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  (Mars  2012)

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La réforme en paix violente

Par: Brahim Ainani (Assif n Dades,Tin Ighir)

 

La dernière réforme constitutionnelle qui concerne Tamazight se révèle et se donne à penser comme un processus de dissociation des Amazighes généralisé dans toutes les institutions politiques; cette discordance politique, devenue la forme la plus humaine de la contradiction, se présente dans l’envers d’une unité Amazighienne en politique: plus que le désir des Amazighes est de s’unifier, plus ces systèmes dominants (religieux, juridiques ou politiques), se complexifient dans leur propre profit et leur propre logique en ordonnant les actions des intellectuels Amasighians dominés. En adoptant ces différente systèmes symboliques, les Amazighs sont forcés, et à travers un mécanisme d’une paix violente, à se démultiplier pour ainsi déboucher sur des duplicités et des faussetés infinies à savoir des Amazighes Latifistes, islamistes, Baathistes, gauchistes ou Marxistes…. et bien fou celui qui arriverait à se forger une seule identité Amazighienne. A cette situation angoissante où nous ne comprenons rien et à laquelle aucun mot ne conviendra pas, s’applique la fameuse formule d’Hamlet avec sa tragédie: «The time is out of joint.» - «Le temps est hors de ses gonds.». Les Amazighs, comme Hamlet qui doit venger son père, souhaiteraient que le moment ne soit pas encore arrivé pour venger leurs droits légitimes. Tout d’abord, les Amazighes sont mal placés à parler d’un ‘’Printemps Amazighian’’ qui va leur rendre justice justement parce que les normes dans les ‘’centres confrériques’’ Arabo-musulmane (partis politiques sans exception) veulent - plutôt obligent- que les disciples Amazighians réjouissent et parlent de ce dit ‘’Printemps Arabian’’,(qui n’est plus printemps de rien…..). Ensuite, une fois illuminé ou couronné - pour ne pas dire mystifié ou hébété par ces fleurs du mal où ce soleil noir des révolutions Arabes-,c haqu’un de ces Amazighs négatifs maudit sa mission par rapport à un ’’savoir engagé’’ en Timuzgha (qui devrait remettre droit un monde désajusté); et à la façon d’Hamlet qui s’adresse au spectre de son père, chaqu’un de ces intellectuels s’exprime: «O cursed spite !That ever i was born to set it right !»  «O  sort, maudit ! Qui veut que ce soit moi qui aie à le rétablir !».

Personne de ces disciples médiatiques ne veut que sa tâche serait de rétablir le monde Amazigh sur ses bases et dans son temps propre; pour eux, ce n’est pas encore le temps de se constituer en contre- pouvoir collectif et critique pour châtier, voir punir cette domination symbolique qui s’arme toujours d’une’’ fraternité’’ politique métamorphosée. Avec ces ‘’Attitudes et sacrifices qui vont jusqu’à l’abdication théâtralisée de signes de la virilité.’’ (pour faire recours au ‘’Maitres et disciples’’ de Abd.Hammoudi), le présent des Amazighes, malgré les réformes constitutionnelles, devient disloqué, sans jointure assuré ni conjonction déterminable. Comme Hamlet qui est destiné à hériter, chaque Amazighian, une fois corrompu par un messianisme de type ‘’Latifisme ‘’ou ‘’Pijidisme’’, préfère vivre ou arriver au bout de ces buts personnels: On l’aura compris, ’’Après moi c’est le déluge !’’… que des failles et des déchirures pour Timuzgha!

