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(Mars  2004)

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Imazighen de HÉRODOTE:

Lecture, commentaire et interrogations (3ème partie)

Par: Hassan Banhakeia (Université d’Oujda)

Pour mon frère Brahim

 

EN CONCLUSION…

Peut-il l'autre écrire l'histoire amazigh? Hérodote l'a bien fait, à partir de sa propre vision de Grec. Il dira: «Voilà les peuples de Libye que nous pouvons nommer» (IV, (197), p.447) Voilà l'histoire grecque de l'amazighité. Faut-il lire donc l'Enquête comme un texte / mythe fondateur de l'identité amazighe: indépendante?

Tout ce que nous avançons, ce n'est pas pour dire: voilà l'histoire dans tous ses détails. Ni avancer: Hérodote a raison ou avait raison. Il est resté toujours circonspect:

 «Voilà là-dessus mon opinion personnelle» (II, (56), p.189),

 «je ne sais pas si c'est vrai et me contente de consigner ce que l'on dit» (IV, (195), p.446)

 «d'après les recherches aussi étendues que possible, auxquelles nous nous sommes livré» (IV, (192), p.446) des infinis «je pense» «je crois», «à notre connaissance»

 «J'admets donc à ce sujet ce qu'on dit de (…), et je crois que c'est l'exacte vérité» (II, (12), p.163)

 «S'il me faut après avoir rejeté ces théories, donner à mon tour un avis» (II, (24), p.169)

 «j'ai dit ce que mes yeux, mes réflexions et mes enquêtes m'ont appris; je vais maintenant rapporter (…) ce que j'ai entendu dire» (II, (99), pp.209-210)

Ces phrases sont insérées lors de l'introduction des renseignements, cela veut dire: l'auteur emploie des tournures exprimant de la subjectivité et de la relativité dans l'énonciation.

L'on se dit alors, à la relecture d'Hérodote, qu'au fond les choses se répètent de manière mécanique dans le règne méditerranéen. Les mêmes événements se refont dans différentes étapes de l'histoire. La logique de ce texte d'histoire tend vers l'objectivité par la technique (de narration) adoptée par Hérodote: «Je l'ignore, mais je suppose que» (IV, (180), p.440) Ou bien «Si jusqu'aux Atlantes je puis nommer les peuples qui habitent la région des dunes, au-delà de cela m'est impossible.» (IV, (185), p.443) Son savoir, voire sa science, est relative ou bien réduite.

Aussi est-il indéniable de préciser que notre étude a mis dans un même ensemble les traits de toutes les tribus «amazighes», en y faisant référence comme s'il s'agissait d'un seul élément cohérent et unique.

Bien que l'étude d'Hérodote précise tant de choses, des questions restent toujours posées: Quels vêtements portent-ils? Quelles boissons prennent-ils? Quels sont les rapports entre hommes et femmes? Comment était leur toilette? Comment étaient organisés leurs sacrifices? Quels étaient leurs rites funèbres? Quels étaient leurs dieux (ou divinités)? Pourquoi Hérodote ne fait aucune référence à l'écriture des Imazighen? A leurs tatouages? etc…

Il faut reconnaître un fait: les mythes et les mensonges qui entourent l'origine et l'identité des Imazighen sont ébranlés après la lecture d'Hérodote. Entre autrui et soi, l'amazigh s'ingénie à apercevoir les différences, à se les accaparer pour les rendre propres.

En définitive, Hérodote voit dans l'amazigh l'opposé du Grec: un sauvage. Un Barbare. Un non civilisé. Il est également un nomade: il ne se lasse pas de troquer son âme (souvent son corps) pour plaire aux autres

De tout ce que nous raconte Hérodote, qu'en reste-t-il maintenant? Beaucoup et rien.

