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A PROPOS DE LA LANGUE AMAZIGHE «A ENSEIGNER» ET DE LA CONSTRUCTION IDENTITAIRE 

Par: H. Banhakeia (Université de Nador)

 

Dans une ère de globalisation des échanges, les ethnies éprouvent le besoin de trouver les racines dans l’espace où la langue demeure un élément fondamental. Les Etats, soucieux de réaliser la démocratie, développent des plans pour la mise en place de politiques linguistiques adéquates où l’enseignement de cette langue propre est le support de base. Au Maghreb, contexte de fragmentation identitaire et d’interdiction officielle de la langue et de la culture amazighes, il y a la peur à être ce qu’on est! Il y a malaise à dire ou à exprimer ce qu’on désire. Et au quotidien il y a honte à se regarder, rien que subrepticement, dans le «miroir de soi». Politiquement, l’Amazigh est un groupe ethnolinguistique dominé, mal estimé, (1) par conséquent banni de l’espace ‘établi’.

Signifiant la singularité amazighe, l’identité culturelle est traitée, dans cette réflexion, dans son acception objective, comme cet assemblage topique du collectif, du social et de l’historique. Qui suis-je, au fait, en tant qu’élément d’un groupe ethnique? A quoi sert la langue maternelle (amazighe) pour mon identité? Et l’identité ethnolinguistique existe-t-elle vraiment? Que suis-je alors dans un pays (auquel j’appartiens)? Est-ce la langue qui s’inscrit dans l’identité ou vice versa? Cette prise de conscience de son individualité s’inscrit dans un rapport de correspondance à l’identité collective, de reproduction analogue entre le subjectif et l’objectif.

Certes, l’on dira que dorénavant il y a une officialisation «à venir» ou «à organiser», mais «à ébaucher» par les partis, et il y aurait reconstruction de l’identité des Marocains – mais pas de remise en question des erreurs établies. Que serait-il de l’usage de l’amazighe dans les espaces publics? Et les modes d’expression de l’identité amazighe auront-ils quels réseaux à occuper pour une telle reproduction culturelle? Serait-elle simple et facile cette production sociale via l’enseignement? Sur quels critères faut-il se baser pour une telle tâche?

Ici, nous allons discuter la langue amazighe (2) comme expression d’une identité uniforme de tous les Maghrébins d’un côté, et de l’autre de l’incidence de la langue-variante dans la réappropriation de la culture ancestrale. Etant un élément identitaire, (3) cette langue passe dans le champ de l’enseignement par des moments de crise triadique (reni-réconciliation-reconnaissance) d’une part, et de l’autre il y a citation «officielle» d’un tel espace pour que la langue autochtone y reprenne enfin sa place – de droit.

Dans l’espace de l’école, il y a, en général, un courant continu d’assimilation et de contre assimilation, de déculturation et d’enculturation propres, qui s’enclenche dans la construction de l’identité nationale. L’Ancêtre amazigh est rejeté, altéré dans ses manifestations. La politique de l’assimilation à la culture arabe ne peut historiquement construire une identité, allant d’échec en échec, et les plans urgents de réforme en attestent. D’où la complexité de la définition des limites entre l’identitaire et le linguistique. L’arabisation fait des ravages, suivant l’équation: S’attaquer à la langue d’un peuple, c’est s’attaquer au pilier de l’identité propre «dérangeante». Un même espace civilisationnel, une même culture, une même langue ancestrale, une même histoire douloureuse, et il y a impasse à se forger une identité commune! Quand l’UMA (Union du Maghreb Arabe) remplace Tamazgha, il y a lieu à l’assimilation, et à l’échec de tout projet qui entend s’insérer objectivement dans l’Histoire, évidemment…

Maintenant qu’il y a l’introduction de notre culture collective à l’école (hélas par le biais de l’enseignement timide de l’amazighe), l’identité est amenée à être redéfinie selon une autre opposition, cette fois endogène: serait-elle la langue amazighe enfin cette langue-mémoire du peuple nord-africain? Et d’autres questions s’imposent:

- Que fait-on de l’identité linguistique (maternelle) dans une telle scolarisation qui est impartie à nos enfants où les limites de l’identité collective sont floues?

- Comment ferait-on devant une standardisation à double tranchant: métamorphosant ou marginalisant ‘linguistiquement’, voire symboliquement, le rifain dans les six manuels? (4) Pourtant, des pédagogues et des linguistes continuent à se targuer de positifs résultats, tant au niveau scolaire qu’au niveau psycholinguistique et démocratique…

I.- L’AMAZIGHITE EST ‘SPATIALISATION’ IDENTITAIRE

Notons que la construction identitaire est un processus historique où l’interaction entre éléments spécifiques passe par des étapes de continuité et de discontinuité, mais sans s’écarter de la matrice. Il y a multiplication de parlers pour une ethnie maltraitée par des remous incessants de colonisation, d’invasion et de conquête. En outre, l’identité de l’Amazigh est ouverte: il tend non seulement à parler plusieurs langues, mais s’ingénie à les défendre. Ce n’est pas exclusivement la langue qui fonde sa civilisation millénaire: établie, enrichie et confectionnée par plusieurs codes. Le sol demeure alors l’identité fixe, par ses patronymes qui continuent à dire que l’amazighité est l’origine.

