Uttvun 87, 

Sayur  2004

(Juillet  2004)

Amezwaru

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Tamazight

oli ãidqi azayku

Talalit n umjun

Mazuz

A yayllid

Arrif jar tawaghit d tafuli

Tufkin gef isserrifgen 

Ulid s wul inu

Lallas n tidbirin

Asmuymen

Français

Térence et l'héritage amazigh

La question amazighe et la constitution

L'arabe, emblème d'un apartheid linguistique

"Les yeux secs" entre amateurisme et manipulation

Ainsi parlait Dadda!

Berbère télévision et imazighen

Militantisme amazigh

Pourquoi ne pas dire la vérité?

Non  la violation du sacro-saint pacte de timmuzgha

L'élite de Fès

Grand-mère courage

Festival nationale du théâtre

Awal

Le prix internationale du roman

Appel à communication

العربية

علي صدقي أزايكو

مصحة اللسان

هل عشنا غرباء؟

الهوية وطنية

من يريد تحويل المغرب إلى ولاية تابعة للمشرق

حول مقال العشّاوي حفيظ

يهود تنغير

الجنوب الشرقي

ميثاق المطالب الأمازيغية

نقطة نظام لا بد منها

قافلة تيفيناغ

الأمازيغية والجهة

شراكة بين المعهد الأمازيغي وديوان المظالم

رد على مقال تاماينوت وكردستان المغرب

من أجل تجمع ديموقراطي

جمعية تاكمات تندد

بيان تنديدي

بيان مجموعات العمل الأمازيغي

بيان تانوكرا

بيان إلى الرأي العام

تعاز

تهنئةٍ

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi ne pas dire la vérité?

Par: Oulghazi Hsaine.

Si plusieurs questions se posent aujourd’hui, peut-on se demander pourquoi ne pas dire la vérité? Mais, peut-être, il convient d’abord de définir ce mot «vérité». Si pour  Larousse, la vérité est la qualité de ce qui est vrai et conforme à l’idée de son projet, le philosophe pense beaucoup pour parvenir à la vérité, l’historien pense beaucoup lui aussi pour que ses écrits soient  conformes à l’idée de son projet, le discours de l’homme politique, souvent axé sur sa tendance politique, incarne la vérité, l’homme d’état nous trace le chemin à suivre conformément à son objectif idéologique c’est la vérité.

Si je laisse le choix au lecteur pour pouvoir commenter et distinguer entre la vérité et le mensonge; dans le cadre du devoir d’informer et la liberté d’écrire, je me permets de faire un tour d’horizon dans le domaine de l’histoire. Généralement, les historiens nous rapportent la réalité des évènements, ils rendent présents à nos mémoires ce que nos ancêtres avaient  réalisé; ce qu’étaient leur mode de vie, leur civilisation, leur succès ou éventuellement leur défaite etc… Mais quand un historien écrit l’histoire pour une autre partie, l’erreur devient une logique véridique.

Mr Bernard Lugan, docteur en histoire et auteur d’une quinzaine de livres consacré  spécialement à l’histoire de l’Afrique, enseignant de cette matière très sensible à l’université de Lyon. A mis, récemment, en vente au Maroc l’un de ses ouvrages, «Histoire du Maroc des origine à nos jours», un livre qu’il dédie à: «tous les marocains, Goumiers, Tirailleurs ou Spahis mort pour la France et aux français ayant œuvré au Maroc de 1912 à 1956 et ayant servi pour l’honneur et la grandeur des deux pays, scellant l’amitié franco-marocaine de leur commun sacrifice». Cet historien a remercié tous ceux qui ont coopéré pour réaliser ce livre, en premier lieu Mr Abdelwahhab Benmansour historiographe du Royaume du Maroc pour ses conseils, ses suggestions et ses corrections. 

