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(Septembre  2004)

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La section de l’association TAMAYNUT à Masst

Une conférence sur la terre

Le 08 Août, journée mondiale de la terre et journée mondiale des peuples autochtones, est aussi l’anniversaire du déclenchement du processus de la dépossession de la population autochtone de Masst: la signature du décret n° 2-91-518 8 août 1991 portant création du Parc national de Souss-Massa. (Bulletin officiel n° 4112 du  21 août 1991).

La section de l’association TAMAYNUT à Masst n’a pas manqué le rendez-vous. Elle a tenu à manifester, à l’occasion de cet anniversaire, en organisant une conférence intitulée: Le parc national de Souss-Massa″ entre les intérêts  corporatistes, les réalités écologiques et les droits ancestraux des communes coutumières. La manifestation qui se veut la première partie de la première phase d’une série, s’est étalée sur toute la journée.

Partant d’une plate forme, les interventions des animateurs et les questions de l’assistance ont  essayé d’examiner les aspects écologique, technique juridique et socio-économique de la chose.

I- la plate forme

Le parc national de Souss-Massa entre les intérêts  corporatistes, les réalités écologiques et les droits ancestraux des communes coutumières (Phase  1ère  -  partie 1ère)

Comme prévu dans son plan d’action, la section de l’association TAMAYNUT à Masst essaie par cette conférence de jeter un pavé dans la mare et poser les premiers jalons de ce qui pourra, à terme, devenir un débat de la société civile, approfondi et mené avec sérérité et sérieux sur l’une des grandes préoccupations des populations concernées et lésées par le parc national de Souss-Massa. Dans ce premier pas, il est question de faire concourir un petit groupe de penseurs et de spécialistes, issus de la région, en vue de quelques éclaircissements sur les différents aspects de la question. Aussi, est-il nécessaire de réunir un échantillon représentant les différents points de vue et confronter autant que faire se peut le spectre des optiques en présence.

L’objectif primordial est d’apporter un début de réponse à plusieurs parmi la multitude de questions que se pose la population, considérée dans cette première partie, celle de Masst. Lors des phases à venir il sera question d’élargir le débat et de faire participer d’autres localités et d’autres partenaires en vue d’améliorer notre perception de la chose et de mieux en cerner les tenants et les aboutissants. Pour en tirer, au bout du compte, les conséquences qui s’imposent en toute indépendance et avec objectivité.

Mordu par un serpent on craint le cordon :

Ce proverbe amazigh résume parfaitement les relations de méfiance qu’entretiennent aujourd’hui les populations de Masst avec les commis du makhzen, ses représentants et toutes personnes ayant une relation plus ou moins étroite avec lui. La crédibilité du makhzen est sérieusement entamée. Il est aujourd’hui ancré dans les mentalités que la plupart des projets du makhzen couve une arnaque, une ruse ou un coup bas, tellement "les commis du makhzen sont enclins à abuser de la crédulité des populations" et l’impunité des responsables ne fait qu’enraciner davantage cette conviction populaire. Les habitants de Masst s’interrogent  sur le type et la nature de la farce que couvre l’action ayant érigé en parc leurs terres ancestrales et tend ainsi à les appauvrir davantage. L’approche makhezeniene mal comprise, et perçue comme une injustice et suscite des craintes, des suspicions et des interrogations. Une conjonction de facteurs, qui s’analyse en trois types, milite dans ce sens. Les objectifs déclarés et jamais expliqués à la population paraissent peu crédibles (I). En conséquence, les propriétaires des terres (pâtures et arables)  s’adonnent à des analyses et essayent d’apporter par eux même une explication aux raisons qui animent l’installation de ce parc absurde (II). Toutefois, le véritable casse tête dans tout cela reste les fondements politiques, juridiques et socioéconomiques qui "justifient" un tel acte (III). Un État n’a-t-il pas pour mission la prospérité des citoyens dont il est censé assurer la protection au lieu de légaliser, aux plus forts d’entre eux, le dépouillement des plus vulnérables?

1-Pour parvenir au figuier l’oiseau passe par le grenadier (*) :

L’objectif officiellement déclaré, un parc animalier, est peu convaincant. Aussi, les éleveurs et cultivateurs ainsi que toute la population locale s’étonnent-ils de voir leur terre, cultivée des siècles durant et sur laquelle ne se trouve aujourd’hui aucun animal, muée du jour au lendemain en un sanctuaire pour les animaux. L’étonnement est d’autant plus grand qu’ils croient savoir que leurs terres sont les premières du genre -occupée exclusivement par l’homme - à se voir transformée par la force des textes. L’aridité de la zone et l’absence visible d’espèces végétales autant qu’animales ne milite pas en faveur du sanctuaire et mènent à s’interroger:

En quoi l’absence  de ce parc menacerait-elle l’existante des animaux et quelles sont, d’ailleurs, ces espèces menacées?

Si ces animaux existent effectivement dans la zone érigée en parc, l’expropriation est-elle la meilleure solution adaptée?

La conciliation des intérêts socio-économiques des populations autochtones et les impératifs écologiques est-elle impossible?

