Uttvun 80, 

Meggyûr 2003

(Décembre 2003)

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Problèmes de ponctuation dans le texte poétique amazigh

Standardisation de la langue tamazight

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Problèmes de ponctuation dans le texte poétique amazigh

Par: Hassan Banhakeia (Université d’Oujda)

Dans cette étude modeste, je ne vais pas présenter un travail «normatif». Je vais juste parler de la poésie (écrite) amazigh du Rif, depuis la première publication de Samghini en 1992 jusqu’à la dernière publication de fin 2002, Ma qa tghir-as nettu? de Alhassan El Moussaoui. Je vais y traiter la question de la ponctuation, précisément dans sa dimension dynamique (du passage «formel» de l’oral à l’écrit). Ponctuer un texte poétique, c’est tendre à briser son hermétisme, à le «traduire de l’oral» et à le fixer… En effet, ce passage non seulement pose une série de questions techniques, mais permet de saisir la logique intrinsèque des mots dans la phrase en tamazight du Rif.

Rarement l’on pose le problème de la ponctuation dans une ‘culture-langue’ minorisée, qui commence à connaître les premiers pas de transcription et d’écriture.(1) Cette aspiration à la formalisation (le passage de l’oral à l’écrit) passe par un ensemble de conditions. Par quel moyen reçoit-on la poésie? Quel est le moyen le plus approprié? La page blanche, l’enregistrement ou l’air… Vrai, la poésie non seulement se greffe sur la mémoire, elle est surtout mémoire. Elle existe pour l’oreille qui distingue les voyelles et les consonnes. Elle n’est pas faite pour l’œil. Ainsi, il est difficile d’expliquer pourquoi elle quête la page blanche. Elle a précisément une fonction spéculaire pour le poète, et prétend être une occupation physique de l’espace en tant que géométrie des signes.

L’on pense généralement que «ponctuer un texte» est un exercice moins important, posant des problèmes d’un intérêt minime. Si la ponctuation se définit comme un système de signes qui marque les divisions d’un texte, indique les différents rapports syntaxiques et les nuances sémantiques (affectives), peuvent-ils les textes amazighs se passer de la ponctuation?

Ici, nous allons insister davantage sur l’analyse des textes qui sont ‘à peine’ ponctués, ceux qui hésitent physiquement entre le statut de l’oralité et celui de l’écrit.

I.-LA PRODUCTION POETIQUE ET LA PONCTUATION

La production poétique écrite, au Rif, connaît depuis les années 90, un développement timide, nous avons plus ou moins une publication par an:

1992: Ma tucid ig rehriq inu ?, Sellam Samghini, (alphabet araméen, 87 p)

1993: Ad arigh g wezru, Ahmed Ziani, (araméen, 55 p)

1994: Yesfufi-d u3eqqa, Said Moussaoui, (araméen, 61 p)

Zi redjagh n tmuart ghar ru3ra ujenna, Mimoun Elwalid, (alphabet latin, 73 p)

1995: Ad uyuregh ghar beddu x webrid usinu, M’hemed Ouachikh, (latin, 49 p)

1996: Poetas amazigh, recopilation de neuf poètes, (ponctuation présente, latin, 47 p)

1997: Talewliwt i Mulay, Ahmed Ziani, (araméen, 77 p)

Tcum3at, Mustapha Buhlassa, (araméen, 44 p)

1998: Yesremd-ayi wawar, Fadma El Ouariachi, (ponctuation présente, latin, 48 p)

3ad a xafi tarzud, Aicha Bousnina, (araméen, 29 p)

1999: Afriwen usegwas, Najib Zuhri, (araméen, 49 p)

Cway zi tibbuhelya 3ad ur tiwid, Mohamed Chacha, (latin, 184 p)

2000: Ewc-ayi turjit-inu, Mayssa Rachida, (ponctuation présente, latin, 54 p)

2002: Ighembab yarezun x wudem-nsen deg wudem n waman, A. Ziani, (ponctuation présente, latin, 216 p).

Ma tghir-as qa nettu ? Alhassan El Moussaoui, (araméen, 68 pages)

Notons quelques remarques indispensables:

-Cette production écrite commence tard par rapport à d’autres publications poétiques de Tamazgha. De même, elle n’est pas exhaustive: juste quinze titres, de petits textes {de 29 à 216 pages, en moyenne 60 pages par recueil (environ une quinzaine de poèmes)}, et des tirages faibles (allant de 100 à 300 exemplaires.

-Les poètes, en général, publient un seul texte, sauf Ahmed Ziani (auteur de trois recueils).

-Les titres, reproduisant un vers ou deux, sont très longs.

