Uttvun 75, 

Sayûr 2003

(Juillet 2003)

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Au chevet des Igherman du Sud-est

Par: L . Ideflawen (Tinejdad)

Que serait le sud-est sans ses beaux igherman, ses oasiens, ses montagnards et ses nomades?

1- Prospectus:

«Ici, les paysages se suivent et ne se ressemblent pas. Sable brûlant et crêtes enneigées, canyons vertigineux s'ouvrant sur une campagne verdoyante, et partout, émergent d'une palmeraie, juchées sur un roc rougeoyant, devant un lac émeraude, de somptueuses kasbahs, féeriques citadelles de terre et des ksours à la beauté insolite, villages fortifiés couleur de sable. Ce sont les vallées du Draa, du Dadès du Ziz…».

 C'est ainsi que les beaux prospectus touristiques distribués gracieusement par l'Office marocain de tourisme aux milliers de touristes, décrivent le grand sud marocain. L'image dans toute sa splendeur, ressemble à une fée, mais la réalité est tout autre. Le touriste se rendant sur les lieux découvre que la

Réalité a du mal à coller aux couleurs belles et vives des

brochures touristiques. Le spectacle est tellement affligeant. Un patrimoine agonise dans la différence totale des rédacteurs des prospectus et des responsables de la chose publique: Murailles à moitié détruites, maisons délabrées, vétustes, et menaçant ruine. Voilà ce qui reste des igherman «à la beauté insolite» que les belles phrases brodées dans la langue de Molière n'arrivent pas à voiler.

 

2- Au chevet d'un patrimoine en voie de disparition:

Les igherman du Sud-est du Maroc, véritable patrimoine architectural et expression d'un savoir-faire millénaire qui attire chaque année des milliers de touristes étrangers, sont désormais menacé de disparition (Les prospectus taisent cette réalité). Imposants par leurs immenses murailles en pierres et en terre battue,

leurs gros portails en bois de palmier dattier ou de tamaris, leur architecture d'une éblouissante beauté, particulière et complexe, les igherman construits notamment au longs des vallées de Ziz, Ghéris, Afrekla, Tdeght, Dadès et d'autres ont constitué depuis des années et constituent encore un pôle d'attraction touristique et une icône du profond sud.

Ces agglomérations d'habitations, âgées de plusieurs siècles et témoins d'événements dignes de mémoire, de guerres entre tribus et contre l'occupant, d'alliances et de trahisons subissent, désormais, dans le grand silence des responsables de la chose publique, les affres des hommes à mémoire courte et malveillante et de la nature ingrate. Construits depuis des siècles sur des hauteurs pour des fins sécuritaires et stratégiques (guerres entre confédérations de tribus) et climatiques (la proximité des maisons favorise un climat frais au moment des grandes chaleurs et chaud en hiver), ces igherman sont de véritables chefs-d'œuvre architecturaux nécessitant une sérieuse restauration et

une remise en Etat. La construction d'un ighrem nécessite généralement de longues années, la conjugaison des efforts de toute la tribu ou de la

confédération ainsi que des matériaux locaux de construction (terre, pierres, eau, bois, troncs de palmiers, paille…) et bien sûr des experts.

 Les habitants ont déserté la plupart de ces villages communautaires. Ils ont choisi de construire de nouvelles et somptueuses maisons au cœur même des oasis et des vallées, et ont délaissé ces grands musées à ciel ouvert subir les affres de la nature dévastatrice.Ces bâtisses centenaires, altérées depuis des siècles par le vent, la pluie, les inondations et les neiges, se fissurent et se délabrent au fil des années, se fragilisent, s'écroulent dans l'indifférence la plus totale. Plusieurs igherman sont entièrement détruits, d'autres menacent

ruine. Quelques-unes de ces majestueuses bâtisses sont converties en maisons d'hôtes, en hôtels ou en auberges par leurs propriétaires ou par des promoteurs touristiques restent bien entretenus et drainent des

centaines d'admirateurs. La restauration de la kasbah des Ait Benheddou à Ouarzazat et son classement comme patrimoine universel, ne témoigne-t-il pas de la grandeur et de l'importance que revêtent ces constructions dans l'histoire et dans la vie politique, sociale et culturelle des imazighen du Sud-est?

 

3- Nécessité de mise en valeur du patrimoine national:

La question de la mise en valeur du patrimoine national en général et la restauration des igherman et des kasbahs du sud-est est plus urgent que jamais, surtout dans une conjoncture marquée par les efforts du

Maroc visant à drainer 10 millions de touristes dans l'horizon de l'an 2010. Les potentialités dont regorge le grand sud du Maroc contribueront sûrement au développement du tourisme dans cette vaste région déjà en mal d'accueillir les touristes qui s'y rendent, vu l'absence chronique d'infrastructures et l'anarchie qui y règne en maître absolu. Absence du contrôle des Prix souvent exorbitants, faux guides, arnaque de touristes

ne sont autres que quelques maux qui rongent le corps de ce secteur déjà fragilisé.

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