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sinyur 2962

  (Février  2012)

Amezwaru

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Tamazight

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Urar n Badi

Arrif di 122 n isggusa

Hkumet n ttiknukratvi

Tudart n uxeddam

Arridva

 

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Si mohamed Ruicha n'est plus

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TOPONYMES & ANTHROPONYMES A TRAVERS LES MANUELS SCOLAIRES

Par: H. Banhakeia & El H. Farhad (Université de Nador)

 

Selon le manuel scolaire, les objectifs de l’enseignement de la langue amazighe sont précisés comme suit:

– contribuer à la pérennité et au développement de l’amazigh en tant que richesse nationale et source de fierté pour tous les Marocains;

– aider l’apprenant de langue maternelle amazighe à s’intégrer de manière harmonieuse dans l’univers scolaire, à acquérir les compétences de lecture et d’écriture dans sa langue première;

– Intégrer l’apprenant dans son ancrage socioculturel et identitaire;

– Aider l’apprenant de langue maternelle amazighe à mieux assimiler les compétences transversales et les compétences stratégiques;

– aider l’apprenant de langue maternelle arabe à se familiariser avec l’amazigh en tant que langue nationale;

– Aider l’apprenant à intégrer les valeurs liées à la marocanité et à la citoyenneté.

Et l’on précise encore que la grande finalité est de concourir à la réalisation du projet de société démocratique et moderniste  fondée sur la consolidation de la valorisation de la personnalité marocaine et de ses symboles linguistiques et civilisationnels.

Qu’est-il alors de la dénomination de ce patrimoine premier? Ici, nous n’allons pas discuter ces objectifs, car depuis septembre 2003, date de l’intégration de l’amazigh à l’école, aucun de ces points n’a été réalisé. Nous allons plutôt nous intéresser aux manuels, précisément à l’intégration des toponymes et des ethnonymes dans les textes programmés.

La toponymie fait l’union du Maghreb, elle se répète de la lointaine Siwa jusqu’à Tanger, relevant de la même conception spatiale et de la construction linguistique. Il y a récurrence des mêmes toponymes et ethnonymes. De tradition amazighe, elle est parvenue au XXIe siècle après divers processus plus ou moins prononcés d’altération et de substitution. Si l’identitaire se mesure par le rapport au sol, comme une représentation spatiale d’une ethnie, l’onomastique révèle la mémoire en devenir. Elle montre le degré du droit à culture-mémoire (en plus de la langue). Le rapport entre ces deux représentations du fait amazigh est de continuité et non de rupture. Néanmoins, c’est toujours le discours de l’Autre (s’identifiant avec l’officiel) qui régit et gère le fait de nommer l’espace et de se nommer. C’est non seulement la graphie des Autres (le latin et l’araméen) qui s’en charge, s’agissant d’une colonisation symbolique, mais également au niveau de la prononciation et de l’articulation.

Nous n’allons point traiter ici les équivalences, les substitutions et les bases dans la constitution de la toponymie, allant dans un jeu d’étymologie et de regroupement de langues pour expliquer «les significations» des toponymes. Ici, nous allons plutôt traiter l’onomastique à travers l’officiel, précisément dans les différents manuels de l’amazigh, en l’absence d’officialisation institutionnelle. Seulement, ces manuels (écrits en tifinagh) vont-ils opérer une rupture avec ce système de nommer? Y a-t-il un discours approprié qui puisse assurer la dénomination? Décoloniser le discours est un acte complexe et d’une importance symbolique surtout qu’il est question d’une langue standardisée. Certes, la logique de l’Etat (et des institutions) prédomine dans ses textes, mais nous allons voir de près quelques lueurs d’indépendance, de révision et de remise en question.

Force est de noter que l’étude des toponymies relève du politique et de l’idéologique. La construction toponymique détermine notamment l’historique. Elle explique aussi le rapport continu de l’homme au lieu. Les indications spatiales montrent que l’identité du «sol» est indélébile. L’archéologie pourrait s’en servir pour y voir la dénomination de l’habitant qui est motivé par le géographique, le culturel et l’historique.

