Uttvun 70, 

Sinyûr 2003

(Février 2003)

Amezwaru

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Tamazight

Max tsul tegdelt n izewlan imazighen?

Imazighen n Lmughrib

Tikli n walutv agd bungal Buzeggu

Agdud n tghessiwin

Yat n tebrat

I Mimunt umi turi

Attvan n usoarreb

Tamazirt inu

Asekud

Fus inu

Tissas n wawal

Awal

Français

Hourvari morbide d'"Attajdid" autour de la graphie

Le gouvernement Bouteflika

Faire honneur  amazigh, notre grand-père

2M TV et tamazight

La lettre 'O' en tamazight

La délégation d'Errachodia sort de sa caverne

العربية

لماذا الاستمرار في منع الأسماء الأمازيغية؟

حول اعتقال الأسماء الأمازيغية

الحزب الإسلاموي يحيي الظهير البربري من جديد

عندما يرتهن قدر المغرب بمصير الأمة العربية

استحالة تقعيد الأمازيغية باستعمال غير الحروف اللاتينية

عن النزوع الأمازيغي وهفواته

عن تعريب الأرض والإنسان

ميلاد مدينة الحسيمة

عبد الكريم الخطابي

أبو لهب ليس جدي

المعهد الملكي في مفترق الطرق

بيان لمجموعة من المثقفين الأمازيغيين حول الحرف

بيان استنكاري من النيف ضد أصحاب التجديد

أمازيغيون من ليبيا يهنئون محمد شفيق

إصدارات جديدة أخرى لمكز طارق بن زياد

 

Hourvari morbide du parti islamiste autour du prétexte nommé choix de la graphie.

Par: Hassan Banhakeia (Université d’Oujda)

 

«Et j'invite ici ceux qui sont tant soit peu atteints de cet absurde vice à ne pas avoir l'audace de se présenter à ma vue» (Clôture de Voyages de Gulliver, Jonathan Swift)

Je veux parler ici, comme contraint de dire quelque chose sur cette campagne naissante à arôme latifienne qui resurgit dans les journaux marocains, de la contrebande, du braconnage et de leurs connivences logiques avec l'amazighité. Chose bizarre. Vrai, très bizarre. Mais c'est une tranche réellement réelle. Y a des correspondances ou des parallélismes ahurissants entre ces trois domaines où il y a un blessé, un traqué, un illégal ou un pauvre (portant le nom amazigh) qui est vu comme un danger imminent, et l'agresseur, le braconnier, l'adminstrateur ou l'exploiteur comme un martyr. La victime est de fait tamazight, peut-elle survivre dans ces mâchoires aboyantes des Gorgones? Cela est aussi vrai tout au long de l'histoire; cette campagne s'insère dans un enchaînement latifien. Son ordre reste une inconnue…

S'il vous plaît, laissez tamazight faire son chemin librement! Pas de menace! Pas de consigne! Pas d'ordre!

Tout cela est clair dans le dossier d'«Attajdid» (depuis peu) et d'«Elasr» (numéro 248) sur la graphie. Généralement, cette «affaire latifienne» me rappelle les Voyages de Gulliver où le narrateur mélange incidemment les dimensions et les aspects physiques du réel pour en faire quelque chose d'esthétique. Cela demeure naturellement du fictif. Mais que les fameux docteurs, politiques et linguistes aillent jusqu'à vendre le lilliputien comme un genre suprême ou un outillage monumental. Cela, s'il vous plaît, ne tient pas debout dans un univers qui ne peut s'asseoir sur aucune base préétablie ou fixe. Cela sera du cinéma spaghetti.

Laissez les Imazighen déterminer le destin de cette culture mise curée dans un espace où les opportunistes, les rancuniers et les hypocrites se déclarent amazighement philanthropes.

Après la marginalisation applaudie de tamazight par des institutions étatiques depuis l'Indépendance qui était synonyme d'effacement, d'absence ou de vide, voilà une autre marginalisation qui s'avère plus composite par un intérêt étroitement démagogique. Ah, ces élections nous tuent! Et tout cela se passe dans la presse marocaine, l'espace des intellocruels. De la marginalisation, Saad Eddine Al Othmani en sait beaucoup: «La marginalisation de tamazight est manifeste surtout de son expulsion de l'enseignement». Triste! Quelle conception de la marginalisation qui devient en elle-même impensable!

Maintenant, tandis que la «Réconciliation» nationale avec l'amazighité du Maroc, dans un charivari de pétitions apocryphes, de nombreux articles «à vendre» comme du saumon frais, d'une série de communiqués fabriqués toutes pièces, prend son chemin naturel à travers virages et routes tortueuses, conquiert enfin des esprits illuminés et rassure les hommes de décision suprême à voir clair, le journal commence à divaguer terriblement. Ah, de ces deux parties, qu'en sait-on? Tandis que les scientifiques de la fameuse politique d'arabisation viennent à la nage, au vol et à la course, au secours de l'amazighité en déclarant la grandeur de la graphie arabe «universelle», le journal renouvelle sa bonne foi électoraliste envers cette culture du troupeau. Ah, que faire hic et nunc?