Pour que les Amazighs ressentissent leur sujétion volontaire et les contradictions de leur mission bureaucratique au sein des partis politiques, la grande noblesse d’État applique ce que J.Derrida appelle la ‘’Loi de la loi’’: En général la loi quelle que soit sa nature nous interdit souvent de la comprendre ou de connaitre son origine. Dans le contexte Amazighian, et d’une façon contradictoire, les réformes, en tant que des lois du père, au lieu de reconduire vers la vérité avec laquelle on peut rendre justice aux Amazighs, reconduisent à l’inquiétude généalogique de la loi elle-même; les réformes renforcent l’autorité et la soumission à l’influence paternelle. Pour que la loi (le père) conserve son autorité, maintenir sa filiation loin d’un droit de venger potentiel, elle ordonne aux Amazighs de ne pas venir jusqu’à elle. La ‘’loi de la loi’’ pour les militants engagés en Timuzgha c’est qu’il ne faut pas approcher l’origine de cette différence hiérarchisant ‘’ Mohamed/ Moha’’; la genèse de la valorisation de la langue Arabe sur la langue Tamazight reste inaccessible et son récit pour le moment est impossible. On est censés à corriger l’histoire. De toute façon La loi qui a instituée les réformes ne répond jamais car ce n’est pas encore le temps pour ces ‘’sauvages nobles’’ de jouir des panneaux de trafics en Tifinaghe; ainsi, il faut toujours différer le temps de la comparution d’une femme Amazighienne qui parle sa langue maternelle devant un juge ou un tribunal .Pour comparaitre devant la loi, comme ce sujet de la loi dans la nouvelle de Kafka- ‘’Devant la loi’’- (que Derrida aime citer et commenter souvent), il faut être dehors et rester devant la porte de la loi près du gardien sans jamais y entrer.

Puisque ce n’est pas le moment de venger Tamazight ou de donner lieu à aucun récit ou histoire Amazighienne de ces réformes en lois, on applique aussi à Timuzgha ce que J.Derrida appelle la ‘’Loi de l’hymen’’: «un déchirement dans la défloration et une union dans le mariage.». L’officialisation de Tamazight, comme la membrane d’une vierge, s’entraine vers une loi inquiétante, étrange mais familière, confrérique mais satanique…. bref c’est ce qu’on appelle, ‘La paix violente ‘’ tout court. Fondée sur le mécanisme d’une dissémination ou dispersion de ce qui devrait être une unité politique Amazighienne, la loi de l’hymen par rapport à la réforme de Tamazight, est d’abord l’éloignement du propre: L’éloignement de Timuzgha en tant que seul mode de compréhension entre les Amaazighes, donc, au-delà du principe d’une fraternité politique déjà en échec . Les pitoyables Amamazighians, au lieu de se replier sur leur identité, deviennent ces derniers jours des créatures qui s’entrainent dans la boue de la politique au milieu des clans fanatiques d’un ’’Pijidisme’’ ou d’un ’’Latifisme’’ comme des singes agiles qui grimpent les uns par –dessus les autres. S’écartant des droits autochtones et de tout ce qui est propre, on se déchire (justement comme une membrane), on se dédouble, on se répète pour se déboucher dans les sentiments du mépris de soi; aporie encore c’est de se féminiser, fuir la virilité Amazighienne pour se montrer plus juste que la justice, plus Arabe que les Arabes.

Si le mariage, (après la déchirure de cette membrane-Timuzgha), promet une semence sous forme d’un nouveau –né, ’’Pijidiste’’ ou’’ Latifiste’’ –donc, laisser grandir un héritage ou développer une histoire-, les paradoxes du doublement ou de répétition au sein des rapports de soumission et de dominations entre les disciples Amazghians et les maitres Arabo-islamisés s’ouvrent à une extériorité imprévisible: Un messianisme dont le contenue pré-établit  sera une fraternité religieuse mais dévastatrice; une structure messianique sous forme d’un soleil noir qui va bruler les Amazighes. Le destin de ces derniers sera toujours déjà hanté par un sentiment de décadence. À l’égard de la cause Amazighienne, le’’ Pijidisme’’, (comme c’était le cas avec L’IRCAMISME), et en tant qu’un évènement prévisible et calculable, ressemble à la conception de la catastrophe ou le désastre chez Maurice Blanchot comme élaborée dans son ‘’Ecriture du désastre’’: Elle (la catastrophe) «gâche tout, tout en laissant tout intact». L’officialisation illusoire de la langue Amazighienne, on l’aura compris, concerne la question d’une anxiété entre la présence et l’absence: Elle détruit (fait absent) l’ancien’’ Latifisme’’, mais laisse intact (permet la présence de) la rémanence d’un’’ Pijidisme’’ de subsister. Mais si le désastre selon Blanchot se montre comme quelque chose qui n’arrive jamais tout à fait, ou qui n’est jamais tout à fait présent à nous, l’inquiétude actuelle des Amazighes- que le ‘’passé’’ n’est jamais tout à fait passé – ouvre dans l’horizon la possibilité d’une révolution Amazighienne qui reste hantent: les réformes ont tentés d’effacer le passé -s’éloigner de la révolution-mais le statut ontologique d’un questionnement sur ce passé est ouvert et omniprésent. Cependant aussi il faut noter que la révolution est aussi devenue absente lorsque les Amazighes exposent leur servitude volontaire malgré leurs privation généralisée dans tous les niveaux…….

