Uttvun 87, 

Sayur  2004

(Juillet  2004)

Amezwaru

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Tamazight

oli ãidqi azayku

Talalit n umjun

Mazuz

A yayllid

Arrif jar tawaghit d tafuli

Tufkin gef isserrifgen 

Ulid s wul inu

Lallas n tidbirin

Asmuymen

Français

Térence et l'héritage amazigh

La question amazighe et la constitution

L'arabe, emblème d'un apartheid linguistique

"Les yeux secs" entre amateurisme et manipulation

Ainsi parlait Dadda!

Berbère télévision et imazighen

Militantisme amazigh

Pourquoi ne pas dire la vérité?

Non  la violation du sacro-saint pacte de timmuzgha

L'élite de Fès

Grand-mère courage

Festival nationale du théâtre

Awal

Le prix internationale du roman

Appel à communication

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علي صدقي أزايكو

مصحة اللسان

هل عشنا غرباء؟

الهوية وطنية

من يريد تحويل المغرب إلى ولاية تابعة للمشرق

حول مقال العشّاوي حفيظ

يهود تنغير

الجنوب الشرقي

ميثاق المطالب الأمازيغية

نقطة نظام لا بد منها

قافلة تيفيناغ

الأمازيغية والجهة

شراكة بين المعهد الأمازيغي وديوان المظالم

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من أجل تجمع ديموقراطي

جمعية تاكمات تندد

بيان تنديدي

بيان مجموعات العمل الأمازيغي

بيان تانوكرا

بيان إلى الرأي العام

تعاز

تهنئةٍ

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Awal ghef l’article: «Militantisme amazigh: esquisse d’un effritement»

Par: Ben Hemmou Hassan

C’est avec beaucoup d’attention que j’ai lu l’article de Rachid Fettah( tawiza n°86 sedyur 2004) qui retrace l’itinéraire d’un mouvement sociopolitique et culturel hétéroclite, qui semble être une grande prouesse pour le peuple amazigh en état d’agonie depuis l’arrivée des troupes arabes dévastatrices dans tamuret nnegh, pourquoi? Car, dans cette optique le peuple amazigh de Siwa aux îles  Canaries, passant par la Libye, la Tunisie, l’Algérie, le Maroc, la Maurétanie, le Mali, le Niger, le Burkina Faso, semble ressembler au phénix qui a pu renaître de ses cendres grâce à l’apparition du mouvement amazigh en tant que force sociopolitique et culturelle très active sur le plan interne et international des pays du Maghreb. Ce, est un grand exploit pour un peuple victime d’impitoyables machines de guerre menées contre lui par des régimes panarabistes et amazighophobes établis dans le pays d’imazighen depuis les années 1950/1960; ces régimes qui ont hérité l’État central fondé par les puissances coloniales, ont mobilisé tous les moyens dont ils disposent: l’État, la police, l’armée, la télévision, la radio, l’école, la spoliation des biens, les prisons, les massacres, la répression… pour comprimer, étouffer, asphyxier notre peuple, voulu par l’idéologie panarabiste qu’il soit arabe en dépit de toutes les spécificités propres à lui qui le distinguent des arabes; s tidet, je dis «ayyuz nnec ayamazigh » bravo mon peuple car tu a pu résister à des machines infernales dressées contre toi pour que tu abandonnes ton identité, pour que tu perdes ta mémoire, ton âme et ta langue, signe de ta différence et de ton existence.

En effet en essayant de contempler cette réalité absurde construite par les absurdes, on se rend compte que c’est avec justesse que le peuple amazigh a pu échapper au carnage culturel historique et linguistique mené contre lui, et qu’il a pu conserver son identité soumise aujourd’hui aux différentes attaques menées, et par des États racistes(l’exemple de la Libye où le régime fasciste de kadafi pratique de l’apartheid à l’égard d’imazighen) et par des formations sociopolitiques et culturelles panarabes présentes sur le territoire de tamazegha(pays des berbères).

C’est de cette qualité de résistance qui caractérise notre peuple  qu’a pu émerger un mouvement sociopolitique et culturel qui se veut être le porte parole de ce peuple martyre; ce mouvement constitué essentiellement d’intellects est le fer de lance de ce peuple car il représente l’élite dont a besoin tout groupe pour définir, orienter et mener à bien son action de militantisme et de résistance pour faire face aux différentes contraintes qui pèsent sur le groupe en question. C’est dans cette optique que s’inscrit l’apparition du mouvement amazigh né dans un contexte historique très difficile qui est celui de la sortie de la phase coloniale caractérisée par la destruction des structures sociopolitiques, économiques, et culturelles d’imazighen par les puissances coloniales invitées à cet effet (la France, l’Espagne, l’Italie) par des guerres de résistance s’étalant sur 132 ans, par des massacres en masse, par l’usage des armes chimiques contre notre peuple dans le Rif… et l’entrée dans la phase postcoloniale, une phase plus pire que la première car ce sont nos frères arabophones et panarabes qui ont pris les armes contre imazighen via la criminalisation de toute action visant à parler de ce qui est berbère: le berbère est qualifié de criminel qu’il faut liquider car il menace l’union nationale, la langue arabe sacrée, le destin arabe, le projet panarabe, c’est un collabos du sionisme et de l’impérialisme, c’est un traître… Voici quelques uns des crimes gratuits collés à la peau d’imazighen par les  panarabes et leurs formations étatiques et partisanes; qui ont usé toutes les formes de politique: marginalisation des régions amazighes, exclusion politique, économique et socioculturelle, le terrorisme d’État, lavage des cerveaux, falsification de l’histoire, répression, emprisonnement… pour effacer tamazight dans sa propre terre, mais en vain car abda imazighen dderen et comme disait Dda Lemouloud: «quels que soient les obstacles que l’histoire lui apportera, c’est dans le sens de sa libération que mon peuple, et à travers lui les autres, ira».