Les propriétaires sont-ils vraiment irresponsables et insensibles au discours écologique?

Une campagne de sensibilisation et de formation à la protection des animaux ne suffirait-elle pas à la protection des animaux et donc à épargner l’expropriation et les interdictions présentes et à venir?

Certains animaux n’ont-ils pas survécu dans la région que grâce au mode de vie des populations locales?

L’interdiction d’utiliser des engins  à moteur n’est elle pas une prohibition indirecte et déguisée de toucher à ses propres terres? Qui se remettrait aujourd’hui à l’attelage?

Toutes ces questions sans réponses amènent les citoyens à chercher les raisons d’un tel parc ailleurs: dans les opportunités qu’offre l’industrie touristique.

2-Peu à peu le dromadaire rentre dans la marmite (*):

Les propriétaires actuels des terres soupçonnent que le parc n’est qu’une étape passagère, plus ou moins longue, qui mènera infailliblement aux objectifs inavoués de l’oligarchie nationale et des spéculateurs financiers étrangers. La démarche consiste à y allez progressivement et lentement mais sûrement en grignotant de la superficie et des droits suivant les circonstances et aux gré des arguments à inventer.

L’ultime objectif est de mettre fin à l’attachement qu’éprouvent les populations vis à vis de leurs terres et de venir, ainsi, à bout d’une propriété et d’une exploitation pluriséculaires. Partant, on opère le plus doucement possible le transfert de la propriété à moindre coûts, pour le trésor publique et pour les futures propriétaires financièrement mieux armés et officiellement plus choyés. Les moyens et subterfuges mis à contribution sont légion.

La situation sociale d’une large masse de marocains, et plus particulièrement au Sud, amène nos compatriotes à se bousculer, dans le cadre d’associations locales et aux portes  d’organisations étrangères qui les nomment "partenaires", et s’acharnent, sans le savoir, à parfaire l’idée coloniale à nos dépend. L’énormité, à la source, de la manne financière en jeux constitue un argument de taille qui exhorte ces travailleurs, sans statut, à poursuivre le mirage d’une hypothétique amélioration de leur situation sociale en acceptant des miettes en guise de rémunération et en s’essayant aux fameuses AGR (Activités Génératrices de Revenus).

On ne peut plus insensé que d’extirper le capital et source de revenu de toute une population pour créer des AGR (location d’ânes, guides, fabricant d’articles artisanaux,…) en faveur d’une minorité de travailleur, sans sécurité sociale, acculé à se disputer des miettes sur leurs propres terres. Aussi, est-il légitime de se demander:

N’y a-t-il pas un besoin de la part du lobby touristique et de ses satellites de trouver une arrière cour pour ses hôtels dans la région et un nouveau débouchés pour ses capitaux et pour ceux de l’industrie touristique transnationale?

L’État n’est-il pas entrain de nous déposséder de nos terres pour les destiner à l’investissement touristique et donc pour servir les intérêts corporatifs d’une minorité?

Quelles garanties les citoyens ont-ils contre des lois, d’essence et de source coloniales, ayant prémédité l’anéantissement de leur modèle socio-économique et donc l’appauvrissement machiavélique des masses pour mieux les soumettre à la volonté coloniale?

3-De la compagnie et des vivres disait la cigogne aux criquets pèlerins(*):

Dans ce coin du Maroc que constitue Masst, on a l’impression de n’être là que pour répondre au besoin des sphères makhzenienes. Lesquelles recourent à la région suivant leurs besoin dans des circonstances particulières. Ainsi, les routes sont restés à l’état de l’époque coloniale, les infrastructures sociales sont quasiment absentes, l’activité agricoles régresse, le chômages empire, l’exode rural s’amplifie, la scolarisation de la fille stagne, la densité dans les écoles et dans le seul internat explose, l’intégrisme gagne du terrain,… et coût de grâce: le parc.

L’arsenal juridiques, à cet égard, utilisé contre les populations de Masst est principalement constitué du:

1-Dahir du 11 septembre 1934 sur la création de parcs nationaux (Bulletin officiel n° 1148 du 26/10/1934) ;

2-Arrêté viziriel du 26 septembre 1934 fixant la procédure à suivre en vue de la création de parcs nationaux (Bulletin officiel n° 1148 du 26/10 1934) ;

3-Décret n° 2-91-518 du 8 août 1991 portant création du Parc national de Souss-Massa. (Bulletin officiel n° 4112 du 21 août 1991) ;

4-Décret n° 2-93-277 du 28 janvier 1998 portant réglementation générale du Parc national de Souss-Massa et organisant son aménagement et sa gestion (Bulletin officiel n° 4558 du Février 1998) ;

Ces textes fond référence à d’autres tel que:

¨ -Dahir du 10 octobre 1917 sur la conservation et l'exploitation des forêts ;

¨ -Dahir du 1er novembre 1929 portant règlement minier au Maroc ;

¨ -Dahir du 6 avril 1938 portant réglementation de la publicité par affiches, panneaux réclames et enseignes ;

