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mrayur  2004

(Octobre  2004)

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Tamazight

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بيان جمعية إفني

تعزية

 

la terminologie

Par: Larbi Moumouc

La terminologie n’est pas un fait d’aujourd’hui. En effet la nomenclature, qui est l’étude des noms des nominations, était liée à l’étude du langage et du sens. Antoine Furetière a élaboré son Dictionnaire universel en 1690. au XVIII siècle, Diderot et D’Alembert  ont beaucoup travaillé sur les arts et les sciences et ont ainsi enrichi la nomenclature scientifique et artistique. La terminologie est apparue avec l’allemand Christian Gottfried Schultz (1747-1832). En France, elle a pris en 1801 un sens polémique et désigne un «abus de termes incompréhensibles»

Formée à partir de terme, étymologiquement terminus qui signifie borne, limite, la terminologie va connaître un essor considérable sous l’influence de la linguistique, de la prise de conscience nationaliste qui défend les cultures les langues nationales, les progrès sociétaux comme l’urbanisation, l’industrialisation, l’éducation des masses. Cette nouvelle situation a fait que «les besoins de désignation  se multiplient donc avec le discours techno-scientifique, dans quelques langues unifiées parlées par de grandes communautés politiques. La technique moderne, tout en compliquant immensément les procédés, les généralise et les unifie, rendant possible une relative homogénéité des vocabulaires.»( p. 12)

La terminologie étudie des signes. Les signes se manifestent au moyen des formes des langues naturelles, et leur rapport avec ces formes doit être précisé. Elle comprend la sémasiologie qui consiste à partir des signes pour désigner ou dénoter des choses ou objets, et l’onomasiologie qui regroupent des choses ou objets à nommer pour leur trouver des noms.

La terminologie s’occupe d’ensemble structuré de noms dénotant des ensemble d’objets groupés en classes par des critères qu’expriment leurs définitions. Elle ne s’intéresse aux signes qu’en tant qu’ils fonctionnent comme des noms dénotant des objets.

Le besoin terminologique surgit consciemment lorsqu’il faut maîtriser un ensemble de noms pour connaître, reconnaître et manipuler les choses.

Types de besoins:

- La description systématique des ensembles de termes nécessaires à la formation des discours portant sur un domaine socialement distinct.

- La transmission et la diffusion des connaissances dans un domaine au moyen de sa terminologie: pédagogie, apprentissage, communications.

- La normalisation: les besoins de norme s’appliquent à tout usage linguistique, à toute pratique, à toute transmission du savoir.

La nature de l’activité terminologique est orientée pratiquement par les types d’utilisateurs réels ou virtuels de cette activité et de ses produits: les théoriciens, les chercheurs, les traducteurs, les normalisateurs qui proposent des termes ou choisissent entre plusieurs termes possibles et en concurrence. La normalisation requiert une information complète sur les terminologies en usage pour intervenir sur elles.

Les besoins terminologiques sont articulés diversement selon la nature des domaines et de leur développement. Ils sont soit internes, car dans ce cas on peut y répondre en recourant aux structures linguistiques, à la siglaison, à la syntagmation, aux processus sémantiques propres à la langue; soit externes, lesquels satisfaits par l’équivalence, le calque, l’emprunt, la métaphorisation.

La terminologie est-elle un fatum?

Alain Rey affirme que «la création ex nihilo de terminologie ou l’adaptation profonde d’un vocabulaire existant à une terminologie importée est un besoin qui se pose pour toute langue.» (p.66) Cela permet d’injecter à la fois des structures notionnelles et des structures terminologiques dans la langue et la culture qu’elle véhicule. Ainsi la création terminologique suppose:

- une activité descriptive, normalisatrice et didactique portant sur chaquedomaine en cause

- une analyse des besoins terminologiques, liés à celle des besoins culturels, didactiques, scientifiques, technologiques; mais cela dépend des fonctions sociolinguistiques particulières (statut de la langue, ses attributs, ses fonctions, espaces d’usage réservés…)

- une décision de fonctionner dans sa langue maternelle ou dans une langue nationale en élaborant des terminologies; cette décision est politique car toute langue est capable de tout nommer. L’impression trop fréquente que certaines sémantiques ne peuvent répondre au besoin notionnel relève de l’idéologie. Ce qui fait la différence entre les langues ce sont les moyens de création dénominative.

