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(Mars  2005)

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Que veut dire la laïcité? Que peuvent dire les islamistes?
Par: Lghazi Hsaine

La laïcité est toujours le sujet à craindre pour les uns et à défendre pour les autres. Pourquoi cette véritable divergence au sein d’une société unie par plusieurs critères? La mauvaise interprétation des sujets est sûrement à l’origine de cet habituel désaccord.
Si Saint Augustin est le premier dans l’histoire de l’humanité qui a posé la théorie de la séparation du politicien et du religieux, la laïcité contemporaine trouve ses racines avec la philosophie des lumières puis avec la révolution française. En 1905 la république laïque de France instaure la loi de «séparation de l’église et de l’Etat», elle décrète le principe politique selon lequel l’Etat est indépendant et neutre par rapport à toute religion; elle garantit la liberté de conscience et de culte, chaque citoyen peut pratiquer sa religion en dehors de l’ancien régime caractérisé par un amalgame entre le pouvoir religieux et le pouvoir politique.
La laïcité annonce aussitôt l’indépendance de l’Etat à l’égard de la religion qui ne reconnaît pas les droits civiques de la femme en raison de sa «faiblesse d’esprit». L’Etat laïc protège les droits à l’éducation, au travail et au vote, il enseigne en priorité la tolérance et assure l’éducation obligatoire et gratuite pour tous les enfants; la mixité de l’école est une loi relativement récente dans toutes les sociétés démocratiques. Pour les laïcs tous les êtres humains sont égaux en droits quelque soient leur sexe, leur origine, leur religion, leur culture, leur condition sociale ou leur niveau d’instruction.
Que veut dire donc la laïcité? N’est elle pas un principe de démocratie qui n’a jamais incité à l’athéisme? La laïcité fait de l’école un espace public dans lequel l’esprit critique et la liberté de penser doivent pouvoir se développer en toute indépendance, elle favorise le respect de toutes les religions. Aujourd’hui, la plupart des pays laïcs ont pu réaliser un développement considérable au niveau technologique, socio-économique, socioculturel, etc.
Dans notre pays, l’Etat défend la théorie des islamistes qui jugent que la laïcité n’est pas compatible avec la religion musulmane. L’année 2004 est marquée par le débat lancé sur la laïcité. Certains médias profèrent que seul le mouvement Amazigh revendique ouvertement la laïcité et les islamistes assaillent violemment les laïcs. Or, pour le dire en termes expresses: tous les défenseurs de la démocratie, du progrès et de l’intérêt général du pays revendiquent la laïcité pour pouvoir mettre un terme aux problèmes socio-économiques et faire avancer le Maroc au rang des pays développés dans le domaine technologique, socioéconomique, culturel etc. La laïcité est une revendication nationale, imazighen sont des musulmans au même titre que les musulmans tolérants du monde et les islamistes, caractérisés bravement par un attachement fondamentaliste généralement défini par l’intégrisme et l’intransigeance ne sont nullement parfaits.
Les militants de la cause amazighe sont fiers des valeurs identitaires et culturelles amazighes, ils n’ont jamais proféré des blasphèmes, ils sont convaincus que l’amazighité est loin d’avoir recouvert ses droits et ils jugent utile de rédiger et rendre publique une  charte de revendications amazighes en vue d’une révision du texte constitutionnel. Le mouvement culturel amazigh revendique légalement la constitutionnalisation de l’amazighité, l’une des priorités pour la réconciliation du Maroc avec son identité, sa culture et sa langue amazighe, il revendique aussi d’enrichir le texte constitutionnel par une référence solennelle aux droits de l’homme et le principe de la laïcité, il revendique la consécration de l’égalité linguistique de l’amazigh et l’arabe, la consécration des «coutumes amazighes» et la suprématie du traité international par rapport à la loi nationale et il œuvre pour un «Etat de région».Une région qui représentera une locomotive en terme de développement socio-économique conformément aux principes du respect et de l’unité territoriale.
Un plein espoir est concevable pour trouver une solution radicale contre la négativité et l’adversité qui entravent la croissance et le développement socio-économique et culturel. La laïcité demeure le premier pas vers le succès longuement ambitionné par le peuple marocain, du fait qu’elle ne porte aucune atteinte au régime royal et soutient le droit à la conviction religieuse. Cependant le laxisme de l’Etat et le fanatisme religieux fait de notre société un peuple à réconcilier. Dans le Maroc vivent essentiellement des musulmans, des catholiques, et des judaïques, les habitants sont amazighs, arabes, hébreux et autres, ils sont tous des croyants en dieu. La constitution actuelle décrète que le Maroc est un pays musulman, elle nie les autres sociétés et les autres religions! (Inna ssi Ahmed ADGHIRNI g aghmis TAMAZIGHT Uttun wis 65 ass n 13 yennayer 2005 ghf ‘’Udayen d imouslmen’’: kkanttin ran ad munan gh ifran tamazirt n ayt megild, mac ur ten udjin id bou imariwen lla ranin ad smaghen imumen n yun rebbi gan udayn nagh imouslmen).