(H. Banhakeia, hbanhakeia@yahoo.fr)

 

TRIBUS:

(0)Peuple; (1)Situation; (2) Physique et Accoutrement; (3)Famille; (4) Psychologie; (5)Langue; (6) Coutumes et Rites; (7)Croyances; (8)Guerre et contact avec les autres peuples; (9)Mode de vie et économie

1- Apis et Maréa, (II, (18), p.167)

      (0) Sans nom

      (1) aux confins de l'Egypte et de la Libye;

   (6)Ils ne veulent pas s'abstenir de la viande «vache»;  

  (7)Ils consultent l'oracle d'Amun (comme les Egyptiens).

2-Nasamons, (II, (32-34), pp. 174-176), (IV, (172), pp.437-438) et (IV, (190), p.445)

    (0)Peuple important;

    (1) Syrte et à l'est de Syrte (Augila);

    (2) taille pas petite;

    (3) grandes familles;

    (4) téméraires;

    (4) Ils font ce que leur dictent les songes;

    (5) langue différente de celle des Noirs du sud;

    (6) polygame;

    (6) Femmes communes à tous;

    (6)Les convives jouissent de la mariée avant l'époux;

    (6) Enterrent leurs morts assis

    (7) Ils jurent par les morts justes et vaillants

    (7) Au moment d'un engagement, les engagés boivent de l'eau dans la main de l'un et de l'autre;

    (7) Ils consultent les dieux dans les cimetières;

   (9)Nomade: bergers près de la mer, et à Augila ils récoltent des dattes et chasseurs de sauterelles.

3- (Samiens), (III, (26), p.279)

    (0) appartiennent à la tribu d'Aischrion;

    (1) Habitent la ville d'Oasis (Siwa);

4- Adyrmachides, (IV, (168), p.436)

    (1) Les premiers Libyens depuis l'Egypte au port Plynos (Sidi Barani);

     (2) Les femmes portent  des anneaux aux jambes;

     (2) Elles sont sales: elles ont des poux;

    (2) Ils s'habillent comme les Libyens;

    (6) Mêmes coutumes que les Egyptiens.

5- Giligames, (IV, (169), p.436)

   (1)Occupent l'ouest jusqu'à l'île d'Aphrodisias (Kersa), Platéa (Bomba) et Aziris;

    (6) Mêmes usages que les autres Libyens.

6- Asbystes, (IV, (170), p.437)

    (1) au-dessus de Cyrène;

    (6) S'influent des usages grecs;

     (8) Se servent des chars à quatre chevaux.

7- Auschises, (IV, (171), p.437)

 (1)au-dessus de Barcé (El Mardj), touchant Euhespérides (Benghazi).

8- Bacales, (IV, (171), p.437)

    (0) Peuple peu important;

    (1) touchant à la mer près de Tauchéira (Tocra);

    (6) Mêmes usages que les Libyens.

9- Psylles, (IV, (173), p.438)

    (0) Peuple disparu enseveli sous les sables à cause du vent du sud;

     (1) Au fond de Syrte ( la côte et l'est de Tripoli);

     (9) Charmeurs de serpents

10- (Garamantes), (IV, (174), p.438)  -- Gamphasantes

 (1) au sud, dans la région des bêtes sauvages;

 (8) N'ont pas d'armes de guerre; ils ne peuvent pas repousser un ennemi

  (9) Ne sont pas sociables

11- Maces, (IV, (175), p.438)

  (1)Sur le littoral, ils vivent dans les montagnes et les bois, tout près du fleuve Cinyps(oued El Khahan); 

 (2) Crâne rasé avec une houppe de cheveux;

  (8)En guerre, ils portent des cuirasses en peau d'autruche

12- Gindanes, (IV, (176), p.439)

(2) Les femmes portent des anneaux aux jambes

13- Lotophages, (IV, (177), p.439)

(1)Vivent sur le promontoire (ouest de Tripolitaine et île de Djerba);

      (9) Ils vivent du lotus, ils en fabriquent du vin;

14- Machlyes, (IV, (178/179), pp.439-440)

 (1) Vivent sur la côte du fleuve Triton qui se jette dans le lac Tritonis, dans l'île Phla (colonisée par les Grecs);

    (2) Laissent pousser les cheveux sur la nuqueÊ;

(9) Ils vivent aussi du lotus.