Mais que faire donc si dans le coté de la réforme se révèle la catastrophe et dans le coté des Amazighs se révèle une autre? Que faire si l’événement catastrophique du’’ Pijdisme’’ ainsi que le tout sinistre phénomène de la soumission volontaire des Amazighs ruinent tout, tout en laissant tout intact? Que faire si le mécanisme de la fraternité religieuse est d’un autre plan que celui des Amazighe? .D’une perspective Nietzschéenne, le Dieu ne peut pas aider les Amazighs à réaliser cette fraternité religieuse ou cette unité politique car le virtuel de la terre reste le facteur qui déterminera l’identité Amazighienne (surtout que ni la race ni la langue ni la religion ne peuvent pas déterminer cette identité)!

L’adhésion à la croyance en un seul point final –des réformes constitutionnelles-ou la victoire d’un parti Arabo-musulmane (par exemple le Pjid) et non pas un parti Amazigho-phone(le PDM), est une raison de plus pour dire avec Nietzsche que le ‘Dieu est mort…. de sa compassion pour les hommes.»; «Dieu aussi à son enfer: c’est son amour pour les hommes.» (Des compatissants, Ainsi Parlait Zarathoustra. P112). C’est aussi une autre raison d’affirmer avec Hamlet que le ’’temps est sorti hors de ses gonds’’. Où les Amazighs cherchent l’émancipation, le salut ou l’unité politique, ils sont confrontés à des lacunes et le désordre. Devant le simulacre d’une fraternité religieuse ou d’une unité politique, la vision du monde Amazighien n’est pas contemporaine à soi; elle est toujours perturbée par la catastrophe- ici la misère de se retrouver dans un état désordonné. C’est dans le tourment du temps que s’opère un certain  bouleversement: le temps tourmente lorsqu’il s’écarte de lui-même comme une expérience d’aveuglement; une paix ou une fraternité qui tourmente comme la’’ folie du jour’’ chez Blanchot: La «fin vient, quelque chose arrive, la fin commence». Puisque le Latifisme se bloque toujours sur nous, provoquant le temps à être hors de conjoint, l’état des affaires politiques montrent que l’événement en Pijidisme avec ses réformes sont eux même assez différent de ce que nous croyons qu’ils soient; les Amazighes sont toujours confrontés, comme Hamlet l’a été, par le fantôme du passé .En voyant le spectre du père, Hanau dit a Horatio: «…il y a plus de choses dans les cieux et la terre….». Les Amazighes ne peuvent pas faire disparaitre le passé, ils devront se souvenir encore de cette fameuse déclaration Latifiste: «Le Maroc est à nous seuls, non pas à personne d’autre…»….. Marx disait un jour que nous «ne souffrons pas seulement de la vie mais entre les morts…». Puisque c’est dans l’histoire (et non pas dans les archives officielles) que les militants Amazighians (les incorruptibles) doivent rendre justice à Timuzgha- en appliquant le droit de la terre comme le seul facteur qui reste à déterminer leur identité et à réparer le mal causé par les autres facteurs relatifs à la race, la religion et la langue. Donc comment trouver une autre justice qui échapperait à la vengeance surtout que ces derniers jours le politique faisait l’illusion de se ‘’démakhsaniser’’ ?

