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Yenyûr  2004

(Janvier  2004)

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L’IRCAM vu à Khénifra

Par: Anaruz Saadani (Khénifra)

La commémoration du discours royal en vertu duquel l’IRCAM a été créé s'est déroulé le 17 et 18 octobre 2003 à Ajdir et à khénifra. Cet événement porte la signature de l'IRCAM en collaboration avec les autorités locales. C'est, certes, un acte de reconnaissance et de gratitude à l' égard du dit discours qui a ouvert des horizons immenses à l'amazighité. L'IRCAM a vu le jour et s'est fixé pour tache la réhabilitation de l' amazighité dans toutes ses dimensions et manifestations en l'intégrant dans le tissu de la société par le biais de l'école,des mas media.....

Le décor des festivités a été façonné de la même manière que les occasions officielles. Des conférences ou pseud-conférences ont été présentées et des concerts ont été donnés à l'occasion. Les habitants d'Ajdir, en liesse, se sont occupés de tout et ont tout fait pour recevoir les illustres invités venus de Rabat et qui ne sont que des Imazighens. Heureusement pour eux, Rabat est aussi habitée par des gens de leur race parlant leur langue. Ils sont venus à Ajdir et à Khénifra pour célébrer la gloire de Tamazight et fouler les tapis que ces indigènes ont tissé avec finesse et passion pour transmettre leurs traces et leur sagesse aux générations suivantes. Les Ait Ouherdan étaient là eux aussi pour partager la joie des Ait Ircam.

Quel triomphe de Tamazight viennent célébrer ces gens? Cette question est légitime en considérant l'état actuel des choses. En fait, qu'est ce qui a changé depuis la création de l'IRCAM? Faisant abstraction des discours politiques qui changent de couleur, rien ou presque. Les noms et prénoms amazighs sont prohibés dans les registres de l'état civil, le tifinagh quoique adopté par l'IRCAM est pris en otage à Nador, la toponymie amazighe subit affreusement le même sort, les vieilles pratiques amazighophobes existent toujours. En somme, l'amzighité est toujours dans un état de captivité; victime éternelle de la folie historique du panarabisme et de la tartufferie du wahabisme aveugle.

Des festins financés par les indigènes d'Ajdir ont été donnés à l'honneur des gens de Rabat, à cette élite des Imazighns qui se sacrifie tranquillement pour la cause amazighe. Mais ces illustres invités ont-ils mesuré la précarité dans laquelle ces gens d'Ajdir traînent leur existence? "Des petites gens exilés dans leur peau", comme le disait Abehri, et qui vivent dans la marge, la jungle et l'incertitude. On vient pour mettre en péril leur maigre budget pour développer Tamazight et leur donner l'impression de les défendre contre les assauts de l'arabisation et de la misère.

L'IRCAM, nous a-t-on sans cesse rabâché, a été créé pour "faire connaître Tamazight et la faire aimer" via un processus de défolklorisation en la délestant des connotations péjoratives qui lui ont été accolées délibérément pour la miner de l'intérieur. Malheureusement, on a constaté que les Ait IRCAM n'ont fait que présenter Tamazight sous forme d'un produit folklorique éveillant ainsi les humiliantes vieilles traditions. Se permettre le luxe de danser avec les "cixat" dans la légendaire place d'Azlou dont le nom a été remplacé par "place Massira Khadra" au vu et su des Ait Ircam et de leur fantoches n'exprime que la volonté de battre en brèche les revendications du Mouvement Amazigh. L'opinion publique qui s' est fait des représentations plutôt favorables à ces revendications est surprise par le contraste existant entre le discours défolklorisant et la pratique folklorisante de Tamazight. La déception est légitime et la désillusion en est le résultat logique.

Je ne voudrais pas m'acharner gratuitement sur l' IRCAM en tant qu'institution, mais insister sur ce qu'il y a de dérisoire et de trompeur dans cette comédie ircamiènne. En réalité, l'IRCAM traîne derrière lui un sillage dont les contours ne sont pas encore délimités et vise sans doute à discréditer le discour et les positions du MCA et à avorter les efforts qu'il a déployés pour restaurer l'héritage de Tamazight tombé en ruine. Se permettre le luxe d'organiser des festins sur le compte des "indigènes" d'Ajdir et danser avec les "cixat" n'a d'autre sens que la légitimation de la folklorisation et de l'humillation.

Brouiller les cartes, tuer la vérité amazighe pour que personne ne la cherche demeure, à mon sens, la motivation implicite de l'initiative et de la créativité dont l'IRCAM fait preuve.

 

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