Dans la présentation de son travail universitaire, «Histoire du Maroc, des origines à nos jours», l’auteur qui a émis une hypothèse fragile: (les Berbères sont venus d’orient) a bien  précisé qu’au Maroc: «Avant les Berbères, les Carthaginois, les Romains, les Vandales ou les Byzantins, le pays a été peuplé par les hommes de la préhistoire qui ont laissé leurs marques peintes sur les parois rocheuses de l’Atlas ». Pour dire ensuite en page 18: «Avant l’islamisation, les tribus Berbères n’ont jamais été unies. Elles n’ont à aucun moment constitué une nation; entre elles, il n’existe pas de lien fédérateur même si, à plusieurs reprises, elles résistèrent aux conquérants étrangers. Si une identité berbère a existé, il n’y eut ni État ni nation berbère; même sous Massinissa. L’histoire du Maroc débuta avec l’islamisation qui, en plus de permettre la création d’un noyau d’État, introduisit la langue arabe, la langue du culte et bientôt instrument de communication et de culture. Si le Maroc fut rapidement islamisé, il ne fut cependant que tardivement arabisé et nous sommes là encore en présence d’une grande caractéristique marocaine».

Parallèlement, dans le livre «Histoire du Maroc ou les interprétations possibles» réalisé par Mr Ali Sidqi Azaykou j’ai pu recueillir cet article de la page 5, visant à attirer l’attention des chercheurs sur la possibilité d’une nouvelle réflexion sur l’histoire du Maroc: «Chaque écrit historique ne saurait, par conséquent, être qu’une relecture d’un passé insaisissable dans sa totalité, faite sous la pression, l’impulsion ou la volonté idéologique. Cela ne veut pas dire, bien entendu, que toutes les études historiques sont dépourvues de tout souci d’objectivité. Il en est qui sont, non seulement, des contributions appréciables à la découverte du passé humain, mais aussi les instruments qui permettent de montrer comment les hommes intègrent leur passé pluriel à leur présent toujours en devenir».

Eh bien, si nous ne savons que peu de chose sur Imazighen des anciennes périodes, il est certain qu’ils sont entrés dans l’histoire plusieurs milliers d’années avant J.C. Ils étaient en contact avec d’autres civilisations tels que les Pharaons, les Phéniciens, les Grecs et les Romains.           

Le Maroc fait partie des pays de Tamazgha, cet immense territoire des Imazighen, morcelé à la suite des invasions étrangères. L’histoire du Maroc est fidèlement liée à l’histoire Amazighe qui remonte à plusieurs siècles avant l’islamisation. Les tribus amazighes constituaient une fédération démocratique. Malgré que Tamazgha recevait des courants migratoires depuis la préhistoire. Sans risque de se tromper, depuis l’antiquité la culture amazighe était déjà une grande richesse. Le patrimoine juridique Amazigh (Azerf n’Imazighen), le droit coutumier amazigh justifie pleinement cette théorie. L’emploi de cette matière dans la juridiction marocaine est officiellement ignoré; sa réhabilitation et sa revalorisation, est une référence que nous devons cesser de marginaliser. 

 Les rangs des Imazighen, connus depuis la plus haute antiquité, étaient unis sous le règne des  rois amazighs: Massinissa,  Jugurtha, Youba 1er  etc…

Imazighen avaient accueilli favorablement l’Islam, les tribus amazigh constituaient un peuple qui refuse que sa terre soit occupée, il n’a jamais demandé d’autre que le respect de sa dignité, au sein d’un état libre.

Si, après la période coloniale, la question amazighe restait le sujet le moins traité, aujourd’hui, elle atteint un moment qu’on peut qualifier d’historique car l’État a accepté de participer au débat et pense à l’identité amazighe du Maroc. 

Sûrement, l’homme a toujours menti. Menti à lui-même et aux autres. Dans ce sens, Le Pr Mohamed Nasser, psychologue a dit: «Le mensonge est une arme. L’arme préférée de l’inférieur et du faible qui, en trompant l’adversaire s’affirme et se venge de lui. Il ment parce qu’il prend ses désires pour la réalité, pour se rendre intéressant, pour cacher une bêtise, pour échapper à une situation qui le dérange ou par ce qu’il n’a pas le moyen de dire les choses autrement». (Le matin du sahara du 15.02.2004). 

