Uttvun 66, 

Mrayûr  2002

(Octobre 2002)

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La réunion de la vérité calculée

Par: Hassan Banhakeia

Le deux septembre deux mille deux est un grand jour pour le rendez-vous avec la vérité calculée. Ce jour-là, la forme et le but coïncident parfaitement dans un corps bâtard. Une ville amazighophone, dite Nador, va être jaugée sur tous les plans à la lumière des réalisations faites par le président de la commune. C'est sûr, y a beaucoup de choses à dire si l'on a l'intention de parler objectivement. L'on va entendre que cette ville est très sale, étoilée de trous et de fosses, munie de services pouilleux, dirigée par des responsables irresponsables… Mais, ce qui était encore plus intéressant à voir, c'est le fait d'assister à une «conférence» de presse présidée par un politique qui ne maîtrise aucune langue, qui a si honte de parler en tamazight jusqu'au point de s'aventurer «à la manière de Don Quichotte», hélas, dans la langue des autres, dans un arabe déchiqueté et un castillan pénible, qui arrive très tard, qui raisonne à force de hurler «bêtement», qui fuit les questions à la fin de la rencontre, cela est en plus d'être le comble de la bêtise, ne peut se passer qu'à Nador, dans le cercle de ses représentants..

Devant une cinquantaine de canards connus et inconnus, Yahya Yahya expose dans une langue «peu convaincante», des idées nostalgiques d'un temps où Nador était une grande ville bien organisée, sans les nécessaires trous sur les voies, dans les administrations et les fosses  indélébiles… Ce temps-là, existe-t-il vraiment?  Ce temps n'existe que pour l'addition «minutieuse» des comptes, des comptes à rendre, des comptes célébrés justement à la même époque, cinq ans avant, par le cousin Tariq Yahya, maintenant le coupable. Où va le destin de Nador immiscé totalement dans la saga obscure  des Yahya? Cette réflexion nous obnubile jusqu'au point de se dire dans quel téléfilm de quatre sous on se trouve inséré…

Ce jour-là, tout le monde a l'air curieux: voici revenu le temps des hommes honnêtes qui hurlent des lois, jurent de dire tout. Par souci constant de «mourir pour ce bout de terre»! Quelle leçon de patriotisme à l'orée des élections! Et la couleur rose, et la main tendue, symboles d'un parti précis! Travail niais assumé par un président! Le président tremble, il a peur: quelque chose lui fait défaut. A aucun moment, il n'ose nommer le cousin malimé, mais oui le gouverneur. Qui lui dicte ce comportement? Y a-t-il d'autres comptes circonspects?

Le discours cahotant est pimenté d'une série de photos réalistes dignes de Zola ou de Balzac: des mendiants, des fous, des clochards... Ensuite, des photocopies de chèques (pots de vin) et des spéculations immobilières et… et… Mais tout cela est naturel à Nador! A la fin, une allocution morale ou moralisante sur l'état des lieux de la ville. Au moins, y a un président consciencieux des faits! La vérité naît d'un pouvoir, d'un système ou d'un régime. Ces trois espaces la produisent, parfois la reproduisent. Où est la vérité alors? Qui croire?

Au fait, personne ne sait ce que défend le président de la Chambre de l'Artisant à Nador. Il est arrivé en retard. Il est parti très tôt, fuyant les questions de peur de se faire canarder. Des mains, invisibles et prestidigitatrices, tissent son discours: ficelé et argumenté dans un compact-disque offert aux journalistes dans un arabe parfait!

Faut dire, à la fin, les choses ont beaucoup évolué, et le cours retracé s'avère une aventure dangereuse ou une mésaventure pitoyable.

 

 

 

 

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