Uttvun 83, 

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"Taqerfiyt": mode d'emploi

Par: Nourdine Bawedra (Goulmima)

La culture, dans son sens large, signifie l'œuvre humaine, à la différence de l'œuvre de la nature. Définir la culture peut être influencé par la conception idéologique et philosophique. Parler de la culture amazighe en général et orale en particulier s'avère une tâche qu nécessite un matériel lucide, scientifique et donc objectif.

V.Lenin disait: "Pour devenir des hommes cultivés, il faut que les moyens matériels de production aient acquis un certain développement, il faut posséder une certaine base matérielle", in "œuvres, t 33, p. 488.

La culture, donc, est la somme des valeurs matérielles et spirituelles crées par l'humanité  au cours de sa pratique socio-historique.

La culture berbère orale a certainement joué un rôle dans la sauvegarde des traditions, valeurs, conceptions philosophiques et morale sociale qui reflètent la relation sociale entre les individus d'une communauté, tribus ou clans berbères.

"Taqerfiyt, un mot qui nous vient de loin, de très loin dans les temps et dans les profondeurs des raffinements de la civilisation amazighe, et qui véhicule un mode de communication orale" , écrivait Zayd Ouchnna dans Tawiza, uttvun 81, asebter 3. Il ajoute: "Dans la région du Sud-est du pays (Maroc), il n'y a pas meilleur expert qu'un amazigh, convaincu et jaloux de sa tradition ancestrale, qui s'adresse à d'autres dans ce mode de communication: Taqerfiyt".

Taqerfiyt, comme mode de communication, existe dans toutes les sociétés, comme d'ailleurs dans toutes les cultures et dans toutes les cultures. Si nous acceptons que Taqerfiyt caractérise surtout le dialogue entre l'homme et la femme, alors elle doit caractériser toute l'humanité.

J'avance même, et j'espère ne pas troubler la tranquillité des puristes ni les dieux des polythéistes, que Taqerfiut existe même chez certains animaux et caractérise le dialogue mâle/femelle. 

Le Sud-est n'est pas le berceau de Taqerfiyt et les Ayt Yaflman ne sont ni les fondateurs ni les seuls détenteurs de Taqerfiyt. Henri Lhote, dans son ouvrage sur les "Touaregs du Hoggar" (Arlmand Colin, Paris 1984, pages 182 – 183) rapporte des pratiques similaires à Taqerfiyt dans le nom de "Ahal".

"Ahal" signifie réunion, convention, entretien. Son synonyme est "idwenni". "Les réunions se font à proximité des campements, à l'abri d'un oued, mais en dehors de la vue des vieillards et des personnes respectables de la tribu. Elles ont lieu ordinairement avant le repas du soir".

"La présence de plusieurs jeunes filles dans un campement suffit souvent pour qu'il s'y organise un Ahal. Les jeunes gens des campement voisins y viennent, toujours vêtus de leurs vêtements d'apparat. Certains font par fois des centaines de kilomètres pour assister à une réunion où ils savent rencontrer de jolies filles et une distraction agréable".

"Hommes et femmes, serrés l'un contre l'autre, se font des attouchements audacieux et s'appliquent les narines les uns contre les autres en s'aspirant mutuellement. C'est la forme particulière du baiser chez les touaregs".

"Les mœurs des jeunes filles sont, en effet, très libres, au point que le père de Foucault affirmait que le mot 'virginité' n'existe pas en tamahak. Déflorer se traduit par 'percer un trou'. C'est le même mot pour désigner le forage d'un puits. "Il n'est pas question, dit le docteur Vermade, d'amener la jeune fille pure jusqu'à son mariage. Ce sont là des sentiments que les touaregs ne comprennent pas. Aussi, dès qu'elle est nubile, elle va à l'ahal et ne tarda pas à être déflorée. La virginité n'existe pas, n'a aucune valeur représentative aux yeux des touaregs".

L'ahal et/ou taqerfiyt semblent, donc, exister chez les anciens des berbères, et ces deux termes: taqerfiyt au Sud-est et Ahal chez les touregs sont des formes déviées d'un phénomène ancien.

Pour examiner au mieux les bases de taqerfiyt et la comprendre, il est subjectif et même injuste de citer deux dialogues survenant entre deux couples de jeunes gens amazighophones.

 Je vais prendre l'exemple de Taqerfiyt entre Hennu et Yidir. Les propos des deux jeunes dévoilent la conception de l'homme de la femme et la conception de la femme de l'homme et le niveau de vie qui règne dans cette société. Et ce type de relation définie par la vie sociale et l'histoire de la communauté.

C'est pour vous dire que taqerfiyt, comme elle se pratique au Sud-est marocain n'a rien de particulier ni de 'mythique'. Il suffit de songer au Tchatch, E-Mail, et les messages téléphoniques – en tamazight – si vous voulez pour se rendre compte que taqrefiyt est un phénomène international.

En guise de conclusion, j'aimerai bien un jour chercher à savoir à quel point Taqerfiyt dont "le principe de base est sur le mode de la domination et de la soumission", constitue un obstacle devant l'épanouissement de la femme amazighe, et à quel point les traditions orales reflètent la réalité économique et sociale, ainsi que la nécessité de se méfier de la culture orale utilisée comme "idéologie" pour nous détourner de nos vrais problèmes.

Gabriel Soulages dans "Du cœur disait: "On comprend qu'une jeune fille, vertueuse et jolie, mais trop pauvre pour qu'aucun prétendant se décide à demander sa main, maudisse le sort si, par hasard, elle songe que ce dont elle est, à juste titre, le plus fière, ne lui servira jamais qu' à s'asseoir"    

 

 

 

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