15- Auses, (IV, (180), p.440)

 (1) Sur les bords du lac Tritonis

    (2) Laissent pousser les cheveux sur le front;

    (7) Election de la plus belle filleÊ;

   (7) Virginité importante: bataille entre deux groupes de filles, celles qui perdent (ou meurent) sont impures;

     (7) Femmes communes à tous;

   (7)La progéniture est reconnue deux mois après la naissance: l'enfant ressemble à un membre, alors il y a reconnaissance de paternité;

    (7)S'accouplent comme des bêtes;

(8) Contact avec les Grecs;

16- Ammoniens, (IV, (181), p.441)

(1)Habitent à Augila;

     (7) Adoptent le culte de Zeus;

    (8) rencontre avec les Nasamons;

     (9) De l'eau et des jardins

17- Garamantes, (IV, (183), pp.441-442)

   (0) Peuple très important

  (1) oasis (Fezzan);

    (8) chasseurs des TroglodytesÊ;

    (8) conduisent des chars  quatre chevauxÊ;

(9) eau et palmiers, cultivateurs, éleveurs de bœufs (opisthonomes).

18- Troglodytes, (IV, (183), p.442)

(1) Limitrophes avec les Ethiopiens (Tibous ou Tédas) vivant à Tibesti et au Tchad;

     (2) Le peuple le plus rapide à la course;

(5) un langage particulier: cris de chauves-souris;

(9) Mangeurs serpents, lézards et autres reptiles.

19- (Atarantes), (IV, (18'), p.442) -- Atlantes

(0) ils n'ont pas de nom;

(7) ils adressent des malédictions au soleil.

20- Atlantes, (IV, (184), p.442)

    (1)la montagne Atlas, colonne qui soutient le ciel;

(4) ne connaissent pas les songes;

   (9) ils ne mangent rien qui ait vécu.

21- Maxyes, (IV, (191), p.445)

 (0) prétendent que leurs aïeux ne soient pas des Imazighen, mais des Troyens;

     (1)pays riche en animaux sauvages et en forêts (ouest du delta du Nil, mais placés par Hérodote aux environs de Tunis);

    (2)laissent pousser les cheveux sur le côté droit de la tête et les rasent sur le côté gauche;

(2) se frottent le corps de vermillon

22- Zauèces, (IV, (193), p.446)

(8)les femmes mènent les chars à la bataille.

23- Gyzantes, (IV, (192), p.445)

(1) montagnes (côte tunisienne);

  (2) se frottent le corps de vermillon;

(6) mangent des singes;

      (9) éleveurs d'abeilles;

 (9) fabricants de miel artificiel.

24- Cyrauis, (IV, (195), p.446)

(0)Sans nom;

(1)île (Kerkenna, au large de Sfax), longue de deux cents stades, mais étroite, on y accède à pied depuis le continent;

    (9) femmes pêcheuses des paillettes d'or;

    (9) Oliviers et vignes

25- Euhespérites, (IV, (198), p.448)

(0) sans nom;

   (1) terre fertile (Benghazi)

26- Cinyps, (IV, (198), p.448)

(0) sans nom;

   (1) terre très fertile, fleuve Cinyps (oued El Khahan).

27- Cyrénaïques, (IV, (199, p.448)

(9) trois récoltes annuellement.

REMARQUES:

(1)Aucune tribu n'a été décrite de 0 à 9; la présentation reste relative, hâtive.

(2) Il y a des tribus qui ne sont pas nommées, mais oui les lieux qu'elles occupent.

(3)Le souci de répondre à «D'où venons-nous?» intrigue curieusement, depuis toujours, les Imazighen. De l'extérieur, de l'étranger, nous ne sommes pas africains, s'ingénient à démontrer tant de «chercheurs». Hérodote est catégorique: ils sont des Africains.

(4)Il y a des tribus amazighes qui s'efforcent de s'aliéner, de se chercher une origine lointaine pour s'enorgueillir. Avec Hérodote, nous avons le cas des Maxyes qui prétendent être des Grecs (de Troie).