 L’arabisation forcée de mon peuple est l’arme la plus féroce utilisée contre lui; car l’école, la télévision… ne servent pas uniquement au lavage des cerveaux mais aussi à faire de nous de petites créatures sans âme et sans honneur qui obéissent aux ordres des panarabistes; des créatures qui pensent être arabes, qui ne voient leur salut que dans l’arabe et en tant qu’arabe. Ce discours régressif se développe même chez les petits intellects berbères makhzanisés découpés de leurs racines. Ce sont ces ignares produits par le makhzen lui-même qui constituent la plus grande entrave qui contrecarre le développement du discours et du projet amazigh de libération. 

C’est cette donne géopolitique interne qu’il faut prendre en compte dans toute analyse de l’état actuel du mouvement amazigh au Maroc; ce mouvement national et nationaliste, sociopolitique et culturel est un mouvement combattu, et par le makhzen et ses pions, et par les partis politiques panarabes issus d’un mouvement non national et traître; c’est un mouvement cerné de tous les côtés, et tout le monde aspire à son effritement, à sa dislocation… mais vainement car ce qu’est authentique et autochtone le reste pour toujours et ne pourra jamais disparaître. Donc Mr Rachid Fettah n’ayez pas peur en ce qui concerne l’avenir du mouvement amazigh marocain; tout ce que vous avez dit dans votre article est vrai, mais sachez bien que tout mouvement national et nationaliste est proie à des attaques émanant de ses adversaires, et qu’il peut être pénétré par des éléments mercantilistes, par des arrivistes, par des traîtres, par des pions du makhzen et par d’autres forces de blocage. Toutefois, le mouvement amazigh est et sera toujours cette force nationale vive,  «immortelle et éternelle» car il exprime la voix d’un peuple martyre.

Actuellement, le mouvement amazigh, infiltré par le makhzen, dans le cadre de sa politique de «diviser pour régner» ainsi que dans le cadre de sa politique de la carotte et du bâton, semble perdre un peu de son aura et de son acuité, et semble vivre un certain essoufflement sur le plan actionnel depuis la fin des années 1990/2000; ce, est une réalité inéluctable qui ne signifie en rien la mort, la dégringolade ou la régression du mouvement. Au contraire il s’agit pour lui d’une phase transitoire, d’une phase de métamorphose très pénible et très dure, pourquoi? Car il tend vers l’accouchement d’une nouvelle structure sociopolitique et culturelle plus radicale que les autres formations fantoches qu’ont connues les années précédentes; le fer de lance du mouvement est et reste toujours le mouvement estudiantin amazigh: MEA/MCA, objet et victime de véritables formes de répression menées par le makhzen et ses pions dans les universités de Fès, Mekhnès, Oujda, Imetgheren, Agadir…C’est cette composante essentielle et vitale du mouvement amazigh national qui paye cher l’implication et l’entrée de l’élite berbère makhzanisée dans le giron du makhzen; l’IRKAM, institut mirage, n’est qu’un institut makhzanien mis en place pour freiner le ‘péril’ amazigh; cette institution mise en place par le makhzen dans le cadre de sa nouvelle politique berbère, doit être quittée par les militants amazigh dignes de ce nom ( telsM.Boudhan, M .El Qadiri, Amina Ben Cheikh…) sinon ils ne cesseront pas de perdre toute crédibilité aux yeux d’imazighen et surtout des étudiants qui vont aller plus loin avec la création d’une formation sociopolitique et culturelle digne de représenter le discours national amazigh: il s’agit du front national unifié: FNU; une nouvelle force dont les composantes même hétérogènes(les progressistes laïques, les marxistes, les islamistes di Rif et de Souss) forment toutes la gauche nationale et nationaliste amazigh qui développe un discours nationaliste dont le cadre référentiel n’est autre que les valeurs ancestrales n-imazighen (système communautaire, régime fédéral, démocratie annuelle, le dévouement pour la patrie, la bravoure, les us et les coutumes, l’autonomie locale, solidarité sociale, les chef-d’œuvres des grands penseurs amazigh tels Augustin, Apulée, Cyprien, Juba,Averroès, Ben Kheldoun…), l’apport de l’Islam et de toute la pensée humaine; c’est cette nouvelle force qui parviendra grâce aux débats inter étudiants à poser les bases de sa propre plate forme idéologique, sociopolitique, économique et culturelle…

C’est vers ce nouvel horizon que se développe le militantisme amazigh qui va beaucoup souffrir de la répression du makhzen qui n’est autre qu’un État panarabe et amazighophobe à l’égard d’immazighen. C’est ainsi que la mobilisation de toutes les synergies des multiples forces amazighes apparaît plus que jamais nécessaire pour faire face aux vagues de répression qui vont déferler sur notre mouvement. D’ailleurs, comme on le constate jour le jour, nos frères amazighs algériens ne cessent d’être brutalisés dans la grande Kabylie, le Mzab, l’Aurès, Tamenghaset… par la dictature militaire algérienne et par le régime panarabe de Bouteflika: Bouteflika, à qui on dira et à ses semblables que le sacro saint pacte de timmuzegha: aterrezz ula tekwena structure la vie n-imazighen depuis l’antiquité; ipso facto on ne se soumettra jamais.        

(Ben Hemmou Hassan Mai/ Juin2004)

 

 

 

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