Dans cette analyse, nous allons exposer quelques aspects de l’onomastique amazighe à travers les manuels scolaires (du niveau 1 à 5), essayant en un ensemble de notes de déconstruire la logique subjective ou idéologique de l’introduction des noms amazighs.

I.- NOMMER POUR ETRE

L’acte de nommer est fait dans le langage, étant le premier pas pour fonder une culture écrite. Il vise à régner (ou dominer) l’ordre dans la maitrise de la localisation, c’est avant tout le domestiquer linguistiquement, autrement dit le nommer pour être sous forme de «baptême». Ainsi, l’être arrive à se situer, chose indispensable. La toponymie est alors l’identité elle-même. Doté d’autres ethnonymes ou prénoms, le Marocain se reconnait-il dans les toponymes du pays? Ces derniers représentent des références multiples, lui inspirant le sentiment d’appartenance. Ils se rapportent à la tribu, au climat, à la topographie, aux légendes et à d’autres points qui relèvent de l’espace.

Il s’agit en fait dans l’onomastique d’un acte d’enrichissement lexical de la langue. La construction des noms se pose comme une question problématique et se présente en tant qu’aspect de plus en plus absent dans la réalité maghrébine. Le recours à l’usage des prénoms et des noms étrangers reste le plus évident dans cet espace jusqu’au point de considérer les noms autochtones comme des emprunts... Ainsi, le corps de la langue propre se rétrécit  par la métamorphose, la substitution et l’effacement; et l’onomastique existante se détériore a fortiori par la dépréciation générale dont est l’objet la culture locale.

Comment se présente alors le système de nommer amazigh dans son espace vital, l’Afrique du Nord? Est-il apte à survivre en dépit des chartes et des circulaires qui l’interdisent? Comment sa négation, ou bien son absence naturelle, réussit-elle à prendre terrain en tant que substitution et abâtardissement de l’héritage autochtone? Est-il alors un dispositif si défaillant qu’il tend irréversiblement à s’éclipser?

L’orthographe a une incidence sur la signification de l’ethnonyme, l’anthroponyme ou le toponyme. Il y a habitude maintenant à ajouter des étymons non amazighs aux lieux nommés dans la tradition séculaire. Entre Espagnols et Français,1 après l’arabisation, il reste peu de noms propres à altérer ou à substituer.

La toponymie nord-africaine est fondamentalement amazighe. L’amazigh est le premier moyen pour exprimer cet espace, le sien évidemment. Le nom amazigh est une conception singulièrement collective du milieu nord-africain. A l’instar des autres combinaisons d’invention, le nom associe, en règle générale, les différentes valeurs (historiques, mythiques, symboliques, sociales, éthiques, etc.) d’un groupe linguistique déterminé, marquant l’ethnicité.

Sur le plan psychologique, le prénom revêt son importance capitale. Il sera lieu de préjugés positifs et négatifs dans le jugement d’une personne. Aussi à force d’entendre son prénom, le porteur/sujet se reconnaît à tout instant à un ensemble de phonèmes dans lesquels on lui rappelle son identité. Et quand dans un village, le nom est fort répandu, l’on a recours à renommer la personne, notamment aux surnoms et sobriquets. Par ailleurs, en tarifit, la formule de présentation: «Je m’appelle…» se présente à la troisième personne du pluriel –la voix collective: «Qqaren-ayi…» (Ils m’appellent…). Il y a ignorance, ensuite indifférence, enfin aliénation si le nom se trouve étranger au porteur.

Il existe un grand nombre de prénoms amazighs, seulement ils sont peu usités dans le quotidien. Par cette substitution par une onomastique empruntée et exogène, l’autochtone se trouve effacée et dépréciée.