-Le pictural occupe une place importante dans les textes poétiques. Des œuvres de peintres (comme A. Sakali, Lakhdiri Hafid, Abdelkhalki Ahmed, Boulghalgh Safia) y sont présentes.

-L’écriture se fait en caractères araméens (8 publications) et en caractères latins (7) et rien en tifinagh. S’il y a problème de ponctuation, c’est parce qu’il y a problème de transcription (orthographie, et de graphie à utiliser (arabe, latin, tifinagh). Que dire de la ponctuation et de tamazight transcrite en tifinagh?

-Les textes écrits en caractères latins respectent plus ou moins la ponctuation, à l’opposé des recueils écrits en caractères araméens.

-Vu les conditions et les difficultés matérielles de publication, l’œuvre poétique pose un certain nombre de problèmes sur le plan de la confection, et surtout au niveau de la ponctuation. Il y a des textes qui ignorent complètement les signes de la ponctuation (comme Tcum3at), des textes qui renferment quelques signes (comme Ma tucid ak rehriq inu ?), et d’autres qui sont totalement ponctués (comme Yesremd-ayi wawar). Là, on cite la dichotomie de Valery Larbaud: dans l’exemple de la poésie amazighe, sommes-nous devant une ponctuation «littéraire» ou une ponctuation «courante»?

-La formation du poète a-t-il un rapport avec l’utilisation de la ponctuation dans les textes? Si le poète autodidacte l’utilise, comment l’emploie-t-il ? Dans le cas des poètes ‘scolarisés’, dans quelle logique l’utilisent-ils en s’inspirant de la ponctuation des textes arabes ou des textes occidentaux? Peut-on découvrir dans ce corpus une logique proprement amazighe de la ponctuation?

Au sein de ces textes poétiques, quelles sont les fonctions de la ponctuation? Tout d’abord, qu’est-ce que la ponctuation? Quel est le commencement de cet exercice typographique?(2). D’après les travaux de grammaire et de linguistique, elle sert essentiellement pour marquer:

-les parties d’une phrase complexe;

-les limites au sein d’un ensemble de phrases constituant un discours;

-les différentes intonations;

-les coordinations;

-les subordinations. 

Ces fonctions, qui sont au fond une logique de structuration, d’organisation formelle et d’intonation sont-elles les mêmes dans le texte amazigh?

Dans la poésie amazighe, la ponctuation est rarement présente: elle est soit partiellement présente, soit totalement absente. La ponctuation, de par sa présence ou absence, pose un grand nombre de problèmes au sein du poème amazigh. Si l’absence découle logiquement des vestiges de l’oralité dans la création, la présence implique l’aspiration à l’écrit, au formel et à l’institutionnel. De même, cette présence est importante à analyser du moment que des traits sémantiques et syntaxiques s’imposent incontournables pour construire le sens du poème. La ponctuation du texte amazigh doit-elle obéir aux mêmes principes (syntaxiques, sémantiques et typographiques) que dans les littératures «d’à côté» ou bien inventer les siens?

Prenons un exemple au hasard. Sur 21 poèmes du recueil de M. Ouachikh, les signes de la ponctuation se répartissent de la manière suivante :

« » ------à 8 occurrences

: ------à 2 occurrences

,  ------à 1 occurrence

? ------à 1 occurrence

Les autres signes sont inexistants.

II.-LA PONCTUATION, UN EXERCICE DE RECONSTRUCTION 

La poésie amazighe a-t-elle vraiment besoin de la ponctuation? Cette question est capitale pour développer la littérature amazighe et sa critique. La ponctuation est un exercice de reconstruction au niveau de la réception / lecture. Elle assure, en effet, le passage à l’écrit (à la fixation). Elle aide au décodage du message tout comme à sa réduction. Aussi organise-t-elle et délimite-t-elle le flux des mots, l’écoulement des phrases et l’organisation des paragraphes.

Cet exercice est le relais entre la production et la réception. Cependant, il y a ceux qui avancent que la ponctuation (surtout les modernistes et les surréalistes) appauvrit la réception. Cela est faux. En ponctuant, on récrit le texte du fait que l’on multiplie les sens.

Prenons l’exemple des textes de Elwalid Mimoun (1994, en caractère latin) et de Ziani (1993, 1997 en caractères araméens), le traducteur Roel Otten ponctue les textes hollandais, et non pas le texte original (de l’amazighe). Comment peut-on expliquer cette divergence? Peut-être, le traducteur posait-il une frontière entre une langue écrite et une autre destinée à demeurer parole, précisément entre le flamand et l’amazighe. De même, curieusement, dans les remerciements (mis à la fin du livre) Elwalid utilise la ponctuation (p.72), cela veut-il dire qu’il ne faut pas ponctuer la poésie, mais oui la prose. De là, la ponctuation détermine-t-elle physiquement le genre? Non, ce n’est pas cela car Elwalid use de quelques signes de la ponctuation dans son dernier poème intitulé «Dwer-d a mmi-nu».

