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La télévision amazighe entre l’accueil et la critique.

Par : Hassan Oulghazi

 

Malgré qu’il s’agisse de la satisfaction fictive à une revendication constitutionnelle des militants amazighs, le peuple marocain a accueilli à bras ouverts l’annonce de la mise en service de la chaîne de télévision en langue tamazight. L’ensemble des marocains applaudissent la mise en fonction de la chaîne de télévision en tamazight : TV8 qui vient d’enrichir les moyens médiatiques et audiovisuels marocains.

Si, généralement la télévision occupe une place de choix dans la société moderne, elle est le reflet de l’ensemble des conceptions et des systèmes d’idées propres à un groupe social. Désormais, la TV8 est notre espérance, elle doit être le moyen fiable pour sauvegarder le riche patrimoine culturel amazigh, diffuser largement les diverses branches de la connaissance acquise, permettre aux éléments de la glorieuse histoire amazighe injustement ignorée de se vulgariser, présenter des documentaires scientifiques diversifiés et informer le public des événements importants de l’actualité, elle doit contribuer au développement et à la promotion de la langue tamazight et préserver l’ensemble des traditions, des valeurs, des acquis intellectuels, des activités artistiques et du savoir-faire amazigh, en tenant compte des donnés variables qui déterminent la conjoncture mondiale. Malgré que la langue Tamazight est malmenée, écartelée, dénaturée, opprimée par les uns et les autres elle n’est pas un fait nouveau dans l’espace des langues. L’amazigh n’a pas été importé d’ailleurs, il doit être préservé face à toutes les tentatives de domestication et d’asservissement sur le plan linguistique, le pouvoir doit restituer à Tamazight dans toutes ses dimensions son habit naturel et légitime. Les programmes de la télévision amazighe seront alors très riches, diversifiés et finalement ils seront très intéressants. La chanson moderne amazighe et les chants de l’art populaire sous ses diverses variantes dont les plus connus sont « Ahidous » et « Ahwach » prédominent essentiellement la célébration solennelle autour des événements particuliers de la vie sociale chez Imazighen. Malheureusement, la tendance dure de la TV8 qui place l’amazighité exclusivement à la campagne, où l’injustice sociale et l’amazighophobie privent l’innocent citoyen amazigh de l’école et le placent dans une situation intenable, contusionne énormément la fierté du peuple amazigh civilisé et sa culture généralement variée et enrichie par la discipline morale et intellectuelle. Les talents de la chanson amazighe d’hier sont aujourd’hui au crépuscule de leur existence, sans énergie, sans espoir et sans retraite ni soutien, ils se trouvent dans l’incapacité de subvenir au besoin quotidien d’une vie extrêmement chère ; c’est honteux, personne n’aurait pensé au repêchage de ces virtuoses oubliés de l’histoire qui n’ont jamais cessé de brandir le flambeau de la chanson nationale aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’étranger, je cite par exemple, Mr Oulghazi Bennaceur, le talent qui a taillé la part du lion au sein de la programmation de la RTM division amazighe et la liste et longue. Cette situation décourage, malheureusement, la créativité artistique nationale, plus particulièrement la créativité de l’art amazighe, dans toutes ses formes. Espérant qu’ils ne fassent plus l’objet d’une mémoire oubliée, c’est plus particulièrement au ministère de la culture, à la SNRT et à la HACA qu’il incombe de prendre en considération l’état lamentable de ces anciens artistes. Si on constate aisément que la marginalisation des populations les conduit formellement au sous-développement et enfin à l’extermination, dans le cadre de l’équilibre naturel qui peut exister entre la population et le niveau du développement, Ibn Khaldoun considère que la population est un facteur essentiel d’expansion économique car il considère que la puissance humaine est la première richesse dont peut disposer une nation. Mais, les concepts utilisés par le pouvoir politique qui tient aujourd’hui les rênes de l’Etat visent souvent à occulter la part de la responsabilité de la marginalisation des populations dans le sous-développement et dans la pauvreté et le pouvoir politique ne cesse de liquider ses antagonistes par n’importe quel moyen !! Pour cette raison, Imazighen ont organisé une grande manifestation le 26.12.2010 à Tin-Ighir dont le mot d’ordre est : « non à la marginalisation ». Dans le même cadre, les habitants qui ont beaucoup souffert d’une marginalisation injuste à Boukidaren Région d’Alhoceima ont connu un violent affrontement avec les forces de l’ordre marocaines et les habitants de Sidi-Ifni n’oublient jamais l’acharnement sauvage et inhumain des troupes d’intervention des forces de l’ordre marocaines qui, devant le mutisme total de l’Etat, ont bafoué la loi de la citoyenneté, ces forces qui représentent la loi ont, malheureusement, violé les règles de la décence les plus élémentaires au vue et au su des dirigeants du pays. Le mouvement protestataire du 20 février 2011 est caractérisé par une forte présence amazighe qui revendique les réformes politiques et constitutionnelles, il a ébranlé les formations politiques ; on déplore, selon le bilan officiel du ministère de l’intérieur, 06 morts, 128 blessés, 120 personnes arrêtées et l’oppression continue contre la voix progressiste ! A cet effet, le pouvoir politique autoritaire qui s’empare des pouvoirs doit immédiatement instaurer un régime démocratique, adopter une constitution démocratique qui officialise la langue tamazight et éradiquer toutes les formes discrimination raciale et de la marginalisation des citoyens à tous les niveaux : médiatique, économique, linguistique, socioculturelle, politique etc. Mais, la constitution restera une loi stagnante tant que l’injustice sociale domine l’espace vital dans notre pays ! Le soulèvement populaire des consciences vivantes contre le totalitarisme que connaissent aujourd’hui certains pays de l’Afrique du nord et certains pays du proche orient va modeler durablement l’architecture institutionnelle des pays de Tamazgha en faveur des peuples qui ne cessent de résister à la charge de la police et militer pour la démocratie et la liberté, le peuple marocain qui cherche à retrouver sa dignité aspire à un avenir meilleur et il exige le changement radical et immédiat de la politique antipopulaire adoptée par la bourgeoisie citadine qui monopolise les secteurs de production économique et les postes de décision au gouvernement. Le suspens qui grandit au fil des jours, finira par découvrir la vérité.

