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tzayur  2004

(Septembre  2004)

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Témoignage.

Par: Oulghazi Hsaine.

Malgré la récente décision de promouvoir la langue et la culture amazighes, la politique linguistique discriminatoire appliquée au Maroc, contre le peuple Amazigh, a négativement des retombées malheureuses dans la société civile. On constate clairement que le progrès est très lent. En effet, il me semble très indispensable de porter fidèlement à la connaissance des lecteurs le sommaire d’une ample moisson d’une réalité dure que j’ai pu vivre durant la période d’été de l’année 2004.

1- Vers la fin de l’année scolaire, comme toutes les écoles privées, les représentants d’un institut distribuent au public des fiches publicitaires pour annoncer le programme d’enseigner des cours en langue française, arabe et tamazighte durant le mois de juillet. Mon attention fut particulièrement attirée lorsque l’un de mes deux collègues, qui lit cette annonce, dit: Ah tamazight! Qu’est ce qu’on va faire avec tamazight! En ensuite il dit: «qrina bâada lâarbia ma khassna ghir chalha!»

2- Dans une administration publique, un fonctionnaire discute avec son collègue en langue tamazight, une tierce personne de la même administration s’adresse à celui qui parle en tamazight et lui dit:

-Est-ce que celui là ne connaît par l’arabe?

-Il le connaît, répond l’amazigh.

-Pourquoi tu ne lui parles pas en arabe?

-Eh bien tamazight est aussi notre langue, elle est enseignée à l’école marocaine.

-Non Monsieur, il faut parler en arabe! Et dit encore, «Iwa tsnnaw, wallah mayatkallam likoum biha htta wahad!»   

3- Dans une autre administration publique, un citoyen qui ne parle pas couramment l’arabe a demandé des renseignements à un agent en langue tamazight. Malheureusement Mr l’agent a injustement opprimé cette personne en lui disant d’un ton sévère: «Parle en arabe»! Pour dire ensuite «wash lqor’ane nzal b chalha!». Fatalement, cet agent qui n’accepte que la langue du coran vient de rendre l’âme en état d’ivresse, dans un accident de la circulation, en compagnie d’une fille libertine!       

4-Les régions à forte densité amazighe sont qualifiées: Zone de: contrebandiers,  blanchisseurs d’argent, indésirables,  subversifs et zone d’oulad..!

5- Ensuite il faut le croire c’est véridique. Un clochard, videur de poubelle qui a peut-être dépassé la dose prescrite en buvant de l’alcool à brûler, ne cesse d’insulter et diffamer (Chleuh) Imazighen en plein public.

6- En négociant le prix d’une paire de chaussure, le commerçant me confirme: même si c’est chère, je vous assure c’est la meilleure qualité. Je lui demande comment vous le savez? Il répond viscéralement: C’est fabriqué à Fès pas à Casablanca! Si réellement il s’agit d’une bonne qualité, je l’accepte. Mais dire: fabriqué à Fès pour prouver que c’est la meilleure qualité, je n’y crois pas!

7-Sûrement, nous le constatons tous, jusqu’aujourd’hui l’amazighité est humiliée. Un grand nombre de gens absurdes tentent de handicaper son intégration dans la société civile. Mais elle réussira, coûte que coûte, à occuper la place qu’elle mérite. 

8- N’est il pas légendaire de voir un élément de corps de paix américain, en activité au Maroc pendant six mois, parler parfaitement Tamazight et les arabisés dans ce pays amazigh, ayant un horizon intellectuel borné, la désavouent explicitement! 

9- En cette période de vacances, les familles se déplacent pour échanger les visites.  Parmi mes  invités, deux sœurs qui parlent couramment tamazight, la première occupe la fonction d’informaticienne avec son DEUG, l’autre continue ses études dans une école supérieure. Le 30.07.04, correspondant à la fête du trône, ambitieux de savoir j’ai demandé: connaissez vous Mr Ahmed BOUKOUS? Quelle fonction occupe-t-il? Malheureusement elles ignorent tout! Miraculeusement, le 31.07.04 cet intellectuel, recteur de l’IRCAM, apparaît à la télévision marocaine ‘’RTM’’ pour annoncer le bilan du travail de cet institut depuis sa création et faire savoir aux auditeurs que Tamazight appartient à tous les marocains et l’amazighité est la responsabilité de tous, ensuite il exprime son espoir pour une perspective d’avenir florissant pour tamazight surtout son intégration dans: l’enseignement à tous les niveaux, les moyens audiovisuels et toutes les institutions du pays.

