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(Septembre  2004)

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le mouvement estudiantin amazigh et la réforme universitaire

 Par: Ben Hemmou Hassan

 Depuis fort longtemps, l’université marocaine a constitué pour le régime politique makhzanien la source, non pas seulement de la production des élites capables d’assurer la reproduction du makhzen, mais aussi un fief de l’opposition et de production de courants idéologiques et politiques de tout bord qui partagent l’idée de l’opposition, de la lutte et de la résistance aux différentes politiques makhzéniennes menées à l’encontre des intérêts des masses populaires. Ce conflit historique entre le makhzen et l’université, a poussé celui-ci, via des politiques de réforme multiples, à chercher de s’assurer le contrôle de cet espace, de l’apprivoiser pour en faire un champ soumis aux diktats, non pas des nécessités de développement et de formation approfondie de futures élites intellectuelles marocaines capables de relever les défis des new contextes géotechnique, géoéconomique et géopolitique actuels, mais aux diktats du marché libéral qui cherche à faire de nos étudiants de simples coquilles vides où l’on charge et décharge un savoir technique superficiel en fonction des besoins du marché de travail. Cette réalité désastreuse est fortement consacrée par la réforme universitaire actuelle qui a mis le système universitaire au bord de la faillite. Ceci étant, pour pouvoir déceler la nature et les effets négatifs de cette réforme, permettez nous d’exprimer là dessous la position du mouvement estudiantin amazigh «MEA / MCA» en ce qui concerne cette réforme.

En effet, depuis 1956, date de naissance de l’union nationale des étudiants du Maroc «UNEM», organisation estudiantine marocaine créée et présidée dés le départ par les symboles du makhzen lui-même — le prince Hassan II—, ce syndicat estudiantin dominé par les courants politiques et idéologiques partisans d’obédience panarabe et antiamazigh, a été un espace d’affrontements idéologiques et politiques entre les frères / camarades gauchistes de tout bord: UNFP, USFP, OADP, PPS, PASD, les basistes… Ces affrontements entre frères ennemis se faisaient au détriment de l’intérêt de l’étudiant marocain qui a dû souffrir de cette situation d’instabilité totale qui régnait au sein de l’université marocaine, même s’il a dû en profiter, malgré ces affrontements, d’un niveau de formation très élevé et d’un climat de débat intellectuel de haut niveau entre des courants politiques et idéologiques armés par l’esprit rationnel et dialectique que permettait la philosophie marxiste léniniste à l’époque des années 1970/1980. Toutefois, dans le cadre de sa lutte interminable contre les courants marxistes léninistes qui affirment franchement leur rejet catégorique du régime monarchique au sein de l’université, le makhzen n’a aménagé aucun effort pour réprimer les étudiants, d’où les grandes compagnes d’exactions et de terrorisme commises à l’encontre, et des étudiants, et des masses populaires en 1958/1959, 1965, 1970/1971, 1973,1981, 1984, 1990, 1996/1997… Au cours de ces multiples compagnes de répression sanglantes (des centaines de morts et des milliers de prisonniers), le makhzen oeuvrait jour et nuit pour dépouiller l’université de sa teneur, de la vider de son essence, de priver les étudiants de leurs droits, de rétrécir le champ des libertés publiques, et enfin d’appliquer les mesures de réforme libérale  visant à assurer le contrôle directe de l’université par le makhzen.

 Dans ce contexte général de répression, de peur et de terreur, contexte accompagné au cours des années 1980 de l’application du plan d’ajustement structurel «PAS», le makhzen a introduit des réformes draconiennes au niveau de l’université marocaine avec la suppression graduelle des bourses, l’introduction de la police universitaire (services de renseignement + awaks), la limitation du droit d’accès des fonctionnaires à l’université pour achever leurs études, le changement des programmes, la suppression de certaines matières… Toutes ces mesures ont atteint leur point culminant avec la réforme actuelle introduite au cours de l’année 2003/2004. En quoi consiste cette réforme? C’est le système des modules, un système de six semestres accompli par l’étudiant dans une période de trois années qui se soldent par l’obtention d’un diplôme de licence qui n’a aucune valeur dans le marché de travail. Au cours de cette période, l’étudiant est soumis à une guerre totale au cours de laquelle il n’aura pas du temps ni pour militer pour ses droits (les réunions dans le campus universitaire sont désormais interdites, voir matées dans des bains de sang par l’awaks et les CMI), ni pour approfondir ses connaissances. Ce système de formation est basé sur des matières qui s’intitule: initiation à… chaque matière est assurée au cours de cinquante heurs, au cours desquelles l’étudiant ne reçoit que les ABC de la matière (16 matières au cours de chaque année) sur lesquels il est interrogé au cours de chaque session pour chaque semestre (deux semestres pour chaque année) plus une session de rattrapage… Il s’agit d’un système très complexe qui débute depuis septembre jusqu’à la fin de juillet, un système dont lequel le prof universitaire, devenu peu ou prou pion du makhzen, est submergé par un travail inutile, non productif et non rentable. Car il s’agit d’un système défaillant et nul sur le plan qualitatif et quantitatif, un système anti-populaire et antinational, et ce, dans la mesure où il facilite l’expulsion et l’exclusion des centaines d’étudiants de l’université. Ces jeunes sans niveau intellectuel, sans formation…sont privés de leurs droit naturel, légitime et légal d’avoir un minimum de savoir et de savoir faire.

Le mouvement estudiantin amazigh «MEA/MCA», en tant que composante primordiale du mouvement estudiantin marocain, en tant que force politique et idéologique militant au sein de l’université marocaine, et pour les droits des étudiants, et pour les causes légitimes de notre peuple: sa libération politique, la répartition des richesses économiques entre toutes les régions du Maroc, la consécration de l’identité amazighe du pays… Cette fraction estudiantine très active dans les universités de Fès, Mekhnès, Oujda, Casablanca, Rabat, Marrakech, Agadir, Errachidia… ne peut que dénoncer vigoureusement et énergiquement cette politique makheanienne non nationale et antipopulaire, car cette réforme universitaire ne fera qu’aggraver la crise de l’université marocaine qui est déjà en chute libre depuis la fin des années 1980 jusqu’à nos jours. Il s’agit pour le MEA d’un système défaillant, foutu et non avenu car il ne cherche qu’à servir les intérêts du capital privé qui investit avec engouement dans l’enseignement universitaire, exigeant des étudiants, pour des formations techniques destinées au marché, des sommes colossales allant de 2 à 4 milles dirhams par mois. Tous les jeunes misérables issus des familles pauvres, expulsés des fac, sont jetés à la rue. Voici les conséquences néfastes de la nouvelle réforme universitaire.

Le MEA, en tant que composante très active du mouvement estudiantin marocain, réaffirme sa dénonciation de cette réforme et lance un appel à toutes les parties intéressées par l’avenir de l’université marocaine (administrations des universités, profs, étudiants, société civile…) à se pencher sur ce dossier épineux et à trouver des solutions efficaces, nationales et populaires à la crise de l’université marocaine en dehors des contraintes et exigences du marché libéral; comme il invite  les étudiants à ouvrir le débat autour de cette réforme, ainsi qu’accentuer leur pression sur le makhzen pour abolir cette réforme ignoble qui ne sert en aucun cas les intérêts, et de la nation, et des étudiants.

 vive le mouvement estudiantin amazigh MEA

vive le mouvement estudiantin marocain

(Ben Hemmou Hassan, militant du MEA

                            juillet / août 2004)

 

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