Les programmes télévisés à la TV8 sont plus ou moins satisfaisants, mais le téléspectateur remarque la rediffusion des mêmes programmes dans un minimum de temps, certaines émissions ne se conforment pas au choix éthique amazigh et malheureusement, la médiocrité de certaines autres émissions décourage le téléspectateur ! Si on témoigne la reconnaissance des efforts fournis par le directeur et l’ensemble du personnel responsable et en fonction à la TV8, on les exhorte à professer le volontarisme au service de l’amazighité, s’ils seront doués d’une conscience professionnelle et d’une volonté propre pour satisfaire le désir ardent des téléspectateurs. Nous souhaitons, à cet effet, que l’ensemble du personnel en activité à la TV8 ne soit pas gêné par les contraintes d’une éventuelle loi anti-amazighe pour qu’il puisse préparer et diffuser librement les programmes les plus appropriés, conformes aux critères de l’intérêt général et capable de faire promouvoir raisonnablement les valeurs amazighes. Dans le cadre du droit à la liberté d’expression, on refuse que la TV8 bouleverse l’opinion publique amazighe ou apprivoise les intellectuels amazighs. Alors que le peuple amazigh s’apprête à faire parvenir la production télévisuelle amazighe au haut niveau en mesure de supporter le rang compétitif mondial et que la production d’art qui émane de la culture et du patrimoine amazigh est très riche et variée, le discours des intellectuels amazighs est capable de nous éclairer sur toutes les actualités et les militants intellectuels amazighs peuvent débattre devant le public marocain tous les problèmes ponctuels avec l’intention de trouver des solutions équitables et ils peuvent traiter les questions fondamentales de la réflexion amazighe. Si le producteur marocain des téléfilms Nabil Ayouch a pu réaliser une série de films au nom de la production audiovisuelle amazighe, dans le cadre de l’analyse systématique, sur le point de vue art, culture, qualités intellectuelles et éthique, une critique liée à un ensemble de conceptions politique morales et sociales s’avère inévitable, la totalité des téléfilms réalisés et diffusés à la TV8 manque la spécificité éthique et culturelle amazighe qui est habituellement fondée sur les règles de la morale et des bonnes mœurs. Le scénario de cet ensemble de film qui vise essentiellement au déconditionnement idéologique des amazighs est à reconsidérer !! Le peuple amazigh qui revendiquait avec insistance la mise en service de la chaîne de télévision en langue Tamazight, insiste toujours sur l’harmonisation des programmes télévisés avec le sens moral des téléspectateurs et conformément aux ambitions du peuple amazigh militant pour développer et promouvoir la langue Tamazight et préserver le riche patrimoine culturel typiquement amazigh. A titre d’exemple, le film intitulé « Day3ine fi Agadir » produit par Mr Nabil Ayouche en langue marocaine Darija a été doublé et diffusé à la TV8 en langue amazighe, il traite un cas social qui n’est pas du tempérament habituel des amazighs il s’agit probablement d’une thérapie comportementale, en outre, dans le générique on lit : « doublé en soussia », probablement, pour écarter la langue Tamazight qui est le symbole de l’unité de tous les peuples de Tamazgha ! Pour pouvoir éviter toute confusion, les marocains au nord, au