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Le sort des Amazighs en Afrique du Nord

Par: Oulghazi Hsaine

 

La réalité des faits nous enseigne que les pays les mieux équilibrés, les plus prospères et les plus stables sont ceux qui ont atteint un haut niveau culturel dans l’ensemble des traditions, des valeurs, des acquis intellectuels et du savoir-faire propre à leurs sociétés humaines. Et, pour une raison simple mais souvent oubliée, ni le développement économique harmonieux, ni une vrais démocratie ne peuvent se bâtir sur l’ignorance et sur l’absolutisme. Réflexion faite, il en résulte une profonde conviction que le moyen le plus sûr que doivent utiliser les dirigeants des pays, en voie de développement (sous développés), est d’ouvrir à leurs peuples les voies de la fraternité et de la convivialité. Au Maroc, le peuple est redevable au gouvernement de le conduire rapidement et sûrement vers son honorable but, en dépit des difficultés et des obstacles artificiels, au lieu de l’engager dans des chemins sans issue.

La marginalisation de la langue et de la culture amazighes a entraîné la mise à l’écart de ceux qui s’y sont intéressé, et, ou souvent l’élimination physique de ceux qui défendent résolument les droits légitimes de l’amazighité! Les activistes du peuple amazigh n’hésitent pas de critiquer vivement les attitudes négatives des hommes de l’Etat envers l’amazighité et les militants intellectuels s’intéressent aux sujets qui dominent la scène politique et l’idéologie au Maroc et aux pays de Tamazgha. En ce sens, ils manifestent un intérêt particulier à la réflexion sur la référence de l’islam et la suppression de l’utilisation abusive de cette religion au service spécifique du panarabisme qui devrait être principalement au service de toute l’humanité. Sachant que l’histoire officielle rédigée par la classe sociale favorisée a omis arbitrairement d’écrire l’histoire du peuple amazigh. Les événements sont souvent commentés de manière à tromper l’opinion publique, les données historiques erronées sont largement diffusées pour diffamer impunément le peuple amazigh! La partie européenne du sommet UE-Maroc, tenu en Espagne le début du mois de mars 2010, a formulé des réserves sur l’évolution des droits de l’homme et des libertés fondamentales, elle conclu que le partenariat du Maroc avec l’Union Européenne est symbolique, elle réclame au Maroc plus de transparence sur de nombreux points et elle souligne la nécessité d’une réforme politique radicale; en parallèle, le discours officiel des responsables marocains a considéré le sommet étant un grand succès qui signe l’inauguration d’une ère nouvelle et prometteuse dans les relations avec l’UE! En conséquence, il faut mener la politique économique pragmatique pour parvenir au développement humain global et durable en égalisant équitablement les chances pour tous les citoyens, il faut se consacrer loyalement à la cause nationale, il faut faire preuve de l’abnégation et il faut respecter la dignité humaine pour parvenir réellement au grand succès.

Le gouvernement de la bourgeoisie citadine procréé par le mouvement nationaliste arabiste veut imposer la langue unique, tout au moins, faire tout pour davantage de rapprochement culturel arabe et prescrire l’hégémonie de la langue arabe pour servir la cause d’une unité politique arabe obstruée par un morcellement poussé à l’extrême. En effet, les pays arabes sont très différents les uns des autres en dépit de l’évolution que chacun d’entre eux a pu subir jusqu’à nos jours, l’unité telle qu’elle a été visée et désirée n’a jamais été connue par les pays arabes. Ce qu’ils ont pu réaliser à l’époque des Omeyyades et des Abbassides est une unité relative basée sur la religion. Les arabes cherchent à se classer mieux que les autres, mais l’arabisme n’est pas un critère tangible de classification des hommes. L’Arabie Saoudite, pays des arabes ou la réalité du régionalisme s’enracine au plus profond de l’histoire, a toujours été un pays à structure tribale, loin de former une seule et unique collectivité nationale. La société arabe comprend une multitude de collectivités, qui tantôt coexistent et tantôt se font la guerre, selon la loi même de leur existence. Et, pour être plus précis, ce particularisme a débuté avec la formation de l’Etat dans les pays arabophones, et même bien avant la constitution de la langue arabe, cette langue n’a pas encore suffisamment évolué pour se détacher de sa terre d’origine. Dans l’histoire du prétendu monde arabe, l’Etat comme pouvoir central exerce la contrainte au profit de sa collectivité et il abuse de ses prérogatives, voilà pourquoi la société arabe demeure une société préagricole et donc tribale. Nous constatons, par ailleurs, que les traits négatifs du caractère arabe sont responsables, dans une très grande mesure, de la stagnation de la société arabe. L’idéologie arabo-musulmane demeure bornée: Au cours d’un entretien sur le multilinguisme, un barbu marocain a fait le têtu, il sacralise la langue arabe sous le prétexte qu’elle est la langue du paradis et que pour lui le multilinguisme est une sédition!! Il refuse de reconnaître l’égalité des langues et il oublie que la diversité linguistique a été prônée par le bon dieu dans des versets du coran.

