Uttvun 69, 

Yenyûr  2003

(Janvier 2003)

Amezwaru

 (Page d'accueil) 

Tamazight

Agherbaz ageldan n idles amazigh

Agdud n tghessiwin

Tiggaz di arrimet n wussan

Amezwaru n mayyu

Tinit n umuni

Hezzem

Tabnannwatv

Ictab i rebbi

Tighuyya

Français

Réflexions sur la graphie à adopter pour Tamazight

Un nationalisme acquis à la belote

L'importance de l'histoire amazighe

العربية

المعهد الملكي للثقافة الأمازيغية

من الظهير البربري إلى منح جائزة الأمير كلاوس لمحمد شفيق

اكتشافات أمازيغية

قراءة في الحكاية الشعبية الأمازيغية

عن النزوع الأمازيغي وهفواته

الأمازيغية في التصريح الحكومي

الأمازيغية في ليبيا

الأمازيغية من الإنعاش إلى العناية الخاصة

بلا تعليق

رد على اليزيد البركة

اعتقال نوميديا مرة أخرى بالحسيمة

عندما تعمي القومانية العقول

 

L'importance de l'éducation et de l'histoire amazighes pour la préservation de l'identité amazighe.

Par: Laazimani Abdelaziz "Anwal" (Meknass)

Je suis très heureux d'écrire à votre journal une deuxième fois et j'espère qu'il sera une habitude permanente pour moi de vous écrire et vous partager mes pensées.

Je suis un jeune amazigh de la région du Rif. Mes parents ont émigré à Meknass depuis longtemps pour gagner leur vie. Mais ils m'ont élevé, moi et mes frères, selon les traditions du Rif. Ce qui m'a permis d'être un homme droit, sincère et rigoureux dans ma vie et je suis fier de l'être. Depuis mes premières années au primaire, j'ai senti que je suis différent des autres élèves, d'abord ils me regardaient avec mépris tout le temps en me disant toujours la question suivante: Est-ce que vous êtes rifain? Je répodais: Oui, comment le savez-vous? Ils répondaient: Parce que vous êtes très blanc et vous ne parlez pas beaucoup. ہ l'époque je ne comprenais pas pourquoi ils me traitaient comme ça, je croyais que tous les gens ont la même base culturelle.

C'est une partie de ma vie personnelle, parmi beaucoup d'autres, où les autres m'ont aidé, sans le savoir, à savoir la prise de conscience de ma véritable identité rifaine (amazighe), que j'appartiens à un groupe distinct au niveau social, culturel… etc. C'est vraiment agréable ce sentiment de différence, que je suis différent des autres, que je fais partie d'un groupe bien distingué et bien connu par tout le monde. Ce que je veux dire par là que, en tant qu'amazigh, je suis conscient de mon identité sans être un politicien, un sociologue… pourquoi? Parce que ma famille me l'avait appris durant mes premiers jours jusqu'à maintenant.

Donc, l'éducation est très importante en tant que vecteur incontournable pour passer l'héritage d'un peuple d'une génération à une autre. Ce qui me pousse à penser que nous devons être actifs à ce niveau si on veut que certains arrêtent de dire qu'au Maroc on ne peut faire la distinction entre un amazigh et un arabe. Si on peut faire  la distinction, voilà un exemple: si vous allez maintenant aux USA et vous posez la question suivante à quelqu'un là-bas: Vous êtes qui? Il vous répond tout simplement: je suis un américain. Mais si vous lui demandez encore d'où ses parents viennent? Il va vous répodre de l'Irlande par exemple. Alors imaginons le cas d'un peuple qui vit depuis des millénaires sur une terre et que quelques uns qui arrivent juste hier et s'installent avec eux pour dire après qu'il est impossible de distinguer entre nous. Peut-être génétiquement oui, mais au niveau de la culture, des traditions, des habitudes, c'est autre chose, on peut faire parfaitement la distinction. C'est pourquoi je vois que l'éducation selon les traditions amazighes est très importante pour conserver notre héritage collective et notre identité.

Je pense aussi que l'histoire peut jouer un rôle très important dans la lutte pour l'amazighité du Maghreb. En réalité elle fait partie intégrante de notre identité. Personnellement, je ne sais pas trop de l'histoire amazighe avant l'arrivée de l'Islam. Il faut faire parler de notre histoire avant l'Islam sans honte ni peur. Nous sommes pas tombés du ciel, nos ancêtres vivaient ici depuis des milliers d'années, et selon les sociologues chaque groupe (humain, animal, extraterrestre…), s'organise, se hiérarchise, entre en conflit avec d'autres groupes, connaît des périodes de victoire, d'échec, de prospérité et de souffrance… en un mot écrit son histoire avec les autres groupes dans la vie.

Par exemple moi même je ne savais pas qu'il y avait auparavant un Roi amazigh “Massinissa” qui avait réussi à construire le royaume de Mauritanie (Maroc actuellement), qu'il y avait une reine qui avait combattu les arabes avec courage et sagesse. Le peuple qui ne s'intéresse pas à son propre histoire est condamné à être soumis par d'autres peuples à qui ils dicteront leur propre histoire. C'est ce qui nous arrive d'ailleurs. Il faut revoir notre façon de traiter notre histoire, il faut tirer des leçons des autres nations qui ont su sauvegarder leur mémoire collective. Par exemple Hitler a réussi à faire de l'Allemagne la première puissance en Europe aux années 30 et 40 parce qu'il a rappelé le peuple allemand de son histoire glorieuse sous des empires qui font couler beaucoup d'encore jusqu'à nos jours. La même chose pour la France chaque fois qu'elle sent que son peuple s'affaiblit. Très vite leurs politiciens intensifient leur rappel, par les faits et les paroles, de l'histoire très forte de la France. Nous devons faire la même chose, on doit faire connaître notre vraie histoire aux gens, il faut qu'ils sachent que nous sommes une grande nation, que nous avons nos héros nationaux de Massinisssa à Mohammed Ben Abdelkrim El-Khattabi.

 Pour conclure, je souhaite que tout le peuple amazigh:

-Doit savoir son histoire et faire savoir ce qu'il sait aux autres;

-Doit choisir un nom amazigh à côté de son nom habituel, obliger les autres à l'appeler par un nom amazigh et s'obliger lui-même à appeler les autres par leur nom amazigh pour s'habituer et retrouver l'identité amazighe cachée au fond de notre âme et corps.

-Doit mobiliser les moyens qu'il a pour lutter au niveau politique pour reprendre le pouvoir légalement et gouverner son pays selon les particularités amazighes.

-Doit constituer un fond, bien organisé et bien contrôlé, pour financer toutes les étapes, parce que pour lutter, il faut de l'argent. Nous avons des riches parmi nous, ils doivent donner de l'argent pour construire une base solide à toutes les initiatives amazighes.

-Choisir les personnes capables de lever le défi avec courage, des personnes qu'on doit soumettre à tous les tests nécessaires pour garantir leur efficacité.

Enfin, je déclare moi, Laaziman Abdelaziz Anwal que je suis rifain amazigh musulman et je jure devant dieu que je sacrifie ma vie s'il le faut pour voir un jour le nom du “Royaume Amazigh Marocain” écrit sur ma carte d'identité et mon passeport.

 

 

Copyright 2002 Tawiza. All rights reserved.