centre et au sud du pays sont Imazighen, ils parlent Tamazight, ils forment donc un seul peuple amazigh au Maroc et la promotion de la langue amazighe est la responsabilité de tous les marocains sans exception. Si les musulmans ont divergé sur les significations qu’il fallait donner à leur foi, il est vrai que leurs raisonnements sur les programmes de télévisions connaîtront une divergence d’opinion ! Comme Dieu a doté l’homme de la liberté de choix dans notre société pluraliste, si une salle de cinéma me propose de choisir un des deux filmes suivants : « le Titanic » reconnu à l’échelon mondial et « Hammou ounamir » reconnu exclusivement chez imazighen ; dignement, je vais choisir celui de Hammou Ounamir et je serai convaincu que mon point de vue ne se différencie guère de celui de la majorité des imazighen. Les racines de notre histoire sont profondes dans l’amazighité et tous les responsables qui prévariquent dans l’exercice de leur fonction sont des traîtres, ils doivent être jugés. Le scénario du lancement de la chaîne de la télévision « TV8 » en langue tamazight est-il bien construit au service de la langue et de la culture amazighes ? Est-il un succès ou une déception pour les activistes amazighs qui ont longuement milité pour réaliser ce projet ? Quel sera le sort des artistes et des intellectuels militants amazighs dans ce moyen médiatique marocain ? Si l’âge de la dictature est révolu et dans la perspective d’une nouvelle constitution le gouvernement serait-il disposé à prendre une décision politique en faveur des droits constitutionnels de l’amazighité longuement opprimée ? La réponse à ces questions sera connue dans un avenir très proche et le militantisme continuera jusqu’à l’aboutissement de la réussite globale. Celui qui oubli ses racines n’attend jamais sa destination, dit-on. Si l’absurdité de l’existence est de rester en marge de la société, l’écrivain français Albert Camus qui a vécu à Alger, semble être indifférent de tout ce qui l’entoure, il indique que l’on doit accepter l’absurdité de son existence et apprendre à vivre généreusement pour rien ! Mais, il précise que vivre pour rien ne signifie pas gaspiller sa vie, l’homme doit faire preuve de solidarité et de fraternité et lutter contre l’injustice il donnera ainsi un sens à son existence. Cet écrivain philosophe s’est engagé dans de nombreuses luttes au cours de sa vie, il milite pour le respect des libertés individuelles et contre la peine de mort, il fait appel à la réconciliation pendant la guerre d’Algérie et en 1957 il reçoit le prix Nobel de littérature « pour avoir mis en lumière les problèmes qui se posent à la conscience des hommes ». Si les écrivains d’Europe développent la tendance littéraire et artistique du réalisme, les penseurs réalistes procèdent à des recherches minutieuses et font évoluer le réalisme vers le naturalisme ; le génie des écrivains naturaliste en Europe se repose tant sur l’observation que sur l’imagination et ils prennent en toile de fond la situation sociale de leurs peuples ; dans le cadre de la conscience professionnelle, les responsables marocains doivent être ancrés dans la réalité politique et sociale, ils sont tenus d’avoir présent à l’esprit une réalité sensible et une capacité mentale à produire des jugements équitables pour éradiquer l’absurdité de l’existence.