Pour mettre en pratique la justice et le développement, la réforme urgente de la constitution est très utile et tous ceux qui s’opposent à cette évolution mettent en jeu la vie des masses opprimées et les droits de l’homme. Dans ce cadre, comment peuvent-ils commenter la réponse précise qu’ils peuvent réserver aux questions ci-après, dans notre pays amazigh dit arabo-musulman :
-Combien de litres de vin sont-ils consommés par les marocains dits musulmans?
-Combien de millions de centimes sont-ils dépensés pour les jeux de hasard?
-Combien de milliards de centimes sont-ils subtilisés du budget de l’Etat?
-Combien de marocains dits musulmans se mêlent-ils aux affaires de corruption?
-Combien d’affaires relatives à l’abus d’autorité et l’injustice peut on relever par jour?
-Combien d’affaires d’escroquerie, de trafic des stupéfiants, de clientèlisme, de vol, de viol, de sorcellerie, de mépris, de mendicité etc. peut-on enregistrer dans notre pays sous l’égide de la loi musulmane?!!
-Qui encourage la marginalisation, l’humiliation et la frustration des autres?
-Qui a encouragé les autodestructeurs à commettre désastreusement les regrettables événements de la nuit d’horreur du 16 mai 2003 à Anfa (Tigmmi toumlilt): les intégristes musulmans ou les laïcs?
-Pour ne pas aller trop loin, comment expliquer le fléau de se livrer à l’adultère et au commerce charnel pour de l’argent ou par plaisir? (Malheureusement des fkihs y sont impliqués!!) Peut-on témoigner que ces actes sont autorisés par la religion musulmane? Ces actes conduisent-ils au paradis et la laïcité conduit à l’enfer? Si l’islam interdit de commettre ces faits illicites, pourquoi les fidèles ne réagissent pas pour éradiquer d’urgence ces malheurs? Ou encore s’agit-il de la politique arabo-musulmane?
-De quel droit un membre du conseil national du parti islamiste PJD a-il traité abjectement d’un «âne » le militant amazigh qui n’a pas voulu consentir une opinion erronée dans l’exposé: «la jeunesse et les défis du 21eme siècle» organisé le 05.12.2004 par l’association (les horizons culturels) à Tiznite?! Eventuellement, le conférencier impétueux, ayant un esprit récalcitrant, préjuge que sa haine envers Imazighen le conduira au paradis même si Allah n’admet aucune forme de ségrégation raciale: le péché caractérisé dans la loi coranique! Ce fameux conférencier qui emploie l’islam à des fins électorales ignore ou transgresse vraisemblablement ce que dit la religion islamique du multilinguisme, il aura sûrement des comptes à rendre devant son créateur pour avoir dénoncé que la langue tamazight est la création du colonialisme français et pour avoir désigné Imazighen de responsables à christianiser le Maroc. Il doit faire un tour d’horizon à travers les médias nationaux et les actualités qui ne cessent de prononcer des diatribes contre ce parti politique dit islamiste. L’éditorial du «Journal hebdomadaire» n°190 du 8 au 14 janvier 2005 (intitulé: intolérance) précise que: «le PJD a démontré qu’il est en mesure de gérer les conflits internes», pour dire enfin: «Si le PJD ne se défait pas de cette tendance intolérante, il représentera un réel danger pour ce pays», et, ceux qui cherchent à contrôler les aspectes du pays et des habitants aboutiront à la forme extrême de la dictature! Ils seront des extrémistes, ils passeront à la violence et ils présenteront le danger imminent pour toute l’humanité!! Ce magazine a publié un article sur ‘’les marocains chrétiens’’, il indique que la conversion au christianisme n’est pas nouvelle dans notre pays, elle traduit peut-être l’incapacité de l’islam officiel à s’adapter à son temps et à rejoindre le train de la modernité. Le matin du Sahara du samedi 08.01.2005 a publié un article sur ‘’le fait de quitter son travail pour faire la prière’’, un sociologue explique: «la religion a toujours été un prétexte pour un certain nombre de dérapages dans la fonction publique et ailleurs. Le fonctionnaire profite de l’aubaine d’aller prier. Il laisse sa veste accrochée à son fauteuil et disparaît pour ne revenir que le lendemain», dans ce même journal, Saîd Nakkach, alem du conseil des ouléma dit: «Le fait de prier ne doit par retarder le travail à faire. L’islam offre au musulman un intervalle de plusieurs heures qui se situe entre deux prières pour accomplir son devoir».L ’hebdomadaire ‘’LA VERITE’’ du 14 au 20 janvier 2005 a publié, en plus d’une pages, un article intitulé «Faut-il avoir peur des Islamistes?» Le PJD est essentiellement visé dans cet article. Dans la vision de perspective politique on se demande: le PJD est-il en mesure de gouverner au cas où