Uttvun 87, 

Sayur  2004

(Juillet  2004)

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L’élite de Fès, l’autorité coloniale et IMAZIGHEN

Historique d’une manipulation interface

cas des Zemmours

 Par: Rachid Fettah(khémisset)

«Si l’histoire se lit au présent plutôt qu’au passé, si sa relecture constitue une constante nécessité, c’est bien avec un “autre” regard qu’il s’agit de l’aborder…». (Prologue N°1, cité par TH. Ben Jelloun P.38)

Prolégomènes:

Dans le domaine de l’histoire sociale, concernant les populations amazighes, avoir la curiosité de mener des fouilles, c’est prévoir ouvrir, vastes, des chantiers pour sonder une mémoire trouble et profonde.

De même, prétendre être ambitieux pour restituer la mémoire collective des groupements berbères, signifie céder à la tentation impossible pour reconstituer des pièces en débris d’un puzzle. Alors, G. Camps, pour mieux expliciter la grande difficulté à contourner l’aire géohistorique de cette mémoire, il parle d’un «monde éclaté».

En effet, comme suite à cette problématique préliminaire, entreprendre éclaircir l’une des facettes cachées, par occultation et par oubli, dans l’histoire sociale des Zemmours, s’avère une aventure scientifique.

D’une part, parce que la documentation, à ce propos, se fait trop rare et presque introuvable, et de l’autre, étant donné que l’ensemble des travaux réalisés ( études et thèses) faisaient le lot exclusif des étrangers (les ethnologues français par excellence) in les archives berbères. Mais, quoique ces populations soient traitées selon un angle de vision colonialiste, les écrits des français, au sens bibliographique, constituaient, indiscutablement, un véritable legs scientifique dans ce domaine.

De ce fait, concernant le cas des Zemmours, en guise de référence, il ne faut pas passer sans citer, à titre indicatif, deux ouvrages-clés d’une importance incomparable: «Zemmours: évolution d’un groupement berbère» de M. lesne (1956) et «le droit coutumier des Zemmours» de G.Marcy(1949). Pour ébaucher la sonde dans la mémoire de ces populations amazighes, cette contribution, se propose comme un nouveau regard vers le passé pour mieux comprendre le présent, une revisite du passé sous l’éclairage des concepts nouveaux et renouvelés, voire une approche que dicte la nécessité urgente pour une relecture/réécriture de l’histoire. Une vision réactualisante pour interroger les anciennes notions de l’historiographie, puisque l’heure a sonné pour remettre sur la normale les cours des récits/fleuves détournés

Lecture des archives: relecture de l’histoire:

Le document, support et objet, de cette lecture, se présente dans son état brut. Il renferme un concentré de renseignements dévoilant le regard croisé que portaient, à la fois, les autorités coloniales et l’élite arabonationaliste, originaire de Fès, sur les populations amazighes.

C’est un fragment des archives coloniaux qui laisse lire, noir sur blanc, des contrevérités sur lesquelles s’est édifié le mensonge historique qui enveloppe le mythe du «dahir dit berbère». C’est aussi une preuve de la flagrance d’une manipulation, à double visage, à laquelle étaient soumises les populations amazighes.

Or, il devient urgent de marquer un arrêt pour dépoussiérer les traces laissées par des thèses erronées et dépourvues de tout fondement scientifique. Et partant de la conviction qu’il faut penser à la correction de l’histoire, le «Dahir berbère, grand mensonge dans l’histoire du Maroc contemporain», l’ouvrage de M. Mounib fait surface, tel un iceberg, dans une mer immense de récits mythiques et frénétiques, pour affronter et se confronter à toutes les thèses diffamatoires que les maîtres penseurs du faux nationalisme ont inventé.

Fiche signalétique du document:

Le document: article de journal (en deux versions).

Source: Deux journaux français: «le petit marocain» et «L’écho du Maroc»

Date de parution: Même jour le 23 oct. 1937

Rubrique: Reportage d’événement

Auteurs: Envoyés spéciaux

Incident: Soulèvement des populations berbères des Zemmours.

Acteurs: les autorités coloniales, quatre étudiants à Fès et imazighen des Zemmours.

Lieu: le centre urbain de khémisset.

Le contexte sociohistorique:

Nous sommes aux lendemains de l’année 30, Le Maroc s’agite, toujours, entre les mains de Fer du colonialisme, A l’époque, deux types de résistances marquaient l’actualité, la première armée, répandue à travers les zones montagneuses où des aigles des hauteurs luttaient, dans un corps à corps meurtrier, face à la machine dévastatrice de l’armée coloniale. Quant à la seconde, elle est civile, ayant comme théâtres les plaines et les villes, cette dernière à caractère diplomatico -parlementaire, au sens traditionnel, et à base discursive; elle est adoptée par les élites citadines, considérées comme uniques portes paroles de la nation marocaine. A cette époque, le conflit franco - marocain était à son summum, quand l’affaire du fameux «Dahir dit berbère» fut déclenché, comme réaction, suite à un édit qui stipule que les berbères soient justifiables de leurs coutumes et non du tribunal religieux (CHRÂA). Mais les élites arabocitadines qui incarnaient le mouvement arabonationaliste n’ont pas lu ce «dahir» d’un bon œil, ils y voyaient une tentative de dissociation entre les arabes et imazighen. Or, dans la réalité des données, le dahir n’avait rien de berbère, c’étaient des manœuvres politiciennes qu’avait élaborées des idéologues qui, sous le masque des nationalistes, ont tracé les jalons des chantiers énormes portant sur l’opération de l’arabisation massive et totale, au sens socioculturel, des populations amazighes.