Les moyens de la langue:

 Pour répondre aux besoins terminologiques, plusieurs procédures et méthodes terminologiques sont offertes.

a- la création et l’adaptation: au moyen de

-l’emprunt qui neutralise les différences interlinguistiques et respecte la notion originelle: il dénote la notion et connote son origine.

- La néologie en créant de nouvelles unités lexicales.

- L’emprunt sémantique qui consiste à affecter une notion à une forme lexicale déjà existante, ce qui permet d’économiser les formes et de développer la polysémie et le glissement sémantique.

b- les jugements et les attitudes:

les difficultés, les anomalies, les irrégularités de la néologie entraînent des jugements issus d’attitudes sociales et culturelles. Ces jugements favorisent ou freinent la productivité du système et des processus de nomination. Les jugements de valeur implicites ou explicites ne peuvent être ignorés de la terminologie, notamment dans sa vocation normalisante. Ils portent à la fois sur la forme expressive (structure graphique et phonique, nombre de syllabes, euphonie ou cacophonie) et sur la cohérence des éléments. Ils portent aussi sur d’autres critères comme le respect des règles morphosémantiques et l’adéquation du terme à la notion.

Problématique de la terminologie:

Pour décrire un ensemble terminologique, il faut constituer un corpus de domaine (cela exige sa connaissance, la consultation des connaisseurs…), tenir compte du caractère interlinguistique de la terminologie et déterminer si l’on opte pour la relation biunivoque terme/ notion. Quant à l’approche à adopter, on peut recourir à l’onomasiologie (notions→ termes) et à la sémasiologie. Enfin on peut procéder à des comparaisons interlinguistiques des systèmes notionnels.

a- Procédures et méthodes :

La première tache est de déterminer les besoins et les domaines  concernés pour en définir la terminologie. Les terminologues forment les termes nouveaux, leur affectent des définitions, des marques sémantiques (Méd., Biol.,…) et pragmatiques (usage nécessaire du mot dans ce domaine) et articulent l’ensemble des domaines théoriques (philosophie, sciences…), techniques sous forme arborescente (agricole, artisanal…), par exemple le domaine de l’exploitation forestière se présenterait de cette manière:

- Réseau routier forestier

Infrastructures forestières : - Camps forestiers - Installation de flottage de  bois Récolte du bois: - Abattage des arbres :

* manuel ----outils---parties*  mécanique---- engins… parties    - Façonnage des arbres : -

- Débordage des arbres:

  b- les projets terminologiques :

Ils consistent à élaborer des terminologies

- pluridisciplinaires,

- générales de domaine: sciences, lettres, arts

- spécialisées

- de besoins concrets et de situations pratiques (entreprise, journal télévisé…)

Ils supposent une documentation et une information systématique, de même que des enquêtes techno-professionnelles et des informateurs.

a- les interventions et les institutions:

Alain Rey définit l’intervention comme étant «tout processus de description critique, de modification (partielle, ponctuelle ou totale), toute tentative de normalisation, tant dans l’élaboration des systèmes terminologiques que dans leur fonctionnement (contrôle des discours, de la diffusion…).» Il précise qu’il peuvent être «individuelles ou collectives, spontanées ou organisées.» En effet une intervention peut porter sur la totalité de la langue pour la moderniser et la préparer pour l’usage d’une communauté ou d’un état moderne (exemple de l’hébreu), comme elle peut se borner à un aspect déterminé da la langue (la réforme de l’orthographe ou le changement de la graphie comme pour le turc).

Pour mener à bien ces interventions, il est indispensable de créer des institutions qui prendront en charge la création terminologique, l’adoption et la diffusion des termes, la concertation avec les partenaires en vue de déterminer les domaines d’application et leurs besoins (commerce, publicité, usines, étiquetage…) Dans une perspective, plus générale, il ne faut pas perdre de vue la coopération internationale qui facilitera une normalisation linguistique interétatique, l’échange des expériences, des méthodes, des banques de données, des logiciels… pour optimiser les recherches, la communication, la production et la commercialisation.

(D’après Alain Rey, la terminologie, noms et notions  PUF,   Paris,1979)

 

 

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