Uttvun 71, 

Krayûr 2003

(Mars 2003)

Amezwaru

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Tamazight

Zeg "wmenghi n usekkil" ghar unna n tifinagh

Imazighen jar weoraq d useoraq

Mayemmi ur temmuted ula d cek di Fransa a Oebbas

Taserdunt n isemdval

Imazighen n imal

Tudert i tmazight

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Un exemple d'amazighophobie

L'adoption de tifinagh, un choix de sagesse

Quand certains islamistes dénaturent la religion

Sur l'organisation sociale et politique d'imazighen

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الأسلامويون والأمازيغية

هي لغتنا ونحن أولى باختيار حرفها

 

 

 

 

Quand certains adeptes de confréries islamistes, métamorphosés en politiciens ségrégationnistes tronquent et dénaturent la religion du peuple.

Par: OUA CHRINE Lhoussaine (Fès)

 

Nous n'avons pas la prétention d'officier ni en théologien féru, ni en docte exégète en dénonçant des aberrations outrancières qui interpellent tout marocain probe et conscient du changement longtemps attendu et qu'essaie d'opérer actuellement notre pays. Alors que notre Souverain ne cesse de décongestionner la situation par des mesures à peine à leur début, particulièrement la restauration d'un glorieux passé à la nation qui est la fille de son histoire parcourue de hautes épopées le long des millénaires, des mauvaises volontés d'individus suspicieux, mercenaires à la solde des lobbies qui dénaturent le monde islamique, surgissent pour semer le doute et le trouble dans l'esprit d'un peuple qui est confronté à d'autres impératifs fracture sociale, chômage endémique ainsi que la civilisation et la culture entitaires marocaines qui consolident son unité et qui sont les priorités de l'heure.

Depuis déjà des années, des individus pétris dans leur infatuation narcissique, comprimés dans une mentalité façonnée dans des cloîtres idéologiques obscurs publient leurs humeurs haineuses dans des journaux qui ne cessent, et chose paradoxale, de revendiquer avec ferveur une déontologie devant moraliser les moyens d'information.

Qui n'a pas lu les insanités d'ignorants enthousiastes qui laissaient libre cour à leurs fantasmes d'hystériques misonéistes et misogynes dépravés:

--Un avocat de Meknès qui jouait aux puritains avait outragé tous les berbères à cause d'une affaire isolée qui s'est produite à Al Hajeb et où étaient impliqués des femmes venus d'autres milieux!.

--Un autre simpliste a publié que Tamazigh n'a que quelques 300 vocables alors qu'un jeune universitaire en chômage a réalisé une nomenclature de 4000 noms de végétaux uniquement dans la région de Khénifra. Le jeune auteur n'a trouvé aucun mécène pour publier cette beauté ignorée de toute la presse régionale et nationale!.

--On a publié des inepties d'un adolescent attardé dans Ai Ahdate qui cita bêtement des clichés qui font l'humour quotidien dans les souks marocains (Fassi Laqraâ, Aroubi chrif...) en oubliant (Chelh al Khanz (puant) que réservaient certaines familles bourgeoises de Fès à leurs concitoyens.

Quant aux césars romains marocains, véritables fabulateurs Don quichotistes qui n'appartiennent ni à la «race» des conquérants ni à celle des vainqueurs, ils continuent d'écrire et d'appeler Berbères les imazighens qui portent leur éponyme depuis plus de 4000 ans. Et quand ils veulent tout simplement les aliéner, ils leur affublent le nom d'arabes, alors que le substantif «arabe» signifie dans l'hébreux et le perse «Homme du désert»: Arubu, arubi....... Alors les marocains quand ils ne sont pas «barbares», ils sont «hommes du désert». N'a-t-on pas lu que les amazighens sont nés arabes!! Les plus doués de nos jaunes mystificateurs étalent avec certitude que tamazight est une invention du Dahir berbère. Pour ces ambitionnants d'utopies anté-médivales les recherches scientifiques sont tout simplement frappées d'exclusion. Mais le plus révoltant dans tout cela est que ni l'Etat ni ses penseurs n'ont jamais apporté un démenti ou un éclaircissement à ces allégations que publient et font circuler perfidement les ennemis de la cohésion et de la paix du peuple.

Si par une certaine tolérance qui va jusqu'à l'acceptation du mépris, ou par un simple dédain opposé par ceux qui avalent tout à ces machinations, adoptant peut-être cette morale : «la caravane passe, les chiens aboient », l'amazigh, l'arabe ou dans leur entièreté équitable l'arabo-amazigh ne réagit pas devant un comportement impopulairement anti-national, il est manifestement intolérable et cela constitue même un manquement au devoir de taire et de laisser agir des individus appartenant à des courants démagogues, absolutistes déviés de s'arroger le droit de censurer, de condamner, de boycotter et de violer les droits et les libertés des marocains au nom de leur conception particulariste de l'islam, et pis encore au nom de tout le peuple marocain.

Ainsi, les récentes aberrations qui triturent lâchement la dignité de la personnalité culturelle et historique du peuple concoctées dans le journal «Attajdid» du PJD ne sauraient laisser indifférents les marocains qui militent pour l'institution d'un Etat de droit, ces marocains toujours épris de justice et soucieux de la stabilité de la nation que doivent réguler immanquablement les principes de réciprocité qui fondent tout consensus communautaire autour de la paix et du respect de l'autre tels que véhiculés dans les traditions séculaires marocaines et qu'on retrouve énoncés dans les conventions internationales des Droits Humains signées par le royaume du Maroc.