(5)Notre étude des Imazighen d'Hérodote nous montre plus les Imazighen de l'est (du côté de l'Egypte et de la Libye) que ceux de l'ouest. Son histoire va encore du centre (Grèce / Egypte) vers la périphérie (Afrique du nord), autrement dit du connu et civilisé vers l'inconnu et le non civilisé.

(6)Cette description de l'amazighité de l'Afrique nous renseigne sur le problème de la disparition des Imazighen. Déjà, à cette époque-là, cinq siècles avant JC, l'auteur était bien sensible au problème. Il explique même les causes:

— S'influencer de l'autre (cas des Asbystes);

— Disparition totale à cause d'un phénomène naturel (cas des Psylles);

—Ne pas savoir repousser l'ennemi (cas des (Garamantes) pacifistes).

(7)Les Psylles est peut-être le premier groupe amazigh à disparaître…

(8)Comme tout stratège ou colonisateur, Hérodote insiste plus sur la description des richesses de la terre, distinguant parfaitement entre le fertile et l'aride. Les Grecs y cherchaient le lotus et le silphion. En outre, il précise la faune de la région…

(9)L'historien grec se plaît à renommer les lieux par des noms grecs: Triton, Tritonis… Il se plaît également à renommer un dieu indigène par un équivalent grec (exemple d'Athéna des Auses).

(10)La coiffure des cheveux détermine l'appartenance des Imazighen à un groupe ou à un autre, (cas des Machlyes et des Auses), comme l'est le cas des tatouages (absents dans cet écrit historique). Peut-être, cela veut-il dire qu'Hérodote n'avait pas rencontré de femme «amazighe».

(11)La tradition de l'élection de la plus belle fille de la tribu est présente chez les Imazighen (cf. Auses). Qu'est-il de nos jours de cette tradition?

(12)Hérodote déprécie l'organisation familiale des Imazighen, il en fait une description proche des bêtes. Quand il parle de l'accouplement, le lecteur imagine le parallèle avec les animaux.

(13) Le peuple libyen, qui vit sur le littoral, est nomade. Qu'entend-il au fait l'historien par «nomade»?

(14)Les (Garamantes) sont reconnus comme une erreur des copistes. Il y est question de Gamphasantes. La question à poser: combien d'autres erreurs ou changements sont commis par les copistes? Et quelles étaient leurs intentions?

(15)Peut-elle exister une tribu désarmée au milieu de bêtes sauvages, comme c'est le cas des (Garamantes)? Ce principe de contresens ou de contradiction, peut expliquer cette indication «fausse» de l'histoire.

(16)Les rapports entre les différents peuples libyens est peu cité, à l'encontre de leurs rapports avec les Grecs et les Egyptiens.

(17)La technique de description et de dénombrement des Imazighen se base sur deux critères:

 De l'est à l'ouest, les tribus sont contiguës;

 A partir des Ammoniens, Hérodote parle plus de butte et de la distance (de dix jours de marche), une marche vers l'inconnu. Cela nous rappelle le voyage du narrateur à travers les tribus du Maroc inconnu de Mouliéras.

(18)Donc, de l'Egypte jusqu'au lac Tritonis, les Libyens sont des nomades. Et à «l'ouest du lac Tritonis les Libyens ne sont plus nomades, leurs coutumes sont différentes.» (IV, (187), p.443) Le lac détermine le nomadisme et le sédentarisme chez un peuple. Quelles sont les vraies causes de ce changement?

(19)Les Imazighen ne sont pas ennemis entre eux, non plus rivaux. Mais, il y a des occupations mutuelles d'un même espace. L'exemple des Nasamons, ils occupent le territoire (amazigh) de leurs confrères Psylles.

(20)Les plantes nord-africaines (lotus, silphion) ont des propriétés curatives et magiques. Citons l'exemple des Lotophages qui firent manger du lotus aux compagnons d'Ulysse dans l'Odyssée d'Homère. Par conséquent, les marins oublièrent leur patrie.

