, spécialiste du monde rural.

9 Et le poète de dire justement de la famine qui a sévit dans le pays :

Ma war da wi Çeqren x usggwas aiÇeffan T’en souvient – t – il des années stériles ?

Umi nni ynneqdheÇ rÇarudh Äar ixxamen les foyers, d’une hospitalité légendaire, sont devenus inhospitaliers

Axmi wa da nexriq, axmi wa da niymi Comme si ces lieux ne nous avaient pas vu naître

Axmi wa da neàtiš arrbiÇ ak d imendi On dirait que nous n’avions jamais récolté de l’herbe ici, ni moissonné de l’orge

Axmi wad a nezzi tifunasin uÄi On dirait que nous n’avions jamais trait de vaches laitières en ces lieux devenus arides

10Une image semblable est décrite par le poète protestant d’Aubigné (1552 - 1630) durant les guerres religieuses du Moyen âge : Cachez – vous sous ma robe en mes noires forêts,

Et au fond du malheur, que chacun de vous entre,

Par deux fois mes enfans, dans l’obscur de mon ventre

Agrippa d’Aubigné, Les Tragiques : Misères, vv. 300 – 302.

11 C’est l’aviation qui donnera l’avantage aux Espagnols (Cf. Madariaga).

12 13 Terme formé de oro « montagne, hauteur » et de nyme « nom », Cf. Tatouage dans la mémoire, p. 17.

14 Paradoxalement, malgré l’existence de termes endogène comme taÇrurt, tawrirt, la tendance est en faveur de termes exogènes.

15 La tradition française présente une variété de formes comme: le lai, le virelai, l’ode, la ballade, la ritournelle, le sonnet, le pantoum, etc. Le genre poétique varie selon le contenu : le panégyrique, la satire, dans la tradition arabe.

16 Cf. J. Hamdaoui et F. Azeroil (1997 : 40) ; M. El Madlaoui (2006)

17 En poésie orale, le rigorisme syllabique est, parfois flottant, contrairement à une poésie de longue tradition écrite comme en arabe ou en français, même si cette dernière connaît elle aussi les deux techniques appelées dièrèse et synérèse pour pallier une telle anomalie rythmique.

18 Il s’agit des configurations respectives des différentes syllabes, ouvertes ou fermées.

19 Contrairement à ce qui se passe en métrique française, le [e] muet, en plus de son rôle de lubrifiant, a une fonction métrique, il est donc prononcé pour faire syllabe.

20 Les voyelles – a et u jouent plusieurs fonctions grammaticales

21 C’est le cas d’un texte coranique. Cf. Sourate Arraàmane « Le Tout Mésicordieux », 55, p. 531.

22 Pour plus de commodité, elles sont indiquées en gras.

23 Diminutif rifain de Fatima.

24 Faute de guillemets, le gras montre qu’il s’agit de discours direct, de dialogue virtuel échangé entre les deux protagonistes : l’oncle paternel et la nièce.

25 Sens littéral : Un combattant de la foi

26 Cf. J. Molino et J. Gardes – Tamine, Introduction à l’analyse linguistique de la poésie, P.U.F., 1 981.

27 Toute traduction est réductrice rend le sens inaccessible à cause de la multiplicité des sens, ces interprétations seront évoquées au cours de l’analyse.

28 Le terme est emprunté au lexique de la pragmatique de Searle, cf. Quand dire, c’est faire.

29 Afunas iteqqen zeg waššawen, argaz iteqqen zeg ires < iles

30 uyaÇdan : dans une autre version, vers ajouté dans une autre version

31 Citons ce vers qui témoigne de l’envie des convoitises européennes pour s’emparer du Mont Iksan renfermant un gisement de fer :

a yadrar n yiksan iffeÄd day-s rmeÇden « Le Mont Iksan contient un gisement (de fer)»

ÃeffeÄd day-s nnuqart rgnus ad mmenÄen « Il contient un gisement d’argent, les Etats se battront ».

32 Madariaga ( 2006 : 11) relate les trois guerres celle de Tétouan en 1859 – 1860, celle de Melillia en 1893 - 1909 et celle Rif en 1921 - 1926.

33 A. Laroui écrit dans son Histoire du MaÄreb (2001 : 325) que Le Rif est en effervescence depuis 1860 contre les Espagnols.