A ce propos, un penseur idéologue arabiste affirme:

«l’opération arabisation totale doit viser non seulement à éliminer le français en tant que langue de civilisation, mais, aussi et surtout, tuer les dialectes berbères et arabes… et exclusivement l’arabe classique s’emploie à la radio et à la télévision». Mais, ironie de l’histoire, malgré ces ravages de l’arabisme, les populations Zemmours vivaient en pleine harmonie dans le cadre de leur particularisme socioculturel: la langue/ culture Tamazight comme héritage ancestral, était toujours vital et en parfait usage. Quant aux coutumes et les structures sociales, elles n’étaient pas encore altérées par les effets érosifs suite aux pénétrations étrangères. Puisque, dans la monographie de M.Lesne, «les Zemmours: évolutions d’un groupement berbère», l’auteur a consacré une grande partie de sa thèse où il contourne l’ensemble des transformations générales qui risquent de dénaturer l’authenticité du spécifisme socioculturel de ces populations.

Alors au sein de ces grandes transformations, l’impact de l’idéologie nationaliste et la politique arabiste occupaient la part du lion.

Lecture dans le fait divers:

Pour mener à bien cette lecture, il est à signaler que, en choisissant comme corpus, deux articles écrits sous le mot d’ordre de l’autorité coloniale, ça ne veut, aucunement, ni confirmer, ni justifier les thèses pro-colonialistes.

Ce sont, par contre, des documents authentiques qui renferment, à titre instructif, des renseignements d’une grande utilité, concernant, l’histoire sociale des populations Zemmours. Or, il est à constater que le même incident, tel qu’il a été rapporté dans les deux quotidiens français, se trouve, de même, réduit et contracté d’après CH.A.Julien comme suit:

«le 22 octobre, quatre étudiants Zemmouris venus de Fès, après un prône violent contre le dahir berbère, soulevant la foule à la sortie de la mosquée, un groupe se dirige vers le contrôle civil, brandit un drapeau de soie rouge avec les inscriptions «vive la liberté, vive le CHRAÂ, à bas la coutume berbère, vive le roi.»

En effet, «vives bagarres à khémisset» et «violentes bagarres hier à khémisset» sont les intitulés choisis, pour couvrir l’incident, par les deux quotidiens français respectifs: «L’écho du Maroc» N° 5891 et «le petit marocain» N°6730. Mais, que ce soit selon la version de CH.A.Julien, ou, à travers les deux articles, il faut signaler que les deux points de vue mettent, clairement, en avant tous les éléments essentiels qui permettent de recomposer la genèse des événements, surtout, vus selon un autre angle de vision, à savoir un nouveau regard capable de dévoiler le non dits et les sous entendus que cachent les intentions idéologiques, entre vérité et contre vérités de l’histoire. De prime abord, d’un coté, il faut s’arrêter, longuement, sur le lexique adopté le long des articles, puisque, le premier examen laisse sauter aux yeux tout un inventaire lourd de terminologie dévalorisante, des préjugés traduisant le haut degré de ségrégation éthnosociale que les auteurs laissent remarquer entre les acteurs en conflit, dans ce fait divers; parce que, au moment où le camp procolonial est cité comme communauté de citoyens à part entière: «population modèle, civilisée et intouchable», imazighen des Zemmours, eux, sont, explicitement, perçus comme des sous- citoyens «barbares, primitifs et impropres» qualifications que le terme «indigènes» laisse dénoter, et pour designer la coalition franco-marocaine procolonial, les portes parole de l’autorité française nomment: «la paisible population française à khémisset, les habitants européens, le contrôle civil, le Caïd de khémisset Ali Ben AÂCHIR, et les citadins musulmans partisans de l’ordre.» en plus des quatre étudiants, originaires des Zemmours, mais, à l’occasion, ont été envoyés par les leaders arabonationalistes de Fès pour accomplir cette mission de haute importance.

