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(Octobre  2004)

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Ces berbères, éternels soldats des causes d’autrui.

Par: Aziz CHELLAF

Le pis que peut atteindre un homme n’est pas de se voir rejeté par les autres, car il n’en peut rien, mais de se rejeter soi-même. Jouer la tête de turc face à la question berbère, rien d’étonnant dans le cas de cette question identitaire.

Un rejet de soi.

Pourquoi un individu se lance dans une autodestruction? Pourquoi un berbère s’oppose farouchement à une revendication de son identité? Ici une réponse plausible, lorsque le mobile n’est pas d’ordre matériel direct, peut être esquissée.

L’explication peut être une tentative de conquérir l’autre pour qu’il nous voie d’un œil de satisfait. Or, il faut le dire, le problème posé de cette manière veut dire, au concret, que le subordonné recherche une considération de son maître. Autrement dit, on est dans une relation de supériorité. Un berbère de ce genre a besoin de se montrer de doigt comme méritant sa place de bon disciple. Regardons comment on fait dans le soutien de la cause palestinienne ou encore le soutien du régime irakien issu du parti baath -et nous ne somme pas contre-. Un embrigadement hors de commun, plus que ce qu’est le cas dans d’autres pays comme ceux du golf. Alors somme-nous plus ‘arabes’ que les autres? Il est clair qu’on a au fond de nous-mêmes un besoin avide à montrer quelque chose: Que nous sommes avec nos frères ‘arabes’ de Palestine et d’Irak. Pourtant, à leurs yeux on ne restera que des soldats de leurs causes ou, au mieux, des ‘arabes’ de seconde zone.

Les soldats de la  cause panarabiste, c’est une ancienne histoire. Elle remonte aux années pré-indépendances, à l’occasion d’une visite d’un chef du fil du machrek (Arsalane Chkib.) pour nous apprendre qui nous somme et que doit-on défendre. Ces idées ont été entendues d’une oreille attentive. En effet, pendant longtemps, l’élite de ce pays dans la recherche d’une construction de l’identité de ce pays a retenu dans la ‘fabrication’ de celle ci uniquement les symboles de l’arabe en rejetant tout ce qui est berbère sous prétexte de risque de construire une identité sur des différences ethniques!. Cette conception a essayé et a réussi à assimiler certains berbères à sa conception de l’identité, voir à leur parti en usant, s’il le faut, de la force (Al khatib 2004). De ce fait, pour cette conception les bons berbères sont ceux qui sont assimilés. Par contre, les autres demeurent des gens qui n’ont jamais vu l’école selon la définition de l’un de leurs leaders, ben barka (Mezran karim: p.152, 2001). Certains berbères ont regagné cette approche en considérant que la lutte contre le colonisateur, comme dans le cas des pays aux alentours, au machrek notamment, est le fait de nationalisme arabe, de coup ces berbères se considéraient comme une partie de cette cause (Mezran K., ibid)

La même élite, pour dramatiser toute revendication de type berbère, a pris le soin de présenter cette réclamation comme renvoyant systématiquement au  néocolonialisme, main étrangère (France, Israël…), dahir berbère, francophonie voir francophilie…etc. Ces inculpations sont malheureusement une question dormante dans les esprits des uns et des autres y compris nos intellectuels et nos universitaires.

Des soldats des autres causes, ils ne manquent pas. Certain, se cachent derrière un avantage matériel ou moral. Cela n’est pas seulement notre problème; c’est celui de toutes les minorités et/ou des dominés qui cherchent une reconnaissance en allant dans le mûr: sa propre destruction. Chaker a déjà fait cette constatation sociologique dans le cas de certains berbères, des «éternels militants de la cause des autres, c’est là une vieille affaire, une tradition séculaire des élites intellectuelles berbères» (Chaker S, 1985 et 2004). Ce fait remonte à l’antiquité latine où le berbère servait des cultures dominantes ou étrangères mais jamais la sienne. Aujourd’hui, fidèle au fil de ces ancêtres, le berbère, pour être reconnu, porte les causes d’autrui.

