Uttvun 69, 

Yenyûr  2003

(Janvier 2003)

Amezwaru

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Tamazight

Agherbaz ageldan n idles amazigh

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Amezruy:

Un  nationalisme acquis à la belote

Par: Zaid  Ouchna

Voilà maintenant un quart de siècle que je transhume dans le pays, du long en large, du sud au nord et d'est à l'ouest. Par mes multiples passages, j'ai sillonné les déserts et les montagnes à la  recherche de la revendication de l'identité Amazighe. Dans la douleur de mes difficultés quotidiennes, j'avais peur d'un emballement de l'histoire, et par moment j'ai cru avoir perdu le chemin. Toujours mon petit sac accroché à l'épaule, tête presque baissée, j'étais toujours aux aguets de la nouvelle. Activités culturelles, séminaires,  réunions ou autres publications, tout ce qui la touche me sursautait. Je n'arrêtais pas de siroter pour la énième fois la question suivante:  TAWADA c'est pour quand?

J'ai fait de la capitale Rabat, et plus précisément de "Capri c'est fini" et de la MAP, mon passage obligé. Pourtant, je savais que ma position est drôlement particulière car je n'ai pas de cravate et cela n'a vraiment pas aidé à faire de moi un pain de milieu.

À l'image du travail d'abeille, j'ai accumulé des années durant ses valeurs, ses enjeux, sa philosophie et l'amertume de sa résistance et de sa persévérance. J'ai regardé comme  à la télévision se dérouler devant moi des scènes époustouflantes. Plus j'accumule des événements, plus je crois en pénétrer le sujet et moins je les comprends! J'ai enregistré presque passivement durant tout mon périple une foule d'impressions insolites. La délation et le mensonge sont une monnaie courante.

Accrédité par une curiosité toute Amazighe, j'ai relevé des thèmes tactiques dont la théocratie de notre pays en avait fait ses armes. Ils aspirent tous à un accident de l'histoire et à une monstrueuse déviation de l'identité Amazighe. Le principe général c'est le gommage à outrance de notre mémoire, de nos mœurs, de notre civilisation et de notre façon de voir le monde. Rien ou presque n'a été laissé au hasard pour avoir une légitimité au départ inexistante. Oui, presque car et heureusement  "on chasse le naturel et il revient au galop" comme on dit.

Durant mon parcours donc, mon attention s'est longtemps attardée sur cette tactique thématique utilisée pour l'épuration de la civilisation et de la culture. Sans doute elle est la plus spectaculaire!

Dans des publications en ouvrage, sur le terrain et par des témoignages, j'ai pu retenir le paradoxe. J'ai pu voire et entendre la théocratie se vanter des résultats obtenus de son usage du bourrage du crâne polymorphe.

 

Les thèmes tactiques:

1)-Le nationalisme

2)-Les "zzawaya"

3)-La politique de la terre

4)-La paupérisation des régions et des individus

5)-La propagande et les média

6)-Le travestissement toponymique

7)-La dépersonnalisation et la spoliation des valeurs

8)-La diplomatie extérieure

9)-La ligue arabe

10)-L'usage obligatoire de la langue arabe.

 

Le nationalisme

En premier et dans ce récit, je me limiterai bien entendu à ce nationalisme acquis hors des aspirations véritables de notre nation.

Selon le LAROUSSE, pour mériter le titre de nationaliste il faudrait au préalable valoriser la tradition de sa nation. Donc de transmettre la doctrine de:

1-Sa culture

2- ses coutumes

3-Sa mémoire et ses légendes…etc.

Il s'agirait au fait de ne pas couper le lien avec le passé.

  

La culture:

Dans notre cas, à moins qu'il s'agisse d'une autre nation, notre culture est en toute logique: l'Amazighité. Ceux qui prônent autrement ne sont à juste titre qu'une  mouvance  sectaire destructrice affichée de notre état d'être……..   

