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 Izlan: la détresse du mont Baddou
Par: Zaid ouchna

Ces Izlan font parvenir en eux-mêmes des notions de la pensée des combattants des Ayet Yaf Lman, un groupe des Imazighen du sud-est marocain, proue, pendant et à la fin de la guerre du mont Baddou entre 1925 et 1934. Dans la furie de l’analogie qu’engendre le chant, une flamme vive éclaire ce que nous étions; mais aussi, et surtout, ouvre un judas sur ce que nous sommes devenus, nous autres Imazighen d’aujourd’hui. La limite de la pruderie vaudrait, certainement, un kidnapping d’un temps – furtif soit-il – à la mémoire et/ou à la considération de ceux qui ont su sauvegarder la graine dans notre débarcadère au cosmos!
Avant la guerre du mont Baddou:
En 1926, l’armée coloniale française s’attroupait à Tarda à 40 km à l’Est de Goulmima, à 50 km de Tadighoust et à 60 km de Tinjdad. Il n’y avait pas que l’arsenal militaire moderne d’une grande puissance d’alors; mais il y avait également un très grand nombre de goumiers marocains et des légionnaires venus de plus de cinq pays pour gonfler ses rangs. Conscient de la gravité de la situation, Oumerghad disait dans son Izli:
- IXATER UZGER IJENWIYEN UR LLIN
A TARDA, KEMM’ AG NN-ISUL XXU
*Le taureau est colossal et je suis dépourvu d’épée
le monstre siège toujours à Tarda
Pendant la guerre à Baddou:
La confédération des Ayet Yaf Lman restait encore sur un grand succès à Amglagal, entre Tarda et Goulmima au détriment de l’envahisseur. L’armée française dépêchait une flotte d’avions sur le mont Baddou ou le ciel pleuvait alors des bombes. Oumerghad, la mort dans l’âme, persistait et signait son Izli:
- ADDAG TANNAYEM IGENNA XLAN AWAL
TIRITT N UMGLAGAL A GHEF I-TEKKATT
* Quand vous entendez vrombir le ciel!
C’est que, je solde le prix de la fiesta d’Ameglagal
Plus tard, toujours pendant la guerre à Baddou, une des bombes air sol tombait sur un groupe d’élite, qui contenait des ténors guerriers, vraisemblablement parmi les meilleurs de toute l’Afrique du Nord. Ceux qui ne voulaient pas savoir que les balles tuent, dont les plus célèbres étaient:
Mouha Ouheddou de Tamtettoucht, Zaid Ouhmad de Iqdman, Mouha Ouhemmou de Tana, Oumerkhouch de Igwdman, Oubatteyyou et Iâittew de Agwouddim Ighef Aman.
Les Ayet Yaf Lman perdaient entre autre ces deux derniers. Après l’inhumation et dans la douleur, Oumerghad dira dans son Izli:
- RAR-ID UBATTEYYU D IÂITTEW A YAKAL
UNNA TRID G WIDDEGH YADEN AWEY-T-IN
* Rend gorge à Batteyyou et Iâittew oh la terre!
Ôte-toi de celui que tu condescendes des autres 
Dans un autre air, celui des femmes cette foi-ci. Les Ist Merghad avaient sur le visage, au milieu de la lèvre inférieur, un tatouage bien composé d’une double ligne pointillée: appelée Tagezzayet. Par-dessus leurs vêtements, elles se drapent d’une étoffe de laine sillonnée de lignes rouges foncées, noirs et blanches: Abizar, ces couleurs symbolisent le groupe de bercail. Il est maintenu sur le corps par deux attaches - Tizuriz- de couleurs: bleue, verte et jaune qui font surgir l’appartenance naturelle.
Durant cette guerre non proportionnée, elles épaulaient des hommes avec un courage à en troquer aux autres, à tout les autres!
Outtemerghad répliquait:
LLAH, LLAH A BNADEM WAR LA, QQIM-AT DDIGH
QQIM-AT DDIGH NNIG WUDEM N UHNIN
MAYED I-YEGGANN’ ASEKKA G MMUTEGH,
AD AS-BEDDELEGH, AD I-YGENN’ AD UGHULEGH
ZRIGH KA N ICIRRAN RAN AD I-YALLEN
* Oh! Personne sans veto; restez, je suis partie
Restez, je suis partie devant l’emblème.
Qui me remplacera, quand je serai morte
Pour s’allonger à ma place
Le temps que je revienne,
J’ai laissé des jeunots se lamenter.
La fin de la guerre:
De toute évidence les patriotes qui n’avaient alors que des armes à répétitions perdaient des centaines de leurs braves; mais aussi des enfants, des femmes et des vieillards. Une population décemment innocente est sacrifiée pour des schémas tactiques et à cause des politiques sauvages. La France vouée à anéantir le dernier bastion, toujours insubordonné selon des idées prônées, a en effet, finalement, pris le dessus grâce au nombre de ses troupes et à son arsenal militaire moderne.
Oumerghad contemplait s’affaler du mont des orphelins, des blessés et des veuves. De son fort intérieur, il renvoyait des larmes visqueuses qui n’arrivaient pas à se libérer des paupières. Lui, qui n’avait pas, mais du tout, crainte de l’Agari (des balles), pleurait le devenir de son peuple. Il se retourna et voyait derrière lui la majestueuse et immense montagne impalpable, qui avait l’air d’apostropher BAYBY (un ancêtre) mais en vain. Seul, après un ramassis qui n’était admissible qu’aux urgences d’un hospice, dira dans son Izli:
- NSAMEH-AK A BADDOU SAMEH-I KEYYIN
NEKK AYED AK-D-YUGELEN AK-ID-YAGH LKUR
* Nous te pardonnons Baddou, à toi de me faire grâce
C’est moi qui ai bravé les obus qui te sont tombés dessus.
Lorsqu’on les a ramenés de force dans leurs Igherman (les bourgs) à la fin de 1934, Ayet Merghad et Ayet Hdiddou étaient anéantis. Ils quêtaient leurs propres biens dérobés par les soumis et les traîtres. Pour survivre, ils étaient tenus de céder des parcelles de terrain contre une galette de pain. La bassesse prendra le dessus sur la vertu et le perfide est travesti en notable. La vallée pleurait, la montagne aussi!
 

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