Uttvun 84, 

Kuzvyur  2004

(Avril  2004)

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L’amdja n’Hocéma  (le drame d'Alucéma)

Par: Ouâchrine Lhoussaine (FES)

Un mardi noir comme ce chien noir qu'un homme s'évertuait en vain à lui faire flairer les  béants anfractuosités des décombres pour déceler d'éventuels survivants, agonisants ou  morts ensevelis. Le drame a eu lieu à 2 h 27  et ce ne fut que vers 13 heures ou même  au delà  alors que le monde interloqué  regardait les visages  cirés et flegmatiques de 2m débiter l'information. 2m ou ce deuxième Maroc qui se veut dissipateur des dogmes de  son aînée  la  une (lm). L'on annonça 20 morts puis 40 et ...

Et le chien noir, désemparé, haletant d'épouvante, sa langue distillait  le fiel de l'amdja en trémoussait devant un attroupement d'hommes lugubres et déconcertés car impuissants  face à l'immesurable désolation. Leurs  pas  engourdis     pesaient au dessus  du râle des mourants et  sur f l'écrabouillé humain  englouti.

Même démunis et dans  l' infortune, ils essayaient d'affronter la monstrueuse cruauté en grattant les monceaux de débris avec  leurs mains, avec des  morceaux  de  fer, des marteaux... pensant   ainsi pouvoir briser les immenses blocs  de béton et  l’inextricable  enchevêtrement de  boyaux d’acier...

 Ce furent les actes spontanés d'habitants éplorés et sinistrés du mardi noir  que dénonça le chien noir car lui ne pouvait ni flatter ni mentir devant une telle vérité défiante.. les victimes étaient là sous les décombres. La terre d’Alhucéma n’a jamais trahi. Elle averti et interpelle les responsables à différentes et nombreuses dates… Et pourtant, on n’a pas pensé à créer une infrastructure de base opérationnelle capable de faire face aux premières urgences…

 De 2h30 du matin et jusqu'aux environs de 15 heures et même au delà de 18 heures selon ceux qui vécurent ces sombres et longs moments--temps fastidieux que rendait pesant l'attente des populations endeuillées, isolées et quelque parts, l'on parla  de 160 morts... Les responsables marocains dont la réaction demeure injustifiable ont répondu à la solidarité internationale, Espagne, France, Japon, Algérie, Usa… qu’«'elles maîtrisaient la situation ...». Et puis le chien noir,  dénonçant cette affreuse aberration disparut, emportant  l'amdja  entre ses mâchoires figées de stupeur, et qu'il allait confier sûrement au  ciel puisque la terre devenait perfide par la prévarication cynique  d‘administrateurs politiques et de leurs innombrables lieutenants...

 Alors, les enfants  seuls disaient dans leur langage maternel l’épouvante qui s’emparait d’eux…

A tsa inu!  A imma nu! nemmut marra…

Abdu amziane taslemia (le tout petit) inna: tmmut imma, immut baba d ayt ma. Il exprimait ses douleurs en se détournant de son village dévasté, et face aux vallonnements lointains où les près verts annonçaient un printemps qui  versera la sève noire dans les cœurs les glorieux aît Ouriaghel qu'on ne rencontre comme tous les imazighen montagnards d'ailleurs que dans  les calamités: guerres contre les envahisseurs; exodes culturels et économiques etc.. et dont nous parlent des étrangers et quelques rares  marocains comme GERMAIN AYAHE (juif marocain)… Leurs épopées semblent ne point  honorer  tous ceux qui ne cessent  de vouloir par leur hideuse obsession d’incorporer l’Afrique du nord à cet autre orient enlisé dans l’ingratitude que lui a prédéterminée un arabisme dénigrant ayant accouché de tous les maux qu’on connaît.

Et  l'angélique Leila à qui la fatalité a arraché les parents n'a rien pu dire mais son regard bouleversant  en dit long sur les états d'âme d'une population qu'on n'a pas cherché à approcher dans sa langue naturelle pour soulager le poids  d’une catastrophe dévastatrice..

Au cinquième jour du séisme, des villages distants d’à peine 5 à 20 km n’étaient pas encore secourus. Des cadavres se décomposaient malgré le froid et répandaient des odeurs putrides. Ce qui  fit dire à l’un de ces visages cirés de 2 M: «Eh oui, ça commence à sentir la charogne». Si l’on lisait l’émotion et une spontanéité faite d’égards chez Dechraoui et ses amis envoyés sur place, il n’allait pas de même chez les flegmatiques du TJ qui donnaient l’impression de créer difficilement et de lire leurs bulletins… Et jusqu’à  Mr le Ministre de la Communication qui semble intimer au public par ses  syllabes faites d’un martelage insolent  l’ordre de le prier pour  achever  de hachés inventaires pourtant préparés au préalable. Mais si  la frime est chez certains une seconde nature, les marocains sont-ils tenus d’en subir  les énervants désagréments.

 Et  l’on scanda un appel venant du terroir sinistré!

Le cri de cœur ou l’SOS  d’une femme qui brava des centaines de manifestants  «Il faut que  SM le Roi vienne chez nous pour apaiser nos souffrances! –Khess Jalalate Lmalik iii ichouf haltna!». Et le Roi qui aurait déjà envisagé de séjourner auprès des sinistrés a comblé le vœu de la femme qui tendait ses bras au ciel….. Et partout, les marocains  émettent le même vœu  mais SM  pourra-t-elle être partout?. Voilà où nous ont conduit depuis et pendant l’indépendance du Maroc ceux qui ne savaient  que  se goinfrer et gonfler leurs comptes et ils croient nous gruger quand ils prônent proximité, bonne gouvernance, décentralisation

 

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