La mouvance sectaire n'y va pas par le dos de cuillère, elle a tenu à ce que le peuple amazigh tire ses fondements dans un  registre blanc. Pour mieux banaliser cette doctrine, elle s'était jetée, elle la première pour s'accaparer tout simplement le titre de  nationaliste! Cela, évidement,  ne répond à aucun critère mais elle voulait changer le cours de l'histoire et donc de faire perdre le "nord" à l'afrique. Quand je pense au brouhaha qu'elle  avait manifesté contre le dahir du 16 mai  1930 - que je revendique d’ailleurs - cela me donne de l'irisée. Il procurait pourtant juste  une miette de l'espoir  à la sauvegarde  de l'exception culturelle! On a certainement beau lui tirer des oreilles sur son importance et sur la corde sensible qu'il constituait. Comme nous la connaissons,  je n'oserai pas croire qu'elle soit dotée  de ce genre de faculté  de réflexion. D'où tire-t-elle ce courage à pouvoir même insulté l'indulgence et l'intelligence du peuple Amazigh? Il  n'y a pas de doute nous avons bel et bien  affaire à un missionnaire  dompteur.

 

Les légendes:

Je vous invite à remonter le temps.

1912:

La mouvance sectaire en mal de représentativité et de légitimité fait alliance avec les forces étrangères spécialisées à l'époque dans le rapt des terres des autres. Elle offrait des biens du Maroc comme  rançon contre sa protection.

C'est ainsi qu'elle signa un accord tripartite à Fès en 1912 baptisé "le protectorat", la mettant en prise d'une part, la France et L'Espagne de l'autre. Il prend effet à partir de la date de la signature jusqu'à l'an 1944. L'Espagne hérite de deux parties: le nord et l'extrême sud. Le reste, c'est à dire le centre devrait revenir de droit à la France.

Plus tard, les guerres éclatèrent. Notre pays était à sang, à feu et à sec. L'ombre de la mort s'est abattue sur lui, exception  faite du côté du territoire  du triangle d'or. On suçait la liberté aux imazighen pour les dompter. Il est vrai,  la naïveté du peuple marocain y est pour quelque chose! Comment peut-il laissé les autres se servir de ses propres  richesses contre lui? Comment a-t-il succombé devant la tricherie à la chéchia?

La guerre du Rif:

De 1921 à 1927 la guerre du Rif  avait occupé la une de la presse mondiale. Pourtant elle était hors des frontières des pays  concernés d'une manière directe.

Le 5 août 1925, l'armée espagnole a multiplié son arsenal  militaire terrestre, aérien et maritime au golfe d'Alhoceima. Au 7 septembre de la même année, il y avait plus de 36 navires de guerre dont un porte avion, 63 frégates d'hommes. Le tout était appuyé par plus de 100  avions de combat. L'enjeu était évidement de taille, il fallait éradiquer l'armée de Abdelkrim Al khatabi qui n'avait qu'une seule foi: défendre l'honneur de son pays. Par une détermination et un courage qui n'ont pas d'égal, elle  a tenue en échec et pour longtemps l'armée espagnole. Il a fallu avoir  recours  à des armes chimiques que l'Allemagne lui procurait (ce même gaz  toxique usité par Saddam Hussein contre des Irakiens non arabes et conseillait à Houari Boumediene son utilisation  contre les kabyles en 1981).

La mission était évidemment claire, c'était d'éradiquer les "berbères". Pour se faire et comme ce n'est pas suffisant, l'armée française bloquait la frontière sud du Rif. Elle avait porté ses effectifs à prés de 160 000 hommes et sous la houlette du maréchal Pétain un des héros de la première guerre mondiale.

Comme dans une arène le taureau amazigh subissait des coup de partout sous la olé et les applaudissements des "R" boursouflés dans les tribunes.

Les guerres du moyen Atlas:

De l'autre partie sud du pays appelée côté "français", la résistance des Imazighen faisait rage. Pour ne citer que les guerres célèbres comme celle d'Elhri à Khnifra le 23 novembre 1914. Les compatriotes affrontaient non seulement les forces françaises mais également les "mercenaires. En effet, les traîtres venaient au secours du colonisateur D'un coté ceux qui défendaient leur territoire  contre l'envahisseur, de l'autre ceux qui servaient le serviteur. Mouha ou Hemmou Azayyi et les siens qui connaissaient le vrai sens de l'endurance allaient perdre des centaines des leurs.