(21)La virginité est importante: il y a la cérémonie de la bataille entre filles… Ce rituel est à opposer à l'accouplement sauvage…

(22)Qu'est-il de la tribu «Aischrion» amazighe (citée dans Livre III, (26), p.279)?

(23)A propos de la Cyrénaïque, nous pouvons avancer ceci:

Au début, il faut citer la volonté des Lacédémoniens et des Théréens de «fonder une ville en Libye… Ils ne savaient pas où pouvait bien se trouver la Libye et n'osait pas expédier une colonie en plein inconnu» (IV, (150), p.426) Là, les Cyrénaïques cultivent le silphion utilisé comme médicament et condiment par les Grecs. Ils y élèvent aussi le mouton et les chevaux rapides.

A cause de la sécheresse (qui dura sept ans), les Théréens, grâce à l'aide d'un pêcheur de pourpre portant le nom de Corbios, atteignirent Platéa, une île de la Libye. Ils y étudièrent les lieux. Ensuite, deux vaisseaux à cinquante rames de Théréens partirent pour Platéa, à leur tête était le chef Battos.

Ce dernier fut roi pendant presque quarante ans. Son fils Arcésilas, prit le pouvoir pendant seize ans; ils règnent de 631 à 580. A cette époque-là, le nombre de la population de Cyrène ne dépassait pas le nombre des premiers colons. Pourquoi? Nous n'avons pas de réponse.

Battos II surnommé l'Heureux, par le biais de l'oracle de la Pythie, convia les Grecs à rejoindre la Cyrène. Ils vinrent nombreux, expropriant les indigènes libyens. Ainsi, Adicran (le roi des Libyens) perdait les terres, les Grecs allaient déposséder tout le pays. Les Libyens demandent l'aide des Egyptiens (sous le règne du roi Apriès).

La bataille d'Irasa (vers 570) se termina par la défaite des Egyptiens, et le remplacement d'Apriès par Amasis.

(24)Je ne parle pas des Carthaginois, cela sera développé dans le deuxième chapitre de cette étude, «Moi, Augustin l'amazigh!»

 

NOTES

(1) La référence de mon étude est L'Enquête (2 tomes), Gallimard, coll. Folio Classiques, n°1651, traduit et annotée par Andrée Barguet, Paris, 1985.

Hélas, je ne peux pas approcher le texte original! Néanmoins, j'ai consulté les traductions (française, anglaise et castellane).

En outre, L'Enquête est cité souvent par un autre titre, communément connu, Histoires.

(2) Amun ou Amomon, dieu égyptien représenté dans la forme d'un homme à la tête de bélier. Il symbolisait l'air ou le souffle créateur. Il faut remarquer que c'est sous le règne du pharaon amazigh Chéchonq III (823 av JC  772 av JC: dynastie XXII libyenne des Pharaons) que fut construite la porte monumentale d'Amun. (cf. II, (136), pp. 234-235)

(3)À propos de la force militaire des Arabes, nous trouvons un autre passage:

«Séthon n'eut que mépris pour la classe des guerriers; entre autres outrages qu'il leur infligea, il les dépouilla de leurs terres alors que, sous les rois précédents, ils en avaient reçu chacun douze aroures, à titre spécial. Par la suite, quand Sennachérib, roi d'Arabie et d'Assyrie, marcha sur l'Egypte avec une armée nombreuse, les guerriers égyptiens refusèrent tout secours à leur roi. Le prêtre, en cette extrémité, pénétra dans le temple et vint aux pieds de la statue de son dieu gémir sur les malheurs qui le menaçaient. Au milieu de ses lamentations, le sommeil le prit et il crut voir en songe le dieu, debout près de lui, l'encourager et lui promettre qu'il ne lui arriverait aucun mal s'il marchait contre l'armée des Arabes: il lui enverrait lui-même des défenseurs. Confiant en ce songe et accompagné des Egyptiens qui voulurent bien le suivre, Séthon établit son camp à Péluse, qui est la porte de l'Egypte; aucun des guerriers ne se joignit pas à lui, mais seulement des commerçants, des artisans et des boutiquiers. Quand les ennemis arrivèrent devant Péluse, des rats des champs envahirent leur camp pendant la nuit et rongèrent leurs carquois, leurs arcs, et même les courroies de leurs boucliers, si bien que le lendemain, dépouillés de leurs armes, ils durent prendre la fuite et périrent en grand nombre. Aujourd'hui encore on voit dans le temple d'Héphaistos une statue en pierre de ce roi, qui porte un rat sur la main; une inscription lui fait dire: «Regardez-moi, et soyez pieux.» (II, (141), p.238)