¨ -Arrêté du 20 mars 1946 portant création d'un comité consultatif des parcs nationaux ;

¨ -Dahir portant loi n° 1-73-255  du 23 novembre 1973 formant règlement sur la pêche maritime ;

¨ -Décret n° 2-89-286 du 28 juin 1989 ordonnant une enquête de commodo et incommodo en vue de la création du parc national de Souss-Massa dans les territoires des provinces d'Agadir et de Tiznit ;

Ces textes exaspèrent rien que par le seul fait qu’ils appartiennent majoritairement à l’époque coloniale et heurtent ainsi l’amour propre des citoyens. Lesquels aspirent à une plus grande considération de leur qualité d’êtres humains. Le maintien en vigueur de cet arsenal met en doute la souscription du Maroc, en vertu de sa constitution, aux principes, droits et obligations découlant des Chartes des organismes internationaux et s’inscrit dans l’antipode de son attachement aux droit de l’Homme tels qu’ils sont universellement reconnus.

Dans un pays qui a fait du libéralisme et du respect de la propriété privée l’un de ses choix fondamentaux dès les premiers instants de son indépendance, il s’avère anachronique de faire supporter le coût social de l’intérêt général à un groupe de citoyens en l’occurrence la population de Masst. Ne parait-il pas plus humain de faire supporter les frais et les conséquences de la dépossession, au nom de l’intérêt général, à toute la communauté et donc aux trésor publique?

Les nations libérales et respectueuses des droits de l’Homme n’ont-elles pas transformé des zones, de leurs territoires en parc hameau de prospérité économiques et du respect de la dignité humaine où la population locale, propriétaire des terres et maître de son destin, vit en symbiose avec la nature?

Nos gouvernant et nos représentant ne prennent-ils pas à la légère nos droits et n’offrent-ils pas, par là même, la preuve d’une grande négligence et d’une ignorance totale des réalités locales et populaires? Ne prennent-ils pas leurs décisions sans considérations aucune à l’opinion du citoyen, mais seulement, en fonction de l’emprise de leurs propres situations et des intérêts corporatifs ?

II – la conférence:

Trois thèmes ont été prévus:

1-la place des droits de l’Homme dans le projet du parc national de Souss-Massa: analyse critique (Tahar DIAZZA);

2-la politique écologique au Maroc cas du parc national de Souss-Massa (Abdessalam BEN MAISSA) ;

3-Les lois de l’expropriation et de création des parcs : le contexte historico-politique (Ahmed ADGHIRNI).

Le Directeur du parc, qui a été convoqué en vue d’éclaircir l’opinion locale, a délégué cette mission à l’un de ses subalternes.

L’intervention du représentant du parc s’est cantonnée sur le terrain descriptif et quantitatif des aspects géologique, zoologique et géographique du parc. L’approche succincte et superficielle n’a pas beaucoup intéressé l’assistance et n’a suscité que trois questions. Le délégué a expliquer qu’il n’est habilité a entamer le coté politique de la question qu’il n’est qu’un simple fonctionnaire exécutant. Comme quoi l’expropriation des uns crée de l’emploi aux autres.

A l’opposé les personnes présentes ont pu admiré la richesse de la contribution de M. T. DIAZZA, lequel a souligner que, rien qu’en s’en tenant aux lois du makhzen, l’instauration du parc est entachée de plusieurs vices de procédure. Par ailleurs, Il a mis en évidence, à la lumière des déclarations et chartes internationales,  le déficit qu’accuse le processus de mise en place du parc, en matière du développement socioéconomique de la région et des droits de l’Homme et ce en dépit le préambule de la loi fondamentale du pays.

Dr A. BEN MAISSA, quand a lui, a fait sursauter la salle avec son exposition des caractéristiques du discours écologiques, notamment son caractère dédaigneux vis-à-vis des populations du tiers-monde et son fascisme fondé sur des principes nazis.

Maître A. ADGHIRNI, en ironisant, a mis le doit sur l’essence du type de politique économique qu’ont mener nos dirigeant depuis l’indépendance: la suppression des propriétés génératrices de revenus et le miroitement des activités génératrice de revenus au dépend des populations locales. En effet, il a expliqué que les lois marocaine, héritées du colonisateur, sont spécialement orientées vers le dépouillement des populations de leurs propriétés génératrices de revenus (les terres, les mines, les eaux, les forêts, …) les revenus de ces propriétés bénéficient aujourd’hui à autrui et les populations ignorent totalement à qui et où vont les revenus de leurs terres tel que les minerais et les loyers des habous. Ces derniers étaient à l’origine destinés, par les donateurs, à l’entretien des pauvres, mission que ne peuvent aujourd’hui accomplir les campagnes de solidarité.

Les participants ont fait des recommandations à divers les directions et le bureau de la section s’est chargé d’en faire la compilation. IL s’active pour mettre au jour un document regroupant l’intégralité des interventions de cette journée. Toutefois, s’il n’arrive pas à trouver les moyens financiers nécessaires le texte intégral des interventions vous sera proposé sur ces pages.

(Hassan BELLA)

(*) proverbe amazigh

 

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