Pour ce qui est des toponymes, ils sont des repères en soi (géographiques, historiques et topographiques…); ils remplissent la fonction de préserver la mémoire d’une terre. Nous avons des «Tawrart», «Sammar», «Assighaw»… Ils peuvent également dénoter la nature de la perception spatiale pour les habitants (de ce même lieu). Ces noms reviennent dans la même forme dans toute l’Afrique du Nord, même là où l’amazigh a disparu, comme c’est le cas des îles Canaries.

Sur le plan historique, il y a le même processus: sauvegarder la mémoire collective. Seulement dans ces témoignages, il y a le passage de la domination. Hérodote se plaît à désigner quelques noms d’appartenance ethnique, ensuite des voyageurs romains vont déformer les noms des sites, des ports, puis les autres nations qui arrivent sur cette terre «déjà nommée».

A la suite des voyageurs romains qui se plaisent à déformer les noms des sites, des ports, des villages, des montagnes, des plaines… La faute est à Hérodote. Son enquête est abondante en la matière. Il est le premier à entamer une telle entreprise de nommer autrement l’amazighité.

Les Arabes, notamment les Banu Hilal, les Banu Sulaym et les Ma3qil (XII et XIII siècles), rapportent l’arabe en Afrique du nord: cette langue commence progressivement à remplacer l’amazigh, créant une rupture avec les usages autochtones de nommer l’espace. Leurs intellectuels se plaisent à fixer ce bout du monde. Le travail est dit scientifique, et les références abondent...

Quand Al-Idrissi esquisse une carte du Maroc, révélant conséquemment un nombre infini de toponymes. Il y a premier mouvement à «arabiser» la toponymie. Cela change l’identité du terroir nord-africain, encore plus à partir de l’indépendance: le nom des villes fondées, des lycées, des rues, des établissements… C’est cela, précisément, l’arabisation: changer l’identité première en une identité arabe par le nom et par l’être.

En plus d’être une description du lieu, la toponymie révèle le mode de vie des habitants et leurs rites religieux. Par exemple, «Imuzzar» sera toujours l’espace des cascades (rapport partie / ensemble), Azrou ce lieu où les montagnes dominent, tout comme Tafrawt (bassin), Ajdir (muraille)…

Par ailleurs, pour un espace moins important, comme le Rif, le même processus est valable. Les textes de Ibn-Khaldun, al-Bakri, al Muqaddasi, Léon l’Africain, et Mouliéras parlent des toponymes et des anthroponymes du Rif, de Tanger à Figuig.

Enfin, l’altération des toponymes (alliant celle de l’histoire, de la mémoire) s’annonce peu ou prou généralisée; elle va du simple nom au toponyme. Seulement, il y a toujours d’autres toponymes qui tiennent leur forme authentique comme Targuist, Garsif, Agadir, Azilal, Ifni, Tafilalt, Tiznit et tant d’autres, mais dont on ignore parfois le sens premier.

II.- LES MANUELS DE L’AMAZIGH

Si le manuel scolaire, outil didactique, entend apporter des connaissances pour toute une génération dans un domaine précis, et dans notre cas de l’amazighité, que serait-il de ses découvertes du contexte socioculturel? Comment répondraient-ils ces manuels à l’effacement et à la marginalisation de l’amazigh dans les autres manuels?

Face à cette tendance à arabiser, franciser et castellaniser des noms locaux, il y a le savoir des historiens, pédagogues et linguistes qui unanimement dénoncent «scientifiquement» un tel processus. A leur regard, il n’y a pas de conflit: il y a substitution devant des gens incapables de crier à l’injustice… C’est pourquoi, implicitement, la coexistence de l’amazigh et de l’arabe dans le texte relève du conflictuel. Mais qu’est-il de l’usage «scientifique» dans les manuels?