Sur l'autre rive, les militants amazighs hésitent trop: ils veulent jeter aux mille vents leur construction de résistance identitaire.

Du dossier, il faut dire des choses ou se taire à jamais. اa et là, dans ces articles «à vendre», se présente un argumentaire, de nature stérile, qui ne peut se détacher, explicitement ou implicitement, d'une redondance tonnante: l'amazighité du Maghreb est dépendante de l'arabité du Maghreb. Ah, le dahir berbère! Ah, les latifs! A la graphie de suivre le chemin habituellement logique des coutumes (du dahir berbère)!  اa et là naissent subitement des thèses de la bouche de ceux qui n'ont jamais reconnu l'amazighité comme l'essence de l'Afrique du Nord. Ah, des thèses objectives et positives!

Néanmoins, les mots «tolérance», «fraternité», «unité», «différence», «respect», etc.. reviennent sans éclat dans un discours démagogique. Ce lexique qui est digne d'une campagne électorale, mais pas d'une réflexion constructive, revient à tort et à travers dans le dossier. Où est le seuil de la tolérance? Où est la fraternité? L'unité? Où sont les règles de la différence? Et le respect? De tout cela, n'en parlons pas: la force de la langue de bois y est fausse consistance. Ce serait courir les chimères d'une histoire interminable. Au fait, l'on brade dans ces articles «à vendre», gratuitement l'irrespect envers ceux qui ont lutté, luttent et vont lutter pour que l'oubli élaboré n'ensevelit pas l'amazighité du dit Maghreb. Et cette cause tant défendue, devient la cause de tout le monde.

Laissez tamazight, s'il vous plaît, loin de toute vulgarisation destructrice!

Dans l'inconscient de ces articles, le lecteur peut parfaitement saisir une classification présentée par des auteurs prétentieux. Heureusement, ils partagent les mêmes préjugés sans le savoir! Dans leur imaginaire «structuré», il y a une classification précise où:

-Tamazight: cette langue / culture dépend naturellement, logiquement et symboliquement de l'arabe;

-Arabe: cette langue / culture est de fait une totalité sacrée;

-Français: cette langue / culture est en train d'agonir en Afrique du Nord. Citons: «La graphie arabe est plus répandue que la graphie francophone! et l'arabe est plus répandu que le français bien que ce dernier reçoive d'énormes subventions, et les chercheurs assurent que le français ne va pas survivre plus d'une décennie et après il va mourir». De la mort des langues, l'on sait beaucoup. L'homme, hélas, en sait beaucoup.

-Autres langues: Ces langues étrangères ne servent à rien. Elles ne font qu'aliéner le maghrébin.

Sans aller dans les détails, la situation des langues au Maroc doit, toujours selon les auteurs, verser dans l'arabisation montante.

De même, un tel schéma est intéressant à étudier. Il peut être comparé à une échelle:

1.-Le dernier échelon est, bien sûr, réservé pour tamazight;

2.-Le faîte de l'échelle est assurément la place de l'arabe.

D'autres échelons existent, d'autres langues n'existent rien que pour aliéner le marocain. Le dernier échelon, là où gisent la souillure, la fracture et le glissement, doit rejoindre le faîte, tamazight l'arabe pour une symbiose par la graphie! Ah, tout va se casser! Où est la reconnaissance de la différence?

Mais, que présente Abu Zayd Almoqrie El idrissi? De façon péremptoire, il mène une réflexion triste, digne d'un crocodile en larmes: il avance la fin de l'arabe, et le français et tamazight langues courantes, vivantes et en plein essor. Oh, combien ses prévisions sont blessantes! Elles se terminent par l'éclatement du Maroc, cet éclatement n'est au fait que l'émiettement de ses idées obscurantistes. Dans sa vision, rien qu'une couleur transperce les choses, et combien la cécité s'avère évidente!

Ainsi, que faut-il faire? Tamazight, en croissant, va atteindre l'arabe et se confondre avec. C'est bien ce qu'on appelle: l'arabisation, l'élimination effective des limites et des différences. Où est le respect? Où est la dignité? Où est la foi qui protège l'homme? Pour cela, la graphie arabe peut servir à beaucoup.

Comme nous le savons tous, tamazight est mise sur l'échafaud par l'arabisation en Afrique du Nord. Et le bourreau (ou les bourreaux, combien ils sont nombreux et intelligents) ne réussit pas son coup magistral et fatal à cause de cette âme millénaire qui hante encore ce corps décapité. Ce corps est millénaire, il peut mettre au monde des enfants analphabètes ou «aliénés». Analphabètes car ils ignorent l'alter lingua. Aliénés car ils ignorent leur langue maternelle. Et voilà  madame Majdouline Nebbihi qui met au devant sa science «sans idéologie», reconnue comme membre de l'Institut d'arabisation! Naturellement elle avise, elle ose sauver tamazight qu'elle trucide quotidiennement au moyen d'un salaire appétissant, dans «un Institut des études et des recherches d'arabisation (qui) nous lègue des recherches et des cadres». Dans son intervention, je comptais y lire la science, mais sa science (qu'on appelle la linguistique scientifique) se métamorphose en un discours à quatre sous, propre d'une démagogie révolue.