Cette conception du politique qui semble «désétatisée»… peut être clarifié par la formule politique de juriste et philosophe Allemand, Carl Schmitt qui, en récusant l’équation classique «politique = Etat» (confusion de l’État total et du politique), voyait que la politique est la distinction ami/ennemi et que la guerre a une dignité éthique car elle illumine l’existence. Par rapport à une unité politique Amazighienne potentielle, la définition de l’État abordée par Max Weber comme «communauté humaine qui, dans les limites d’un territoire déterminé…… revendique avec succès pour son propre compte, le monopole de la violence physique légitime.» (Le savant et le politique), n’est plus valable à expliquer la genèse d’une violence symbolique (au sens de Bourdieu) cachée par les liens sociales entre les Amazighs eux mêmes …. D’autre part, vue que la politique (selon Schmitt) «n’a pas de substance propre» et que désormais, le politique dans le contexte Amazighian déborde le domaine étatique –Makhzanien, l’espace d’une unité politique Amazighienne ne peut pas s’ouvrir qu’à partir d’un moment où l’on peut identifier un nouveau ennemi; il faut d’abord faire appel à la possibilité réel d’une guerre contre ces Amazighs qui ne cessent pas de reprendre ou de réapproprier leur model politique sur le modèle Arabophone .Pour que le champ politique Amazighian s’organise, il faut aussi combattre l’erreur tenace- souvent inconsciente et non critiquée de la part des intellectuels Amazighs- quel le politique, comme la religion, la justice ou le droit, est une substance d’ «associations sociale». Cela veut dire qu’au lieu de combattre l’absolutisme de l’État Marocaine sur le plan éthique, l’unité politique Amazighienne s’ajoute à d’autres unités politiques, à savoir le ‘’latifisme’’, le ‘’pijidisme’’ etc.…, auxquelles elle est déjà juxtaposée.

Cette politique ambigüe contradictoire s’éclaire avec la thèse de l’identification du frère à l’ennemi chez Schmitt (avec sa ‘’notion du politique ‘’), qui affirme que «la distinction spécifique du politique, à laquelle peuvent souvent se ramener les actes et les mobiles politique, c’est la discrimination entre l’ami et l’ennemi.». Pour ré-politiser les Amazighs, il faut tout d’abord mettre fin à la soumission au Latifisme ou au pijdisme qui, en tant que des mécanismes de sujétion motivés par une fraternité symbolique et une paix violente, s’assuraient toujours que les militants en Timuzgha perdaient leur ennemi-donc le politique lui-même. Avec ces schèmes culturels de soumission/domination qui se reproduisent à nous dans les partis politiques, l’adversaire ‘’structurant’’ pour Timuzgha parait toujours introuvable, cesse d’être identifiable car camouflée justement par cette fraternité violente à tel point qu’on ne parvient plus à distinguer entre ce qui est politique et ce qui ne l’est pas. Mais puisque le terme ‘’politique’’ ne désigne plus que ‘’Le degré d’intensité d’une association ou d’une dissociation’’, et puisque un domaine ne peut pas devenir politique sauf s’il y est défini un ennemi, les militants engagés en Timuzgha n’auront pas de choix que l’invention des ennemis parmi leur frères biologiques qui sont aux services idéologiques des partis politiques. C’est à ces ‘’petits fonctionnaires’’, ces «… derniers des ennemis, des ennemis pires que des ennemis» (pour utiliser les expressions de Schmitt dans un contexte Amazighian), seraient un ensemble d’individus au sein des partis pro-makhzanienne qui se comportaient ces derniers jours comme des ‘’guérillas’’ en poster à la candidature aux élections législatives. Le combat contre cette nouvelle’’ doxa’’ qui sert en fait les intérêts des dominants, est une chose urgente mais angoissante puisque liée à l’apparition de la figure d’un frère biologique comme ennemi; le combat est difficile car, comme disait Bourdieu,  «ce sont les plus proches qui nous font mal et des souffrances plus aigues.». Donc, avec le retrait’’ total’’ (mais de façade) de l’État, comment faire appelle à une guerre inflexible à ces perroquets Amazighians qui empruntaient, et sans réfléchir, les discours des lobbies politico-économiques? Comment faire la guerre à ces souffrances Amazighians déjà corrompu,’’ souvent silencieuses car la misère les empêche déjà de s’exprimer’’? comment faire appelle à une violence à l’état pur ou une ‘’guerre de tous contre tous ‘’ qui n’existait d’ailleurs que dans l’imagination de Hobbes?

