Numéro  51, 

  (Juillet  2001)

Amezwaru

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Tamazight, tazmamart nnidven

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Même les fleurs revendiquent leur berbérité

Par: Anarouz (Khénifra)

Je voudrais, si vous le permettez, exprimer mon point de vue sur le moussem des fleurs à la Kasbah de Meggouna organisé le 5 et 6 mai 2001.

On y célèbre chaque année  le moussem des fleurs. On y vient de toute part pour humer à grands traits le charme qu'inspirent les spectacles forains auréolés de fleurs et de couleurs. Marocains et étrangers admirent de la même façon les scènes de chants et de danses qui affirment des vertus artistiques considérables et confirment leur authenticité qui ne s'altère pas par l'usure des temps.

Cette occasion est marquée par la présence de hautes personnalités qui jettent un regard écrasant du haut de l'estrade sur les processions florales; elles étaient là pour applaudir et partager la même passion avec la foule emportée de joie et de bonheur.

Jusqu'ici tout est tolérable, mais ce qui est intolérable c'est la façon avec laquelle le présentateur anime et donne un supplément d'informations sur les scènes variées interprétées par différents groupes de la région:

* La première remarque porte sur la façon  anti-artistique avec laquelle le présentateur liquide sans scrupules chaque groupe de la procession, narguant toutes les lois de l'art. A peine commencée, la scène est réprimée par l'animateur en invoquant les applaudissements de “l'élite”  perchée sur l'estrade. Cela démontre le besoin de faire vite sans rien prendre en considération. En agissant  ainsi, le présentateur a bousculé le travail et le rythme artistiques.  Or, l'art est hostile à la répression et aux contraintes. Il a, sans aucun doute, gâché le plaisir de voir/lire le spectacle et a sûrement calomnié le spectateur. Cette attitude émane de l'absence/ignorance de l'éthique de l'art chez le présentateur. Il fallait prendre en considération et l'instance émettrice  qui a obtenu enfin  l'opportunité  de s'exprimer et de mettre en valeur ses potentialités artistiques  et de l'instance réceptive qui a fait le pèlerinage à Meggouna pour découvrir cet espace plein de merveilles.

* La deuxième remarque est relative à la langue dans laquelle s'exprime le porte-parole des fleurs (le présentateur). Il a utilisé la langue arabe même s'il la mal-maîtrise. On sait bien que la Kasbah de Meggouna  est un espace berbère par nature. Et même les fleurs s'expriment en berbère et revendiquent leur berbérité . Pourquoi a-t-on donc recours à l'arabe pour présenter un patrimoine amazigh?  Celui-ci a-t-il besoin de la langue arabe pour le découvrir et le comprendre? Ou bien le présentateur voulait faire plaisir aux arabes même s'ils sont minoritaires et a visé l'objectif communicatif? Si la dernière hypothèse est valable, ne vaut-il pas mieux présenter le moussem des fleurs dans une langue étrangère pour faire comprendre aux étrangers  qui étaient aussi nombreux que les Marocains,  les virtualités que recèle notre patrimoine berbère, et de surcroît, animer et encourager le tourisme? Ou bien la dislocation de l'amazighité  en la réduisant au silence  est une priorité devant laquelle aucun critère ne doit être pris en considération?

 

 

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