La ponctuation se présente alors comme un ensemble d’artifices avec des précisions didactiques. Selon la grammaire, les signes de ponctuation sont des signes de nature syntaxico-sémantiques. Ils ont pour fonction de «distinguer, selon le sens, les phrases et les membres de phrases de la langue écrite»(3). Dans l’expérience poétique de Ziani, il y a une évolution vers la ponctuation. Notons ceci: dans Ziani (1993), des 21 poèmes, nous avons comme signes de ponctuation:

( ) ------à 3 occurrences

! ------à 1 occurrence

? ------à 1 occurrence

Parallèlement, dans Ziani (1997), la présence de la ponctuation est plus présente (la virgule notée quinze fois). Et dans Ziani (2002), le texte est totalement ponctué. Comment peut-on expliquer cette prise de position chez le poète rifain ?

III.- LE POEME AMAZIGH ET LA PROBLEMATIQUE DE LA PONCTUATION 

Dans toutes les littératures, ce sont toujours les poètes qui posent le problème de la ponctuation. Pourquoi ? Elle orchestre le mouvement des mots, des vers et des strophes. De par la ponctuation l’on peut lire le poème dans une direction ou dans une autre.(4) Ainsi, dans la réception critique, l’on s’amuse à préciser les rapports entretenus par un écrivain avec les virgules, les points d’interrogation, les points-virgules, comment sont les phrases chez tel ou autre? comment se répartissent les signes? Mais, dans le cas de la littérature écrite amazighe, la question à poser: comment expliquer cette présence partielle? Comment expliquer l’absence?

1.- L’absence de la ponctuation et le statut de l’oralité des poèmes

Lire par exemple Tcum3ett de Bouhlassa, recueil écrit en 1997, est une aventure «réceptive»: il n’y a pas de signes de ponctuation. Comment expliquer cette absence totale? Les mots se bousculent linéairement sans limites ni pauses.

La seule présence de la ponctuation se réduit au point d’interrogation et au point final.

Un poème, sans ponctuation, est difficile à lire car le lecteur ne peut pas:

- établir les pauses pour le lecteur au cas où il se fatigue, s’embrouille, s’ennuie ou se recherche au milieu des vers;

- déterminer le ton, le rythme du texte afin de construire le texte «chanté»;

- déterminer qui parle? non plus les registres (par exemple discours direct / indirect) afin de rendre le commentaire et l’analyse faciles.

Depuis la première publication (1992), les problèmes de ponctuation sont présents. Car nous sommes devant un texte qui ne se revendique pas de l’écrit, non plus de l’oral. L’absence des signes de ponctuation est manifeste. Juste le titre renferme le point d’interrogation, et le même poème à la page 86 et un autre poème: «Main zzay-k ggin wussan?» (p.54). Curieusement d’autres titres de poèmes qui sont sous forme d’interrogation ne portent pas le signe: «Maghar a tamara» (p.55) et «Min yughin ddunect a» (p.76)

Dans Ziani (1993), il y a d’émblée une série de questions qui se posent: est-ce de la parole ? est-ce de la chanson? ces poèmes peuvent-ils être versés dans l’écrit? Car c’est écrit dans l’alphabet araméen, d’une part et de l’autre il y a absence presque totale de ponctuation. Au sein d’un ensemble de questions, une seule est posée avec le point d’interrogation: «Tugha-negh di tudart nigh 3ad nebda?» (p.19)

Il paraît que le protagoniste «3ellal», émigré sans chance, incarne le destin de tous les jeunes qui se posent cette question-charnière.

De même au fil d’un flux de vers «sensibles», un seul vers se termine avec un point d’exclamation: « Fekk-itt a uma fekk-itt muxas ruxa muxas!», (Ziani (1997), p.23).

Cette exclamation-clôture renvoie à la tragédie continue de l’émigration.

Par le biais de la ponctuation, le même exercice d’hésitation entre l’oral et l’écrit est présent dans les textes poétiques. Il y a des textes poétiques qui tranchent: ils sont de l’oral. Chez Moussaoui Said dans son texte Yesfufi-d U3eqqa publié en 1994, la ponctuation est absente. Ni dans les titres, ni dans le corps des vers.