‘’L’ennemi’’, comme le définit Schmitt, est celui «…qui peut me mettre en question. En tant que je le reconnais comme mon ennemi, je reconnais qu’il peut me mettre en question. Et qui peut me mettre effectivement en question? Seulement moi-même. Ou mon frère,….. L’autre se révèle comme frère, et le frère se révèle comme mon ennemi.» Dans le contexte d’une politique Amazighienne, justement pour s’éloigner de cette réconciliation ou cette ère d’une paix violente où réside la possibilité du fratricide (comme c’était le cas avec la confrontation des deux frères Caïn et Abel), il faut affirmer avec Schmitt que l’ennemi ne doit pas être «le rival personnel, privé, que l’on hait et pour qui on ressent de l’antipathie» - d’ailleurs pour J.Derrida,  «le sentiment n’aurait rien avoir, ni la passion, ni l’affect en général». Dans le contexte des inégalités d’accès au pouvoir et pour survivre aux mortifications organisées ou institués par les reformes constitutionnelles, il faut que les militants Amazighians –non corrompus- préservent à tous pris la figure de l’ennemi politique en tant qu’ils peuvent le nommer, le reconnaitre ou l’identifier au sein de ces ‘’centres confrériques’’ ou maraboutiques (inclus ainsi l’IRCAM et les chaines médiatiques de un à huit), et d’une façon non pas nécessairement ou fatalement inamicale, ils sont obligés à passer au droit et à la ruse pour ainsi forger leurs propres armes aidant à dérouter le pouvoir et ses attentes. Si la guerre entre les frères Amazighs est sans haine et libre de tout sentiment d’animosité, le concept de l’ennemi politique va contribuer à ce que Schmit appelle la ‘’neutralité ‘’ avec un sens politique: c’est la possibilité d’une paix ou «…d’un regroupement en amis et ennemis.». Et comme disait Nietzsche,’ ’on doit avoir dans son ami son meilleur ennemi; c’est quand tu le combats que ton cœur doit être le plus près de lui.’’

A la fin de cet article fragmentaire qui ne cesse pas de parler d’un désastre en politique chez les Amazighes-et surtout à la fin d’un temps marqué par la réforme constitutionnelle de Tamazighte-, ici, maintenant, partout, et toujours, il y a encore à dire. C’est la loi du désastre comme ’’désarroi errant et nomade ‘’. D’ailleurs comme disait Blanchot dans son ‘’Fragmentaire’’: «Quand tout est dit, ce qui reste à dire est le désastre, ruine de parole, défaillance par l’écriture, rumeur qui murmure: ce qui reste sans reste». De même, mon article, parole d’infini et de fragments, comme la réforme constitutionnelle, ‘mort différée’’ pour les Amazighes, car c’est une loi qui ‘’ruine tout, tout en laissant tout intacte’’, n’est qu’un nomadisme en deuil infinis entre une série de vocables précaires applicables à la situation actuelle des Amazighs: leur dissociation par les partis politiques; dissolution de tout ce qui se réfère à leur actions politiques; déception, désappointement et dissimulation par la réforme politique; désolation et disparition de leur droits autochtones et enfin désorientation, distance et dés- arrangement entre eux même. Bref c’est le ‘’désarroi nomade’’ (pour reprendre les termes de Blanchot) dans le champ politique des Amazighes. Le désastre chez ces disciples en politique, comme’’ échec complet’’, est lié d’un coté à l’événement des réformes politiques suivi par les élections législatives, et de l’autre côté lié à ce qui reste en dehors de cet événement comme l’inachèvement de la justice même. La passivité des Amazighes se pense à partir d’un ‘’non-lieu’’, un présent sans présence. Autrement dit, la réforme constitutionnelle-(ce qui devrait rassembler les Amazighes)-, les dispersent, et les élections législatives-(ce qui les dispersent)-,les rassemblent; cette loi, fragmentaire, qui disjoint en enjoignant, disperse, (fracture et dissémine tout espoir d’un rassemblement Amazighian), est une limite (coupure) qui arrête et prolonge à la fois l’espoir d’une pensée, elle aussi fermeture de/et ouverture à Timuzgha. Cette dernière, comme seul mode de compréhension qui en reste au-delà de principe religieux de la fraternité, n’en présente désormais que le simulacre. Cette loi du désastre échappe à la question et à la réponse en même temps.

