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identité et démocratie dans le magreb

par: juan ignacio castien maestro1∗

 

une année s’est déjà écoulée depuis la révolution tunisienne, suivie après par quelques d’autres. la colère s’est partout dirigée contre le petit nombre de minorités qui accaparaient tout le pouvoir et la richesse. peu a importé, quand même, que ces oligarchies se sont présentées plus tard comme plus ou moins de gauche ou conservatrices, plus ou moins laïques ou confessionnelles, ou ses spécificités politiques extérieures qui appliquaient dans chaque pays. c’est cependant leur orientation antioligarchique, le trait commun à toutes ces révolutions. mais se soulever contre ce pouvoir oppressif a également signifié mettre en question le système clientéliste sur lequel restait ce pouvoir. c’est encore à voir, quand même, jusqu’à quel point on va réussir, ou même si on va essayer à agir vraiment contre ce clientélisme de fond ou seulement contre quelques de ses manifestations les plus haïssables. de cette façon-ci, un des grands dangers qui pèsent sur les procès révolutionnaires actuels c’est de se réduire à combattre leurs effets plutôt que leurs causes les plus profondes. si c’est comme ça, il y a un risque certes qu’au bout de quelques années le vieux régime oligarchique se reconstruise avec, peut être, une apparence plus douce. implanter un système politique plus démocratique, une économie plus efficace et une société plus inclusive constitue une tâche beaucoup plus compliquée que celle de se débarrasser d’un gouvernant despotique. c’est une tâche qui exige, surtout, limiter l’exubérance de ce clientélisme qui imprègne toute la vie sociale, même ses facettes les plus quotidiennes. mais pour y réussir, c’est nécessaire de mener des réformes très profondes. ces réformes devraient couvrir des aspects très diverses, comme la garantie des droits individuels, afin de ne plus dépendre autant du caprice du politicien ou fonctionnaire au pouvoir dans ce moment là, et une redistribution efficace de la richesse, de sorte que la soumission aux caciques et leurs présents restent moins impérieuse.

mais, en plus de ces réformes et d’autres également nécessaires, on ne peut pas oublier le travail dans un autre niveau différent, qui n’a apparemment rien à voir avec tout l’antérieur, mais qu’il faut, par contre, lui accorder une attention privilégiée. on parle des identités collectives. il faut créer des identités nationales qui soient acceptées par la plupart de la population et que, donc, soient aussi compatibles avec leur culture réelle et leur passé historique. la question identitaire n’a rien de vaporeux, ni c’est quelque chose qu’on peut reléguer à une sphère idéale, détachée des problèmes les plus brûlants de l’existence. ce n’est pas non plus quelque chose de l’intérêt exclusif d’une poignée d’intellectuels plus ou moins oisifs. c’est plutôt au contraire, un problème qui concerne tous les individus et leur affecte au plus profond de eux-mêmes. ce n’est pas en vain qu’en dépendant de comment on définit l’identité nationale, ces individus vont se considérer entre eux comme des membres de la même communauté ou bien comme des étranges, si non ennemis, et vont se reconnaître ou pas dans leurs institutions et dans leurs dirigeants politiques. c’est à cause de cela qu’une société moderne et bien intégrée doit être aussi une société qui jouit des raisonnables consensus. et arriver à ces consensus est encore une des taches à faire par les sociétés de l’orient proche et le nord de l’afrique. cette issue a évidemment une difficulté démoniaque et c’est aujourd’hui la source d’interminables discussions même entre les mêmes personnes intéressées.

en ce qui concerne l’espace magrébin, il s’agit d’un monde traversé par des approches culturelles et identitaires clairement opposées. il y a des divergences très importantes sur le rôle effectif que l’islam doit avoir dans la vie sociale et politique et sur la définition de l’identité collective, sur le poids que doit avoir l’arabe et l’amazigh et finalement, aussi sur le degré de spécificité qu’il faut avoir envers l’occident. toutes ces divergences se concrétisent dans des projets de société vraiment confrontés les uns aux autres. en vue de tout cela, ce n’est pas surprenant que depuis des dizaines, le trait les plus commun parmi ces pays c’est l’existence d’une distance importante entre les deux modèles d’identité et de culture national soutenues par les oligarchies dirigeantes et d’autres qui pourraient représenter des parties importantes de la population. c’est comme ça que les options choisies dans chaque cas ont aidées les dirigeants à attirer à une partie de la société, en s’éloignant ici, en même temps, de l’autre partie. si en algérie et libye on a essayé de concilier l’islam réformiste et moderniste avec un panarabisme exalté, au maroc, par contre, on a promu un islam plus traditionaliste avec une arabité moins combative, et aussi moins exclusive, alors qu’en tunisie le modernisme, le réformisme religieux et le sécularisme se sont donnés avec un compromis beaucoup plus faible avec l’arabisme. malgré toutes ces différences, les différents modèles adoptés par les états maghrébins partagent, quand même, une unilatéralité qui a condamné à une partie significative de leurs citoyens à une extrême exclusion culturelle et identitaire, mais aussi politique, et même économique. quoi q’elle soit la forme spécifique dans laquelle s’est manifesté, cet exclusivisme identitaire s’est conformé en tout cas, comme une des bases fondamentales de l’autoritarisme politique qui s’est succédé sans interruption. et cela a été comme ça pour des causes diverses. d’abord, les fractures qui traversent la société ont des difficulté l’éclosion d’un minimum d’accord dont une démocratie a besoin, ce qui sert au fonctionnalisme de l’autoritarisme, malgré toutes les plaies qu’il apporte toujours. en même temps, la répression politique est également inévitable afin de tenir en lisière ceux qui ont été exclus du système. et, finalement, les divisions internes qui affectent la population rendent plus difficile le fait qu’elle puisse s’unir pour affronter la commune oppression qu’elle souffre. c’est précisément à cause de cela qu’il a été si difficile la création d’une grande coalition sociale unie par le désir partagé de se débarrasser d’une telle oppression, comme a été finalement le cas dans la tunisie et l’egypte, et c’est aussi pour la même raison que dans d’autres endroits, comme par exemple maroc, où une telle coalition n’a pas encore réussie.