A ce niveau, le fait d’être venus de Fès, s’avère une indication claire qui devrait remettre en question les intentions manipulatrices que, à travers l’histoire, les élites de la cite-phare de l’arabo orientalisme adoptaient vis à vis des populations amazighes. A l’époque, les Zemmours vivaient, encore, en marge des centres arabo citadines, et conservaient, toujours, intact, leur identité socioculturelle. Mais, avec la force du temps, l’ingérence étrangère, à des fins politiciennes, a réussi sa pénétration à travers la sphère du patrimoine ancestrale indivise de ces populations. Or, comparés à des Kamikazes, et gavés jusqu’à l’ivresse, par l’idéologie arabo-baâtiste, les étudiants venus d’ELQARAWIYINE, véhiculant les thèses qu’incarne la caste intellectuelle des CHORAFAS de Fès, ont été télécommandé pour semer les grains sacrés de l’arabisme sauvage, semence considérée comme une ‘‘baraka’’ d’Elhedjaz, dont les méfaits, idéologiquement, nuisibles ne cessaient d’éroder le bien être et l’épanouissement de l’héritage culturel des Zemmours.

Car, le fait de cibler, par l’expression «à bas le droit coutumier», AZERF qui incarnait, durant des années et des années, le rôle d’une constitution coutumière dans la gestion et l’autogovernance des groupements sociaux, s’avère une offensive symbolique pour faire éclater le cœur vital, qui assure la continuité et la permanence de ce mode de gestion politique comme système démocratique en usage chez imazighen, et avec cet éclatement va s’éteindre, peu à peu, l’âme qui animait, depuis la nuit des temps, le legs socioculturel que conservaient, jalousement, ces populations. En outre, l’idée maline d’exiger, avec arrière pensée, la substitution du droit coutumier par CHRÂA (droit islamique), ça mène, automatiquement, sous l’argument de l’autorité religieuse, vers l’ouverture, grande, des portes pour l’arabisation massive des berbères, voire, une autre façon, intelligente pour exploiter la bonne foi des habitants authentiques du Maroc. En revanche, cette argumentation, quoi que religieuse, reste mal placée puisqu’elle a été instrumentalisée pour l’embrigadement idéologique des masses berbères naïves et spontanées. A ce propos, il est, texto, lisible dans les deux articles que:

«L’inscription de (…) ‘‘à bas le droit coutumier’’ ‘‘vive CHRÂA’’ qui figurait au drapeau rouge, montre jusqu’à l’évidence que le mouvement nationaliste n’a rien de marocain, il est panarabe, et reçoit son mot d’ordre de bien loin». In ‘‘l’écho du Maroc’’. Alors sans prétendre appuyer le point de vue de l’auteur, il devient clair que ces renseignements, tels qu’ils sont formulés, stimulent la curiosité pour revenir sur les traces invisibles de l’histoire dans le but de repenser la notion floue du ‘‘mouvement nationaliste’’, autrement dit, marquer un arrêt pour mesurer l’immensité de l’écart sociolinguistique et socioculturel qui rend ce mouvement méconnaissable et étranger aux yeux des imazighens en général, et aux yeux des Zemmours en particulier.

Corollaires:

Pour la clôture, il faut confirmer que, à travers les longs chapitres de l’histoires du Maroc, les élites arabocitadines, en général, et les élites de Fès en particulier, adoptaient, toujours, des attitudes intellectuelles à l’antipode de la reconnaissance à l’amazighité: langue/culture et civilisation. Et l’illustration de cette confirmation émane des propos flous et illégitimes tenus dans «Al ahdath Al maghribia» par l’actuel Zaîm du parti de Allal El Fassi, quand il a tranché, institutionnellement, que «seule la langue arabe doit être et reste la langue officielle du pays et que Tamazight se contente d’être langue nationale.». Or, sans équivoque, le premier homme du parti ‘‘Qawmi’’ raisonne selon une logique dite du discutable/ indiscutable, du touchable/ intouchable voire du profane/ sacré; car, sa sentence, verdict final, place la langue arabe dans un rang supérieur, question indiscutable, intouchable puisque sacré, et Tamazight au rang inférieur, même trop bas, à la portée de toutes les manipulations, facilement discutable, touchable, car, elle est profane, politiquement bien sûr. Mais le mot de fin demeure pour les auteurs français des articles, qui voient que «le parti ‘‘nationaliste’’… n’était qu’un foyer du fanatisme religieux, de xénophobie, d’excitation (…) voir un mouvement qui se rattache au panarabisme visant à affranchir les pays musulmans du joug de l’infidèl et de reconstituer le royaume arabe de jadis s’étendant de l’Irak au maghreb », fin de citation.

Sources:

G. Ca◊mps : berbères, mémoire et identité..

G. Marcy : le droit coutumier des Zemmours.

M.Lesne : Zemmours, évolution d’un groupement berbère.

CH. A. Julien : l’Afrique du nord en marche" Julliard 1952. revue de l’Afrique française n°:11 Nov 1937.

J.Belhoussine : thèse de licence en sociologie.

Z.Daoud: article commentaire de la thèse de J.Belhoussine, pénétration du capitalisme dans la confédération des Zemmours. In Lamalif N° :106 Maï 1979

L’écho du Maroc N°: 5891 du 23 Oct 1937

Le petit marocain. N°6730 du 23 Octobre 1937.

Al Ahdath al maghribia: «hiwarat hawla al amazighia»

Le manifeste amazigh du 1er Mars 2000.

 

 

 

 

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