De nos jours, chez les Imazighen amazighophones seule la famille préserve cette identification au groupe d’appartenance: il y a transmission de coutumes et de valeurs qui puissent assurer, par exemple aux Rifains, une survie dans l’espace extérieur «étranger», dans un environnement négatif... Et pour la grande partie des citoyens nord-africains, d’autres codes servent à véhiculer pensées et émotions, vecteur d’une nouvelle forme d’identité «amazighe». Bien que la projection des populations donne une diminution du pourcentage d’amazighophones et une croissance du pourcentage d’arabophones, l’amazighité de l’Afrique du nord ne peut point être remise en question. Il s’agit d’un espace, d’une histoire et d’une civilisation à part, enrichis par d’autres éléments exogènes comme toute identité. Il faudrait être naïf pour croire à l’arabité de cette terre, et aveugle pour essayer d’ignorer son amazighité.

Force est de noter que le problème de la langue ne peut être résolu que si l’on pose l’identitaire (vu dans sa portée politique ou idéologique) comme socle de cette réflexion. Autrement dit, la reconstruction de l’amazigh (en tant que langue maternelle) ne peut se faire que si l’on y pense d’un point de vue politique, et non pas académique.

II.- LA LANGUE IDENTITAIRE, UN NŒUD POLITIQUE

Tout d’abord, il convient de définir l’importance de la langue identitaire si elle est «officielle», autrement dit formellement instituée dans les établissements. L’enculturation, processus d’assimilation des valeurs sociales et des traditions culturelles, se fait par l’école qui voudrait accueillir l’amazigh: la langue ancestrale. Cette dernière sert de support à une culture propre, à un individu ou à une communauté d’individus, sans jamais renier ni le plurilinguisme ni le pluriculturalisme. Au contraire, elle a besoin de différences, et elle n’est que par différenciation. Seulement, dans un contexte de fragmentation identitaire, elle se trouve souvent en situation d’être dominée par la langue de l’État, même lorsque le nombre de locuteurs est important, voire majoritaire. Car l’école offre plus l’abandon de l’identité culturelle à l’élève, offrant des cultures dominantes (arabe, française).

L’idéologie de l’assimilation à l’arabe et au français prédomine, et la quête identitaire mise en dérision par son aspect «culturaliste». Aussi est-il utile de rappeler que la conservation du pouvoir se fait par l’arabisme. Pourquoi ne pas revoir une telle politique, pour une intégration correcte qui maintiendrait l’identité culture de l’enfant en l’enrichissant avec d’autres cultures? Pour cela, il faut une politique d’enseignement «démocratique»! D’ailleurs, à titre d’information sur la démocratie marocaine, tous les partis défendent l’arabe et se basent sur l’idéologie arabiste,(5) l’espace de l’amazigh est réduit à quelques slogans et discours électoralistes, tout comme l’arabe dialectal. (6)

Certes, la réalité linguistique est mobile dans le même espace, et à l’école elle se fait dynamique incontrôlable – que pourrait seul l’enseignant maîtriser relativement. Mais, ce sont les politiciens, les partis et les parlements, par leurs lois organiques, qui vont gérer un tel nœud, par excellence politique – pour ne pas dire démagogique…

1°- QUE SERA-T-IL DE TARIFIT COMME LANGUE IDENTITAIRE?

(Suite dans les prochains numéros)

NOTES:

(1) Les statistiques et les recensements sont trompeurs, limités qu’ils sont pour décrire une population.

(2) Il s’agit d’une langue qui, selon chercheurs et universitaires, forme partie de la famille afro-asiatique. Elle est âgée de plusieurs siècles, coexistant avec plusieurs langues méditerranéennes, munie de sa propre écriture, bien avant l’alphabet latin et l’arabe, le tifinagh, âgée de plus de 50 siècles.

(3) Notre réflexion dans ce travail s’est basée sur les textes suivants:

* A. Mucchielli, L’identité, PUF, 1986;

*Bonny Norton, Identity and Language learning, Longman, Londres: 2000 ;

* Stuart Hall & Paul du Gay, Questions of cultural identity, Sage publications, London: 1996

(4) L’identité rifaine est la manifestation des différents rapports qu’entretiennent les Rifains, dans leurs espaces propre et étranger, avec les autres groupes culturels, révélant leurs spécificités culturelles.

Quand nous parlons de la langue rifaine attachée à la construction identitaire, nous ne remettons point en question sa naturelle appartenance à l’amazighité comme identité, à Tamazgha comme mémoire et histoire. Seulement, de nos jours, dans son évolution, par les faits de standardisation, cette langue est placée entre deux points opposés: d’une part, il y a tendance à contester l’assimilation «arabiste», et de l’autre il y a remise en question de la standardisation «ircamienne».

(5) Idéologiquement, qui a le droit de cité? L’amazigh ne peut former une idéologique, elle serait «racisme» et «division» pour la Nation. Par contre, l’idéologie prédominante (arabo-musulmane, et franco-impérialiste) essaie de changer, c’est-à-dire que change la représentation mentale identitaire que la société marocaine a d’elle-même, et l’école, reflet de la société et lieu de transmission des valeurs, change de discours.

(6) L’arabe dialectal, évolution de l‘amazighe dans son contact à l’arabe oriental, fait partie du continuum historico-culturel où la mixité des langues est forte. La compartimentation des codes est spécifique à l’Amazighophone, selon l’emplacement dans un lieu: plus l’institutionnel est présent, plus l’usage du code propre est absent, et vice versa…

 

 

 

 

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