Les intellectuels amazighs prennent en considération l’initiative de la réécriture de l’histoire du pays, et, Imazighen exigent à tout prix la tolérance et l’égalité entre les cultures, les langues et les races humaines, ils revendiquent l’officialisation et la reconnaissance constitutionnelle de la langue amazighe. Le 19 février 1994, le Conseil National de Coordination (CNC) a été créé pour regrouper les associations culturelles amazighes. Le 20 août 1994 SM le roi feu Hassan II annonce dans le discours royal sa position en faveur d’enseigner la langue Tamazight. Les 01, 02 et 03 septembre 1995 la question amazighe s’étend à l’échelon international par la création du « Congrès Mondial Amazigh ». Le 22 juin 1996, les associations du CNC ont adressé une lettre à SM le roi où sont stipulées les revendications suivantes:

1-Introduire dans le préambule de la constitution la reconnaissance de la langue Tamazight et les trois dimensions de l’identité marocaine: l’islam, l’arabe et l’amazighité.

2-L’appartenance du Maroc à l’Afrique du Nord.

3-La reconnaissance de l’égalité entre l’arabe et l’amazigh.

Le 1er mars 2000, les intellectuels militants ont rédigé le manifeste pour une reconnaissance officielle de l’amazighité du Maroc, ce manifeste qui parvient au Cabinet royal relance le débat sur les revendications amazighes notamment au sujet du passage de l’action culturelle à l’action politique, ce débat qui a pu donner un souffle au mouvement culturel amazigh qui débouchera sur la création de l’institut royal pour la culture amazigh IRCAM.

Le peuple amazigh qui occupait un immense espace en Afrique du nord, aujourd’hui morcelé en dix pays, s’étend de l’océan Atlantique (Maroc – Iles Canaries) jusqu’en Egypte. Vers le sud, son domaine recouvrait le Sahara jusqu’en Afrique noire. En outre, les populations de la corne de l’Afrique comme les éthiopiens parlent des langues très proches de la langue Tamazight. Malgré que le peuple amazigh a montré une grande résistance dans l’antiquité, cet espace s’est considérablement rétréci au cours des siècles suite aux multiples invasions étrangères. La plus grande régression de l’ère linguistique amazighe s’est opérée avec l’arabisation, commencée au 07eme siècle et qui se poursuit rapidement aujourd’hui. L'occupation de l’Afrique du nord «Tamazgha» par les forces militaires occidentales a délimité arbitrairement des frontières pour créer des Etats arabes dans l’objectif de disloquer la nation amazighe! Cependant, l’ère linguistique amazighe reste importante dans les pays de l’Afrique du Nord et dans les pays de l’Afrique subsaharienne. Dans les montagnes et dans le désert, la langue s’est maintenue, les conditions géographiques s’opposent fortement à l’arabisation. Dans certaines plaines subsistent des îlots plus au moins importants ou des populations maintiennent leur langue et leur culture. Faute des statistiques précises, cette population est estimée à plus de 26 millions d’âmes, il ne s’agit donc pas d’un petit groupe comme on le dit souvent. Si on part du patrimoine génétique, il serait facile de prouver que la quasi-totalité de la population est d’origine amazighe, dans la mesure ou il n’y a jamais eu d’invasion ayant un caractère de peuplement massif. La seule invasion importante connue est celle des tribus arabes hilalienne, durant le moyen âge, elle ne comptait que quelques centaine de milliers de personnes qui furent largement repoussées. Les généticiens ont pu déterminer certaines caractéristiques, propres aux populations de l’Afrique du Nord, qui montre une spécificité très ancienne. Ils affirment sans aucun risque de se tromper que la quasi-totalité des populations du Maghreb est d’origine Amazighe à laquelle la langue et la culture arabe se sont solidement imposées.