34 Urumi « Le Chrétien » dans une autre version.

35 Concernant la traîtrise, voir G. Ayache p. 72 et 82.

36 Un dicton marocain dit ceci : « Le Marocain est prêt à mourir pour défendre sa terre et son honneur ».

37 Mani idduqez rbarud mani sÄuye iysan , version donnée par J. Hamdaoui (1997 : 51).

38 Ràakem « le fondé de pouvoir » selon une autre version

39 Iksan , iysan ou iytšÃan la prononciation varie d’une localité à l’autre.

40 Ràakem « le fondé de pouvoir de l’Autorité coloniale » selon une autre version

41 Compagines de fuseliers + une batterie d’artillerie.

42 En quelques heures le poste est conquis, 150 Espagnols tués, 400 fusils Mauser, 60 000 cartouches, 4 mitrailleuses, une batterie de campagne, des obus et un canon pris en butin, ainsi que des vivres et des médicaments. Seuls 50 Regulares et 20 artilleurs parviennent à fuir. (Cf. Z. Daoud, Abdelkrim. Une épopée d’or et de sang  1999 : 100) ; quant à Madariaga (2006 : 33), elle fournit un chiffre global de mille morts dans le rang des Regulares,

44 Autre version : Din ééefen arumi amašnaw ifidhusen « C’est là que les Chrétiens furent capturés tels des poussins »

43 Artuu Barea, militaire ayant participé au conflit (1921 – 1923), cf. Z. Daoud 1999 : 78 et M. Madariaga 2006: 64).

44 Si l’on se fie aux données historiques effectif: les Rifains étaient au nombre de 500, maigre effectif contre un contingent espagnol de 1500 hommes (Cf. Ayache 1996 : 87 et Z. Daoud  1999 : 99).

45 En quelques heures le poste est conquis, 150 Espagnols tués, 400 fusils Mauser, 60 000 cartouches, 4 mitrailleuses, une batterie de campagne, des obus et un canon pris en butin, ainsi que des vivres et des médicaments. Seuls 50 Regulares et 20 artilleurs parviennent à fuir. Cf. Z. Daoud, Abdelkrim. Une épopée d’or et de sang 1 999 : 100)

46 L’adjectif de couleur aziyza dénote, en tarifit, aussi bien le bleu que le vert.

47 Diminutif rifain de Fatima.

48 Faute de guillemets, le gras montre qu’il s’agit de discours direct, de dialogue virtuel échangé entre les deux protagonistes : l’oncle paternel et la nièce.

49 Sens littéral : Un combattant de la foi

50 Diminutif de Fatima suivi du préfixe – uš qui hypocoristique.

51 A irifiyyen, dans une autre version ; chaque version est marquée du sceau de la couleur locale.

52 Isura(r), dans une autre version.

53 Il s’agit d’une vocalisation du [r] avec allongement de la voyelle ª

54 L’étude des légendes et des chansons rifaines fera mieux connaître l’âme de cette race fruste et brutale [sic], farouchement éprise d’indépendance et fière jusqu’à l’enivrement de son sol naguère inviolé. Elle nous fera connaître aussi la femme rifaine, non pas esclave de son maître, mais véritable gardienne du foyer, consciente de sa personnalité, mêlée intimement à la rude existence du clan, aux fêtés comme aux combats, soumise à des lois qui imposent avant tout qu’elle soit respectée, et ayant conservé néanmoins au milieu ses mœurs farouches, et peut être à cause d’elles, les qualités essentielles de la femme : la finesse, la souplesse et la douceur.

55 Tarifect.

56 D’où l’expression imagée en tarifit : atay-a iÄarres s ssekkwar «ce thé coupe (la gorge) de sucre, il est très sucré ».

57 Tarifešt.

58 Tarifešt.

59 Ancienne monnaie valant 50 centimes ou un demi dirham.

60 Toute traduction est réductrice rend le sens inaccessible à cause de la multiplicité des sens, toutes ses interprétations seront évoquées au cours de l’analyse.

61 uya3dan : dans une autre version

62 Urumi « Le Chrétien » dans une autre version.

63 Urumi « Le Chrétien » dans une autre version.

64 Rhhakem « le fondé de pouvoir » selon une autre version

65 Antiphrase désignant les soldats de l’armée espagnole, mangeurs de grenouilles (péjoratif).

66 Diminutif rifain de Fatima.

67 Faute de guillemets, le gras montre qu’il s’agit de discours direct, de dialogue virtuel échangé entre les deux protagonistes : l’oncle paternel et la nièce.

68 Sens littéral : Un combattant de la foi

69 Tarifect.

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(FIN)

 

 

 

 

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