Uttvun 80, 

Meggyûr 2003

(Décembre 2003)

Amezwaru

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Tamazight

Tameddanit i hettvu n lislam!

Tira n useghdi

Annay xef tama n tudart

Aberrad

Xalid Izri nigh Hamid Lyenduzi?

Tamazgha

Alghem izlan

Tawada nnegh

Atbir amggrad

Tifras n wetlao

Baba Pru

Tabrat i wmeddukel n webrid

Tanda nnex texwa

Français

Problèmes de ponctuation dans le texte poétique amazigh

Standardisation de la langue tamazight

Non à la graphie tifinagh

La réussite de l'enseignement de tamazight est-il assuré?

Sur quelques mots amazighs

Formules de politesse en tamazight

Muhend Saidi: artiste militant amazigh sans frontières

Sakku, ce poète amazigh pas comme les autres

Abehri, le connaisseur et le pédagogue

Malaise au Sud-Est

Sellam Arifi est parti...

Colloque sur la littérature amazighe

Séminaire sur la convention 169 de O.I.T

Activité de Tamaynut de Tiznit

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الحاجة إلى العَلمانية لحماية الإسلام

المغرب وثمن العروبية

أسطورة تاسردونت ن يسمضال

إتنولوجيا المدينة الإغريقية والقبيلة الأمازيغية

حول غياب خطاب ثقافي جديد

المصريون يدعون إلى نزع صفة العروبة عن مصر

التحية الأمازيغية حرام عند أئمة الظلام

جمعية ملتقى المرأة

بيان مجلس المنتدى الأمازيغي

إعلان عن تعاقد لجمع وتدوين الأدب الأمازيغي

الأستاذ حنداين يحصل عل دكتوراه الدولة في التاريخ

أنشطة ثقافية لجمعية تانوكرا

تعزية

 

Sur quelques noms amazighs

Par: Hha Oudadess (Rabat)

Par les temps qui courent où des individus sans scrupules se prennent pour des demi-dieux et veulent dicter aux marocains leur histoire, leur identité, leur comportement et même leurs noms(!), il est impératif de participer à la dénonciation du stalinisme pan-arabiste qui est le moteur de l’hystérie qui les mènent à accomplir des actes insensés et, à long terme, suicidaires. Ainsi en est-il de l’arabisation sur laquelle tout silence ne peut être que compromission. A cet égard un exemple d’effronterie suffisante nous a été donné, lors d’un entretien avec Touria Souaf, sur la chaîne 2M. Un professeur de médecine, ancien ministre, actuellement recteur d’une université et membre d’un parti politique dit progressiste a déclaré, dans un Français de France (!) –avec le « r » grésillé- que la langue arabe (!) au Maroc est hors de discussion (!). N’est-ce pas se mettre au dessus de tous les Marocains, s’arroger le droit de législateur suprême? N’est-ce pas se prendre pour un demi-dieu? N’est-il pas dit, en psychologie que, au delà de 6 (six ans) d’un pouvoir trop fort, la claire-voyance est largement affectée? En fait, Il est dit que l’intéressé en devient malade; par conséquent, non crédible; et même quelqu’un qui a besoin de soins.

Tous les ennemis de tamazighet (je dis bien ennemi) ont essayé, toutes tendances confondues, de noyer le poisson, de culpabiliser, de gommer, de cacher, d’implanter, etc.. Enfin, ils en sont venus à vouloir imposer par des lois; leurs lois. Alors, malgré leur surdité, je voudrais, encore une fois, tirer la sonnette d’alarme. La coupure, entre le citoyen et l’autorité, est bel et bien consommée. Elle sera suivie de la désobéissance civile. Passive, elle a déjà commencé: La plus grande partie de la population marocaine ne suit plus, du tout, les événements tandis qu’une autre, tout en les subissant, s’en désintéresse, de guerre lasse. La désobéissance civile deviendra active. C’est là un gros problème que je voulais signaler, juste en passant, vu son acuité et son inéluctabilité pour toute personne qui n’est pas sourde et qui veut bien ouvrir ses yeux.

Revenons à notre sujet qui concerne les noms amazighs. La politique, depuis l’indépendance, est de les mépriser. On s’ingénue, par des essais contorsionnistes et absolument ridicules, à en ramener ceux qu’on peut (ou qu’on croit pouvoir) ramener à des noms dits arabes –même s’ils ne l’étaient pas-. Ceux pour lesquels c’est sans espoir, sont déclarés barbares et incompréhensibles; la dernière trouvaille, pour la mise à mort, est de les déclarer non marocains; et ce par une circulaire –non légale- du ministère de l’intérieur se basant sur une motion bien floue (et pour cause) du dit parlement marocain.

Le but de cette note est de faire entendre un autre son de cloche. Nous allons, par des exemples, montrer que des interprétations plus logiques sont possibles à condition d’avoir l’esprit ouvert ; et de ne pas partir, avec des préjugés, à la conquête de mondes qui ne sont pas les nôtres.

1/ Ahmed: Est-ce un nom arabe? Est-il possible de se poser la question à propos d’un tel nom alors que c ‘est l’un des cent noms du prophète Mohammed des arabes? Ceux qui se sont intéressés à l’histoire des mathématiques ne peuvent pas avoir été frappés par le nom «Ahmès»; c’est le nom du scribe égyptien qui a écrit le papyrus de Rhind. Pourquoi Ahmès ne serait-il pas Ahmèz tel que le prononce actuellement les égyptiens? Autrement-dit Mohammed serait d’origine égyptienne; sur celle-ci, je ne peux pas dire grand chose. Mais la question est soulevée.