il remporterait les législatives de 2007? Est-il capable d’insuffler un esprit démocratique et modernisateur? L‘intégrisme est-il soluble dans l’exercice du pouvoir? Dans le cas contraire comment l’empêcher démocratiquement de prendre les rênes de la gouvernance du pays? Une question se pose sur la fiscalité particulièrement importante au moment où le premier ministre islamiste ne peut utiliser un argent issu des pratiques interdites par l’islam. Il s’impose de s’interroger aussi sur quelle justice et quel développement sera-t-il envisagé par ces éventuels dirigeants? L’hebdomadaire arabo-phone ASSAHIFA n° 194 du 19 au 25 janvier 2005 a relaté la position du PJD envers les événements du tsunami dévastateur qui a frappé les pays du sud est asiatique. A la une de cet hebdomadaire on lit: «le tremblement frappe le PJD». La liste est encore longue. Enfin tout islamiste qui s’arroge de droit pour devenir un visionnaire (sinon un menteur), doit redresser sa mauvaise posture dans la scène politique nationale et renoncer immédiatement à l’odieuse agressivité envers l’amazighité du pays. L’aversion contre imazighen n’est pas décidée ni acceptée par la religion musulmane.
Si le sociologue Mr LESTER WARD s’interroge: Est-il vrai que l’homme parviendra finalement à dominer l’univers, à l’exception de lui-même? Le verset coranique invite le prophète à faire preuve de modération: «Prêche les hommes, car tu n’es qu’un apôtre, tu n’as pas le pouvoir sans bornes».
Bref, les pseudo savants bornés qui oublient que la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen anéantit le fondement de l’ancien régime: le pouvoir absolu et le privilège, doivent consulter les œuvres du père de l’histoire Hérodote (vers 485 à 425 avant J.C) pour mieux savoir les 2955 ans de la glorieuse histoire amazighe.
Il faut le savoir aussi, Imazighen avaient sauvegardé un islam spirituel et véridique beaucoup mieux que ceux qui instaurent un islam idéologique et énergiquement contesté par la laïcité et encore par l’islam lui même! En parlant de la laïcité dans la société amazighe, le sociologue Gellner dit: cela ne signifie pas qu’imazighen sont moins musulmans que les autres. Ceux qui croient et adorent le bon dieu unique, sans hypocrisie, doivent cesser d’aduler les uns et être impitoyables envers les autres. Mais le verset du coran sacré le dit:
«La youghayirou allahou ma bi qaoumine hatta youghayirou ma bi anfousihimou».
Le développement de la technologie, de l’économie, de la justice sociale, le multilinguisme et la diversité culturelle n’ont jamais été interdits ni par la religion ni par le pouvoir politique. Le chômage et l’ignorance qui procréent la pauvreté ne sont pas une fatalité et les grands manitous islamistes n’ont jamais été autorisés par les préceptes de l’islam à prescrire au peuple d’attendre l’envoi de la manne (nourriture miraculeuse) pour rassasier les affamés. La laïcité n’est-elle pas conciliable avec la société dont le tissu socio-économique est vulnérable dans ce monde où l’économique prévaut? Conformément aux principes des droits fondamentaux de l’homme, le socle de la démocratie, il va falloir trouver une issue adéquate pour se débarrasser des énormes difficultés qui entravent la marche vers un avenir meilleur, notamment il faudrait conclure honnêtement un arrangement qui mettra fin aux litiges non fondés et aux intransigeances au lieu d’extérioriser la malveillance, la haine et le mépris au nom du principe le plus sacré.
Si les pays africains se trouvent dans une situation difficile pour assurer le bien-être des populations, le Maroc est aussi un pays africain. Dans le cadre de la vision d’un programme approprié ayant un impact direct sur la population, imazighen agissent pour accélérer la réalisation des programmes sociaux, améliorer l’infrastructure, consolider la dynamique du développement de la région.
Pour survivre dans un environnement de plus en plus concurrentiel, les entreprises et les administrations doivent relever le défi et chaque citoyen doit être responsable à son échelon et doit mettre à niveau ses attitudes et son comportement dans l’esprit de contribuer à inculquer les valeurs morales et le civisme. Mais cela ne pourra être mis en évidence que s’il est garanti par une constitution plus démocratique pouvant sauvegarder l’identité amazighe du Maroc et préserver son riche patrimoine culturel. L’Etat doit donc jouer le rôle le plus important dans l’éducation de la citoyenneté et la formation de l’homme de demain, il doit être le garant de la loi et donner le bon exemple.
 

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