Si le destin des Amazighs, que leur confrères biologiques redoublent au sein des partis politiques, est désormais misérable, catastrophique, il faut nettoyer Timuzgha de cette fraternité religieuse et politique qui la (Timuzgha) corrompt, la blesse et la souille. D’un point de vue d’une connaissance engagée et libératrice, il faut aussi que les intellectuels Amazighians-comme déterminants sociaux au sein de l’IRCAM (à titre d’exemple)-relisent le sociologue Français P. Bourdieu (le’’ prophète de malheur’’ et des ‘’Choses dites’’) qui annonce et révèle que «C’est à travers l’illusion de la liberté à l’égard des déterminations sociales… que liberté est donnée aux déterminations sociales de s’exercer.[…] Ainsi, paradoxalement, la sociologie libère en libérant de l’illusion de la liberté, ou, plus exactement, de la croyance mal placée dans des libertés illusoires.». La source de l’horreur chez les Amazighs est que ce que les réformes ont déclaré d’une façon officielle- la venue ici de la justice- en effet n’arrive jamais. L’horreur que la justice ne vienne pas, que ce n’est pas encore le moment de rendre justice aux Amazighes contient même un messianique; ce que peut être exprimé autrement par dire que le messie Amazighian ne vient jamais. Sur le’’ plan d’immanence’’ (au sens de Deleuze) - le plan sur lequel les Amazighes font l’expérience réelle d’une servitude volontaire liée à l’événement des reformes politiques (le temps laissé intact par cette catastrophe), il y a aussi justement une autre manifestation de la catastrophe: celle de l’incohérence des Amazighs entre eux mêmes; l’Amazighité, vu la sujétion volontaire des intellectuels Amazighians, serait toujours déjà corrompu en termes de la notion idéale de Timuzgha. Le ‘’désarroi errant’’ se met à l’œuvre lorsque le virtuel- l’impossibilité d’une justice-donne consistance à l’actuel le plus chaotique sur le plan politique des Amazighes. Dans cette situation angoissante, spectrale ou d’une autre ‘’dictature’’ qui risque de tomber sur les têtes des Amazighs; devant cette culture confrérique de sujétion et cette sanctification d’un patronage autoritaire réappropriées par les frères biologiques Amazighians, même le Dieu ne peut pas aider ou sauver ces souffrances Amazighians car son existence est d’un tout ordre différent de cette gymnastique politique de domination/ ou de soumission. Puisque «La soumission politique est inscrite dans les postures, dans les plis du corps et les automatismes du cerveau» (pour reprendre Pierre Bourdieu), l’admission totale et la prédisposition des intellectuels négatifs Amasighians qui s’installent mentalement et volontairement dans la captivité d’un pouvoir symbolique (implicitement confrérique), ressemblent à ce que Nietzsche appelle le ‘’fatalisme russe’’: «le soldat russe qui trouve la compagne trop rude, et finit par se coucher dans la neige’’.(Ecce Homo. P29). Avec cet excès de faiblesse et à travers cette technologie symbolique d’une fraternité violente qui reste même impensée depuis des siècles, les intellectuels Amazighians au matraquage médiatique renoncent à absorber n’importe quoi au sein de ces partis politique pro-Makhzanians. Devant cette volonté d’abaissement ou d’hibernation de leur part, il faut admettre avec Nietzsche qu’ «un dieu qui viendrait sur la terre ne devrait pas faire autre chose que des injustices.». Un tel consentement à la servitude a été déjà abordé par La Béotie (Discours de la servitude volontaire): «Ce sont donc les peuples qui se laissent, ou plutôt se font garrotter, puisqu’en refusant seulement de servir, ils briseraient leurs liens. C’est le peuple qui s’assujettit et se coupe la gorge: qui, pouvant choisir d’être libre, repousse la liberté et prend le joug, qui consent à son mal ou plutôt le pourchasse».  

 

 

 

 

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