En conséquence, si on remarque que l’Etat mène une politique discriminatoire envers la production nationale, cela est incontestablement confirmé dans les programmes télévisés et dans toutes les chaînes nationales, on voit clairement des films étrangers qui se taillent la part du lion dans nos petits écrans : les films mexicains, égyptiens, turcs, coréens, indiens, américains, syriens, iranien etc. en l’absence des films marocains qu’ils soient en langue amazighe ou en darija marocain. On remarque également l’inégalité entre les chanteurs marocains et étrangers dans les divers festivals organisés aux Maroc. Imaginez-vous une chanteuse étrangère payée à plus d’un million de dirhams pour avoir gazouillé quelques mots à Marrakech pendant environ dix minutes ! Au moment où les chanteurs marocains, sans aucune ressource ni soutien, voient leur œuvre reproduite frauduleusement sans aucune protection ni contrôle. Malgré que l’artiste amazigh est généralement marginalisé, sans soutien matériel ni moral, on trouve une production amazighe variée : des films, des pièces théâtrales et des chansons réalisés dans un niveau intellectuel équilibré et, malheureusement, exposés au piratage sans être télévisés !! Les marocains sensés ne désirent plus voir leurs chaînes de télévision marginaliser la production nationale et s’occuper de la production importée d’ailleurs. Ceux qui adorent les films turcs n’ont qu’à déverrouiller leur antenne parabolique sur la télévision turque et ceux qui désirent écouter une chanson libanaise, ils n’ont qu’à orienter leurs antennes vers la télévision libanaise. Les chaînes de télévision marocaines sont financées par les marocains, elles doivent être exclusivement réservées à la production marocaine reconnue par sa diversité culturelle et linguistique. Et, en parallèle, l’Etat doit assurer le soutien suffisant pour tous les réalisateurs et les artistes. Sans exclure une critique logique et constructive, les marocains apprécient tous les arts populaires du monde mais il faut que chacun joue devant sa porte.

Finalement, nous témoignons notre parfaite reconnaissance à Mr le directeur et à tout le personnel en service à la TV8 pour les efforts louables qu’ils ne cessent de fournir, mais, pour pouvoir élaborer des programmes influents capables de satisfaire les téléspectateurs, on espère que la chaîne de la télévision amazighe diversifie ses activités culturelles dans l’ordre moral de l’amazighité. Il serait essentiellement indispensable de contribuer équitablement au soutien matériel et moral des divas de la production d’art amazigh et surtout faire appel aux intellectuels militants de la cause amazighe en vue de débattre les questions fondamentales sur les sujets ponctuels afin de se rapprocher d’une vision idéale. Pour pouvoir harmoniser les programmes télévisés, il faut également envisager efficacement de nouvelles structures pour pouvoir prolonger, dans un proche avenir, la durée des émissions de la TV8 à 24h/24. Pour mettre en lumière le rôle de ce moyen médiatique amazigh et accomplir efficacement sa respectable mission, nous souhaitons le plein succès à la chaîne de la télévision amazighe.

 

 

 

 

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