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L’Islam politique et l’obscurantisme au Québec

Par:Mohamed Nabil*

(hikmat@swissinfo.org)

Ma lettre de démission dans laquelle j’ai dénoncé de travailler au sein du comité de solidarité avec les sinistrés marocains formé dernièrement à Québec –Canada et qui est  guidé par des idées islamistes,  a soulevé plusieurs réactions qui ont été violentes de la part de quelques-uns. Par contre, elle a permis à la communauté arabe, berbère et québécoise de voir une vérité qui menace l’esprit des lumières.

Mes raisons qui ont déterminé ma décision  consistent au fait que j’ai remarqué une tendance d’islamiser la journée de solidarité en refusant plusieurs propositions de la part de quelques membres. En guise d’exemple, la présence des journalistes, filmer l’événement, ne pas recevoir des musiciens arabes et berbères en donnant le prétexte qu’il existe des gens qui n’acceptent pas ces propositions mais sans respecter les publiques qui ont des goûts et des tendances culturels différents, soit des Québécois ou bien des Musulmans Arabes et  Berbères.

1-L’islam politique et l’obscurantisme:

Cette lettre m’a poussé de me pencher plus sur le sujet de l’obscurantisme islamiste qui envahit le monde, surtout après les attentats terroristes qui ont frappé plusieurs pays, dont mon pays le Maroc et son voisin l’Espagne.

 Si selon Voltaire, l’intolérance fut la maladie du catholicisme, l’intégrisme est la maladie de l’Islam. Mohamed Arkoun, le professeur de la philosophie islamique à la Sorbonne, a considéré plus qu’une fois que l’Islam politique représente un phénomène pathologique dans le monde arabo-musulman.

Pour éviter toute confusion, rappelons que l’Islam est le nom de la religion pratiquée dans sa diversité par un milliard deux cent mille musulmans et qu’il n’est nullement antagonique avec des conceptions démocratiques et laïques. On peut ajouter, que l’islamisme, globalement minoritaire, désigne plusieurs organisations sectaires (Wahabites saoudiens, Frères Musulmans égyptiens, Khoméïnistes iraniens, Talibans afghans, GIA algérien…)

L’islamisme est à l’Islam ce que l’inquisition fut à l’Évangile et ce que l’intégrisme sioniste est au Judaïsme. Il revendique la liberté au nom des principes démocratiques mais, il la refuse aux autres au nom des siens !

La majorité des musulmans à travers le monde ont une conception de l’Islam autre que celle qui est véhiculée par les groupes radicaux ou politisés. Il faudra combattre le crime d’où qu’il vienne et prêter attention à ne pas jeter l’anathème sur des populations qui travaillent dur pour vivre un quotidien digne.

D’après le professeur  Mehdi Elmandjra, celui qui se dit islamiste est un athé .  «Je me suis opposé à la violence toute ma vie, car je crois au dialogue et à la communication pour la recherche de solutions pacifiques à tous les désaccords ou conflits quels qu'ils soient. Je continuerai à prêcher la non-violence quoiqu'il advienne.», a poursuit Elmandjra dans son texte sur la décolonisation culturelle.

Pour sa part, Muhammad Saïd Al-Ashmawy a proposé une critique radicale de l'idéologie des mouvements intégristes islamiques contemporains. S'appuyant sur de nombreux rappels historiques et sur une connaissance intime de l'oeuvre du Prophète, l’auteur bouleverse les idées reçues qui tendent à présenter l'Islam comme une religion intrinsèquement totalitaire et intolérante.

A ses yeux, «Dieu voulait que l'Islam fût une religion, mais les hommes ont voulu en faire une politique». Analysant la difficulté des musulmans à distinguer ces deux niveaux - le religieux et le politique - il montre la nécessité de retrouver la distinction originelle entre la Loi divine, la sharia, et le droit des hommes, le fiqh. Contre toutes les velléités actuelles, égyptiennes ou autres, d'islamisation du droit. Muhammad Saïd Al-Ashmawy se fait l'avocat d'un «authentique fondamentalisme» qui se veut à la fois rationaliste, dans sa réflexion juridique et politique, et spiritualiste, dans sa dimension morale et religieuse. Il a montré qu'il est possible de conjuguer Islam et démocratie, sharia et pluralisme, clairement démarqué de l'orientalisme occidental qui trop souvent encore ne fait que reproduire le discours de l'Islam sur lui-même. Les écritures de ce penseur sont devenus une référence depuis leur première publication en Égypte en 1987, et ils devraient contribuer à rectifier, aux yeux d'un large public, l'image déformée des sociétés musulmanes trop souvent donnée par les grands médias.

Il est à noter que les obscurantistes dans le monde veulent implanter une interprétation de l’Islam. Ce dernier n’a pas un modèle exact. Selon Faouzi Skalli, un soufi marocain, «le Coran dit qu’il n’y a "point de contrainte" dans l’Islam. La religion musulmane n’est en aucun cas le monopole de quiconque. Il est du devoir de chacun d’apprendre sa propre religion convenablement, comme il est de son devoir de la pratiquer autant qu’il le peut. Les extrémistes religieux se réfèrent à une interprétation complètement erronée des principes de l'Islam, pour justifier des actes tout à fait arbitraires.»

L’islamisme est la négation, la caricature et l’instrumentalisation de l’Islam. Il faut donc le combattre sans concession. Ce combat n’est pas d’ordre religieux mais d’ordre politique. L’islamisme, comme tous les intégrismes, est un fascisme.