Il y a bien d'autres affirmations à propos des Arabes:

 —«(L'Arabie) est d'une aridité terrible.» (III, (5), p.267)

 —«Aucun peuple n'a plus que les Arabes le respect de la parole donnée.» (III, (5), p.267)

 —«Les Arabes ne furent jamais réduits en esclavage par les Perses, mais ils devinrent leurs alliés pour avoir laissé passer Cambyse quand il marchait contre l'Egypte; car s'ils leur avaient refusé le passage, les Perses n'auraient pu envahir l'Egypte.» (III, (88), p.318)

 —«Les Arabes prétendent même qu'ils envahissent la terre entière s'il ne se produisait pour eux ce qui arrive, comme je le savais déjà, aux vipères.» (III, (108), p.327)

(4)Les rapports entre Imazighen et Egyptiens sont très importants à étudier.

Nous lisons par exemple dans l'Enquête, la figure historique du chef Inaros:

 —«Enfin persuadé d'attaquer la Grèce, Xerxès commença, un an après la mort de Darius, par lancer une expédition contre les rebelles égyptiens. Il écrasa la révolte, imposa aux Egyptiens un joug plus sévère encore que du temps de Darius, et confia le pays à son propre frère Achémènes, fils de Darius.  Cet Achéménès fut trop tard assassiné dans son gouvernement d'Egyptien par un Libyen, Inaros fils de Psammétique.» (VII, (7), p.175)

 —«C'est ainsi qu'après six années de guerre, l'entreprise des Grecs en Egypte se trouva ruinée. Les quelques rescapés de cette nombreuse expédition traversèrent la Libye et arrivèrent  sains et saufs à Cyrène. Mais la grande majorité de l'armée périt. L'Egypte retomba sous la domination perse, excepté la région des marais, où régnait Amyrtaïos. (…) Inarôs, le roi des Libyens qui était à l'origine de tout ce qui s'était passé en Egypte, fut pris par trahison et crucifié.» p.761, (110)Ê

A propos d'Inaros, nous lisons en note: «La date de la bataille de Paprémis est incertaine: 462 ou 459 av. JC. Il s'agit de la rébellion fomentée par un dynaste libyen, Inaros, avec l'aide d'un prince saïte, Amyrtée, et d'une flotte athénienne, contre le satrape d'Egypte, Achéménès. La rébellion fut écrasée dix-huit mois plus tard; Amyrtée se réfugia dans les marais du lac Borolos» (Notes, tome 1, pp.514-515)

Un peu plus loin, une autre note: «Inaros, fait prisonnier et emmené à Suse, avait été exécuté par Artaxerès en 455-454, tandis qu'Amyrtée avait pu fuir et se cachait dans les marais du lac Borolos. Le nouveau satrape d'Egypte, Sarsamas, qui succédait à Achéménès, plaça, pour se montrer conciliant, les fils des anciens chefs rebelles aux postes qu'avaient occupés leurs pères. Un ordre apparent régnait donc en Egypte où y vint Hérodote.» (Notes, tome 1, p.515)

Ces passages sont à comparer à un passage de «La guerre de Péloponnèse», in Histoire de la guerre entre les Pélopénnésiens et les Athéniens de Thucydide d'Athènes.

 «Le Libyen Inarôs, fils de Psammétique, qui régnait sur la partie de la Libye qui confine au territoire égyptien, prenant pour base Maréia, au-dessus de la ville de Pharos,  souleva la plus grande partie de l'Egypte contre le roi Artaxerxès. Ayant établi son autorité sur le pays, il fit appel

 

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