Au Maroc, les manuels scolaires, dans leur diversité, proposent une onomastique géographique et humaine précise de la culture. A travers l’emploi de ces noms, il y a prise de position politique et idéologique vis-à-vis de la culture propre. Si les manuels de l’amazigh (livres 1-6) proposent en effet, des ethnonymes et des toponymes selon une vision «officielle», diverses questions s’imposent: Comment sont-ils présentés? Dans quelle situation? Quel est le processus suivi? Quels sont les critères qui régissent une telle déformation de l’onomastique locale?

Tout d’abord, comment se présente le nom amazigh dans les manuels scolaires? Existe-t-il un système pour forger les noms amazighs suivi par les linguistes et les historiens de l’Ircam – chargés de ces manuels? De notre étude statistique de la présence de l’amazighité, il en ressort un certain nombre d’observations qui organisent substantiellement ce système de nommer dans le manuel scolaire en tant qu’outil pédagogique.

Nous allons nous  satisfaire de citer quelques observations structurelles.

1.- La toponymie de l’Afrique du nord est toujours expliquée par l’amazigh. L’espace collectif est nommé par le peuple autochtone qui possède un système de désignation géographique.

Les noms «ajdir», «tawrart», «aghbala»… reviennent comme typologie constante.

Presque toutes les villes du Maroc figurent dans les manuels amazighs: «Brkan» (et non Abrkan, 1°, p.158); «Fas» (1°, p.158); «Gulmim»; «Ujda» et «Wjda»; «Byya» et «Biyya» (2°, p.102); «Tassurt» pour Essaouira (4°, p.8); «Azru» (1°, p.91, p.104)

Les plus importantes montagnes sont présentes: «Tubqal» (3, p.81), «Ukaymdn» (3°, p.102)

Il y a aussi les grottes (3°, p.106), et les rivières: «Asif» et «Oued» (50, 52), et «Angad» (1°, p.35, p.45)

Pour ce qui est de l’endonyme, il est dit «Lmghrib» (1°, p.151). Quant aux autres pays et lieux, nous avons: «Fransa» (1°, p.144, p.146), «Afriqqa» (2°, p.122), «Sbanya» (3°, p.70), «Tlmsan» (4°, p.42), «Misr» (5, p.10), «Atlantik», «Amirika», en plus de l’appartenance à ces pays: «Asbbanyu» (4°, p.38), «Amirikan (5°, p.30)…

2.- Statistiquement, les prénoms arabes prédominent dans le choix et l’usage des prénoms des personnages dans le manuel. «Nadya» pour le féminin, «Tariq» pour le masculin sont les plus usités. Le premier prénom qui apparaît dans le manuel est «Idir». Une série d’autres prénoms arabes apparaît: «Rabha», «Hicam», «Dunya», «Yhya», «3li»… Quant à l’exonyme occidental utilisé, c’est «Jak» (1, p.144)

Les prénoms amazighs les plus fréquents sont «Masin» et «Idir» pour le masculin, et «Ittu», «Titrit», et «Numidya» pour le féminin. Cette onomastique pose problème. Dans le cas du rifain, les vieux prénoms de «Tlaytmas» (n’apparaissant que dans le manuel 1°, p.80, une seule fois), «Mimun», «Nunnut», «Nunja» usités dans le terroir rifain n’ont pas de lieu «respectable». L’élève amazigh serait plus proche de ces prénoms que leurs grand-mères portent toujours… Comment prévoir la réconciliation avec soi et le dépassement du sentiment d’infériorité par l’intégration de la langue maternelle?

3.- Il y a des noms qui appartiennent à l’histoire amazighe. Ils ne sont insérés que dès le troisième niveau. Comment prétendre revaloriser l’histoire? Comment se fait la rupture avec les autres manuels qui excluent de tels éléments?