en résumé, l’autoritarisme politique dominant depuis les indépendances peut être compris, au moins en partie, comme le résultat d’une société avec très peu de cohésion, mais aussi, en même temps, comme un de principaux responsables d’une tellement grande difficulté pour surmonter cette absence d’intégration interne. mais parler d’autoritarisme représente aussi parler de clientélisme. en effet, le pouvoir démesuré d’une part force l’autre part à se soumettre à leur patronage, ce qui renforce, même encore plus, le pouvoir des premiers et divise et soumet les deuxièmes. en plus, les diverses clientèles autour de chaque chef vivent autour des lignes de divisions familiales, régionaux et partisanes, ce qui renforce aussi tous les deux. en absence d’une identité et une culture partagées, cela devient plus difficile de respecter l’autrui et d’assumer que les règles sont les mêmes pour tous, c’est-à-dire, d’un sens de l’institutionnalisme, au lieu de considérer la vie sociale comme une sorte de guerre permanente, où les seuls appuis qu’on peut avoir vient seulement une fois qu’on s’est intégré dans quelque réseau d’échanges de faveurs. cette situation retarde le fait qu’on puisse assumer complètement une identité partagée mais aussi une équité normative. on dirait, donc, qu’il s’agit d’un ensemble de cercles vicieux, entrelacés en plus parmi eux, ce qui rend plus difficile à s’y échapper. on dirait, pourtant, que c’est ça ce qui commence à arriver. et, même si c’est dur se débarrasser des grands maux du présent, on a l’ardent désir de le faire. ce changement déjà manifeste peut être une conséquence surtout de cette modernisation que, plus ou moins, ont à expérimenter ces sociétés dans les dernières décennies. c’est aussi avec cette modernisation qu’y est arrivé la méritocratie opposée au népotisme et le copinage, et une exigence d’un plus grand bien-être et de plus grandes libertés personnelles, à l’image de ce qu’on observe dans le monde occidental. et comme dans beaucoup d’autres occasions tout au long de l’histoire, les demandes et les expectatives des gens se sont situées dans un niveau trop haut pour pouvoir être satisfaites par le système existant. si cela sera possible ou pas dans le future va dépendre de si les réformes nécessaires ont lieu, étant peut-être les plus difficiles parmi elles la culturelle et l’identitaire. à cet égard, il devient nécessaire de travailler dans deux grands domaines, un concernant le fait islamique et son complexe relation avec la modernité, et l’autre au sujet d’un souhaitable équilibre entre l’arabe et l’amazigh.

en ce qui concerne le premier, il faut partir du fait qu’une société moderne doit être, au moins jusqu’un certain point, une société séculaire. la vie s’est rendue si complexe en ce moment ci, que c’est impossible de l’organiser suivant aucune cosmovision religieuse. mais une fois remplie cette condition requise, les niveaux de religiosité de quelques sociétés peuvent varier par rapport à d’autres d’une manière notoire. la population maghrébine ne doit pas forcément devenir moins religieuse qu’il ne l’est aujourd’hui pour vivre d’une façon complètement moderne. mais, au-delà du rôle que les croyances et pratiques religieuses peuvent jouer, c’est vrai que l’islam n’est tout simplement une religion dans le sens strict du terme. c’est aussi l’axe autour duquel toute une culture s’est développée. on peut donc parler d’une culture islamique qui va beaucoup plus loin que la religion islamique même. cette culture islamique joue au présent un rôle clé du point de vue identitaire. d’abord, elle constitue la base d’une identité partagée par l’immense plupart des maghrébins, liée à une patrimoine historique d’un très grand valeur et qui est, jusqu’un certain point, opposée à l’identité occidentale, ce qui est en plus très utile pour la formation d’une indispensable auto affirmation collective. c’est pour cela que n’importe quelle sécularisation ultérieure dans ces sociétés devra se faire, en grande partie, à partir de cette culture profondément religieuse. la modernisation et la sécularisation même, doivent avoir lieu comme ça, sur la base de cette culture créé autour de l’islam. elles doivent, donc, avoir une certaine nature endogène. et pour cela, c’est aussi nécessaire une adaptation du corps doctrinal de l’islam, en suivant la trace du vieux réformisme islamique, mais écartant ses limitations. il ne s’agit absolument pas d’une tache facile, mais il n’y a aucune forme de l’éviter. dans ce sens là, l’essor actuel de l’islamisme modéré est en même temps encourageant et inquiétant. encourageant parce qu’il comporte une réactivation du patrimoine traditionnel et un effort pour l’adapter à la nouvelle situation historique, mais en même temps inquiétant pour toutes les ambiguïtés et contradictions présentes dans ces efforts.