Le poète Mhamed Ouachich, dans son recueil Ad uyuregh ghar beddu n webrid usinu, publié en 1995, applique «timidement» la ponctuation. Prenons la strophe suivante:

«War dayi tseqsa

x-webrid inu

war dayi qqar mani

gha trahed a-yur inu

jjayi admqetmaregh

ig tesdart inu

rrimet n-tiri ynu »

(Ouachikh, p.16)

Remarquons l’absence du point d’exclamation alors que tout le recueil traduit un flux de sentiments, c’est au lecteur de marquer ces moments «forts» et ces moments «faibles».

2.- De la ponctuation vers l’écrit

La ponctuation est présente dans quelques textes: Poetas amazigh, recopilation de neuf poètes rifains publié à Melilla en 1996, Yesremd-ayi wawar, Fadma El Ouariachi (1998), ensuite Ewc-ayi turjit-inu, Mayssa Rachida (2000) et Ighembab yarezzun x wudem-nsen deg wudem n waman, d’Ahmed Ziani (2002). Tous ces recueils qui renferment une logique «exogène» pour ce qui est de la ponctuation, ne seront pas étudiés.

IV.- LA LOGIQUE DE LA PONCTUATION DANS LES TEXTES AMAZIGHS

Nous excluons de notre étude les textes qui ne sont pas ponctués. Ce serait un exercice agréable et didactique de les ponctuer différemment… Nous excluons également les textes totalement ponctués.

Comment se présente-t-elle la ponctuation dans les textes amazighs? Nous allons surtout analyser les signes dans les textes qui refusent «timidement» la ponctuation.

Rappelons que les signes de ponctuation sont: le point, la virgule, le point-virgule, le point d’interrogation, le point d’exclamation, les deux points, les points de suspension, les guillemets, les parenthèses, les crochets, l’alinéa, l’astérisque. Dans les textes écrits en tamazight, juste le point, la virgule, le point d’interrogation et le point d’exclamation sont souvent utilisés. Les autres signes sont non seulement moins utilisés, mais utilisés à tort et à travers.

Chronologiquement, il faut y distinguer deux étapes différentes: des recueils non ponctués et d’autres oui.

1. Point: la fin du poème

Le point ressemble géométriquement à «a» en tifinagh. Cela va poser un problème de confusion symbolique. Bien que le point corresponde à un silence ou à une pause, il est rarement utilisé.

Le point final des poèmes est également peu utilisé. Cette absence peut signifier que la voix du poète se veut parole infinie, une chanson. Ou bien n’est-elle pas à lire comme le refus de l’écrit?

Dans les textes de Najib Zuhri, de Alhasan Elmoussaoui, il y a respect de la règle suivante: mettre le point final. Chez Chacha (1999), il y a des poèmes qui se terminent avec un point (p.167), et dans d’autres le point est totalement absent.

Prenons un autre exemple du même recueil:

« Lefjer, yittased mertayen, ad yittes x lebher. Ij umur yittaf di-s rrahet, ij umur iredzu di-s x wemghar. Netc, alami tugha diyyi-yttet yiàzer, yakuc tugha wer dinni yilli.» (Chacha, p.107)

Ici, le point dans les trois phrases de l’incipit du poème “Vondelpark” intrigue le lecteur. Surtout, nous avons la suite du poème qui n’est pas ponctuéé! Ce passage ressemble à un paragraphe de prose. Cela est manifeste dans le poème sans titre de la page 167 où la ponctuation est respectée.

Les sigles qui se composent de points, sont également utilisés en tamazight :

«Ma yiweyi-tt-id LGAT»

(Chacha, p.15)

Le poète Chacha utilise les majuscules pour distinguer le sigle G.A.T. des autres mots, sans user des points. Faut-il utiliser les points du fait que tamazight n’est pas cursive quand elle est écrite en tifinagh?

2.-Point d’interrogation: la question autoritaire

Chez le poète-chantre, par cette présence typographique l’intonation est ascendante suivie d’une pause. A ce propos, Chacha écrit:

« 3ebdekrim, wi t-yinghin ?

Wi t-yijjin, ad itwahebbes ?»

(Chacha, p. 6)

L’intonation, ici, révèle le style engagé et révolutionnaire qui tisse tous les vers. Là, nous avons deux interrogations rhétoriques.

Chez le même poète, nous lisons:

«Mayemmi dayi-gha-yettef

Mayemmi dayi-d-gha-jjen

Mayemmi dayi-gha-qqnen 

Mayemmi war ghar-i bu lheq »

(Chacha, p.59)

Cette absence du point d’interrogation, comment l’expliquer? Cette contradiction «typographique», comment l’expliquer?

Cette contradiction «typographique» n’est pas spécifique à ce poète, mais à d’autres. Par exemple, chez Mhamed Ouachikh, nous lisons:

«Marra zrin min zrin

maca min zrin?»