Sans nous étendre sur tout un fatras de flagrantes manipulation des réalités historiques et culturelles concoctées dans les éditions cléricales du PJD que sous-tend une exploitation éhontée, nocive et préméditée des acquis nationaux, brutalisés dans un prosélytisme abominable, nous dénonçons et réprouvons ces atteintes manigancées contre l'entité civilisationnelle marocaine dans toutes ses composantes. Une surenchère de sournois mythomanes obscurs qui défigurent et rejettent toutes vérités scientifiques. Pour eux l'archéologie, l'ethnologie, l'histoire ... ne seraient que de simples fables. Et les voici qui défigurent même les messages humanistes du coran qu'ils marginalisent pour vénérer et sacraliser une langue et sa graphie. Peut-on donner un caractère sacré à des simples moyens véhiculaires que sont toutes les langues, Tamazight comprise!.

Au niveau de l'histoire de notre pays qui appelle une révision et une mise à jour urgentes et sérieuses, par des chercheurs probes, l'on relève un balayage voulu puisque les souverains marocains qui ont dirigé des soulèvements patriotiques contre les envahisseurs, particulièrement les atroces guerres des rois Amazighs contre les romains semblent ne faire guère honneur à ceux qui se complaisent dans un pan d'histoire ambigue qui occupe à peine le quart de plus de 40 siècles de présence et de lutte amazighes dans l'Afrique du Nord. Le dernier Roi, Juba Il est toujours romain pour les auteurs d'affabulations bien que son père Juba I fut l'un des grands patriotes farouches qui se suicida pour ne pas se soumettre à la domination de César.

Depuis l'ancêtre nationaliste Massinissa, les Rois Amazighs ont toujours été de grands défenseurs de leur patrie et nous ont légué une terre libre et que veulent perfidement occulter les justiciers des causes invalides. Certains faux musulmans du Maroc, pétris dans leur narcissisme prétentieux les empêchant de distinguer et d'identifier l'Autre au mépris des critères de la morale de notre Islam et de la science universelle.

Inutile de rappeler à Si Benkirane et acolytes les 36 années de guerre qu'ont livrées aux occupants les montagnards Imazighen et qui ne vont pas les émouvoir puisqu’ils croupissent dans leurs fantasmes. Les 600.000 morts dans les Atlas et le Sud en plus des victimes du Rif dont on ignore le nombre seraient des impies ou des hordes sauvages puisqu'ils ne parlaient pas l'arabe mais adoraient l'Islam mieux que certains exégètes pharisiens qui rêvent dans leurs doux salons sur des proclamations processives contre la culture marocaine. Et les voici qui s’arment de leurs flèches empoisonnées contre la cohésion de la communauté marocaine puisqu'ils ne se réfèrent qu'aux versets coraniques qui parlent de la langue et de la société arabes, occultant intentionnellement ceux qui évoquent ou parlent d'autres communautés humaines. Le temps fera découvrir ceux qui les subventionnent pour comploter contre le Maroc et ses communautés que diversifient un façonnement géographique protecteur mais entitairement unies.

Veulent-ils expurger le Coran? Puisque notre Coran cite des prophètes, des saints et des personnages des religions d'autres peuples qui ne parlent ni n'écrivent l'arable, ils vont peut être les extraire du livre Saint comme ils en interdiront toutes les copies interprétées dans d'autres graphies qui circulent dans le monde, ou bien la graphie latine est uniquement un «La-Yajouz », un interdit pour Tamazight. Alors au lieu de déverser dans des commentaires anti-religieux et anti-scientifiques, une Fatwa leur épargnerait tant d'élucubrations

Pour eux, même les croyants musulmans non-voyants ne devraient pas lire le Coran dans le Brail selon les nouvelles conceptions de l'Islam péjédiste (du PJD).

L'ignorance de tant d'obscurantistes de chez nous dépasse tout entendement humain. Mais à quand la loi réglementant l'information? les faux judicieux «adalistes », ne sont-ils pas justiciables de leurs graves accusations contre les marocains en général? Le mouvement culturel Amazigh manque de moyens et ne peut éditer un quotidien tel que le papier de Benkiran et consorts! Mais qui finance cette presse liberticide?

Et que fait l'Etat dans tout cela? A part des courants déstabilisateurs par le trouble qu'ils sèment et qu'il avalise quand il les érige en partis politiques, l'Etat n'a apporté aucun remède à la culture nationale au niveau de la communication et de l'information par la création des stations de télévisions régionales, par l'encouragement de la culture où doivent se reconnaître et s'ouvrir tous les marocains les uns aux autres.

Si le Maroc est un Etat dont l'Islam est la religion, pourquoi alors encourager des confréries notoirement dévoyées à s'instituer en partis politiques? Mais à ce rythme, nous aurons d'ici peu plus de partis islamistes que de partis politiques proprement dits. La sainte culture Tamazight est dans toute cette nébuleuse acculée au statut malheureux de damnée éternelle et que n'importe quel méconnaissant tonitruant peut subjuguer de ses fantasmes extravagants les plus hideux et pervers.., et impunément!

(Fès, Le 30-12-2002)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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