10- Savez vous que chez certains étrangers, «le berbère» symbolise le Kabyle (Algérie) et «l’amazigh» désigne Chlah (Maroc)? A cet effet, j’appelle les intellectuels amazighs à diffuser largement, dans les pays de Tamazgha et la diaspora, la signification de «l’Amazigh» qui veut dire l’habitant de Tamazgha enraciné dans l’histoire de l’Afrique du nord depuis l’époque très ancienne à nos jours. Et que les noms ‘’Chlah’’ et ‘’Berbère ’’ sont des pseudonymes erronés, historiquement attribués aux Imazighen pour l’intérêt expansionniste ou purement politique.

11- Savez vous que les moyens médiatiques au Maroc défendent et traitent souvent la représentation politique des ‘RME’ dans l’Europe occidentale, alors que la représentation politique des Imazighen dans notre pays est abolie!            

12- Mon seul espoir est d’attendre la décision royale pour que SM le roi, que dieu le préserve, soulage la peine du peuple par l’annonce de: « a reconnaissance constitutionnelle de l’amazighité».

Permettez moi de le rappeler, dans une lettre adressée, par plusieurs associations amazighes, au cabinet royal, au sujet de la révision de la constitution pour faire mention de la langue tamazight, on trouve la suggestion du projet ci-après :

-1- Le Royaume du Maroc est un état islamique dans les langues sont Tamazight et l’arabe et dont l’identité repose sur trois composantes: l’Islam, Tamazight et l’arabe.

-2- Il devrait aussi préciser l’appartenance du Maroc au Nord de l’Afrique et œuvrer pour le renforcement de l’unité des peuples de cette région issus de la même civilisation et de la même histoire.

-3- Dans son même chapitre, relatif aux principes de base, la constitution devrait reconnaître l’égalité entre les deux langues Tamazight et l’Arabe en mentionnant après l’article consacré à l’égalité que: «les deux langues Tamazight et l’Arabe sont égales pour les marocains», et nous entendons par l’égalité la nécessité de garantir  pour les deux langues les mêmes chances d’évolution et de développement.

Fait à Rabat : 05 Safar 1417, 22 juin 1996.       

Imaginez vous:

Comment le peuple amazigh supporte, contre son gré, toutes les formes de marginalisation et de discrimination à tous les niveaux: culturel, économique, politique etc?

Pourquoi notre état de droit favorise les cupides au Maroc à réaliser leurs ambitions au détriment des ayants droit?

Pourquoi notre état démocratique et indépendant  autorise les riches personnages du golf «pétrodollard» à construire de somptueuses résidences et mener une vie exceptionnelle sur la terre amazighe, symbole de notre identité nationale?

Est-il juste quand un ensemble de considérations font primer l’intérêt supérieur de l’état sur l’équité à l’égard du peuple? Oui, c’est la raison de l’état!

Un indien anonyme avait raison de dire: «ils nous ont fait beaucoup de promesses, plus que je m’en souviens, mais ils n’ont tenu qu’une seule; ils avaient promis de prendre notre terre et ils l’ont prise»! (Magazine mensuel Agadir Ofella n°3 du mois de mars 2003 p.6).

Que peut-on déduire de ce témoignage? N’est-il pas un phénomène à combattre? Quelle différence y’a-t-il entre ces actes et le racisme caractérisé?

 Dans le cadre de l’accélération de la transition démocratique et pour instituer l’état de droit sur des bases solides, les responsables, devant la loi et devant leur conscience, doivent faire preuve d’un effort de compréhension qui sera couronné d’un résultat parfait, précéder l’action à la réflexion et trouver une formule appropriée à la réconciliation nationale, développer aussitôt l’esprit de tolérance auprès du citoyen et se pencher équitablement d’avantage sur la cause nationale: L’amazighité. La résolution définitive des problèmes relatifs à la marginalisation et à la discrimination s’inscrit parmi les priorités les plus urgentes. En effet, la constitutionnalisation de la langue Tamazight «langue nationale et officielle» évoque la plus vieille et juste revendication amazighe. Répondre favorablement à cet appel engagera le pays dans la bonne voie pour l’édification du Maroc uni, démocratique, solidaire, prospère,  ouvert  et capable de développer un système économique moderne, productif et compétitif.

Si on lit dans la presse nationale que, sur la demande de SM le roi, le conseil consultatif des droits de l’homme (CCDH) vient de mettre à niveau le dispositif pénal marocain pour renforcer l’édification démocratique et prémunir le pays contre le racisme, la discrimination, la haine et la violation et l’incitation à ces actes. Il s’agit donc d’outiller le pays sur les plans légal et éthique pour qu’il renforce son rayonnement civilisationnel et d’interagir positivement avec tous les peuples et toutes les cultures. N’est-il pas une occasion optimale pour rendre justice à la culture et à la langue amazighes, injustement victimes de la discrimination, de la marginalisation et de la haine?

 

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