Les dirigeants des Etats arabes en Afrique du Nord imposent la langue de l’élite de la bourgeoisie citadine et ils éliminent la langue de la masse populaire. La langue amazighe n’est plus parlée parfaitement dans les oasis d’Egypte. La présence amazighe en Libye est très ancienne, elle date de plusieurs millénaires avant notre ère, le régime libyen n’est pas transparent il écarte la langue du peuple autochtone amazighe sur son propre pays, la langue des anciens amazighs libyens était le libyque, une des rares langues ancienne que l’on ne sait pas déchiffrer totalement. Historiquement, la Tunisie avait constitué un territoire d’invasion, par le nord avec les romains, ensuite par l’est lors de la conquête arabo-musulmane, il n’est pas donc étonnant que la langue tamazight ne s’y soit maintenue que faiblement. Aux pays du Sahel et en Mauritanie, où la dictature et la pauvreté dominent, on ne peut pas parler de la répression spécifique à l’égard du peuple amazigh.

La population amazighe qui a résisté à bien aux dégradations causées dans l’histoire par les envahisseurs, à la dureté de la machination étrangère et à la douleur d’être rejeté par ceux avec qui il partage sa propre terre, subit aujourd’hui une répression féroce qui a pris l’allure d’un génocide en Algérie dans l’indifférence générale de la communauté internationale. Au Maroc, la reconnaissance des droits légitimes amazighs qui persiste dans l’expectative est en cours d’exécution, malgré les obstacles engendrés par le pouvoir politique du pays pour empêcher ou retarder l’action et ou, la réalisation des projets susceptibles de promouvoir matériellement l’amazighité. La reconnaissance des droits légitimes de l’amazighité est en cours grâce au militantisme Amazigh. Quoi que la majorité des populations amazighes réside dans les zones les plus pauvres du pays, le peuple Amazigh poursuit la lutte pacifique pour aboutir au résultat satisfaisant et pour obtenir ses droits constitutionnels.

En considérant la déclaration officielle des instances des partis politiques qui manipule la cause amazighe pour des fins purement politiques et chercher à conquérir pour exercer leur pouvoir, en considérant la déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948, la déclaration des droits des peuples autochtones votée par l’ONU le 13 septembre 2007, étant donné que la question linguistique est souveraine et conformément aux préceptes de la révélation du prophète Mohamed, le peuple amazigh dénonce toute forme de l’humiliation, du racisme et de l’amazighophobie qui blesse sa distinction, sa dignité et sa fierté. Imazighen rappellent les responsables gouvernementaux à faire un examen de conscience et investir les mêmes droits et les mêmes obligations pour tous les citoyens et œuvrer pour léguer aux générations futures des mesures évidentes pour un développement global et durable, ils exhortent les autorités politiques à réfléchir au bien-être et à la sécurité de tous les citoyens, ils crient avec véhémence leur colère pour la mauvaise foi des patrons qui utilisent allégrement l’argent du contribuable des pauvres citoyens marocains pour éliminer indûment, au vu et au su du monde entier, la langue et la culture amazighes.

Dans le cadre de l’objectivité de la connaissance exacte, il est certain que les gens instruits qui manquent d’idéal sont la proie des courants d’idées étrangères à leur société. Luttons contre la politique du processus d’intégration adoptée par les partisans têtus du nationalisme arabe qui joue illégalement la carte de l’assimilation. Défendons donc notre langue tamazight et sauvegardons-la de l’oubli, car sa compréhension nous permet de comprendre notre propre mentalité, en tant que société humaine, et … elle est pour nous l’objet d’art sans pareil, sa vivacité et sa longue histoire sont les motifs de gloire pour notre patrimoine. Selon le témoignage de certains spécialistes éminents, la langue tamazight était supérieure et plus riche dans le passé que le latin.

 

 

 

 

 

 

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