Nous avons: «Masinissa» (3°, p.40-50-50, 5°, p.9 et p.34); «Yugurten» (3°, p.50, 4°, p.36 et 37); «Tihyya» (3°, p.53); «Yuba» (3°, pp.46-51, 5°, p.34); «Yuba wiss sin» (4°, p.37, 5°, p.34); «Ccrif amezzyan» (4°, pp.38-39); «Yusf u tacfin» (4°, pp.42-43, 5°, p.34); «3bdkrim lxttabi» (4°, p.75); «Cicun» (5°, pp.10-11, p.34); «Muha u hmmu azyi» (4°, pp.40-41)…

Ce répertoire résume toute l’histoire de l’Afrique du nord. Ainsi, l’onomastique revêt son importance en tant que mémoire collective et historique. Mais où sont Kuseyla, Bugud, Bukus…?

4.- ‘Ayt’ a comme correspondant en arabe «ibn» ou «bn». Dans le manuel 3, nous avons aux pages  92 (7 occurrences), 93 (4 occurrences) et 98: Ayt bn Heddu ! De même, dans le manuel 5° (p.12) écrite ayt bnhedu… Comment expliquer un tel pléonasme «onomastique» mariant le même mot dans deux langues différentes? Cela nous rappelle des panneaux comme «Oued Aghbala», «Oued Asif»…

Ce mot d’appartenance «bn» est rapporté dans Lmhdi bn tumrt (manuel 3°, p.94). Les anthroponymes étrangers, qui sont usités, sont: “bu”, “sidi”, “wlad”, “ben”, «bni», «moulay», et les toponymes: «qser», «3in», «dayt», «wad», «bir», «suq», «ras», «um»… Mais, avec «Yusf u tacfin» (4°, pp.42-43), cela change, le personnage historique est connu comme Yusf ibn tacfin dans les manuels d’histoire officielle.

5.- Les noms des chanteurs et des poètes sont plus présents: Musawi (1°, p.129); Mustawi (1°, p.129, n°4, p.70, n°5, p.102); Racid najib sifaw (2°, p.122, p.146); Walid Mimun (3°, pp.10-11, pp.16-17); Izenzaren (3°, pp.14-15); 3mmuri Mbark (3°, p.15); Hadda u3kki (3°, p.18); Mimunt n Selwan (3°, p.18); Usman (3°, p.18); Hmd zzyyani (m4°, p.64, n°5, p.118); hmd hmmaci (4°, p.68); Fadma waryaci (4°, p.74)… Les autres écrivains amazighs de langue étrangère son absents. Ne faut-il pas les traduire? Là, il ya aussi tendance à revaloriser l’heritage amazigh

6.- Les noms des penseurs amazighs sont rares comme si l’Amazigh n’avait pas de pensée propre. Il y a quelques exceptions comme: Qadi Qaddur (2°, pp.80-81, pp.172-173, pp.179-180); 3li Azayku (3°, p.32, p.34, p.101); Muhmmd cafiq (4°, p.75); Bn Battuta (5°, p.12, p.34); Bn xldun (4°, pp.94-95)… Où sont Khaireddine, Choukri, Augustin, Térence, Tertullien…?

7.- Il est utile de rappeler que si les noms tombent en désuétude, les ethnonymes et les toponymes expérimentent relativement moins le processus de substitution, mais justement une métamorphose dans la constitution phonique.

8.- L’orthographe des toponymes pose problème. Nous avons «amghrabi» au masculin, et au féminin «tamghrabit» (3, p.60).

Précisément, les manuels font découvrir des erreurs «monumentales». Nous avons quatre formes pour Rabat: – «rbatt» (4°, p.8, p.43, p.64, p.75), –«rrbat» (2°, p.68), – «arbat» (2°, p.54), – rrbad (2°, p.128)…

Ensuite, une autre «faute» pour Casablanca: – «ddarlbida» (3°, p.81); – «ddarbida» (4°, p.8, p.114, 5°, p.22)

Enfin, «Wjda» et «Ujda» (4, p.8/1, p.93), et «Gulmim» (3, p.54 et «Gwlmim»

9.- A propos des toponymes rifains, nous avons:

-«tmsaman» (1°, p.159) et tamsaman (2°, pp.56-57, p.63);