(Ouachikh, p.40)

L’interrogation est là pour indiquer l’étonnement du poète: le vu et l’invisible font un même corps. Cette contradiction y est explicitée:

«I cem

a tajdit ittawen

min cem yughin

tkessid ag mettawen »

(Ouachikh, p.44).

Cette absence embarrasse fortement le lecteur.

Et dans un autre passage de Azuhri:

«Mechar

Ghar-nek nt3ayan?»

(Azuhri, p.7)

Si le point d’interrogation montre la présence d’un discours direct, parfois, l’on trouve chez l’écrivain amazigh la présence du point d’interrogation dans une interrogation indirecte! Est-ce correct? Incorrect?

D’autres fois, nous avons le redoublement du point d’interrogation:

«Semden-ayi ixsan

mayemmi arezugh ad ddaregh

min a zzayi yuyaren?? »

(Azuhri, p.12)

Ce double point d’interrogation est issu d’un discours indirect.

Quand une phrase interrogative est suivie d’une incise (yenna-s) où faut-il mettre le point d’interrogation? Lisons:

«Nnigh-as cek d l3ahed ? Yenna-yi bla maca

Necc d tamentiwt uxarriq yarca

D aghemmuy n tidet yeksin ifarca»

(Ziani (1997), p.28)

Seulement la deuxième phrase interrogative n’est pas marquée…

Chez Elwalid, dans le poème «Tabrat» (p.60), nous avons des interrogations qui ne sont point marquées.

3.-Point d’exclamation: l’interjection brève

Chez le poète, par l’emploi du point d’exclamation, l’intonation est descendante suivie d’une pause. Nous lisons chez Chacha:

«Mselqan yiwalen

ur ssinen mayemmi!»

(Chacha, p.166)

Ici, le poète s’étonne, s’exclame et exprime des états d’âme dans son expérience physique avec les mots.

Le même poète enchaînera des exclamations:

« Qa3 tedde3a!

Qa3 tettic a3mud ! »

(Chacha, p. 33)

Le rythme va dans le sens de montrer le ton ‘désespéré’ du poète.

De même, l’on trouve des locutions interjectives sans présence du point d’exclamation:

«3ayen aten yet3ayanen

ghar min war ditisen»

(Ouachikh, p.22)

Cette absence tue l’âme du texte.

Cette absence est totale dans les textes de Alhassan El Moussaoui, Bouhlassa, Samghini, Ouachikh, Ziani (1997), Moussaoui, Elwalid et Bousnina.

Parfois, cette exclamation est doublement marquée:

«A tseqsigh ixf-inu

Ad qqaren ayi d iseqsan

War xafi ad ghayaren!!... »

(Azuhri, p.11)

Cette redondance met en exergue l’impossibilité à trouver des réponses à tant de questions qui tracassent le poète.

Une spécificité de ponctuation chez les écrivains est l’emploi simultané de deux signes. Nous lisons chez Chacha:

«Mani gha trahed?!

Umi gha trud !?»

(Chacha, p. 33)

Ici, l’interrogation et l’exclamation sont unies, mais s’interchangent de place. Dans le premier vers, l’interrogation est première, et seconde dans le deuxième.

D’autres fois, dans trois vers ayant la même structure et la même intonation sont différemment ponctués. Ce n’est qu’au troisième vers que nous avons le point d’exclamation :

«Qim x ujij

Qqar sidi

Rez nnaqus!»

(Chacha, p.157)

Comment peut-on expliquer cette organisation typographique?

Enfin, nous avons souvent des vocatifs qui ne sont pas marqués par le point d’interjection: l’exemple de Ouachikh (dans les pages 7, 18, 28). Les exemples ne manquent pas.

4.- Virgule: confusion avec le point

La virgule est une pause de peu de durée. Elle sert essentiellement pour rendre clair le contenu. C’est chez Chacha que la virgule est plus présente: plus de cent fois. La virgule apparaît dans Ziani (1997) quatorze fois. Comment y fonctionne-t-elle dans les poèmes amazighs?

Statistiquement, elle est plus présente dans la situation suivante. Elle marque la suite des noms:

«Maryus, Takfarinas, Yughurta d Lkahina»

(Chacha, p.43)

Elle entretient des rapports forts avec le «d»:

«D nnecc, d wi d-yusin

D nnec, d yakuc

D nnec, d lesbab n tteberzit»

(Chacha., p.33)

Cette présentation est marquée par des pauses médianes.