la question ethnique n’est pas moins complexe. les mouvements nationalistes qui ont construit le maghreb moderne ont eu l’arabité et l’islam comme leur principal drapeau identitaire. pourtant, dans les dernières décennies cette attitude a été contestée par une croissante revendication de tout ce qui est amazigh. cette revendication revêt, à notre avis, une très grande importance. elle représente la récupération d’un élément réel de la culture et l’identité magrébine, mise à l’écart pendant trop de temps au nom d’une arabité abstracte. en le faisant, la culture et l’identité officielles se rapprochent de la culture et l’identité réelles, ce qui élimine une source importante d’exclusion et discrimination, qui est, en même temps, une contribution vitale pour une future construction démocratique dans le maghreb. mais tout cela de positive peut s’abîmer quand même à cause d’une revendication excessive et unilatérale de l’amazigh, comme celle qui assez fréquemment essaie de réduire l’arabe à un élément minoritaire et, si on veut faux, pour faire ressortir une prétendue plus grande prédominance et tradition du berbère. agir comme ça signifie s’oublier des réalités présentes sur le terrain et aussi de siècles d’histoire, ainsi qu’écarter les composants culturels et linguistiques qui rapprochent l’inmense plupart de maghrébins des peuples du l’orient proche et que constituent en même temps un patrimoine de civilisations douée d’une profondeur historique, mais aussi de la nécessaire richesse interne qui sert de base pour cette modernisation endogène si urgente et nécessaire. l’élément culturel amazigh, malgré sa valeur et intérêt, et pour des raisons historiques, n’a pas pu arriver à avoir une richesse et complexité similaire et tout simplement cela ne sert pas a ces fins. c’est pour cela que la revendication d’un rôle central pour l’arabité ne doit pas être le fruit d’aucun existentialisme culturel ni d’aucun romanticisme archaïque, mais plutôt du plus pur et simple pragmatisme. mais de la même façon qu’avec l’islamique, l’arabe doit aussi être compris d’une façon compatible avec la construction de sociétés accueillantes et démocratiques. l’erreur commise par les vieux nationalismes n’a pas été la revendication de l’arabe et l’islamique, mais plutôt celui de soutenir une version de tous les deux idéalisée et monolithique que difficilement pouvait aller bien avec les défis du monde moderne ni avec la réalité beaucoup plus plurielle et complexe des sociétés maghrébines. comme résultat de tout cela, il est plus raisonnable de concevoir la réalité magrébine comme une identité synthétique, métisse si on veut, comme déjà sont, de fait, presque toutes ou peut-être toutes les identités. au sein de cette synthèse culturelle et identitaire, l’arabité doit jouer un rôle fondamental, mais pas exclusif. et surtout, il doit s’agir d’une arabité ouverte et inclusive, capable de s’enrichir avec d’autres contributions, en même temps qu’elle les enrichi aussi.

atteindre cet objectif est à notre avis quelque chose de prioritaire. lorsque la construction des sociétés avec plus de cohésion, capables de se débarrasser du clientélisme et de l’autoritarisme qui les menacent est vouée à n’être qu’une seule aspiration, elle tardera encore à arriver. promouvoir la pluralité n’est pas suffisant. il est aussi nécessaire d’encourager ce qu’ils ont en commun dans un autre niveau et ce qui joint ces gens qui ont tout le droit du monde à jouir de ses propres particularités, mais qui devraient absolument favoriser leurs points de rencontre. s’ils n’agissent pas comme ça, on court le risque d’agrandir encore plus la brèche qui sépare les différents secteurs sociaux. seulement en neutralisant, si non en mettant fin aux disputes interminables entre sécularistes et confessionnalistes ou entre arabistes et berbéristes sera-t-il possible commencer un combat unifié contre les malheurs qu’ils tous partagent. ce qui s’est passé pendant cette dernière année, mais aussi il y a déjà quelque temps, nous amène à avoir un prudent optimisme.

1 professeur de la faculté de sciences polítiques et sociologie de la universidad complutense de madrid. e-mail: jicastien@hotmail.com.

 

 

 

 

 

 

 

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