-«Gurugu» (2°, p.126-127). A ce propos qu’est-il de la forme authentique de «Buygargar»? Gurugu est la forme déformée présentée par les colonisateurs espagnols… Par ailleurs, nous avons un autre exemple: l’ethnonyme Mohammed Amar Guariachi (décédé en1914) devient «Mariguari» dans les textes castellans…

La contamination du toponyme vient quand l’usage officiel commence à circuler. «Taliwin» est devenue avec la colonisation espagnole: «Atalayun», et avec l’arabisation de l’indépendance «Atal3yun»… L’étymon est loin, et par conséquent contaminé. Le changement est l’apparition de la consonne «3», et le pluriel disparaît, faisant vider le signe de son signifié…

III.- L’OFFICIEL ET L’EFFACEMENT PROGRAMME

Les institutions se veulent un espace de négation identitaire au propre. A l’état civil, les sobriquets des pauvres autochtones deviennent effectivement des noms de famille. Les exemples sont multiples: «arghem», «azirar», «aqudad», «buclaghem» «azeggwagh»…

Qu’en est-il avec les toponymes? Si par leur biais l’autochtone peut dresser des ponts de communication avec son être propre (culturel, historique, vision du monde…), encore plus via le manuel programmé, leur usage s’avère nécessaire pour signifier l’ethnicité.

Pour comprendre «l’inconscient» de ces manuels, il faut se référer à l’officiel, signifiant l’interdiction et la non reconnaissance d’une part, et de l’autre les prendre dans le contexte général. Sur les tableaux, les panneaux et les images ne figure que l’institutionnel, et quelle place pour le fait «minoré». L’arabisation, depuis l’Indépendance de 1956, revoit et revisite l’espace amazigh, en changeant les anthroponymes et les toponymes. Elle ne préserve l’amazighité dans aucune institution, et prône son éradication par le fait de veiller à changer et à altérer, en plus de renier cette essence «marocaine». S’ensuivent les gouvernements arabistes, à venir les islamistes, qui ne se lassent de publier notes et circulaires qui opèrent la substitution et l’altération au niveau de la dénomination.

Par exemple, à l’interdiction des prénoms amazighs (circulaires du ministère de l’intérieur, liste des prénoms), il n’y a jusqu’à la date aucune décision politique et institutionnelle qui pourrait expliquer pourquoi le prénom amazigh est toujours non toléré.

En conclusion, quand il est question de l’effacement du nom, il y a non seulement ruine pour la langue, mais pour tout un héritage de l’humanité. Dépréciation, mépris, avilissement, infériorité et dépérissement, etc. seront bien les synonymes de l’onomastique à importer. C’est pourquoi, il est urgent non seulement de fixer l’orthographe des toponymes et des ethnonymes, mais de les investir de leur forme «authentique».

Finalement, comme les manuels scolaires projettent l’à venir d’une société, ce qui va être de l’état de la culture enseignée, et si les noms amazighs font défaut il y a alors projection de son effacement, la dénomination «amazighe» se trouve mise entre plusieurs tendances:

1.- continuité à esquisser les toponymes et les noms propres sans établir un ensemble de règles propres à l’amazighe ou à établir des règles de transcription, d’orthographe;

2.- continuité à reconnaître les appellations de l’autre, et à les emprunter comme propres;

3.- continuité à ne pas voir dans les noms un rapport à la terre, à la culture et à l’histoire;

4.- continuité à croire que les institutions officielles peuvent prendre en charge l’onomastique, alors qu’elles continuent à tenir un discours étranger à l’amazighité;

5.- rupture avec les autres manuels d’histoire, de langue arabe, d’études islamiques qui ne se dérangent pas à disqualifier l’amazighité.

Notes

1 Le Maréchal Lyautey, père de la nation arabe au Maroc, va enraciner l’idée de Protectorat (protéger qui contre qui ? Comment le protéger ? Quelle politique esquisser pour cela ?) en renforçant la dimension « arabiste » de l’Etat.

 

 

 

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