Enfin, pour conclure, je propose cette pensée extraite de ce fameux livre d’histoire de Mr Bernard Lugan, page 99,  «Les auteurs hostiles aux Almoravides ont voulu par la suite présenter Ibn Toumert comme un charlatan habile à tromper les trop crédules berbères en réalisant des ‘miracles’ qui n’étaient que des tours de magie élémentaire...  Si l’idée d’un ‘Mahdi imposteur’ répandue par la suite ne peut être retenue, Ibn Toumert imposait en revanche à ses fidèles une discipline aussi rigoureuse qu’impitoyable. La présence aux prières et aux récitations des textes tirés du Coran et appris par cœur était évidemment obligatoire de même que l’assistance aux sermons du Mahdi. Toute absence était sanctionnée et des récidivistes furent mêmes abattus. Dans un pays où régnait toujours les coutumes berbères, l’imam dut imposer par la force le droit musulman». 

Mr B. Lugan n’a pas oublié le  ‘’Grand bluff politique dans le Maroc contemporain’’ qu’il a traité à la page 272: «Dès le 16 mai 1930, quand il fut connu, le ‘Dahir berbère’ a mis le feu aux poudres et partout éclatèrent des manifestations. Dans les mosquées, on dit le latif, c'est-à-dire la prière de détresse réservée aux calamités publiques. Car il s’agissait bien d’une catastrophe nationale puisque les berbères seraient soustraits au droit coranique. Par voie de conséquence, ils ne dépendraient plus du sultan puisque le pouvoir de ce dernier était religieux et comportait l’exercice de la charia». 

Il s’avère encore utile de présenter cette rubrique réalisée par l’écrivain algérien Mr Kateb Yacine 1929/1989. 

«Avant l’indépendance, quand un enseignant français interdisait l’emploi de Tamazight ou de l’arabe à l’école, il était dans son rôle car il oeuvrait pour l’Algérie française. Aujourd’hui, quand un enseignant algérien et parfois un coopérant arabe prétend nous interdire la langue de nos ancêtres, est-il encore dans son rôle? C’est la négation de l’indépendance car l’indépendance signifie la liberté d’expression et l’expression commence par la langue maternelle c'est à dire Tamazight pour beaucoup d’algériens qui ne parlent pas l’arabe ou ne le parlent que par obligation, comme nous étions obligé d’apprendre la langue française. 

Les fossoyeurs de l’unité nous parlent de l’unité, le voleur crie au voleur. L’unité de la nation ne peut se faire que sur une base positive, une base historique. On ne peut falsifier impunément l’histoire. L’unité de la nation doit se faire par l’enseignement de Tamazight non par son ignorance. Beaucoup d’algériens sont encore aliénés, ce n’est pas de leur faute.  Mais le pouvoir a les moyens d’enseigner cette langue et de lui offrir en priorité la télévision puisqu’on l’ouvre bien plusieurs fois par semaine à la langue anglaise».                

 Voilà donc pourquoi le discours politique est publiquement introduit pour que le discours savant soit culbuté. Et si on fuit  la vérité c’est peut être pour échapper à la révolution, conformément à la pensée de Lénine: Rien n’est plus révolutionnaire que la vérité.

Si les arabes ignorent la cause amazighe, il est vrai qu’en contrepartie, Imazighen ont rendu beaucoup d’âmes pour la cause arabe au Golan, au Sinaï et aussi bien pour la liberté du Koweït; ils ne cessent de revendiquer fièrement la mise en évidence correcte de leur histoire et la reconnaissance constitutionnelle de la langue et la culture des habitants du pays depuis la préhistoire à nos jours: Imazighen. Les historiens chercheurs sont appelés à mettre tous les atouts pour réunir tous les moyens de succès et de mise à jour de notre glorieuse histoire. L’oubli  ou la censure absurde de cette matière porte  énormément atteinte au peuple marocain innocent. 

 

 

 

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