Allez donc chercher dans les archives de l'histoire et vous verrez ce que signifiaient les batailles et des guerres de:

-La guerre d'Ayt Sekhman de 1916 à 1930.

-Les batailles de Timehdit

-Les batailles de Tizi n Zzou (Tounfiyet)…. etc.

Les guerres du sud-est:

1)-"Is di-gzegh g Baddou!" (Je ne suis quand même pas descendu de Baddou!). Cette expression est encore d'usage dans le parler de cette région. C'est pour signifier à son prochain d'une façon générale qu'on ne commet pas de forfaiture. C'est aussi pour dire avec fierté qu'on est patriote. En effet, les séquelles de la guerre de  Baddou et celle de Hemdoun avec, sont toujours vivaces dans les esprits. Quand elle éclatait en juin 1933, Imazighen fuyaient leurs demeures et vidaient leur igherman. Armes à la main, femmes et enfants devant, ils se dirigeaient tous vers une même et unique direction: la montagne de Baddou. Ils avaient laissé derrière eux  leurs biens et leurs richesses à la grande satisfaction des traîtres incultes.

La France de son côté descendra de tout son poids, elle voulait anéantir le dernier bastion qui persistait. Cinq généraux attaquaient la montagne de Baddou des cinq côtés. Le général Hure du côté de Tinghir; De Bouisson venait de Tadla, le général Girou prenait la rive d'Imetghern et le général Perrons venait du sud.  Le ciel quand à lui; il pleuvait des bombes. De toute évidence; les patriotes qui n'avaient alors que des armes à répétition perdaient des centaines de leurs braves.

Lorsque l'armée coloniale les ramena de force dans leur igherman, ils étaient anéantis. Les blessés, les femmes  et les orphelins quêtaient leurs propres biens dérobés par les soumis et les traîtres. Pour survivre, ils étaient tenus de céder des parcelles de terrain contre une galette de pain. Le tournant de l'histoire commença alors ici car la bassesse prendra le dessus sur la vertu. Le prolongement de cet enjeu a causé beaucoup de mal aux générations qui ont suivi. Là où le bas blesse  c'est quand le soumis est  travesti en notable.

2)-Un peu plus vers le sud, dans les hauteurs du petit atlas, la guerre de Saghro et Bougafer éclata bien avant celle de Baddou et Hamdoun. آssou ou Baslam et les siens affrontaient pendant des années le colonisateur et ses légionnaires. Les avion, les chars et les armes automatiques de l'époque usités contre ceux qui n'ont de dieu que dieu et la détermination de faire honneur à leur  nation. Le 24 mars 1933, l'Amghar n taghya n ilemchan décida de sauver ce qui pouvait l'être encore- la mort dans l'âme.

3)-En 1935, Zaid ou Hmad et Sâid ou Hmad décidèrent d'agir à eux seuls! Ils réussirent à semer la terreur dans les casernes des légionnaires à Asoul, Ait Hani, Aghbalou n kerdous et à Tinghir. Rien qu'à eux deux, ils venaient à bout des forces de l'ennemi dans un total de sept accrochages. Une seule question les tourmentaient: que venaient faire ces colons dans notre pays?

4)-Mouha Azeggwagh, une figure emblématique à l'image de Zaid ou hmad, a participé à toutes les guerres survenues dans le sud-est. Il constitue à lui seul une légende dans l'histoire - la vraie  du Maroc.

Le sud:

Ait Baâmeran, constituaient le rempart et le symbole même de la résistance de notre pays.

Question:

Quels  sont les vrais faux nationalistes?

Tout le monde connaît la réponse par cœur, à force de forger…!