La fin d’une illusion.

Aujourd’hui cette question de tamazighte est notre cause tous, tous les marocains. Son enseignement à tous ceux-ci sans exception comme une langue obligatoire n’a de sens que dire qu’il s’agit de notre patrimoine et sa protection incombe  à nous tous.

Cette question est la notre aussi par le sens de la solidarité qui nous caractérise. En fait, vivre comme un groupe uni, avec un destin commun fait qu’une question comme celle de langue berbère ou de l’arabe doit être maîtrisée par nous tous, car une communauté c’est aussi le sens d’homogénéité. Une homogénéité qui ne peut être réalisée que par une coexistence de ces deux langues l’une à côté de l’autre. C’est d’autant plus vrai que si les hommes sont égaux, il n’y a pas de justification à ce que leurs créations (les langues) ne le soient pas, c’est inadmissible!. Continuer à affirmer le contraire est un jeu de dupe. En effet, une telle affirmation est contraire au principe d’égalité des hommes comme principe universel. Ainsi, d’ores et déjà et pour être juste, sont de notre patrimoine le berbère autant que l’arabe.

 Au demeurant, par notre nature comme des hommes, nos idéologies, voir notre entêtement peut nous amener à se converger, à polémiquer, et que sais-je d’autre. Mais, il est vrai que les règles préétablies sont ici pour trancher entre nos convergences comme une sorte de négociation pour aboutir à une solution de consensus. Tel est le sens de l’arbitrage royal. C’est vrai qu’au départ le problème de la question berbère se posait selon des appréciations différentes  voir contradictoires, chacun selon sa position et sa solution pour le problème. Aujourd’hui cette question est tout à fait tranchée par l’arbitrage du souverain. Celui ci par ce pouvoir permet de donner aux parties une formule négociée qui regroupe toutes les parties sur ce qui est décidé par l’arbitre. Le contenu de cette décision d’arbitrage sera le produit d’un consensus car les parties laissent leurs positions initiales pour ce contenter du résultat de cet arbitrage. Par exemple, entre une position soutenant le caractère latin pour la transcription de tamazighte et une autre défendant le caractère arabe, la solution s’est contentée de trancher par une voie médiane, le caractère tifinagh. Cette voie d’arbitrage est une solution nécessaire lorsque les voix n’amènent nulle part et un accord semble loin se dégager notamment pour certaines questions réputées sensibles dans notre société. Cette technique a tranché maintes  questions bouleversantes dont, entre autres, la question de la révision de la modawana. Un amendement qui n’a pu voir le jour sans cet arbitrage royal de fait des contestations de différents projets avancés auparavant.

Ainsi, La boucle est bouclée, et personne ne peut pas piper mot.

Bibliographie.

¨ -Al khatib A., la résistance à la colonisation française, interview avec Sami Kleb, canal aljazera, visite spéciale, 11 juin 2004 (en arabe): disp. sur le site d’aljazera.

¨ -Chaker Salim, «Les bases sociales du berbèrisme: critique d’un mythe», Tafsut, études et débats, No. 2, 1985.

¨ -Préface de S. Chaker in: Ferhat Mehenni, Algérie: la question berbère, éds Michalon, 2004.

¨ -Mezran Karim, «negotiating national identity in north africa», International negotiation 6: 141-173, 2001: l’auteur dans sons article soutient que la question de l’identité au Maroc est le résultat d’une négociation entre les différents acteurs y compris le courent berbère. Une négociation peut être, mais une participation d’un courent berbère, il faut d’abord voir si celui auquel l’auteur fait référence est un courent de ce type ou non. Les berbéristes sont unanimes à dire qu’«ils ne sont pas de ceux qui considèrent saint Augustin comme un berbère»( S. chaker, 1985)

 

 

 

 

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