Seulement, la virgule précède le «d» de présentation chez Chacha, aussi chez Ziani (1997) :

«Ad anegh yeqqim, d lfal»

(Chacha, p.121)

«Kenniw, d ttinuwwarin»

(Chacha, p.120)

«S uyenni zzman-a jar-asent, d aseymi»

(Ziani (1997), p.38)

Les exemples ne manquent pas.

D’autres fois, Chacha ne marque pas le «d»:

«Tghilegh d ssem

Se33a twamesxegh akd lewhuc»

(Chacha, p.33)

Cela peut expliquer l’aléatoire qui régit la ponctuation dans la poésie amazighe.

Elle sépare les éléments semblables (sujets, compléments, adjectifs) non unis par une conjonction de coordination. Cela est manifeste dans les vers de Elwalid Mimoun:

«tmenyat, lpetrol, ddular, d arebb n wemziwen

(…)

tmenyat, rbumbat, lpetrol, ddular d arebb n wemziwen

(…)

mechar gha-yekk, mechar, mechar»

(Elwalid, p. 32)

Cette présence organise les idées du texte. Pourtant, chez le même poète, nous avons bizarrement d’autres passages, ayant les mêmes caractéristiques, non ponctués:

«Maca tfukt-nnegh xa tiri xa tari

U mara turi turi turi»

(Elwalid, p.22)

Cette absence (de la virgule qui peut éviter la redondance ou la répétition) s’explique par des raisons de rythme.

La virgule, dans les textes amazighs, sépare tout élément ayant une valeur purement explicative:

«Maca gwdeà a cem xsegh, zzman-nnegh yebd

(Ziani (1997), p.52)

Cette peur est générale: elle naît de la conscience de la division et de la défaite assurée au moment d’aimer ou d’être…

Dans un autre passage, chez le même poète, nous lisons :

«Dwigh deg ujenna-nnem, tammurt war xaf-s arsigh»

(Ziani (1997), p.22)

Le signe de ponctuation sert à “insister” sur ce vol intérieur qui l’emmène loin de l’amour infini et total.

La virgule sert à changer de ton:

«Alaghi d aseqsi, a zzman ac-seqsigh»

(Ziani (1997), p.18)

Ce signe forme partie d’une réflexion «polyphonique», en passant sous silence des conjonctions et des outils de raisonnement.

La virgule délimite plusieurs propositions de même nature non unies par une conjonction de coordination:

«Gwaregh x ughembub n tirja

surufegh, yelhem, ad beddegh, ili yedwel-d»

(Ziani (1997), p.44)

Cette énumération des actions (des deux protagonistes) est organisée pour mettre en relief le contact impossible entre les deux.

Citons un contre-exemple, pour parler de l’absence au milieu d’une énumération, le texte de M. Ouachikh dans le poème intitulé «Rmewt n tudart» (pp.14-15), qui peut recevoir des virgules afin d’exprimer cette succession des actions enchaînées.

La virgule est souvent utilisée pour rendre compte d’une pause longue (du point). Lisons des vers de Alhasan El Moussaoui:

«Netru imettawen, imettawen qdan

nbedd x idaren nnegh ifadden nnegh wdan

war nzemmar a nhezz rebda day-nnegh hdan

war nzemmar a nesqar idammen nnegh hman,»

(El Moussaoui, p.43)

Cette dernière virgule peut être un point. N’y a-t-il pas de confusion entre (.) et (,) surtout quand un écrivain «détache d’une proposition principale une proposition subordonnée ou un membre de phrase auxquels ils veulent donner un relief plus accusé.»

La virgule peut fonctionner comme marqueur de la limite entre la proposition participe absolue ou la proposition incise:

«Maca necc aqa ghedsegh, trajigh fus-nnem»

(Ziani (1997), p.36)

Ici, les deux propositions sont déterminées par la position du signe.

D’autres fois, il y a des poètes qui utilisent la virgule pour rendre compte de leur lecture solennelle du poème:

« War xsegh, ad ghar-i yili

Xsegh, ij umessad

Di qama yihhema

I yijj n wass

Maci i lebda »

(Chacha, p.31)

Cette pause ne peut pas être typographique.

5.- Point-virgule : l’absence raisonnée

Le point-virgule correspond à une pause de moyenne durée. Il marque dans une phrase la limite entre des propositions de même nature qui ont une certaine étendue. Reconnaître la nature des propositions? Cette action n’est pas encore faite par les poètes amazighs. Le point-virgule est le signe inexistant dans la poésie amazighe.

Cela s’explique par la confusion entre point-virgule et virgule. Cela est manifeste dans le passage suivant:

«Uzghen-asen deg walli

afusi, azelmad

Ttegen-as nayt miri»

(Chacha, p.119)

Ici, le point-virgule peut s’employer pour séparer dans une phrase les parties dont une au moins est déjà subdivisée par la virgule, ou encore pour séparer des propositions de même nature qui ont une certaine étendue.