Laissez en paix les blessés culturels, les handicapés linguistiques et les greffés sans identité!

Seulement, il faut vous reconnaître une chose. Je salue en vous l'audace à persévérer à inverser le monde sans le renverser. Le choc serait terrible. Inverser pour égarer les esprits et confondre même les illuminés. D'ailleurs, «au cas où c'est le choix de la graphie latine, la mouvance va descendre dans les rues».  Cela n'émane pas d'une position de respect de la différence, mais d'une rancune millénaire qui essaye de réfléchir tout ce qui peut éveiller les Imazighen.

Car il y a un péril, et cette manifestation «virtuelle» ou proposée peut éviter cet écart entre les berbères et les arabes par le biais de la graphie!  Cela paraît insensé au XXIe siècle, ce n'est plus 1930! Il n'y a pas d'ennemi exogène qui peut tout légitimer…

Les articles «à vendre» cherchent à faire de nouveaux prosélytes à la destruction de tamazight déjà sinsitrée! Vous lancez des hourvaris, mus par la rancune millénaire. Des hourvaris pour une culture détruite, une langue traquée et un homme blessé économiquement. Ces trois êtres veulent continuer à vivre, mais non devenir autre chose comme cela est conçu dans votre programme. Se métamorphoser symboliquement, spirituellement et physiquement en arabe. De par votre foi qui reconnaît ces trois êtres en tant qu'islamisé, musmulman et islamique, que faites-vous? Vous cherchez des prétextes pour commencer la chasse, pardon le braconnage. S'il vous plaît, ne faites pas du chasseur une bête traquée, ni d'un bourreau un décapité, ni d'un honnête homme libre un contrebandier, les imazighen sont des citoyens marocains. Ou bien est-ce là une reconnaissance implicite de l'Erreur?

S'il vous plaît, tamazight n'est pas de la contrebande? C'est-à-dire un produit étranger, importé illégalement et un danger pour le national….

A propos, votre titre faux «Maghreb arabe» qui revient dans votre discours «démocratique», peut à lui seul résumer l'arrière-plan de votre raisonnement, cette construction qui accepte amplement la différence! Sachez, tamazight est votre alter ego, elle ne peut pas former votre ego.

Le comble de la bêtise de ces dossiers est un faux article «bidon» intitulé «La France opte pour tamazight dans ses écoles», là l'auteur anonyme prostitue abusivement à force d'avancer des idées «respecteuses» envers l'héritage berbère. L'auteur, sans rien perdre de son objectivité constante, avance que les arabophones sont plus nombreux en France que les amazighophones. Peut-être, il possède des statistiques, résultat d'un recensement personnel… Puis, le nombre de dialectes berbères est justement (ou scientifiquement) de cinq mille! Pourquoi pas cinq mille un ou quatre cent quatre-vingts dix-neuf? Oh, maudite précision! Elle ne concerne que ces objets parlants que sont les Imazighen de l'Afrique du Nord. Ensuite, le mot «imazighen» est d'origine arabe; il signifie: un type fort et impétueux. Cela est faux: regardez l'Histoire. Les Imazighen, plutôt, sont ces orphelins de la Méditerranée. Le couronnement du mensonge s'achève par une définition de la langue berbère qui est dans son usage actuel un prolongement d'un mode de la langue arabe. Toutes ces «verités à vendre» sont pardonnables car le règne de l'ignorance est omniprésent quand «MZGH» résonne dans les oreilles maghrébines, mais ce qui n'est pas pardonnable pour vous devant Allah, c'est le fait de citer des français, des juifs, des américains et… pour parler de la vérité objective autour des frères imazighen! Et vous osez dire: «Tamazight est la langue de tous!». Quelle mauvaise foi!

Qui croire maintenant? Si Abdelaziz Tahiri ose parler d'«arabisation volontaire» et encore de lettres nationales, Ahmed Herezni avance que tout l'héritage marocain amazigh est écrit en arabe! Ah, les voiles de l'oubli tombent maintenant! L'on se rappelle enfin l'existence de quelque chose! Et voilà c'est très important car on l'a méprisé, on l'a détruit, on l'a altéré !

Et Raissouni encore de dire les quatre vérités nécessaires pour l'éclosoion de tamazight, pour le développement de la culture marocaine. Voilà le bon sens! Voilà le bon usage! Une équation est claire dans sa tête:

-écrire tamazight en caractères latins est un choix colonialiste;

-par contre, écrire tamazight en caractères araméens est une insistance sur l'identité musulmane.

A la fin, où est tamazight dans tout cela? Définir par l'altérité? L'altération au lieu de définition?

S'il vous plaît, nous sommes d'ici. Nous ne pouvons pas être des bêtes traquées ni des objets de contrebande! La vérité, ce ne sont pas ces hourvaris méchants, y a autre chose: Derrière cette campagne autour de la graphie; c'est plutôt la scolarisation de tamazight qui vous tracasse tant…

                                                                                 

                                  

 

 

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