 

Sur le terrain : la mémoire

Un pays qui a connu des légendes dans son passé comme le notre ne peut qu'être jalonné et jonché de cippes pour la réminiscence. Quoi de plus normal diriez-vous? Si le monde d'aujourd'hui progresse de cette manière, c'est en partie grâce à sa mémoire. Comme on dit: "un peuple qui  ne sait pas d'ou il vient, ne saura pas où il va".

Pour Imazighen, cette  règle n'est pas de mise. On leur a souhaité le contraire et on les veut amnésiques. J'ai beau chercher dans les quatre coins du pays le moindre indice qui va dans ce sens. Résultat: de mes propres yeux j'ai vu les effets pervers d'une idéologie immonde. Oui, sur les tombes des Imazighen, j'ai vu  des stèles à la mémoire et à la gloire de l'occupant et du colonisateur. En voici quelques unes:

1)-Stèles:

En exemple, je citerai les stèles édifiées  à la mémoire et à la grandeur des héros français tombés sur les champs de batailles lors de la colonisation de notre pays.

Edifiées en monuments avec des inscriptions juste à côtés des tombeaux des Imazighen; eux gisent là par terre sans scrupule et sans épitaphes. C'est comme  si L'Allemagne plantait ses stèles à la Drome ou au nord de Pas-de-Calais ou alors à la défense à Paris à la mémoire et à la gloire des nazis.

2)-stèles:

 Sur les hauteurs d'Aghbalou n Kerdous au nord de Tinejdad, s'est édifié un monument aux plaques d'orées. Il y est inscrit des noms de ces personnes qui ont signé une pétition dans l'ombre en 1944, c'est  à dire la fin prescrite du protectorat. Ceux là mêmes qui traitaient Imazighen de sauvages lors des accords d'Aix-Les bains entre les mains béatifiques d'Edgar faure.

Plus tard et  en guise de récompense, les "berbères" héritent d'un jour férié pour commémorer cet événement!! La date choisie n'est bien entendue pas  due au hasard, elle est  venue faire outrage et masquer  les festivités de chaque fin d'année de l'an Amazigh.

3)-Plaques commémoratives:

 Dans les villes, des villages  et maintenant des igherman également, on y voit des plaques d'inscriptions et commémoratives. Elles portent  en majorité les noms des dignitaires de Damas, de Bagdad et d'Arabie, tous des étrangers.

4)- Au cimetière de Goulmima  Ksar, on a  édifié une stèle de Mohamed el korri  carrément sur les tombes des Imazighen! L'école de la place porte également son  nom! Et dire qu'il ne faisait que passer par cette localité. Il était certainement de la bonne graine!   

 

D’autre part  en 1935:

Quand la nécessité de s'organiser  s'est faite sentir pour prendre la relève, la mouvance sectaire se regroupa pour fonder des cadres politiques. Elle voulait former une oligarchie au détriment d'un peuple qui se bat encore dans les montagnes pour sa dignité. La règle est toujours la même,  il faudrait qu'elle soit la première  avant que les «berbères», aujourd'hui  meurtris, ouvrent les yeux. C'est ainsi qu'elle fonda un parti  politique et de surcroît: Fasciste! Elle s'était inspiré bien entendu du modèle Mussolinien et Hitlérien avec lesquels elle aurait  noué des relations au préalable. Hitler disait: «Tant que le  mensonge est grand, mieux  le peuple le croirait!». C'était ce que voulait la mouvance sectaire. Elle baptisa son mouvement «Fityana qawmi». Leur hymne a été composé par un certain M. Tangui  et s'intitule: «Enfants de ma patrie» dont voici quelques extraits très révélateurs:

Ya qawmana!

Hayya bina  nucayyidu biladana!

Sahila  al jabal!

Li lâula ssawaima

A yarhamu hada al watan

Antum banu hada azzaman!

Ya qawmana!!!

Elle gesticulait également des slogans du genre suivant:

"Si nous détenons le pouvoir, le soleil ne se lèvera au Maroc que sur nous"

 Et dire qu'elle est dans  la position de l'affluant.

 

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