6.- Deux points: présentation de l’aléatoire

Géométriquement, ils ressemblent à «u» en tamazight. Cela pose un problème de confusion symbolique.

Les deux points marquent une pause assez brève. Ils incarnent la logique des changements de ton. Ils annoncent une citation ou un discours direct. Dans le texte de Ouachikh, nous lisons:

«Tennayyi: mana imunasa

gharek di ttemharwacen»

(Ouachikh, p.12)

Cette clarté typographique aide le lecteur à se retrouver.

Un peu plus loin, nous avons:

« Nnenayi: min xef tnehrayed

am tzitunt eg dehhanen»

(Ouachikh, p.12)

Juste les deux points précisent le discours direct.

Chez le même poète, dans d’autres passages, il n’y a pas cette marque du discours direct:

«Nnigh-as, d ccek»

(Ouachikh, p.86)

Au lieu de deux points, dans ce poème: “Yennayi nnighas” les deux points posent problème

Les deux points dans la poésie amazighe n’annoncent pas les sentences, ni les proverbes. Non plus l’analyse, l’explication, la cause, la conséquence, la synthèse de ce qui précède.

7.- Points de suspension: le caché manifeste

Ces points de suspension marquent une pause de la voix, «sans qu’il y ait chute de la mélodie, à la fin du mot qui précède»

Ils indiquent que l’expression de la pensée reste incomplète pour quelque raison d’ordre affectif ou autre (réticence, convenance, émotion, brusque repartie de l’interlocuteur, etc.); parfois ils marquent une pause destinée à mettre en valeur le caractère de ce qu’on ajoute.

Chez Chacha, nous lisons:

« Awmi niwed a nemmet

Tennid maci… lla huma»

(Chacha, p.18)

Est-ce l’ellipse ou l’attente pour le lecteur?

Parfois, une sorte de prolongement inexprimé de la pensée chez Elwalid:

«Tuàa deggijn-zzman zzman nni yecdan…»

(Elwalid, p.66)

Dans ces chansons engagées, au lecteur d’imaginer la suite.

Lisons chez Ziani:

«D tuddint, d tuddint... »

(Ziani (1997), p.30)

Ces points de suspension peuvent incarner la chute de la pluie dont le poème parle longuement et métaphoriquement.

8.-Parenthèses : cerner l’emprunt occidental

* Les parenthèses sont énoncées d’un ton très bas. Elles renferment une pensée secondaire. Dans cette fonction précise, les parenthèses du poème amazigh ne sont pas présents.

Si les parenthèses s’emploient pour intercaler dans la phrase quelque indication, quelque réflexion non indispensble au sens, et dont on ne juge pas opportun de faire une phrase distincte, cela n’est pas dans la poésie amazighe.

C’est bien sous forme de parenthèses explicatives qu’elles se présentent:

«Farid yeqqar (papa) Hniyya teqqar (mother)»

(Ziani (1997), p.23)

Et un peu plus loin :

«Hniyya nnes tegga amenn tegga (Anna)»

(Ziani (1997), p.23)

Elles servent essentiellement à présenter des mots étranges à la culture amazighe.

9.- Crochets: l’absence en relief

* Les crochets servent au même usage que les parenthèses, mais ils sont moins usités. On les emploie surtout pour isoler une indication qui contient déjà des parenthèses.

- On emploie aussi les crochets pour enfermer les mots qui, dans un texte, ont été rétablis par conjecture

- s’emploient aussi pour enfermer trois points représentant, dans un txte cité, la partie qu’on a jugé bon de ne pas reproduire

Dans la poésie amazighe, ils sont totalement absents.

10.- Guillemets: marquer l’emprunt (nom propre)

Si les guillemets «correspondent généralement à un changement de ton qui commence avec l’ouverture des guillemets et s’achève avec leur fermeture», dans le cas de la poésie amazighe ce n’est pas le cas.

S’ils s’emploient au commencement et à la fin d’une citation, d’un discours direct, ils n’ont pas cette fonction dans la poésie amazighe. Rares sont les exemples, mais nous lisons chez Ziani:

«Ad awem inigh «dwel-d a mmi-ynu» d alaghi n ddidect,»

(Ziani (1997) p.46) 

Ces guillemets marquent une phrase ou une chanson, quelque chose de très connu.