2/ Hha: La première explication que l’on avance, avec une idée tendancieuse, c’est que c’est un diminutif de Mohammed; croyant, ou voulant croire ou même faire croire que ce nom est arabe. Dans ce sens, il aurait été plus malin de proposer le nom Hamid. Mais de toute façon, on peut avancer une autre explication. Il pourrait s’agir du début de plusieurs noms composés dont Hamilcar, Hannibal, Hasdrubal, etc. . Se pose alors la question de savoir si ces noms sont sémites. Ce qui est sûr c’est qu’on retrouve Hha comme nom du dieu de la lune avant l’unification de la haute et de la basse Egypte. Enfin, il convient, ici, de se demander comment tordre la coup à Hhu (nom amazigh) afin de le transformer en Hha; afin de pouvoir clamer qu’il vient lui aussi d’un nom arabe. Et, de même, avec Bahhu.

3/ Hemmu : Ce nom nous semble être en étroite relation avec Hha. Une conjecture raisonnable est de le considérer comme un diminutif de Hammurabi ; et aussi composé de Hha et Mmu.

4/ آeqqa: On s’empresse, évidemment, d’affirmer que ce ne peut être que le diminutif de آabdelkader. Or l’on sait que l’existence de la lettre آ, en tamazighet est douteuse. On peut donc essayer de retrouver la forme initiale du nom avant que cette lettre n’y soit introduite. Une possibilité en est Aqqa (La vallée) ou, mieux encore Ou Aqqa prononcé Ouwaqqa (De La Vallée).

5/ Itto: Je ne sais pas si des tentatives ont été faites pour ramener ce nom, bien amazigh, à une origine arabe. Je vais en proposer, ici, une interprétation en tamazihget; ce qui, à ma connaissance, n’a jamais été fait. Je crois y reconnaître le mot Ittê qui est le masculin de Tittê et signifie donc le grand œil. Itto serait donc la femme aux grands yeux; et l’on sait bien que de grands yeux, en général de beaux yeux constituent un trait de beauté indéniable.

6/Yaghmourasan: Ecrit comme cela, ce nom devient à connotation persane; et l’on ne voit pas comment il pourrait être amazigh. Nous suggérons le déplacement de la lettre m et le changement des deux a en e , en supposant que les opérations inverses ont été effectuées par des locuteurs étrangers éprouvant des difficultés à prononcer correctement des noms amazighs. J’avance qu’il s’agit donc de Yemghurasen. Ainsi exprime-il un souhait que le bébé (garçon) reste en vie et grandisse bien; ceci, d’ailleurs, au sens propre comme au sens figuré. On pourrait aussi traiter, en ce qui concerne le souhait, le nom geldasen –en fait Igeldasen- ; ce serait un souhait pour qu’il devienne roi.

7/ Hêra, Hiri: Le premier est un nom masculin alors que le deuxième est féminin. Je subodore un lien avec le verbe Hêrru (être brave). Et, peut être n’est-il pas farfelu de supputer un lien avec Héros et Hercule. Il semble aussi raisonnable de considérer, ici, les noms suivants Hêro, Hêroch, Ouhêroch, Tawhêrocht, Wahêroch,. Tabouhêrrat, etc. .

8/ Ddermoun: Nom masculin. Ce pourrait être Dder et Moun i.e. être vivant et sociable. Mais ma préférence va vers une autre interprétation. Il s’agirait de Idder et Amoun c’est à dire que dieu Amoun (amon) est vivant. Ainsi ce nom pourrait signifier que son porteur suit le rite de Amoun.Un rapprochement est, ici, à faire avec le nom Uttêrmoun, de la région de Goulmima, où certains locuteurs prononcent le de comme tê. Il est aussi à signaler les deux noms Mmoun (maculin) et Mouna qui n’en serait que la forme féminine Mmoun et un allègement de Mmouna.

9/ Bba, Dda: Je vais maintenant présenter plusieurs noms composés à partir de mots, qui à mon avis sont équivalents, à savoir Ba, Bba, Bbwa et Dda. En ce qui concerne Bba et Bbwa ils désignent toujours le père; la forme Ba n’étant, probablement, qu’un allègement phonétique de Bba. Quant à Dda, il désignerait, à notre avis, exactement le père. Il est devenu un signe de respect dont on fait précéder les noms de personnes auxquelles on veut l’accorder. Pour dire père, et parfois grand père, on dit Dadda qui nous semble n’ être que Ddadda avec un allègement du premier Dda. Ce phénomène se retrouve aussi avec Baba au lieu de Bbabba ou Bwabwa. Baba veut dire père ou grand frère.

Comme déjà dit pour Dda le mot Bba (Ba, Bbwa) est aussi utilisé pour marquer le respect. Mais il a fini, sous sa forme allégée Ba, par faire partie du nom. Ainsi en est-il dans Bahâ (Bahha et non, un diminutif de Brahim, comme on l’avance souvent), Bahhou, Bahmad, Bbwahmad, Baddou, etc. . A signaler un cas particulier intéressant à savoir Badda qui ne peur être que Bbadda C’est évidemment le même phénomène avec Mamma pour Mmamma qui peut s’alléger en Mâmâ.

10/ Voici, maintenant, une liste de noms amazighs dont il serait intéressant de retrouver le sens ou, à défaut, de proposer des interprétations plausibles: Wiza (f), Qecca (f), Qeccu (f), Tutu (f), Mihêmmi (m), Mahêmma (f), Baqqas (m), Baghagha (m), Oubejja (Bnou Baja ?), Bajji (m), Bawedra (Ba udra ?), Khella (m), Qellu, Baybi (Ba Ibi ? Ba Ibis ?), etc. .

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