Sur le plan intellectuel, Mohamed Sabila, professeur de philosophie à l’Université de Rabat, estime que «la séparation du divin et du séculier ne s’est pas réalisée parce que nos sociétés ne se sont pas libérées du diktat de la religion sur la réalité et les esprits.» Certes, il y a eu un moment historique chargé, au début du 20e siècle, qui a vu éclore en Égypte, phare de la renaissance arabe, une monarchie prête à jeter les archaïsmes du fiqh aux orties et des penseurs comme Taha Hussein ou Ahmed Amin, qui s’attaquent frontalement au sacré.

2-L’islam politique au Maroc

Dans le contexte des conséquences politiques de l’islamisme, on peut citer l’exemple marocain. Le fait d’aborder la question religieuse et plus particulièrement l’Islam politique dans ce pays, revêt une importance cruciale en raison des tabous qui caractérisent le champ religieux et la grande sensibilité qui affecte le débat à ce sujet, en raison aussi de l’évolution du phénomène intégriste dans notre pays et le monde arabo-musulman mais aussi du danger de son projet sur l’unité et le progrès des peuples.

En évoquant l’Islam, il faut distinguer plusieurs niveaux: cette religion est une croyance, un rituel, des prières, des mœurs mais aussi un ensemble de lois: la charia. Et d’ajouter qu’il constitue une part de l’identité, autrement dit un constituant de la culture et de la civilisation au sens large du terme. On devrait donc se situer par rapport à tous ces niveaux.

C’est ainsi que l’appel à la réforme prend une forme fondamentaliste: le retour à un passé qui réalisait la justice, la fraternité, la liberté et la prospérité de même que le retour à la charia malgré la grande controverse à son sujet, était vue comme la clé «miracle» à tous les maux des musulmans. A chaque fois ces appels fondamentalistes sont brandis pour réaliser différents projets de la part de mouvements de changement sous le mot d’ordre prosélytisme du «retour à l’Islam véritable» (exemple de mouvement d’opprimés sous le joug de l’empire islamique).

Ces appels se sont amplifiés face aux invasions extérieures qui menaçaient de disloquer l’identité. Ce fut le cas de la prêche fortement fondamentaliste d’Ibn Taimiyya face à l’agression des Tatars occasionnant la chute du califat Abbasside, comme à l’époque des croisades, puis face à la colonisation de nos jours dans le monde musulman devant la situation désastreuse tant économique, social que culturel; résultat de la subordination à l’impérialisme.

L’Islam est un constituant de l’identité de notre peuple. L’identité n’est pas stable, elle est une synthèse complexe mouvante et perpétuellement évolutive. C’est une synthèse de constituants divers; religieux nationale, ethnique social et de classes en interactivité constante et dialectique, cela définit en fin de compte la réalité matérielle et concrète d’un groupe humain ou un autre. Ainsi la représentation de la religion et de la patrie chez les masses populaires diffère de celle des classes dominantes.

Le  Maroc a vécu au début des années 70 dans le cadre du mouvement de «la jeunesse islamiste» (Achabiba islamiya) qui avait adopté les idées des frères musulmans. Ce mouvement s’est assigné comme but central d’affronter la grande présence du mouvement marxiste marocain au sein de la jeunesse estudiantine en utilisant dès sa naissance la violence contre les militants sous le regard bienveillant du système royaliste et de l’appareil policier. Mais beaucoup de facteurs ont conduit au morcellement de ce mouvement en divers courants, d’acquérir quand même quelque sympathie au sein de certaines catégories sociales.

L’assassinat du militant progressiste Omar BenJelloun par des membres de la J.I. a conduit à l’approfondissement des contradictions et des divisions au sein de ce mouvement au sujet des stratégies et des tactiques et aussi des références idéologiques. Ainsi, après la réussite de la révolution islamique en Iran (1979) et la naissance des mouvements islamistes extrémistes en Egypte influencés par les idées de Said Qotb qui estiment que les dirigeants musulmans sont des tyrans (Taghout) qu’il faut abattre avant tout. Certains attestent que toutes les sociétés musulmanes sont apostats (Kafirounes), beaucoup de courants vont naître à l’intérieur de l’Islam politique au Maroc. Certains vénérant le modèle iranien et ambitionnent d’instaurer une république islamique, d’autres adoptent la pensée de Qotb et des groupes islamistes jusqu’aux «modérés» qui appliquent la tactique des frères musulmans, à savoir se liguer avec le plus fort (le système royaliste) pour affronter les adversaires, autrement dit les militants progressistes, en revendiquant comme surenchère l’application de la charia.

Malgré les évolutions qu’a connu l’Islam politique au Maroc et malgré que le régime marocain recoure au début des années 80 à sa répression, la majorité du mouvement continue à axer sa lutte d’abord et avant tout contre les marxistes et les progressistes généralement. Nous insistons toutefois sur le fait de l’apparition en son sein d’un courant qui considère que l’adversaire est le régime et non les marxistes.

En dépit de ces divergences entre les forces intégristes au Maroc, il faut constater l’augmentation de la sympathie parmi des catégories des masses populaires et certains intellectuels.

Pour toutes les raisons analysées ci-dessus au sujet de la nature du projet de l’islamisme, qui insiste sur le fait que l’Islam est une religion et un État valable dans tous les temps et tous les espaces, nous devons dire clairement que nous nous opposons radicalement à ce projet et qu’il n’existe aucune possibilité de coalition tant tactique que stratégique avec ces forces.

En somme,  notre critique de l’Islam politique se penche sur le programme et les thèses politiques, et le débat auquel on voudrait nous attirer doit être politique et non religieux et byzantin.

Pour plus de détails :

http://www.annahjaddimocrati.org

http://www.elmandjra.org/livre2/introd.htm

http://www.marochebdo.press.ma/MHinternet/Archives_560/html_560/lislam.html

*Journaliste au Canada

 

 

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