Le poète amazigh les utilise quand il use d’une locution étrangère au vocabulaire ordinaire ou sur laquelle on veut attirer l’attention:

«Jjinanegh nezzu3uf

di tmurt n-« yutupya»

netxarres

ag xeddim n-« ttiknulujiyya»

(Ouachikh, p.26)

Ces mots «Ethiopie» et «technologie» sont intégrés par des guillemets dans la langue poétique.

Nous lisons chez le même poète émigré en Hollande:

«Amen tendi artila

zixemrawen imin yettawen

idawem nedyen « ilibiraleyyen» 

z-macinat nsen »

(Ouachikh, p.12)

Les libéraux… « ayyub » et « arifyus » (p.10)… « samsun » et « dalida » (p.11)… Mais que dire de « artila » qui est également un mot étranger à tamazight ? Non plus le terme « l-idyulujiyyat » (p.9) n’est pas mis entre guillemets !

11.- Tiret : déchirer le texte

Il inonde le texte pour marquer une fonction grammaticale, celle d’articuler les parties des phrases, tantôt pour séparer les éléments, tantôt pour les définir…

Dans la poésie amazighe, il sert, en général, à découper ou à articuler morphologiquement et syntaxiquement la langue (corps à fixer ou à figer).

En conclusion…

De par l’étude de la poésie amazighe, nous terminons par ces constatations:

1°-la ponctuation s’avère un exercice difficile: elle demande une certaine maîtrise de la mise en écriture. Si la plupart des poètes amazighs s’inspirent de la poésie arabe qui, à son tour, souffre du même problème….

2°- Faut-il y ajouter que le travail fait par les linguistes est souvent «ignoré» par les poètes, et l’inspiration écrite est à son tour peu étudiée dans les travaux des linguistes amazighs. Ainsi, l’on trouve des poètes qui font sauter des «r» ou des «d», et de la grammaire amazighe ils entendent peu de choses.

3°- Cette absence de la ponctuation, s’il faut la définir, est une déclaration inconsciente de la non-«vente» des textes, de la non «acceptation» de cette forme fixée. De même, ce refus est une tendance à rester soi-même, à fuir toute fixation ou aliénation, à se rattacher encore à l’oralité et à s’éloigner de l’écriture.

4°- L’emploi (erroné) de la ponctuation est enfin à expliquer dans son étroit rapport avec la rime, le rythme et l’intonation. Les pauses, qui sont le dessein principal de la ponctuation, se confondent avec la rime dans la poésie amazighe.

5°- Une «contradiction» de ponctuation traverse tous les poèmes étudiés, mais est-il opportun de se demander si elle ne peut pas devenir une règle constante de la ponctuation amazighe...

Notes: 

(1) La ponctuation est un phénomène propre à l’industrialisation et à l’essor du mercantilisme (imprimerie). Plus une littérature avance, plus les critères de la ponctuation se définissent clairement.

(2) La ponctuation est l’invention de la littérature hellénique: Aristophane de Byzance (IIe siècle av. JC)

Chez les latins, leurs écrits ne comprennent pas de ponctuation, «si ce n’est que le point se plaçait souvent après chaque mot pour le séparer du suivant» (Le Bon Usage, p.1413)

Au IXe siècle, l’usage commence sans arriver à fonder les règles de base.

Ce n’est qu’au XVIe siècle, «en effet, après l’invention de l’imprimerie, que notre système moderne de ponctuation, dans son ensemble, s’est fixé et développé. Il comprenait alors la virgule, le point, les deux points et le point d’interrogation. On ne tarda pas à ajouter à ces signes les guillemets et le trait d’union.

Au XVIIe siècle, on introduisit l’alinéa, le point-virgule et le point d’exclamation. L’usage des points de suspension date de la fin du XVIIe siècle, et celui du tiret et des crochets, du XIXe siècle.»

(3) Pour les poètes du début du XX siècle, la ponctuation tue la poésie. Chez d’autres, comme Mallarmé, la présence de la ponctuation est très simplifiée.

P.Claudel écrit: «laisser dans certaines phrases de petits intervalles en blanc. «Les points et les virgules, déclarait-il, ne donnent en effet qu’une articulation de la phrase grossière et purement logique. Sans nécessité grammaticale, il y a dans le discours des pauses et des arrêts qui sont absolument indispensables au sens.» (cité par p.1414) Le sens? Voilà le critère qui se pose impérieusement dans le poétique.

Sur la question épineuse de la ponctuation au sein du poétique, Aragon écrit: «Pour moi, c’est question de diction. Je déteste la diction habituelle du vers: on n’entend plus le vers comme unité. Je veux qu’on s’arrête là où il y a une rime; le poème est d’un seul tenant et il n’y a pas d’autre ponctuation que celle de la rime.» (p.1413)

(4)Grevisse, Le Bon Usage, p.61.

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